‹ Traité d'anatomie pathologique générale (volume 2)Chapitre 7 sur 35 · II. n · texte numérisé non relu

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178 anatomie pathologique générale.

renchaloiineinent des calculs se fait j)ar un autre mécanisme : dans quelques cas, c'est le tond de la vésicule qui se moule sur le calcul ou sur les calculs, et s'isole du reste de la vésicule par un rétrécissement circulaire, et quelquefois même par une oblitération complète. Dans d'autres cas où la vésicule biliaire est séparée des voies biliaires, soit par l'oblitération de son col, soit par l'oblitération du conduit cystique, c'est cette vésicule tout entière qui semoule sur le calcul ordinairement volumineux qu'elle contient. Sa membrane muqueuse perd alors ses caractères de îuembrane muqueuse. Aucune sécrétion n'a lieu entre elle et le calcul, qui lui devient même adlîérent mécaniquement si la surface du calcul présente quelques aspérités. C'est aussi mécaniquement qu'a lieu Tadhérence des pierres dites adhérentes de la vessie : ce sont de petites végétations ou fongosités de la muqueuse vésicale qui s'enfoncent entre les tubercules de la surface inégale du calcul.

Configuration des calculs. Je la diviserai en extérieure et en intérieure.

l*» La configuration extérieure des calculs est extrêmement variée; en général ils ont une forme ovoïde lorsqu'ils sont solitaires, taillés à facettes, et par conséquent polyédriques lorsqu'ils sont multiples dans la même cavité; et les facettes sont bien évidemment le résultat de l'usure par frottement des couches superfu ielles (1).

Leur surface, quelquefois lisse sans être polie, lorsqu'ils sont solitaires, estordinairement glabre, rugueuse et même tuberculeuse. On a donné le nom de calculs muraux, moriformes, à des calculs urinaires hérissés de tubercules à la manière d'une mûre, et l'analyse chimique a appris que cette forme était propre aux calculs urinaires comj osés d'oxalate de chaux : cependant j'ai rencontré plusieurs

(i) Anatomli' patholo<jique^ avec pinnches, XXIX* livr., pi. 4, Calcula biliaire'!

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fois des calculs liiiiaires inoriformes; mais les tubercules dont ils sont hérissés n'atteignent jamais le développement des tubercules des calculs urinaires.

D'autres calculs , ce sont ceux de phosphate calcaire, ont une surface comme vermoulue ; ces calculs sont légers, poreux , friables , et appartiennent à des vessies catarrhales; par contre, il est des calculs solitaires qui présentent le plus beau poli, celui que les arts cionnentainnaibré dont ils ont d'ailleurs la dureté. Il existe dans les cabinets de la Faculté plusieurs calculs de ce ^enre, dont la surface est veinée, coir.me jaspée.

La configuration extérieure des calculs diffère d'ailleurs beaucoup suivant le lieu qu'ils occupent. Lorst[u'ils remplissent complètement la cavité dans laquelle ils sont contenus, cette cavité leur sert en quelque sorte de moule: ainsi les calculs rénaux volumineux se moulant sur le bas. sinet et se prolongeant dans les calices , présentent la disposition rameuse d'un corail dont la tige occuperait le bassinet , et les branches , diversement contournées, les divisions calieiformes (1). Ainsi les calculs contenus dans lès portions prostatique et membraneuse de l'urètre représentent-ils exactement la forme et la courbure de cette région du canal urétral; les calculs des vessies urinaire et biliaire, lorsqu'ils remplissent complètement ces cavités, affectent-ils exactement la forme de ces réservoirs : on dirait d'un moule en plâtre destiné à la reproduire.

Les calculs sont simples ou composés. Ces derniers résultent de l'agrégation de plusieurs calculs unis entre eux par une espèce de ciment : cette disposition s'observe surtout dans les voies biliaires ; le ciment est formé par des concrétions. J'ai vu (2) le canal cholédoque, le canal hépatique et ses principales divisions retnplis de calculs com-

(i) Anatomie pathologique, avec planches, XXXVPlivr., pi. 4} Calculs lisses,

(2) Anatomie patholocjique ^ avec plaiiche>, Xli* liv., pi. 5, Maladies du foie.

180 ANATOMIF PATHOI.OGIOUE GÉNÉRALE.

posés. Il existe aussi quelques exemples de calculs urinaires formés par Tagglutination de deux calculs ayant chacun un noyau distinct, ou, si Ton aime mieux, de calculs à deux noyaux.

2" Configuratmi intérieure ou texture des calculs. Le meilleur moyen pour l'étudier est de diviser le calcul par la scie dans le sens de son plus grand diamètre; on peut encore le fendre avec le coin, ainsi que le propose M. Civiale, ou le briser par la percussion : chacun de ces procédés a ses avantages. Les calculs qui ont peu de cohérence, comme un grand nombre de calculs biliaires, peuvent se briser par une pression plus ou moins forte entre les doigts.

Ainsi divisés , les calculs se présentent sous quatre formes bien distinctes : 1° sous la forme striée ou rayonnée; 2° sous la forme de couches ou de lamelles superposées; 3° sous la forme granuleuse; 4° sous la forme terreuse (1). Leur cassure ou coupe est tantôt compacte, cristalline, grenue ; tantôt terreuse, amorphe, friable. Il est des calculs mixtes qui sont striés à leur partie centrale etlamelleux, granuleux ou terreux dans leur partie superficielle. Il est aussi des calculs qui sont à la fois granuleux, terreux et lamelleux; il n'est pas impossible que les quatre formes striée , lamelleuse , granuleuse et terreuse se trouvent associées dans le même calcul.

Les calculs striés ou rayonnes appartiennent presque exclusivement aux voies biliaires. Ils se présentent sous l'aspect d'aiguilles pyramidales triangulaires, très régulièrement disposées en rayonnant, dont le sommet occupe le centre, et dont la base occupe la circonférence ; lorsque la base d'un certain nombre de ces pyramides dépasse la surface des pyramides voisines , le calcul est raoriforme :

(i) J'ai cru devoir ajouter cette quatrième forme aux trois formes généralement indiquées, bien que la forme terreuse se rapproche à beaucoup d'égards de la forme |;ranuleuse.

quoique rare, la fonue striée, rayonnée ou fibreuse, n'est pas ëlrangcre aux calculs urinaiies, surtout aux calculs d'acide urique (1). D'une autre part, la forme lamelleuse n'est point étrangère aux voies biliaires et urinaires. Presque tous les calculs biliaires que j'ai eu occasion d'étudier sont constitués par deux parties : 1° une partie centrale qui forme les 2/3 ou les 3/4 en volume du calcul : c'est la partie striée; 2" une partie superficielle ou corticale : c'est la partie lamelleuse consiituée par des couches superposées offrant en général diverses nuances de coloration.

Les calculs lamelles, granuleux et terreux appartiennent surtout aux voies urinaires.

Les calculs lamelles ou lamelleux, qui sont sans contredit les plus fréquents de tous les calculs, sont composés de couches concentricjues superposées à la manière du bois, ou, suivant la comparaison de Robert Boyle, à la manière des tuniques d'un oignon. Or, tantôt ces lamelles ont la même couleur, la même consistance et la même composition chimique ; tantôt elles sont diversement co ■ lorées, d'une inégale consistance, et appartiennent à des principes différents. L'interposition de couches hétérogènes permet quelquefois de séparer avec la plus grande facilité les différentes couches dont se composent les calculs. J'ai trouvé dans l'épaisseur de plusieurs calculs des espèces de géodes dont quelques unes communiquaient à l'extérieur ; plusieurs étaient tapissées par de petits cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.

Les calculs granuleux sont constitués par des granulations ou petites masses fortement pressées les unes contre

(i) M. Civiale a fait soprcsenler, pi. 3, fig. 2, uii calcul de cystine dont la coupe piesenle des stries irradiantes et ondulées. Il faut d'ailleurs bien distinguer les calculs strié-; des solutions de continuité radiées dirige'es du centre à la circonférence que présentent quelquefois les calculs lamelleuï.

les autres, et eiiveioj)pées dans une espèce de gangue, soit de même nature , soit de natiu^e différente. Les calculs d'oxalate de chaux présentent le type de cette disposition, qui n'est pas non plus étrangère auK calculs d'acide urique et de phosphate calcaire. Il n'est pas rare de voir dans un calcul des granulations appartenant à diverses substances.

Les calculs terreux , toujours friables^ sont constitués par des molécules agglomérées, sans cohésion, comme dans un mortier à grains fins : ces calculs sont constitués par des sels calcaires et s'écrasent avec la plus grande facilité.

L'étude des diverses coupes, auxquelles on soumet les calculs, permet de reconnaître qu'à l'exception des calculs biliaires de choleslérine , les calculs ne sont pas le produit d'une cristallisation régulière. C'est à peine si à la sui'face ou dans l'épaisseur des calculs urinaires on trouve quelques cristaux ou quelques groupes de cristaux d'acide urique et des autres principes constituants de ces calculs. Comment, en effet, une cristallisation régulière pourrait elle s'effectuer dans les conditions de mobilité dans lescjuelles se trouvent les liquides aux dépens des(juels se forment les calculs? Il y a donc cristallisation confuse? Ce sont des dépôts amorphes, pulvérulents, des fragments de cristaux qui viennent s'agglutiner entre eux par un mécanisme bien différent de celui d'après lequel des cristaux réguliers s'accolent par leurs faces respectives, suivant la loi de l'affinité. Or le moyen d'agglutination , c'est une matière animale mentionnée par tous les chimistes qui se sont occupés de cette question j mais dont la nature est encore indéterminée. Or, on conçoit, d'après ce mode de formation des calculs, combien doivent être nombreuses leurs variétés de cohérence.

On distingue dans chaque calcul une partie centrale ou noyau et une écorce.

SLI'TIEMK CLASSt. DliS Oiil'.S KTIi AiN«^i:il6. 183

Le noyau vient toujours du dedans pour les calculs biliaires; mais jioin- les calculs urinaires il vient tanlôt du dehors, lantôt du dedans.

1° Noyaux venus du dehors. Tout corps étranger introduit dans les voies urinaires, quelle (jue soit la voie de son introduction, devient nécessairement le noyau d'un calcul; c'est autoiu' de ce noyau que viennent se déposer les matières insolubles de Tnrine, qui n'attendent pour ainsi dire que Foccasion pour se précipiter. Ce dépôt peut s'effectuer d'une manière continue ou intermittente : il peut changer de nature, lorsque la constitution de 1 uriiie elle-même vient à changer. Si les calculs biliaires ne présentent jamais pour noyau de corps étrangers, cela tient à la situation des voies biliaires , qui les met à l'abri de cette intioduction, et je suis persuadé que s'il arrivait, ce qui n'est pas impossible, qu'une épingle ou une aiguille avalée se fourvoyât dans la vésicule ou dans les autres canaux biliaires , elle deviendrait le noyau d'un calcul. Or les corps étrangers qui servent de noyau aux calculs vésicaux ont presque toujouis pénétré dans la vessie par le canal de l'urètre. Dans quelques cas fort rares, ils y ont pénétré par des voies accidetitelles , par une plaie, par une fistule établissant une communication entre l'intestin et la vessie. Enfin , il est constant que des aiguilles , des épingles avalées ont perforé la vessie et y sont devenues le noyau d'un calcul. Voici du reste l'énumération de la plupart des corps étrangers venus du dehors, qui ont servi de noyau aux calculs urinaires : Des balles (1), des fragments d'os qui ont ])énétré dans la vessie, des aiguilles, des épingles, des fragments de sonde, de bois, un étui, des épis de graminées, un haricot, des

(i) Indépendamment du cas de halle servant de noyau à un calcul vésicai que j'ai décrit, il en existe un certain nombre dexemples dans la science qu'on trouvera résumés dans le Traité de l'affection calcuieuse de M. Civiale.

18Ù ANAIOMIE PAIHOLOGIQUE GÉNÉIIALE.

cailloux, des fragments de porcelaine, etc. Il n'y a pas longtemps que le professeur Malago a extrait un calcul dont le noyau était formé par un globule de mercure (l).

2" Noyaux Jormés au dedans de nous. Tous les calculs qui n'ont pas pour noyau un corps étranger venu du dehors ont-iis nécessairement pour noyau un gravier venu des reins ou formé dans la vessie, du mucus, du san(]? A cette question on ne peut répondre que par des faits. Eh bien! il est des calculs urinaires qui sont parfaitement homogènes du centre à la circonférence; homogènes, pour la couleur, pour la dureté, pour la configuration. Ce n'est donc que par analogie ou par hypothèse qu'on peut «admettre un noyau pour ce genre de calculs. Il y a au contraire des calculs qui ont pour noyau un gravier parfaitement distinct, car il est entouré de couches concentriques superposées, de mêmenatureoude nature différente. C'est ordinairement l'acide urique ou Foxalate de chaux, quelquefois l'oxyde cystiqufi qui constituent ce noyau. Dans d'autres cas, ce n'est plus un gravier, mais c'est un véritable calcul d'acide urique ou d'oxalate de chaux qui sert de noyau à un calcul plus considérable, presque tou~ jours dénature différente. On voit au musée Dupuytren plusieurs calculs ayant pour noyau un calcul mural : et une chose remarquable, c'est que les couches concentriques qui entourent ce calcul mural ne se sont pas moulées sur les gros tubercules de sa surface. Les couches les plus voisines du calcul mural semblent seules avoir été influencées par sa disposition tuberculeuse ; mais la surface extérieure du calcul est lisse, uniforme comme

(i) On voit au musée Dupuytren : i" un calcul de phosphate calcahe fermé autour d'une aiguille d'ivoire ayant appartenu à une jeune fille de l'arm'". -i" un ctdcul également phosphatique ayant pour noyau une {(rosse e'pingle; 3" un calcul ayant pour noyau un clou; 4° beaucoup de fragments de sonde encroûtés de phosphate calcaire. J'ai vu une mèche de cheveux îuiir;;^, rou?-, servant de iummu à un calcul vésical.

celle des autres calculs. Enfin, il est des calculs dont le noyau est remplacé par une cavité ou géode.

Du mucus, du sa?ig épaissi peuvent-ils devenir le noyau d'une pierre? Cela n'est certainement pas impossible; mais j'admire qu'on ait cru pouvoir établir ce fait d'après l'examen de pierres volumineuses, et par conséquent d'une origine plus ou moins ancienne. Par exemple, qu'on ait reconnu, au centre d'une pieire de 5 onces, du mucus à l'état de dessiccation, ou bien du mucus disposé en filaments incrustés de matières calcaires, et tellement minces qu'on les a pris pour des poils. Je conçois un peu mieux que la présence du sang au centre d'un calcul ait été reconnue à un caillot desséché et noirâtre ou converti en ime poudre brunâtre avec quelques écailles de même couleur. Je me suis demandé si les calculs à géode centrale ne pourraient gas s'être formés autour du mucus ou du sang épaissi qui aurait primitivement occupé le vide laissé au centre du calcul.

Relativement aux calculs biliaires, la question des noyaux n'est pas encore bien décidée. Il y a des calculs biliaires à géode centrale, comme si une bile épaissie, une concrétion biliaire , ou bien la mntière jaune de la bile avaient été absorbées après avoir servi de noyau au calcul ; toujours est-il que les calculs biliaires donnent un démenti formel à l'opinion généralement accréditée, surtout pour les calculs urinaires, que le point central ou noyau est la partie la plus dure du calcul. Dans le plus grand nombre des calculs biliaires que j'ai eu occasion d'étudier, le centre du calcul est constitué par une concrétion biliaire ou un dépôt de matière colorante vert-bouteille oujaunebrun, qui envoie des prolongements plus ou moins considérables dans l'intervalle des sommets des aiguilles pyramidales de la choleslérine, ce qui donne au noyau de ces calculs biliaires un aspect étoile. On pourrait donc dire que le noyau des calculs biliaires est < oustitué pai- de la matière coîo-

rante ou par une concrétion; il n'y a d'exception que pour les calculs biliaires de cholestérine pure.

De la consisîance des calculs. L'étude de la consistance des calculs a pris une bien grande importance depuis Tinvention de la lithotritie, et plus particulièremeiit depuis l'emploi du marteauà j)ercussion. Il estbien à regretterqueia lithotritie soit sans application pour les calculs biliaires qui ont infiniment moins de densité et de dureté que les calculs ur inaires. Parmi ces derniers, il n'y a de vraiment consistants que les calculs de cholestérine pure, dont la force de cohésion ])araît tenir au même pjincipe que la force de cohésion des masses salines cristallisées; mais pour peu que la matière colorante de la bile soit mélangée à la cholestéi'ine, la consistance du calcul en est singulièrement altérée. Il est en effet des calculs biliaires qui s'écrasent sous le doigt à la manière d'une argile incomplètement desséchée. La dessiccation augmente leur dureté d'une manière remarquable.

Relativement aux calculs urinaires , leur dureté varie beaucoup : \° suivant la composition chimique; 2» suivant la configui'ation intéiieure ou texture des calculs , la composition chimique étant d'ailleurs la même. Ainsi, sous le premier point de vue, les calculs urinaires les plus durs sont constitués par l'acide urique, surtout par l'oxalate de chaux. Les calculs de phosphate calcaire sont en général légers et friables, surtout au moment où on les extrait de la vessie; car la dessiccation peut leur donner une assez grande consistance. Sous le second point de vue, les calculs urinaires formés par cristallisation régulière sont les plus durs; ])uis viennent ceux qui sont formés par cristallisation confuse, et en dernier lieu ceux qui sont formés par agglutination ou agrégation de molécules comme sablonneuses.

Sous le rapport de la consistance, on jencontre les extrêmes dans les calculs urinaires : ainsi, il est des calculs

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quiont la durelé du marbre doiii ils [)euvent prendre le poli ; on a même parlé de calculs ayant la dureté du caillou ei faisant feu avec le l)ri(juet. Dans Tappréciation de ces faits , il faut se rappeler que les hoinnies de fart ont été souvent dupes de supercherie à fendroit des calculs urinaires, et qu'on leur a quelquefois présenté comme tels tantôt des corps qui n'avaient jamais appartenu aux voies urinaires, tantôt des corps qui y avaient été volontairement introduits. Tel est le prétendu calcul analysé par M. Boussingault, qui y trouva de Talumine, de la silice, de la chaux et de l'oxyde de fer, ce dernier dans la proportion d'un tiers; tel est encore le fait de Brugnatelli qui parle d'un calcul urinaire que l'analyse lui démontra être formé de parties à peu près égales d'oxyde de fer et de carbonate calcaire.

En Oj)positiiin avec les calculs urinaires durs , n!)us trouvons les calculs urinaires mous, lesquels s'écrasent sous la tenette, même médiocrement serrée. Ces calculs sont le plus ordinairement constitués par du phosphate calcaire; cejjcndant on cite quelques exemples de calculs mous qui étaient chimiquement constitués, soit par l'acide urique, soit même parl'oxalatede chaux. Comme extrêmes des calculs mous, se voient des calculs presque difflueuts, composés de sédiments pulvérulents agglutinés à l'aide d'une matière molle semblable à du blanc d'œuf, si bien ([u'il est très difficile de les reconnaître à l'aide du cathétérisme. Ces calctds mous, qui se solidifient pai'la dessiccation, et qui éclatent ou se jéduisent en sabie parla pression la plus légrre, sont en généial formés de phosphate de chaux.

On conçoit d'ailleurs que^ pour être rigoureuse, l'appréciation de la densité et de la cohérence des calculs composés de diverses couches devrait se faire sur chacune de ces couches en particulier, soit cpj'elles appartiei^nent au même principe chimique, soit qu'elles ap-

partiennent à des principes différents. Mais l'isolement de ces couches n'est pas toujours facile. Il est des calculs dont les couches superficielles sont poreuses, friables, sans adhérence, et le noyau central très dense. En général, les calculs qui se produisent sous Tinfluence d'une phlegmasie de vessie sont spongieux , légers , et lorscpje le calcul existait antérieurement à la phlegmasie de vessie, la partie du calcul qui correspond à la période d'intégrité de cet organe est dure et compacte, et celle qui s'est formée postérieurement à la phegmasie de vessie est sans cohérence.

De la couleur des calculs. La coloration des calculs doit être étudiée, non seulement à la surface du calcul, mais encore dans ses couches profondes : elle varie suivant la composition chimique.

Les calculs biliaires, quand ils sont formés par la cholestérine pure, ont le brillant métallique ou plutôt le reflet du mica; mais le plus souvent ce brillant se trouve en partie masqué par la matière colorante de la bile, qui forme au centre un petit noyau, s'irradiant dans tous les sens, et pénétrant quelquefois toute l'épaisseur de la partie radiée du calcul en affectant les nuances du jaune, du vert, du' brun diversement combinées; quelques unes ont la couleur ocre, d'autres une couleur jaune orangé; la partie centrale est sans contredit celle dont la coloration *est la plus intense : puis viennent les couches superficielles, couches lamelleuses concentriques qui revêtent toute la surface du calcul, et présententdiversesnnances en général très foncées.

La couleur des calculs urinaires, qui révèle à des yeux un peu exercés leur composition chimique, présente de nombreuses variétés. Les trois grandes teintes sont : 1° la couleur fauve tirant sur le jaune ou le rouge: ce sont les calculs d'acide urique; 2" la couleur blanche, ordinairement blanc terne comme la craie, qui appartiennent aux

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calculs de phosphate ammoniaco- magnésien mêlé au phosphate de chaux : on a vu la blancheur de ces calculs atteindre la pureté du blanc de neige ou de la plus belle porcelaine (1); 3" la couleur noire, ordinairement terne, présentant quelquefois le brillant de la houille : ce sont certains calculs d'oxalate de chaux.

Entre ces trois grandes teintes, se voient une foule de nuances intermédiaires qui échappent à toute description. Ces diverses teintes ou nuances, parmi lesquelles je signalerai la couleur grise ou cendrée, qui appartient en général à l'urate d'ammoniaque, occupent rarement toute l'épaisseur du calcul; quelquefois elles sont disposées en couches régulières ou irrégulières superposées ;, ou bien en taches ou stries, qui donnent au calcul un aspect marbré ou jaspé.

2° Composition cliimique des calculs.

Sous le rapport de leur composition chimique, ]es calculs biliaires sont en général formés par ceux des principes immédiats de la bile qui, naturellement insolubles dans l'eau, sont tenus en dissolution à la faveur des substances qui les accompagnent; or ces principes immédiats sont la choleslér'me et la matière colorante : ainsi, d'après les travaux de Fourcroy, rapprochés de ceux de M. Thenard, qui a opéré sur plus de trois mille calculs, les calculs biliaires sont composés de 88 à 9^i parties de cholestérine (adipocire des anciens) et de 6 à 12 parties de matière colorante.

Quant aux acides organiques, ils sont solubles dans l'eau, et leur combinaison avec la soude favorise encore cette solubilité. Cependant ces acides, se modifiant avec la plus grande facilité, donnent naissance à des produits insolubles, parmi lesquels on doit citer plus particulièrement \ acide choloïdique (résine biliaire des anciens) , principe dont on a signalé quelquefois la présence dans certains

(«) Il existe au musée Dupuytren des échantillons de re genre.

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calculs biliaires, principalement formés de cholestérine. On y trouve aussi quelques traces de mucus et cFune matière albuminoïde; enfin, certains sels insolubles viennent quelquefois s'ajouter à ces matériaux organiques des calculs biliaiies : ce sont surtout le carbonate et le phosphate de chaux.

La cholestérine et la matière Colorante, principes immédiats de la bile, sont, dans des proportions diverses, la base de tous les calculs biliaires. La cholestérine y entre ordinairement pour plus de 50 pour 100 : il y a même des calculs qui ne sont formés que de cholestérine ; quelquefois c'est la matière colorante de la bile qui est l'élément prédominant (1).

En opposition avec les calculs biliaires, les calculs itriimires sont tantôt formés par les principes immédiats existant normalement dans l'urine, tantôt par des principes étrangers à ce liquide. Une autre différence non moins remarquable entre ces deux ordres de calculs, c'est la simplicité, l'uniformité de composition des calculs biliaires et la multiplicité des matériaux qui entrent dans la formation des calculs urmaires, matériaux dont le nombre a été porté par Gmelin à trente et un.

Les calculs d'acide urique sont les seuls calculs urinaires qui soient formés aux dépens d'un principe immédiat des urines ; cjuant aux autres sels qui entrent dans la composition des calculs, ils sont tout à fait d'origine morbide. Une des sources principales de la présence de ces

(i) Je dois dire que j'ai rencontré plusieurs fois la vésicule biliaire remplie de matières calcaires; mais c'est dans le cas où cette vésicule était comple'tement séparée des voies biliaires : je ne pense donc pas qu'il faille considérer cette matière calcaire comme appartenant aux calculs biliaires. C'est dans cette catégorie que doit être placé le prétendu calcul biliaire analysé par Baily et Henry qui contenait de 70 à 72 pour 100 de phosphate de chaux. Berzelius fait mention d'un calcul biliaire qui était essentiellement formé par du charbon. On parle aussi d'alumine, d'oxyde de fer, de cuivre rencontrés dans (|uelques calculs biliaires.

sels d'origine ihorbide, c'est la clécotnnosilion de Turce en sous-carbonate traminoniaque. C'est ce sous-carbonate qui, agissant à la fois sur tous les principes immédiats de l'urine, l'acide lactique, l'acide urique, les sels inorganiques, la matière organique, opère des décompositions nouvelles. Or les sels produits qui n'existent pas naturellement dans l'urine sont : 1° le sous-carbonaie de chaux et de magnésie; 2° le phosphate neutre de chaux ; 3° ]e phosphate de magnésie; 4° le phosphate ammoniaco-niagnésien ; 5° ï acétate d' ammoniaq ue ; 6° ïoxahite de chaux; 7° Xoxolate d'ammoniaque, 8'^ Voxyde xanthique; 9° la cystim (1). Relativement à la matière animale qui entre en proportion variable dans la composition des calculs urinaires, la chimie n'a encore rien révélé de positif à cet égard, les uns la considérant comme de la gélatine, les autres comme delalbumine, du mucus, de la fibrine, toutes substances mélangées ou non avec l'urée ou même avec un peu de graisse. Tous les chimistes s'accordent d'ailleurs à reconnaître que la présence de la matière animale n'est pas indispensable à la production des calculs, et que cette matière animale varie en {[uantité dans les calculs de divers ordres et même dans les calculs de même nature.

Quant aux sables ou graviers urinaires, ils sont chimiquement composés de la même manière que les calculs, mais avec cette grande différence, que les sables ou graviers ne contiennent en général qu'une seule substance, tandis que les calculs en contiennent souvent plusieurs.

La fréquence relative de tel ou tel principe dans la composition chimique des calculs a été établie par Prout d'après huit cent vingt-trois calculs que possédaient les

(i) La silice, le fer, les urates de potasse, de soude et de chaux, le henzoate d'ammoniaque, et les principes colorants des calculs que l'on attribue généralement au sang et que Brugnatelli regarde comme une substance à part sous le nom de cystimèle : tels sont les autres principes constituants reconnus dans certains calculs urinaires.

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liôpitaux d'Angleterre^ et il a vu que l'acide urique formait plus du tiers du nombre total de ces calculs; et comme cet acide est en outre le noyau autour duquel se dépose le plus souvent la matière calculeuse, Prout pense que l'acide urique forme les deux tiers au moins des calculs urinaires; que les calculs phosphatiques en forment un quart, les calculs d'oxalate de chaux un septième , les calculs composés entre le quart et le cinquième.

Relativement à la fréquence relative de tel ou tel principe constituant des calculs urinaires , voici les résultats bien plus précis encore auxquels est arrivé M. Guibourt, qui a rapproché toutes les espèces de calculs déterminées par Fourcroy et Yauquelin, WoUaston et Marcct.

Séparant à juste titre les calculs simples des calculs composés, et divisant ces derniers en ceux dont les principes constituants sont disposés en couches distinctes, et en ceux dont les principes constituants sont mêlés intimement et ne peuvent être séparés que par l'analyse chimique, M. Guibourt (1) résume ainsi l'état de la science à cet égard :

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