HUITIÈME CLASSE
RÉTRÉC1SSEMF,NTS ET OBLITÉRATIONS.
Les rétrécissements et oblitérations appartiennent au grand groupe des lésions de canalisation, sur lesquelles je vais présenter quelques considérations générales. Il est à peine besoin de dire que les lésions de canalisation ne constituent pas une lésion générale ou commune à tous les organes, à tous les tissus, mais rme lésion spéciale qui ne peut survenir que dans les organes pourvus d'une structure toute spéciale, la structure canaiiculée.
Des lésions de canalisation en général. L'anatomie nous apprend que l'économie est creusée d'une multitude de canaux dont les uns , tapissés par des membranes muqueuses, sont destinés à communiquer médiatement ou immédiatement avec l'air extérieur : ce sont les canmix mn- (jueux; dont les autres, sans communication aucune avec l'air extérieur, hermétiquement clos de toutes parts, appartiennent aux organes de la circulation : ce sont les canaux vasculaires (1). Or la circulation des matières si hétérogènes contenues dans les canaux muqueux, de même que la circulation du sang dans les canaux vasculaires, peut être troublée, interceptée de diverses manières; et, bien que ces lésions de canalisation ne soient que des effets, l'effet commun d'un grand nombre de lésions morbides essentiellement différentes, attendu que cet effet commun devient la source, et de phénomènes spéciaux indépendants delà nature delà lésion, et d'un grand nombre
(i) On pourrait appeler les canaux vasculaires des canaux séreux; car l'étude anatomique de la membrane interne des vaisseaux apprend que cette membrane présente tous les caractères des membranes séreuses : les membranes séreuses devraient donc être dislinfjuées en séreuses viscérales et en séreuses vasculaires, celles-ci dispose'es en rameaux cylindriques comme les vaisseaux qu'elles inpissent et qu'elles sont destinées à lubrifier. 11. \li
d'indications toutes spéciales, ayant pour objet le rétablissement de la circulation interceptée , l'anatomie pathologique a dû s'emparer de ce grand fait, le mettre en relief, le séparer en quelque sorte de ses causes et en tracer l'histoire générale.
L'idée d'un rapprochement systématique de toutes les lésions de canalisation, dont les unes appartiennent à la médecine et les autres à la chirurgie , ne pouvait être suggérée que par l'anatomie pathologique, vu la différence d'usages des divers canaux de l'économie; encore ce rapprochement ne peut-ii être légitimé qu'à l'aide de distinctions importantes en l'absence desquelles il serait impossible de se livrera aucune généralisation utile.
Or deux lésions sont communes à tous les canaux, à quelque ordre qu'ils appartiennent: Vies rétrécissements et oblitérations ; 2° les dilatations; 3° une troisième lésion est particulière aux canaux muqueux, ce &ont\esJistules, lesquelles sont représentées dans les canaux vasculaires par les ruptures et perforations. En tout, trois classes de lésions de canalisation, non compris la classe des corps étrangers, qui, d'ailleurs, appartient à tant de titres au groupe des lésions de canalisation.
Mais les effets de ces lésions sont tellement différents, et dans les canaux muqueux, et dans les canaux vasculaires; il y a si peu de rapport entre les conséquences de l'oblitération d'un vaisseau et celles deroblitéraiion d'un conduit excréteur ou d'un intestin; entre les effets d'une dilatation du cœur', d'une artère, et les effets de la dilatation d'un canal muqueux ou d'un réservoir; entre la rupture du cœur ou d'un vaisseau et la perforation d'un conduit excréteur, que la pathologie a dû les séparer, dans son langage comme dans ses classifications, par un intervalle proportionné à leurs différences étiologiques, séméiologiques et thérapeutiques. L'anatomie pathologique elle-même, obligée en quelque sorte de réunir dans un mçme cadre toutes les
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lésions matérielles identiques, n'en reconnaît pas moins la nécessité de traiter dans deux chapitres séparés des lésions de canalisation des canaux mufjueux, et des lésions de canalisation des canaux vasculaires, tout en consacrant par une dénomination commune l'identité de la lésion.
Cela posé, je vais m'occuper d'une manière générale des rétrécissements et oblitératioiu qui constituent la première classe des lésions de canalisation.
Des retiëcissements et oblitérations en général.
Les mots rétrécissement, obturation, occlusion, oblitération, sont employés en médecine pour désigner, le premier, l'interception incomplète, les autres, l'inteiception complète des canaux vasculaires et muqueux dont est creusée l'économie.
Or les rétrécissements et oblitérations des canaux muqueux, comme aussi les rétrécissements et oblitérations des canaux vasculaires, peuvent être produits par plusieurs ordres de causes :
1° Par une cause extérieure au canal qui le comprime [interception par compression).
2° Par un corps étranger qui obture ce canal [inter ception par occlusion).
3° Par une lésion organique des parois elles-mêmes (mterception par lésion organique).
k° Lorsque les canaux et réservoirs sont pourvus de fibres musculaires, par la contraction spasmodique de ces fibres ou par leur paralysie {interception par spasme ou par paralysie).
5 Enfin, parun vice de conformation congénital (m/e?eeptîon congén ita le ) .
Les différences si considérables (]ui existent entre les effets des oblitérations des canaux muqueux et les effets des oblitérations des canaux vasculaires m'ont paru nécessiter la division de la classe des rétrécissements et oblité-
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rations en deux sous-classes fondées sur la nature des canaux oblitérés.
Première sous-classe: Rétrécissements et obliiérations des canaux niuqueux.
Deuxième sous-classe : Rétrécissements et oblitérations des canaux vasculaires.