IV. — Duplicité du canal de répendyme
I Ce canal se continue dans toute l’étendue de la moelle, au centre de la commissure grise ; il est de forme ovoïde, constitué par une couche de I tissu conjonctif fihrillaire dense ou épendyrae, et tapissé à son intérieur. ! d’une couche d’épithélium conique. Cette disposition type, toujours parfaitement nette chez les animaux, se voit rarement chez l’homme adulte
1 et surtout chez le vieillard où le canal central de la moelle se trouve le I plus souvent obturé par l’épaississement de Tépendyme et comblé par I des éléments cellulaires et nucléaires. Dans quelques circonstances, néan-
moins, ce canal reste ouvert dans toute son étendue, et, de plus, au lieu d’être unique, il est double ou multiple.
Signalée par Calmeil et Foville, la duplicité du canal de l’épendyme a été vue par plusieurs auteurs; Séguin et Jolyet en ont rapporté chacun un exemple détaillé. Dans le cas de Jolyet, il existait un canal unique ou multiple suivantles régions où on l’examinait : simple, médian et déformé triangulaire à la fin du cône terminal, ce canal était double vers le milieu et au commencement de ce cône, et redevenait simple au niveau du renflement lombaire. Au-dessus de ce renflement et à l’extrémité de la région dorsale, il existait deux canaux latéralement situés. Dans la région dorsale, le canal simple médian mesurait 0""™,150, tandis que dans la région cervicale on trouvait de nouveau deux canaux latéraux, ayant l’un 0“”,108, l’autre O^^OoO ; un peu plus haut, toujours dans la même région, il y avait trois canaux à peu près égaux, un médian et deux latéraux, mesurant chacun 0"’'",0(10. Dans le bulbe enfin on ne trouvait plus qu’un simple canal offrant trois prolongements, en forme de cæcum, un antérieur et deux postérieurs. Les parois de chacun de ces canaux étaient formées de très fines fibrilles de tissu conjonctif et revêtues d’une couche épithéliale, avec corps amyloïdes dispersés çà et là.
Biblioghaphie. — M. Fovii.le, Traité complet de Vanat. de la physiol., et de la pathol. du système nen eux cérébro-spinal. Paris, 1844, p. 286. — Lockhvrt Clarke {Philos. Transact., 1859, t. I, pl. XXII, fig. 55). — Jolyet et Vulpian, Sur un cas d'anomalie du canal central de la moelle épinière {Comptes rend, de la Soc. de biologie, 1867, sér. 4, t. IV, p. 7, et Gaz. méd. de Paris, 1867, p. 207). — Séguin, Double canal central dans une partie d'ailleurs normale de la moelle épinière {Mouvement méd., 1873, p. 112).
ANOMALIES DE NUTRITION
§ I. — Atrophie et hypertrophie.
La moelle épinière a peu de tendance à s'atrophier ou à s’hypertrophier, sans doute parce que les vaisseaux et les nerfs qui s’y distribuent sont multiples et réunis par de nombreuses anastomoses, ce qui fait que les courants sanguins et nerveux sont difficilement interceptés ou interrompus, et la nutrition rarement troublée.
, I, — Alrophio.
I L’atrophie de la moelle est, pour ainsi dire, un phénomène physiologique de la vieillesse. L’àge apporte, dans cet organe des modifications (|ui ont pour conséquence une diminution de volume, de poids, et de densité. Ces changements, déjà constatés par Desmoulins et vérifiés depuis lors par d’autres auteurs, ne diiïèrent pas sensiblement de ceux que l’on observe dans la plupart desorganes, le cerveau en particulier. La ' moelle, petite et ferme, conserve une consistance normale, mais elle est pâle, grisâtre, moins volumineuse et ordinairement plus courtequ’à l’état j normal ; ce qu’elle a perdu en volume se trouve remplacé par le liquide ! céphalo-rachidien qui, au fur et à mesure vient combler le vide. Bien que î cet état sur lequel nous manquons encore de données histologiques précises, ne représente pas une atrophie type, c'est-à-dire, une modification caractérisée uniquement par la diminution de volume des éléments de la moelle épinière, il y a lieu de le rattacher à l’atrophie, qui est le désordre dont il se rapproche le plus.
Indépendamment de l’atrophie sénile, il existe des atrophies congénitales de la moelle assez ordinairement concomitantes de malformations
des centres nerveux. Ces atrophies, caractérisées par une petitesse relative du centre médullaire et observées chez des crétins et des idiots, n’ont pas été jusqu’ici l’objet d’une étude anatomique et pathogénique suffisante; cependant il n’est pas douteux qu’elles soient, la plupart 1 du temps, l’effet d’un travail pathologique survenu pendant la vie intrautérine ou peu de temps après la naissance.
L’atrophie de la moelle épinière serait, suivant un grand nombre d’auteurs un état commun, mais il importe de rappeler que sous cette dénomination on décrivait autrefois la plupart des scléroses médullaires primitives ou secondaires. Aujourd’hui, ces lésions sont nettement séparées de l’atrophie vraie, qui devient en conséquence de plus en plus rare. Cette atrophie ne peut être niée cependant dans les cas d’hydropisie du canal central où elle tient à un défaut de nutrition par compression générale des vaisseaux. Une pression circonscrite et prolongée détermine un effet analogue sur le point comprimé, et au bout d’un certain temps, un travail phlegmasique qui s’étend en haut ou en bas suivant la direction du courant nerveux (sclérose secondaire descendante ou ascendante). S’il y a lieu d’admettre une atrophie par compression,
! doit-on accepter l’existence d’une atrophie par inertie fonctionnelle?
ANATOMIE PATnOLOGIOnE.
Nous savons que tout organe (jui cesse de fonctionner tend à s’atrophier ; or, la moelle épinière ne paraît pas échapper à cette loi commune. Morgagni a depuis longtemps observé que cet organe présentait chez les individus, morts à la suite d’une hémiplégie ancienne, une diminution sensible de volume dans toute l’étendue de la moitié latérale correspondant au côté du cerveau affecté, mais cette diminution de volume n’était sans doute qu’un effet de la sclérose descendante qui se produit en pareil cas, et non une véritable atrophie. De même les atrophies médullaires constatées à la suite d’amputations des membres ne sont sans doute que des effets d’une névrite et d’une myélite ascendantes. Toutefois, malgré l’absence de recherches suffisantes, il y a de sérieuses raisons de croire qu’un léger degré d’atrophie vraie et générale peut se produire à la suite d’une inertie prolongée.
Bibliographie. — Poutal, Cours d'anat. med. Paris, 1804, t. IV, p. 117. — CiiAUSSARD, Recherches sur l'organisation des vieillards, T h'ese de Paris, 1822. — Desmoülins, Mém. sur l'état du système nerveux sous les rapports de volume et de la masse, etc. {.Tourn. de Physique, juin 1820). — Keuffel, Be medulla spinali Diss. inaug. , Ilalac, 1810. — Ph. Butin (Bull, de la Soc. anat. 1827, t. II, p. 156). — Ollivier (d’Angers), Traité des tnalad. de la moelle épimere, 2^ édit. Paris, 1827, t. Il, p. 719, 3® édit., Paris, 1837). — G. Namias, Die una specie d'atrofia délia midolla spinale {Gaz. méd. ital. Lombardin, 1851, n*' 35). — H. Lf.bert, Traité d'anat. pathol. gén. et spec., Paris, 1855-1861. — A. Vui,piAN, Infl. de l'abolit, des fond, des nerfs sur la région de la moelle épinière qui leur donne origine, etc. {Arch. de physiol. norm. et pathol., 1868, p. 443).