II
Ils peuvent occuper l'épaisseur de nos parties, les cavités séreuses et synoviales, les cavités muqueuses,
i" Corps étrangers organiques situés clans l'e'paisseur de nos parties.
Ce sont des portions d^os qui ont été séparées par les projectiles lancés par la poudre à canon, les esquilles des fractures compliquées. Toutefois , il est bon de rappeler ici que , dans le cas de fractures avec e'crasement, sans pénétration de l'air, des esquilles, même complètement séparées et des parties molles et des parties dures, peuvent être englobées par le cal et se consolider (1). Il n'en est pas de même dans le cas d'esquilles détachées par les plaies d'armes à feu : ces esquilles, placées dans des conditions bien plus défavorables, sont de véritables corps étrangers, lesquels entretiennent des trajets fistuleux qui ne tarissent qu'après l'élimination de ces corps. Ainsi, les os nécrosés sont des corps élrangei'S dont la sortie est indispensable pour la guérison ; ainsi les cartilages aryténoïdes,les cartilages cricoïdes, ossifiés, cariés, nécrosés, perforent la membrane muqueuse, obstruent le larynx à la manière d'un corps étranger, et produisent la suffocation.
Les parties molles gangrenées sont encore de véritables corps étrangers qui doivent être éliminés, et dont la putréfaction précède la séparation. L'eirq^lîysème spontané est quelquefois la conséquence d'une gangrène profondément située', aiijisi qu'on l'observe dans les fractures comminutives des membres (2).
Il est pour les parties molles une gangrène sèche qui
(i) Voyez article cal, Classedes adhésions, t, I, p. 287.
(:j) La connaissance de ce fait m'a permis de diagnostiquer une gangrène profonde dans un cas d'emphysème spontané enorrne occupant la re'gion cervicale, !a face et le tronc ; l'aiKopsie démontra en effet que cet emphysème était dû à la gangrène <]u tissu relinlnire dti médinstin antérieur.
SEPTIÈME CLASSE. DES CORPS ÉTRANGERS. ISl
me paraît bien remarquable : je l'ai observée surtout clans le poumon (1). On trouve dans ce cas, complètement séparés des parties voisines, des fragments de poumon induré , lesquels remplissent la caverne qui résulte de leur séparation. Ces fragments se dessèchent en quelque sorte sans subir de décomposition putride.
Le sang extravàsé est un véritable corps étranger organique; car il est complètement déchu de ses droits à la vitalité qu'il ne manifeste par aucun phénomène, et c'est bien gratuitement qu'on a fait jouer à ce sang extravàsé un rôle de premier ordre pour la production des tubercules, des cancers et d'autres lésions organiques.
Il en est de même du pus, de la matière tuberculeuse, du suc cancéreux.
2° Corps étrangers organiques des membranes se'reuses.
Les membranes séreuses sont sujettes à des productions cartilagineuses, qui se présentent sous l'aspect de globes sphéroïdaux ou ovoïdes, d'un volume variable depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un œuf de poule, offrant les caractères anatomiques et les propriétés physiques du tissu cartilagineux le plus régulier. Ces produits cartilagineux, qu'on rencontre ordinairement libres dans les cavités séreuses, ont été primitivement adhérents et ne sont devenus libres qu'accidentellement, soit avant soit après la mort, peut-être le plus souvent par le fait de l'autopsie; car lorsque des tiraillements n'ont pas été exercés sur les membranes séreuses, on trouve ces productions cartilagineuses adhérentes à l'aide d'un pédicule extrêmement délié et fragile : cependant, telles sont la ténuité et la
(i) Anatomie pathologique , avec planclies, livr, XXXII, explication de la planche V. On voit un fragment de poumon induré contenu dans une caverne aux parois de laquelle il tipjit encore par un pédicnle. Dans d'autres cas, j'ai trouvé un fraf^ment de poumon indnr(>, mais non putréfié, libre dans une caverne.
132 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GKNÉliALE.
fragilité de ce pédicule qu'il est infiniment probable que sa rupture peut avoir lieu pendant la vie. Ces corps cartilagineux, qui se rencontrent souvent dans la tunique vaginale, ont pu faire croire à la présence d'un troisième testicule, dont ils ont la forme ovoïde, mais rarement le volume.
Ces corps cartilagineux ont quelquefois un noyau central, osseux, ou plutôt constitué par une concrétion de phosphate calcaire, dont Firrégularité contraste avec la régularité de la forme extérieure de ces corps. Après la tunique vaginale, c'est la séreuse péritonéale, et plus particulièrement la portion hypogastrique de cette séreuse qui est le siège le plus ordinaire de cette production. Souvent aussi la rate offre à côté des plaques cartilagineuses (jui encroûtent sa surface, des productions sphéroïdales pédiculées, cartilagineuses, qui peuvent se détacher et tomber dans la cavité péritonéale. On peut rapprocher de ces corps cartilagineux les lamelles ou plaques cartilagineuses que Ton rencontre si souvent, surtout chez les vieillards, dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien de la moelle épinière. Il n'est pas impossible que les corps étrangers du péritoine ne deviennent par leur présence cause de péritonite. Je rapprocherai des productions cartilagineuses des séreuses, les corps étrangers articulaires , qui ont le plus souvent une origine analogue k celle de ces productions.
3° Corps étrangers organiques des membranes synoviales.
Ce sont les corps étrangers rt?T/ci//fliV(?5. Indépendamment des corps étrangers venus du dehors qui peuvent pénétrer traumatiquement dans les cavités articulaires (grains de plomb, balles), indépendamment des tophus des goutteux, les articulations sont sujettes à la production spontanée de corps cartilagineux ou osseux, tantôt complètement libres, tantôt pédicules, mais qui ne méritent, à proprement
SEPTIÈMli CLASSE. LES COIU'S ÉTKANGE118. 133
parler, le nom de corps étrangers que lorsqu'ils sont exempts de toute adhérence.
Signalés par Ambroise Paré, qui fit sur un genou affecté d'hydrarthrose (apostème aqueuse) Textraction d'unepieire de la grosseur (ïnne amande , fort blatiche, dure et polie (1) , les corps étrangers articulaires ont été cliniquement observés un très grand nombre de fois, dans l'articulation du genou, par les chirurgiens qui ont plus ou moins exactement décrit les caractères physiques de ceux de ces corps que les accidents éprouvés par les malades les avaient conduits à extraire. Deux choses sont importantes à étudier dans ces corps étrangers : 1" leurs caractères propres^ 1° leurs connexions (2).
1" Les caractères propres des corps étrangers articulaires embrassent leurs formes extérieures et leur structure. Le plus souvent pisiformes ou sésamoïdes, ils sont très souvent concaves et convexes en sens opposé. Cette dernière forme était celle d'un corps étranger extrait de l'articulation du genou qui m'avait été donné par Richerand (voy. Anat. path.,iÎQ. 11. pi. VI, 9*= livr.). M. Ph, Boyer m'a montré un corps étranger extrait par lui de la même articulation, qui a le volume et la forme du scaphoïde de la main : c'est le corps étranger le plus volumineux que j'aie vu. Souvent lisses, les corps étrangers sont quelquefois rugueux, tuberculeux à leur surface. Sous le rapport de leur structure, les corps étrangei'S sont cartilagineux, osseux, ostéocartilagineux. La dénomination de cartilages libres et mobiles des articulations , qui leur a généralement été donnée, semble indiquer que les premiers corj s étrangers qui ont été extraits des articulations étaient caitilagineux, au moins dans leur couche superficielle; mais les faits d'analomie pathologique que j'ai recueillis me paraissent,
(i) OEuvres coinplèles cl' Ambroise Paré, Paris, iS/jO, t. III, pag. 32. (2) La planche 6, IX* livraison de mon Ànntomie palhotogique, avec planches , ine parait jeter un grand jour sur ces deux questions.
SOUS le point de vue de la fréquence , faire pencher la balance du côté des corps étrangers osseux. Les corps étrangers cartilagineux ou ostéo-cartilagineux sont toujours lisses à leur surface; les corps étrangers osseux sont plus ou moins rugueux ou tuberculeux. La disposition de la partie cartilagineuse et de la partie osseuse des corps ostéo-cartilagineux présente deux variétés : tantôt la partie osseuse et la partie cartilagineuse sont stratifiées, je veux dire que la partie cartilagineuse forme une moitié et la partie osseuse l'autre moitié de l'épaisseur du corps étranger; tantôt la partie osseuse forme le centre et la partie cartilagineuse les couches superficielles de ce corps La partie cartilagineuse est identique dans tous les corps étrangers articulaires; quant à la partie osseuse, elle est tantôt compacte, tantôt spongieuse, quelquefois même elle n'est autre chose qu'une concrétion de phosphate calcaire dépourvue de toute organisation.
Les faits de clinique chirurgicale semblent établir c[ue les corps étrangers articulaires sont rarement multiples; les faits d'anatomie pathologique me paraissent au contraire établir la plus grande fréquence des corps étrangers multiples. Dans le fait représenté livraison 9, planche VI, fig. 11, que je dois à M. Robert qui Va. soumis à la Société anatomique, il y avait dix-huit corps étrangers dans Varticulation de coude; Morgagni en a compté vingt-cinq, M. Malgaigne soixante dans la même articulation. Ces mêmes faits d'anatomie pathologique me paraissent établir que les corps étrangers articulaires coïncident presque toujours avec une maladie de l'articulation, et plus particulièrement avec la lésion que j'ai décrite sous le nom d'w5ure des cartilages ariiculaires (1). Cette usure, cette
(i) Voyez Bulletins de la Société anatomique, i"année, bulletin n° lo, décembre 1826, 2® édition, p. 187, — Usure des surfaces articulaires. — Corps étrangers articulaires. —Voyez encore Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , Articulations (maladies des).
rayure des surfaces articulaires dans le sens des mouvements sont bien distinctes du sillon profond qui a été observé sur quelques extrémités articulaires , sillon profond et court qui paraît avoir été creusé par le corps étranger lui-même et destiné h le recevoir.
2° Sous le rapport des connexions, les corps étangers se présentent sous deux états : à l'état libj^e, à l'état pédicule. Les corps étrangers libres sont tantôt flottants dans les articulations et suivent dans leur déplacement les mouvements des surfaces articulaires ; tantôt ils sont renfermés dans des cellules dépendant de la synoviale, disposées à la circonférence de l'articulation, cellules dont les unes onl leur orifice plus évasé que le fond , et dont les autres présentent un orifice rétréci de manière à emprisonner le corps étranger. La liberté des corps étrangers explique pourquoi ces corps étrangers viennent, dans certains mouvements, s'interposer inopinément aux surfaces articulaires, en produisant une douleur telle que, dans le cas de corps étranger du coude , le forgeron laisse tomber le marteau qu'il soulève, et, dans le cas de corps étranger du genou, l'homme qui marche pousse un cri et tombe.
Les corps étrangers pédicules se divisent en ceux qui ont un pédicule osseux et en ceux qui ont un pédicule membraneux. Les corps étrangers à pédicule osseux se voient très souvent au pourtour des extrémités articU' laires dans le cas d'usure des cartilages. Ils ne sont autre chose que des végétations, des ostéophyies , des ostéo-chondrophytes , des chondrophytes, ordinairement sphéroïdaux , toujours lisses lorsqu'ils sont cartilagineux, lisses ou tuberculeux lorsqu'ils sont osseux. Ces corps étrangers pédicules tiennent aux os tantôt par un pédicule étroit, tantôt par un quart, un tiers de leur circonférence. Large ou étroit, ce pédicule peut se rompre, et alors le corps étranger est libre dans l'articulation. Les corps étrangers à pédicule membraneux sont
136 ANATOMIK PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
appendus à un pédicule long, très long, ou à un pédicule très court. Les pédicules les plus longs appartiennent aux corps étrangers développés à Textrémité libre des franges synoviales : les plus courts appartiennent aux corps étrangers développés sous la synoviale qu'ils soulèvent et dont ils se forment une enveloppe bientôt pédiculée. Or, on conçoit que le pédicule synovial puisse s'allonger beaucoup (1).
L'exposition pure et simple des faits que j'ai observés, et dont les figures et le texte de la planche VI, 9^ livraison, peuvent être considérés comme le résumé , me paraissent établir l'histoire des corps étrangers articulaires sous le rapport étiologique. Ainsi ce sont des productions ou végétations développées tantôt aux dépens et dans l'épaisseur de la synoviale ou de ses franges, tantôt dans le tissu cellulaire sous-synovial. Dans le plus grand nombre des cas, ils ne sont autre chose qu'une végétation ou production osseuse née du pourtour des surfaces articulaires.
Le cas observé par Alex. Monro a été invoqué pour établir une autre théorie étiologique, savoir, que les corps étrangers étaient constitués par une portion de cartilage détachée des extrémités articulaires. Mais en admettant comme démontrée cette interprétation du fait de Monro, ■çstte théorie ne pourrait s'appliquer qu'aux chondrophytes (aux ostéo-chondrophytes stratifiés, mais nullement aux ostéophytes, encore moins à ceux des ostéo-chondrophytes dans lesquels la partie osseuse est enveloppée de toutes paris par la partie cartilagineuse, à moins qu'on ne supposât que les fragments libres des cartilages articulaires pussent passer à l'état osseux (2).
(i) M. l'iiilippe Boyer m'a nioiilré tiens corps étrangers juxtaposes , situés sous la synoviale, appcmlus à un pédicule fibreux unique très dense, corps étranger double qu'il avait extrait de l'articulation du genou.
(2) La forme ppli;'iroïdale du plus grand nombre des corps étrangers articulaires est d'ailleurs en opposition avec l'éliologie des cartilages détaches.
Mais je soutiens que le faitdeMonro ne prouve pas cette théorie. Monro dit en effet qu'ayant trouvé dans l'articulation fémoro-tibiale d'un cadavre un corps cartilagineux de la grosseur d'une fève ^ le cartilage gui recouvre t extrémité ififérieure lui parutcléprimé , ce qui veut dire un cartilage aminci, usé, et non un cartilage présentant une perte de substance ayant la forme et le volume d'une fève.
Que conclure de là? qu'il faut rejeter tout ce qui a été ditsur les cartilages de'tachés des extrémités osseuses? Non assurément. Au lieu de contester cette possibilité, je puis même fournir des faits qui l'établissent. Ainsi , dans un mémoire que j'ai publié en 182/t (1), mémoire où je crois avoir démontré le défaut de vitalité des cartilages articulaires, leur état passif dans les maladies articulaires, leur usure, leur décollement à la manière de l'ongle, j'ai cité le fait d'une jeune femme, morte trois ans après une chute au bal sur le grand trochanter, et qui avait éprouvé tous les symptômes d'une maladie de la hanche. Pour toute lésion, je trouvai plusieurs fragments de cartilage libres dans l'articulation coxo-fémorale et une perte de substance des cartilages articulaires. Or, ces fragments réunis représentaient assez exactement la perte de substance des cartilages.
Le fait recueilli dans le service de M. Velpeau par M.Richetest le type des corps étrangers articulaires détachés des extrémités osseuses par une violence extérieure. Un individu tombe violemment sur le genou. H se présente à l'hôpital de la Charité. On reconnaît un corps étranger articulaire , pour l'extraction duquel on a recours à la méthode sous-cutanée en deux temps, d'après la méthode de M. Goyrand (2). On exécute le premier temps, c'està-dire qu'on amène le corps étranger sous la peau où on le laisse, se proposant de l'extraire quelques jours après.
(i) Archives (jcnérales de rncdednc. Paris, iSs-f, t- IV, p. iGi. (a) Annales de la clàyurijle. Paris, iS/ji, t. I, p. Hô.
Le malade se lève et marche, malgré la recommandation, la plus expresse ; d'où inflammation deTarticulation, suppuration et mort. A l'ouverture, on trouve que ce corps étranger, qui était ostéo-cartilagineux, ressemblait exactement à un fragment détaché d'une extrémité articulaire. Or, on trouva sur Tun des condyles du fémur une perte de substance qui était exactement remplie par le corps étranger (la pièce a été déposée au Musée Dupuytrenj. Toujours est-il que cette origine des corps étrangers articulaires par violence extérieure, indépendamment de la carie ou nécrose des os, doit être fort rare, et que, pour l'admettre, il ne suffit pas que le corps étranger, osseux dans une partie et cartilagineux dans une autre partie de son épaisseur, ait quelque ressemblance avec un fragment détaché d'une extrémité osseuse.
, Quant au rôle que jouerait pour la production des corps étrangers la rupture des cartilages ou ménisques inter-articulaires du genou, des articulations temporo-maxillaires et sterno-claviculaires, je ne nie pas l'existence de ces ruptures ou plutôt de ces usures, de ces morcellements que j'ai rencontrés assez souvent dans les cas d'usure, mais ce sont des débris inégaux, déchiquetés, ramollis des cartilages, et non des corps étrangers proprement dits ; d'ailleurs ces faits ne pourraient s'appliquer qu'aux corps étrangers cartilagineux , et nullement aux corps étrangers osseux du petit nombre d'articulations pourvues de ménisques.
Quant à l'opinion de Hunter, qui considérait les corps étrangers articulaires comme le résultat des transformations successives, fibreuse, cartilagineuse et osseuse, que subirait le sang épanché dans les cavités articulaires, et de la propriété qu'aurait, d'après cet observateur, le coagulum sanguin de se greffer sur les parties avec lesquelles il est en contact, cette opinion, qui a été renouvelée , et même qui a reçu de très grands développements dans ces
derniers temps, est en opposition formelle avec les faits nombreux et positifs qui m'ont fait ériger en lui cette proposition : Le sang extrovasé ne s'organise jamais; il a perdu tous ses d7vits à la vitalité : il nest plus cjiiun corps étranger.
Enfin, dans tous les cas de corps étrangers multiples que j'ai observés sur le cadavre, j'ai trouvé la lésion articulaire que j'ai décrite ailleurs sous le titre d'usure des surfaces articulaires , et qui a été si souvent confondue dans la pratique avec les tumeurs blanches. Cette circonstance doit être prise en grande considération dans l'appréciation des accidents produits par l'extraction des corps étrangers articulaires , accidents que la méthode sous-cutanée est appelée à prévenir au moins en grande partie.
Des corps étrangers organiques, mais non vivants, des membranes muqueuses.
Dans cette catégorie doivent être classés, l'' les polypes et corps 'fibreux séparés spontanément ou par l'art, 2° le produit de la conception devenu libre de toute adhérence, 3° le placenta décollé et retenu, etc.
1° Les polypes du pharynx ne méritent le nom de corps étrangers que lorsqu'ils ont perdu toute adhérence avec la muqueuse. Devenus libres, soit spontanément, soit par l'art, ils peuvent tomber sur l'orifice supérieur du larynx et produire la suffocation. Dans un cas de polype fibreux du pharynx très volumineux qui remphssait la région nasale et la moitié supérieure de la région buccale de ce conduit (1), et qui me parut être implanté sur la portion basilaire de l'occipital , j'appliquai une ligature
(i) J'ai observé ce polype en 1828 sur un paysan limousin de quatorze à quinze ans qui éprouvait de temps en temps, surtout pendant la nuit, des crises de suffocation qui le réveillaient en sursaut et qui plusieurs fois avaient mis sa vie en danger.
160 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
sur Ja partie Ja plus élevée de ce polype, de telle façon que l'anse embrassait le polype et que les deux chefs introduits successivement de la bouche dans les fosses nasales par la sonde de Bellocq , venaient sortir l'un par la narine droite , l'autre par la narine gauche.
Lorsqu après plusieurs jours de constriction graduelle, j'eus acquis la conviction qu'il ne restait plus à diviser qu'une petite partie de la racine du polype, vivement préoccupé de ce qui adviendrait lorsque la séparation du polype serait effectuée, je n'hésitai pas à la compléter à l'aide d'une constriction extrêmement forte et à extraire immédiatement le polype devenu corps étranger, à l'aide d'une pince portée dans l'arrière-bouche. Ce polype, sans doute accru par la stase du sang veineux et de la sérosité, était tellement volumineux, qu'il fallut exercer un certain effoi t pour Tarracher ; sa nature était fibreuse.
2" Les polypes utérins , les corps fihreux de tulérus peuvent se séparer spontanément, et devenir ainsi corps étrangers organiques. Cette séparation spontanée , qui s'effectue tantôt en une seule masse, tantôt par morcellement (1), est la conséquence d'un travail d'expulsion analogue à celui de Taccouchement, travail pour lequel l'art est souvent obhgé d'intervenir, soit pour compléter le décollement du corps fibreux, soit pour l'extraire : or cette extraction , de même que la séparation spontanée, peut se faire, tantôt en une seule masse, tantôt après avoir divisé le corps fibreux en plusieurs Iragments , lorsqu'il est trop volumineux, pour traverser en un seul bloc la filière du bassin.
Or, il arrive quelquefois que le corps fibreux, spontanément séparé, est pénétré de phosphate calcaire en totalité
(i) C'est à (les corps fibreux ossifiés, ou à «les concrétions osseuses primitives de l'utérus , qu'il faut rapporter les faits de pierres de l'utérus consignés dauo le Mémoire de Louis (Académie royale de chirurgie, t. lI,in-4.
OU en partie : si en totalité, il ne peut sortir qu'en une seule masse; et lorsque ce corps est d'un volume médiocre, il sort en effet spontanément à la suite de douleurs utérines extrêmement vives et quelquefois répétées pendant plusieurs mois; mais si le corps ostéo-fibreux était trop volumineux pour pouvoir être expulsé par les seuls efforts de la nature (1) , Tart éclairé par l'anatomie pathologique ne serait pas en défaut soit pour l'extraire en une seule masse si le corps étranger ne dépassait pas un certain volume , soit , dans le cas contraire, pour Técraser, le broyer et l'extraire par fragments ou par morcellement. Il est bon de rappeler à cette occasion {voyez la classe des métamorphoses et productions organiques) que l'ossification ou plutôt la pénétration des corps fibreux utérins par le phosphate calcaire est rarement complète; qu'une variété extrêmement fréquente , et qui équivaut pour ses conséquences à la pénétration complète, c'est la présence d'une coc[ue calcaire qui enveloppe la totalité du corps fibreux, au sein duquel il n'existe d'ailleurs aucune trace de concrétion phosphatique.
Si le corps fibreux est en partie seulement pénétré de
(i) J'ai vu cette séparation spontanée s'effectuer un mois après un accouchement naturel, au milieu des douleurs les plus aiguës. C'est presque toujours à l'aide d'une inflammation suppurative que se produit cette énucléation spontanée du corps fibreux : le pus, d'une horrible fétidité , pénètre le corps fibreux , en dissocie les parties constituantes , le ramollit, et lui permet de s'allonger et de s'aplatir, de se déformer de manière , cependant, à ce que son tissu soit toujours reconnaissable; souvent ce n'est qu'après plusieurs mois de suppuration que le corps étranger est expulsé soit en une seule masse, soit par fragments. Dans un cas de ce genre, pour lequel je fus appelé en consultation, on croyait à une affection carcinomateuse. La malade , épuisée par une abondante et fétide suppuration, présentait le teint jaune-paille des maladies organiques parvenues à la dernière période. Je reconnus l'existence d'un corps fibreux engage dans le col utérin. La portion de ce corps fibreux qui se présentait fut extraite, plusieurs fragments sortirent spontanément, plu? fard la malade guérit complélemenf.
phosphate calcaire , lequel forme dans son épaisseur des masses plus ou moins irrégulières, il peut arriver que, par suite de la macération que subit le corps fibreux préalablement libre de toute adhérence, la portion fibreuse se ramollisse, se dissocie, se détruise, et que la tumeur ayant été ainsi morcelée , des concrétions irrégulières stalactiformes de phosphate calcaire se présentent successivement à l'orifice de l'utérus, pénètrent dans le vagin qu'ils blessent par leur présence, sortent spontanément ou soient extraits.
Un cas bien remarquable a été adressé en 1836 à l'Académie royale de médecine par M. Coze , médecin à Saint- Omer. En voici le résumé :
Une dame de soixante-et-onze ans, éprouvant dans le vagin des douleurs semblables à des piqûres, introduisit le doigt dans ce canal, et y reconnut la présence d'un corps dur, inégal, couvert d'aspérités, dont elle détacha un fragment qu'elle remit à son médecin ordinaire, qui crut d'abord qu'il pouvait provenir du canal de l'urètre. Le toucher démontra la présence d'un nombre considérable de petites pierres hérissées de pointes aiguës , naissant du col de l'utérus et proéminant dans le vagin. La crainte de produire des hémorrhagies ou de causer de vives douleurs, liant les mains des hommes de l'art , qui n'avaient pas d'ailleurs d'idées bien arrêtées sur cette lésion , la malade répétait souvent l'introduction du doigt dans le vagin, parvenait à ébranler de nouveaux fragments et finalement à les arracher. Le toucher, pratiqué de temps en temps par le médecin, lui faisait découvrir des concrétions qu'il croyait de nouvelle formation, et qui lui semblaient prendre un développement rapide et considérable : la Carrière semblait inépuisable. La malade, qui était affectée d'un anévrisme du cœur, ayant succombé à une attaque d'apoplexie , les organes génitaux fiuent
SEPTIÈME CLASSE, DES CORPS ÉTRANGERS. lZt3
enlevés avec soin et adressés par M. le docteur Coze, à l'Académie royale de médecine.
Il y avait encore deux concrétions calcaires , dont l'une, de 18 lignes sur 12, complètement libre dans le vagin, était hérissée d'aspérités, et entourée dans une partie de sa surface par une gangue fibreuse; l'autre corps étranger était encore contenu dans le col de l'utérus, et commençait à se détacher. 11 m'a été facile de reconnaître que ce calcul vaginal, comme aussi le calcul utérin, n'étaient autre chose que les débris d'un corps fibreux partiellement pénétré de phosphate calcaire; il n'est pas douteux que si la malade eût pu vivre assez longtemps , l'élimination du corps étranger n'eut pu se faire entièrement.
D'autres corps étrangers organiques se voient aussi dans les voies génitales de la femme; ils sont relatifs aux altérations que subit le produit de la conception. Si dans l'état régulier le produit de la conception ne saurait être considéré comme un corps étranger, il n'en est pas de même dans le cas de grossesse extra-utérine; et il arrive, en effet, bien souvent , que la présence de ce fœtus détermine des accidents qui ont pour but, et assez souvent pour résultat, son élimination. On doit également considérer comme corps étranger, le fœtus mort, desséché, qui séjourne pendant plusieurs mois dans la cavité utérine, d'où il est expulsé par un travail analogue à celui de l'accouchement (1). Il ne me paraît pas démontré que le fœtus mort ait pu séjourner pendant plusieurs années, pendant toute la vie de la femme, dans la cavité utérine, dont les parois
(i) J'ai donné des soins à une dame qui, parvenue à la fin du quatrième mois de sa grossesse, éprouva un malaise fébrile, quelques contractions utérines; puis son ventre s'affaissa, le globe utérin ne fut plus sensible au-dessus du pubis , la santé devint parfaite, si bien qu'elle crut s'être trompée et n'avoir été jamais grosse : quatre mois après elle rendit l'œuf desséché.
\kh ANATOMIF. PATHOLOGIQUE GKNÉRALK.
se seraient converties en kyste fibreux ou cartilagineux. J'ai ailleurs discuté cette question (1), et j'ai cru devoir considérer toutes les observations de fœtus momifiés encroûtés de phosphate calcaire qu'on dit avoir trouvés dans la cavité utérine, comme appartenant à des grossesses extra-ulérines : quelque prolongé que fût le séjour dans la cavité utérine du produit de la conception desséché, momifié, pétrifié, il ne déterminerait pas plus la transformation fibreuse ou cartilagineuse des parois de l'utérus que la présence des corps fibreux.
3° Placenta retenu. — Un cas bien remarquable de corps étranger qui se rattache aux précédents, c'est celui dans lequel le fœtus étant sorti, soit dans un avortement, soit dans une grossesse à terme , les membranes de l'œuf restent dans l'utérus, s'y dessèchent, y séjournentpendant plusieurs mois, peut-être pendant plusieurs années , et déterminent par leur présence des pertes continuelles et autres symptômes qu'on attribue presque toujours à toute autre cause.
M. Depaul a présenté à la Société anatomiquedeux faits de ce genre (2). Le premier fait est relatif à un avortement au terme de cinq mois. Le fœtus seul avait été expulsé. On avaittirésurle cordon pour amener le placenta, eîle cordon s'était rompu : comme l'hémorrhagie n'était pas considérable, et que le col était peu dilaté, on ne jugea pas convenable d'aller décoller le placenta, dont on espéra la sortie spontanée. Pointdu tout, la malade sortit de l'hôpital quinze jours après l'avortement sans êti-e débarrassée du placenta, perdant toujours un peu de sang et souffrant aux reins et aux aines. Quatre mois après, elle revint à l'hôpital, éprouvant des douleurs très vives; le placenta fut
(i) Anatoinie pathologique avec planches : explication de la pi. I, iS" livraison.
(2) Bulletins de la Soc, analom,, année 1840, p. 336, et année i843 , o. 56.
expulsé , et ce corps , qui a été présenté à la Société anatomique , était parfaitement reconnaissable; il était condensé, vide de sang, enroulé sur lui-même, triangulaire comme la cavité utérine.
Dans un autre cas, une femme ayant succombé après un avortement , peut - être provoqué , sur la fin du deuxième mois, on trouva dans la cavité utérine une tumeur allongée ayant la forme de l'utérus, tumeur pédiculée, adhérant fortement au fond, en arrière de Tutérus, qui avait tous les caractères de tissu placentaire. M. Depaul en conclut qu'il serait possible, comme l'avait avancé M. Maslieurat, dans sa dissertation inaugurale , que le placenta retenu contractât des adhérences avec l'utérus : je ne saurais admettre cette conclusion, en ce sens que le placenta décollé puisse contracter une adhérence vitale avec l'utérus ; mais on pourrait poser la question d'une autre manière, et se demander si le placenta, étant resté adhérent après la sortie du fœtus, celte adhérence peut survivre àlavortement et maintenir la vie du placenta.
Dans un cas d'avortement que j'ai eu occasion d'observer, le placenta n'ayant pas pu être extrait, il survint des symptômes typhoïdes bientôt suivis de la mort; le placenta fut trouvé dans un état de putréfaction auquel on rapporta l'intoxication du sang et la mort,
II» GENRE
Des corps étrangers inorganiques formés en dedans de nous,
Bien que ces corps étrangers soient constitués par des matières puisées dans l'organisation, ou plutôt dans les produits des sécrétions, ils n'en méritent pas moins le nom d'inorganiques, en ce sens qu'ils n'ont jamais été doués de la vie, qu'ds sont incapables d'organisation , et qu'ils se comportent de tout point à la manière des corps inertes. Que si quelques uns sont susceptibles d'adhérence, c'est H. 10
l/i6 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
d'une adhérence toute mécanique, et nullement d'une adhérence organique.
Les principaux corps étrangers inorganiques formés au dedans de nous sont les concrétions pierreuses, ou calculs , qui se produisent aux dépens des licpides sécrétés.
On pourrait encore ranger dans cette catégorie :
1° Les tophus des goutteux, qui sont formés par un mélange d'urate de soude et de phosphate de chaux, le dernier sel en plus grande proportion ; tophus qui se déposent non seulement dans les cavités articulaires, non seulement à la surface libre des cartilages, mais encore dans l'épaisseur même de ces cartilages, dans répaisseur des franges synoviales, à la face interne, et même souvent à la face externe de la synoviale, dans le tissu cellulaire libre qui entoure les articulations, dans le tissu adipeux, dans l'épaisseur ou à la surface des tendons et ligaments , dans l'épaisseur des muscles, à la surface ou dans l'épaisseur du périoste, dans les capsules synoviales tendineuses et sous-cutanées, et jusqu'au centre des os^ en un mot, dans toutes les parties qui concourent au système locomoteur (1).
2° Les produits de sécrétion morbides non organisés , le pus, la matière tuberculeuse, les concrétions plâtreuses, calcaires, ossiformes des pouunons, des ganglions lymphatiques, etc.
3» Les concrétions ossiformes des veines , phlébolithes, etc.
Mais l'étude de ces produits accidentels inorganiques sera mieux placée à l'occasion des lésions morbides dont ils sont la conséquence ultime.
Je diviserai les corps étrangers, formés aux dépens des produits des sécrétions, en concrétions et en calculs; les concrétions étant le résultat pur et simple de l'épaississe-
(i) Voyez jtnatomie pathologique , nvec figures Iitho{];raph., 4* livraison : explicatino de la pi. III.
ment, de la condensation, d'une sorte de dessiccation des produits sécrétés sans adtlition de principes nouveaux, de telle façon qu'ils repiésentent le produit de sécrétion condensé , dépouillé de sa partie aqueuse , les calculs proprement dits étant le résultat de la précipitation ou cristallisation de tels ou tels des principes immédiats des liquides sécrétés, et même de principes étrangers à ces liquides dans l'état régulier. Comme annexe, je m'occuperai des concrétions formées par les matières fécales durcies, lesquelles peuvent devenir la source d'accidents pai" leur long séjour dans les voies digestives.
Je classerai dans la catégorie des conciétions, 1° les conci'étions cutanées sébacées, dont les concrétions céruraineuses ne sont qu'une variété; 2° les concrétions muqueuses; 3° les concrétions prostatiques; l^° les concrétions biliaires; 5" les concrétions lactées; 6° les concrétions fécales. Je ne connais pas d'exemple de concrétions urinaii-es proprement dites.
1° Concrétions cutanées ou sébacées.
Les concrétions cutanées ou sébacées sont produites aux dépens de la sécrétion sébacée de la peau. Elles présentent deux variétés : tantôt le produit de sécrétion solidifié est retenu dans la cavité des follicules, tantôt il est versé au dehors.
Première variété. La rétention et la condensation du lifjuide sébacé tiennent le plus souvent à l'oblitération de l'orifice des follicules; mais, dans beaucoup de cas, cette rétention et cette condensation en sont indépendantes, je veux dire qu'elles ont lieu malgré la liberté de l'orifice, ce qui suppose une altération de sécrétion primitive. C'est là l'origine des kystes sébacés, qui, au cuir chevelu, portent le nom de mélicéris, stéatome,athérome;&\xv tous les autres points de la surface du corps, le nom de
f«nne5, et qui peu vent acquérir un volume considérable. Sur une femme âgée, j'ai vu un kyste sébacé de laine qui avait le volume d'une grosse orange. La peau qui recouvrait la partie la plus proéminente avait été usée par la distension, et la matière concrète brunâtre du kyste était à nu. Cette femme étant morte, j'ai vu que cette matière concrète était formée par des couches concentriques, dont quelques unes étaient altérées et exhalaient une mauvaise odeur.
Deuxième variété. Dans d'autres cas , les produits de sécrétion solidifiablcs sont versés au dehors et constituent des concréiions brunâtres plus ou moins considérables; ces produits de sécrétion sont queltjuefois supportés par de petites végétations cutanées. Les productions cornées de la peau ne sont c[u'une variété de ces concrétions, qui sont quelquefois très multipliées sur le même individu. J'ai été consulté par une dame de soixante-cinq ans, dont la région cervicale, toute la région thoracique, et la partie supérieure des bras sont couvertes d'une multitude innombrable de ces plaques sébacées irrégulières , d'un jaune brun, formées de couches ou lamelles superposées; quelques unes sont supportées par de petites végétations verruqueuses.
Concréiions cérumineuses . Elles ne sont autre chose que des concrétions sébacées : le cérumen, sécrété en trop grande quantité par les follicules cutanés du conduit au • ditif, s'amasse dans ce conduit, y acquiert une grande consistance, et finit par l'obstruer plus ou moins complètement: d'où une surdité complète ou incomplète, suivant le degré de l'obstruction. On ne se fait pas une idée de la fréquence de celte cause de surdité, surtout chez les habitants des campagnes. Il paraît constant que , dans quelques cas , la quantité de cette sécrétion solidifiée est telle, que la membrane du tympan est perforée, et que le cérumen peut s'accumuler dans la cavité de l'oreille moyenne Tel est le cas présenté à la Société
SEPTIÈME CLASSE. DES GORl'S ÉinANGERS. !/|9
aiiatoiniqiie par M, Jobert. La caisse du tympan, énormément dilatée , était convertie en une vaste ampoule remplie d'une matière concrète, qui avait tous les caractères physiques du ce'rumen , et nullement ceux de la matière tuberculeuse.
Concrétions préputiales. Je rapprocberai des concrétions cérumineuses les concrétions préputiales de matière sébacée qui résultent du séjour longtemps continué de celte matière entre le gland et le prépuce, chez les individus dont l'orifice du prépuce est très rétréci. Il faut bien distinguer ces concrétions sébacées des calculs urinaires formés dans la même région. On dit que cette matière entre quelquefois, pour la plus grande partie, dans la composition de ces calculs : mais cette assertion ne me paraît nullement démontrée.
Aux concrétions cutanées peuvent se rapporter les ectophytes cutanées, et plus particulièrement le favus.
2° Concrétions muqueuses.
Je ne connais d'autres folhcules muqueux dans la cavité desquels se concrètent les produits des sécrétions que les amygdales et la prostate , si toutefois on considère la prostate comme une simple agglomération de follicules. Les fosses nasales et le gros intestin sont les deux seules réglons du système muqueux oîi le mucus desséché puisse mériter le nom de corps étrangers.
Concrétions folliculeuses amygdaliennes. La condensation du mucus contenu dans les follicules des amygdales a pour conséquence, de petites concrétions pisiformes oumiliaires, qui y acquièrent quelquefois une très grande densité, et qui sont expulsées sous la forme d'un petit tubercule brunâtre, ordinairement très fétide, qui m'a été plusieurs fois présenté par des hypochondriaques comme la preuve matérielle de la phthisie tuberculeuse dont ils se croyaient atteints. On dit avoir trouvé dans les arayg-
dales de petites concrétions de phosphate de chaux. îl faut bien distinguer ces concrétions amygdaliennes des tubercules pulmonaires crétacés, ossiformes , qui sont quelquefois expulsés parles phthislques, et qui constituent la phthisie calculeuse de Bayle.
On sait aujourd'hui que les concrétions pierreuses des phthisiques conslituent, non une espèce particulière de phthisie, mais bien un des modes de guérison les plu? ordinaires des sujets tuberculeux.
Le fait suivant peut servir de type pour les concrétions folliculeuses amygdaliennes. Un malade de M. Husson, atteint d'une angine tonsillaire, ressentit, au moment où il faisait effort pour se débarrasser de mucosités gutturales, une douleur vive à Tamygdale, et rejeta aussitôt du mucus sanguinolent et un petit calcul. Ce calcul, analysé par Laugier père (1), a présenté un poids de U centi grammes. Il était assez dur, d'un blanc grisâtre , tuberculeux ou mamelonné , d'une odeur fétide par la trituration. Il était formé de 2 centigrammes de phosphate de chaux, de 1 centigramme d'eau, d'un demi-centigramme de carbonate de chaux, et d'un demi centigramme de mucus d'une odeur très fétide.
Concrétions prostatiques. Il m'est arrivé bien souvent de rencontrer un nombre plus ou moins considérable de petites concrétions du volume de la tête d'une épingle, engagées dans quelques uns des nombreux orifices par lesquels la prostate verse son liquide dans le canal de l'urètre. J'avouerai même que ce sont des cas de cette espèce qui m'ont permis de voir de la manière la plus manifeste que la prostate venait s'ouvrir par un nombre très considérable de pores ou d'orifices, non seulement sur \everu montanum comme je l'avais appris autrefois dans les ouvrages d'anatomie, mais sur toute l'étendue des parois inférieure, latérales et supérieure , en un mot dans tous les points
(i) Joiirn. de chim. méd., t. II , p. io5.
de la circonférence du canal de l'urètre qui répondent à la prostate. Jamais je n'ai rencontré un plus grand nombre de concrétions prostatiques que dans le cas représenté [Anatomie paihologicjue, avec planches, fig. 3, pi. I, 3 0° livraison) : la prostate tout entière était convertie en un tissu spongieux dont les cellules , qui communiquaient les unes avec les autres , étaient remplies de calculs. Il y avait des cellules de divers ordres: les plus petites ne contenaient qu'une concrétion; les plus considérables en contenaient plusieurs; enfin, il existait un grand foyer qui en renfermait pbisieurs centaines : les parois de ce foyer n'étaient nullement disposées en kyste, mais présentaient d'innombrables ouvertures de communication avec les cellules prostatiques voisines. Ces petits calculs, je parle de ceux qui étaient multiples dans la même loge, sont tous taillés à facette. Ils sont d'un rouge brun, couleur d'ambre, transparents, semblables à des pierres d'une très belle eau. D'après Wollaston, les calculs prostatiques sont composés de phosphate calcaire à l'état neutre, teint par une matière colorante. Mais je pense que cette analyse doit être faite sur de nouveaux frais, car ces concrétions ne me paraissent être, dans le plus grand nombre des cas, que du suc prostatique condensé ; on suit, pour ainsi dire, pas à pas , tous les degrés de la condensation. Il n'est pas rare d'eii rencontrer qui s'écrasent sous le doigt. La loupe ne révèle aucune cristallisation, bien que la forme polyédrique de ces concrétions(dans le cas seulement où elles sont pressées les unes contre les autres) paraisse l'indiquer. Une propriété bien remarquable de ces concrétions, c'est leur petit volume, qui ne dépasse guère celui d'un grain de mil : il semble que cesconcrétions soient incapables de s'agglutiner entre elles. La théorie dit que ces calculs pourraient devenir le noyau de calculs urinaires ; mais je ne sache pas que l'observation l'ait démontré. La théorie dit encore ([ne ces
152 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉÎSÉBALE.
concrétions peuvent être expulsées avec les urines ; mais cela n'a pas été constaté.
Il faut bien distinguer les concre'tions prostatiques proprement dites des calculs urinaires développés dans la partie prostatique du canal de Furèlre. Il ne m'est nullement démontré que l'urine puisse pénétrer dans les lacunes de la prostate , et donner lieu à la formation de sables ou calculs urinaires intra- prostatiques.
Concrétions spermaliques. — Je considère comme des concrétions, et non comme des calculs , les petits corps étrangers trouvés dans les vésicules séminales, et étudiés par M. Collard de Martigny (1). Ces petits corps irréguliers , qui avaient beaucoup diminué de volume par la dessiccation , étaient devenus durs , bruns , demitransparents , à cassure vitreuse ; ils étaient presque entièrement formés de mucus et d'albumine coagulés.
Concrétions muqueuses mammaires. — Je mentionne ici une lésion que j'ai plusieurs fois rencontrée chez les vieilles femmes de la Salpétrière : c'est la présence d'une matière brunâtre, de la consistance d'une gelée cohérente, contenue dans les conduits galactophores de divers ordres. La présence de cette matière, qui me parait n'être autre chose que du mucus épaissi, donne à la mamelle un aspect noueux, bosselé, et une inégahté de consistance qui pourraient induire en erreur.
Concrétions des fosses nasales. — Elles sont constituées par le mucus nasal desséché. Cette dessiccation s'explique par les usages des fosses nasales, lesquelles sont incessamment balayées par un air avide d'humidité.
Il est une maladie dans laquelle le mucus desséché forme une masse considérable qui gêne plus ou moins le passage de l'air : c'est Vozène. Tous les huit ou quinze jours, les individus affectés de cette maladie arrachent
(i) Joum. de cliim, mc'd., t. IH , p. i33.
septième; classe, des corps étrangers. 1.53
péniblement de leurs narines des conciétions volumineuses d'une horrible fétidité, formées par du mucus desséché, auquel s'ajoute certainement un produit de sécrétion morbide , du pus. Celte extraction ou expulsion a pour conséquence une diminution notable dans l'odeur de l'air expiré.
Ce mucus desséché ne mérite pas le nom de rhinolile, nom donné par Graëfe, à un véritable calcul nasal dont le centre était formé par un noyau de cerise et dont les couches superficielles étaient constituées par une matière calcaire disposée en couches concentriques ; il est bon de remarquer qu'un noyau de cerise a été presque toujours le noyau des calculs nasaux (1). D'autres fois, le mucus desséché sert de noyau et de trame à des calculs ou concrétions, que complète le phosphate calcaire dont ils sont pénétrés. Et, en effet, l'analyse chimique faite par Prout d'un calcul nasal extrait par Brodie, ne lui a donné que ces deux éléments: mucus et phosphate calcaire. 11 est bien probable que le phosphate calcaire est formé aux dépens du liquide lacrymal incessamment versé dans les fosses nasales.
Le mucus demi-concret qui enveloppe les boules fécales, endurcies et comme desséchées dans le cas de constipation opiniâtre , peut , à la rigueur , être considéré comme un corps étranger. Ce mucus est bien distinct des pseudo-membranes avec lesquelles on serait tenté de le confondre.
Concrétions pseudo - membraneuses des membranes muqueuses. — Les plus importantes sont, 1° celles des voies aériennes, qui sont si souvent une cause de suffocation; 2° les pseudo-membranes en forme de cordons très denses que rendent chaque jour certains individus affectés d'en-
(i) Voyez un Mémoire sur les calculs des fosses nasales^ par M. Dcmarquay.
tërite chronique avec rétrécissement de rintestin, cordons denses, élastiques, qui ont pu être pris pour des helminthes. (Voy. Anatomie jxithologique générale, t. II, pag. 54 ) Concrétions biliaires. — Il n'est pas rare de rencontrer les voies hiliaires remplies d'une espèce de boue, de magma, (pion peut appeler houe biliaire, laquelle résulte de la concentration de tous les principes de la bile par suite de l'absorption de sa partie liquide. Cette boue ou magma, bien distincte des calculs biliaires proprement dits, présente divers degrés de cohésion. Au summum se voientdes concrétions dures, articulées, taillées à facettes, mais n'offrant dans leur épaisseur aucune trace de cristallisation. J'ai vu les conduits biliaires, grands et petits, depuis le canal cholédorjue jusqu'aux dernières ramificationsdu conduit hépatique, énormément dilatés, remplis de cette boue, de ces concrétions, h travers lesquelles se faisait la circulation de la bile, comme à travers un fdtre de sable ou à travers ces aqueducs souterrains qui consistent dans une rangée de pierres placées les unes à la suite des autres. Ces concrétions peuvent exister en même tem[)S que les calculs biliaires dont ils sont distincts, ou avec lesquels ils peuvent être combinés ou mélangés. Ces concrétions forment, tantôt le noyau des calculs , tantôt leurs couches superficielles; d'autres fois, une espèce de ciment qui relie entre eux plusieurs calculs. La boue biliaire se concrète quelquefois en petits fragments très nombreux, taillés ou non à facettes, et qui constituent une espèce de gravelle hépatique (1).
Concrétions lactées. — -Du lait concrète dans les radicules des vaisseaux galactophores a souvent donné lieu à des tumeurs mammaires. 11 faut distinguer ces concrétions
(i) Je ne connais pas d'exemple de concrétions proprement dites des voies urinaires, ce qui tient s.nns doute à l'aptitude très grandede certains principes immédiats de l'urine à la ciistallisation.
des concrétions muqueuses dont j'ai parlé, et des calculs mammaires proprement dits, s'ils existent.
Concrétions fécales. — Les matières fécales, durcies, accumulées dans !e {i[ros intestin, peuvent être considérées comme des corps étrangers et rapportées aux concrétions. Leur étude est d'autant plus importante que ces corps étrangers, disséminés en boules dans toute la longueur du gros intestin, ou réunis en masse, peuvent donner lieu à une foule d'erreurs de diagnostic. C'est dans le cœcura, et surtout dans l'ampoule rectale, que s'accumulent ces con^ crétions, que j'ai vues, chez une vieille femme delà Salpétrière, remplir, distendre d'une manière extraordinaire le rectum , l'^S" iliaque, le côlon ascendant, et qui finirent par déterminer tous les accidents de l'étranglement (1).
Je signalerai les petites boules fécales, durcies, qui séjournent dans l'appendice vermiculaire , comme une cause assez fréquente de l'inflammation gangreneuse et de la perforation de cet appendice.
Est-il besoin de dire qu'on ne vomit pas de boules fécales, car les boules fécales ne se rencontrent jamais audessus de la valvule iléo-cœcale : d'une part, parce que les produits excrémentitiels ne commencent à se concréter qu'après avoir franchi la valvule iléo-cœcale, et, d'une autre part, attendu que cette valvule iléo-cœcale est pour les bbul es fécales un obstacle infranchissable. Une malade couchée dans mon service à l'hôpital de la Charité avait, disait-on, vomi des boules stercorales. J'examinai : c'étaient des boules vertes, formées par des quartiers d'oranges fortement pressés les uns contre les autres.
On peut rapprocher des boules fécales les égagropiles de la panse ou rumen du bœuf, globes sphéroïdaux , légers, qui résultent du feutrage des poils détachés de la
(i) J'ai déposé cet intestin au musée Dupuytren. On dirait d'un gros intestin de cheval.
156 AiNATOMlE PATHOLOGJQUt GÉNÉRALE.
surface du corps de ces ruminants , par l'action de lécher, et introduits dans l'estomac à l'aide de la déglutition. Les égagropiles se présentent sous deux étals: tantôt leur surface est rugueuse , hérissée de poils ; tantôt elle est lisse, couverte d'une espèce de vernis. Les vétérinaires considèrent, à juste titre, les premiers comme beaucoup moins anciens que les derniers, dont la couche, en manière de vernis , paraît formée par des parties calcaires provenant des substances alimentaires (1).
On peut rapprocher des égagropiles cette masse de cheveux feutrés qui remplissait l'estomac et qui envoyait un prolongement considérable dans le duodénum, masse de cheveux décrite et représentée dans les Mémoires de la Société t'oy a le de tnédecine, 1777, 1778, p. 262. Le sujet de cette observation était la fille d'un habitant de Verdun, qui avait, dès son enfance, la singulière manie de manger des cheveux; si bien que, pour la satisfaire, elle arrachait ses cheveux, ceux de ses frères et des personnes qui l'approchaient; elle avalaitmêmejusqu'auxcheveuxdes balayures. Ce goût bizarre, bien loin de diminuer, s'accrut avec l'âge. Les cheveux, accumulés dans l'estomac, formèrent bientôt une masse ovoïde qu'on sentait au toucher. Cette masse augmenta progressivement : l'estomac devint douloureux; la fièvre s'alluma, et la malade mourut dans un affaissement qui fut précédé des douleurs les plus vives. Ces cheveux constituaient deux masses séparées par un étranglement. La grosse masse était contenue dans l'estomac, sur lequel elle était exactement moulée. La plus petite masse occupait le duodénum etmême,ditrobservation,Ie commencement du jéjunum ;lerétrécissementrépondaitau pylore. Certes , il n'y a qu'un pas de ce feutrage mou, au feutrage dur des égagropiles ; la seule différence, c'est que dans ces derniers il y a en même temps que des poils, des débris de matières végétales et des concrétions calcaires.
(i) Le mouton est beaucoup moins sujet que le bœuf aux égagropiles,
Aux égagropiles des animaux on pourrail rapporter les concrétions cpi'on a souvent rencontrées en Ecosse chez les individus de la classe pauvre, qui se nourrissent de pain d'avoine. Ces concrétions sont formées à leur centre de fibres végétales (1) , et à l'extérieur d'une croûte qui est tantôt saline, tantôt composée de fibres végétales étroitement unies, au milieu desquelles se trouvent quelques balles d'avoine. Marcet, qui a analysé ces concrétions, les a trouvées formées de couches compactes, superposées, composées alternativement de substance fibreuse et de phosphate de chaux. L'analyse d'une de ces concrétions a donné, sur 100 parties :
Substance animale 25,20
Résine 3,90
Phosphate ammoniaco-niagnésien . . 5,06
Phosphate de chaux ^5,34
Fibres végétales 20,30
C'était également une sorte d'égagropile humain, que la concrétion intestinale étudiée par Laugier père (2) , concrétion qui obturait l'extrémité inférieure du rectum, et qui ne put être extraite qu'à la faveur d'une incision de cet intestin.
ce qui tient à ce ([u'il n'a pas , comme ce dernier, l'instinct de se lécher et de lécher les autres bêtes à laine; cependant il en présente quelquefois. On raconte que ces égragiopiles du mouton, connus sous le nom de g obbes , ont donné lieu à un procès célèbre ; que la présence de ces corps étrangers chez un mouton ayant été considérée comme la preuve matérielle d'un empoisonnement causé par la malveillance, les vétérinaires du temps, consultés, ne pouvant pas éclairer la justice, une condamnation capitale eut lieu; que plus tard, une deuxième accusation du même genre ayant été portée devant les tribunaux , la science, plus avancée, fit touîber cette accusation.
(i) Wollaston les a parfaitement reconnus pour les baibes qui sont implantées à l'un des bouts de la semence d'avoine dépouillée de sa balle ou enveloppe.
(2) Considérations chimiques suv diverses concrétions du corps humain , {^Mémoires de l'Académie de médecine^ Paris, 1828, p. 394, î- I)
158 ANATGMIE PATHOLOGIQUE GÉRÉRALE.
Cette concrétion était constituée par un véritable feutrage tout semblable à celui d'un chapeau, avec cette différence qu'au lieu de poils, c'étaient de petites fibres végétales qui le constituaient. Au centre de ce feutra gejé tait un noyau composé de deux couches, dont l'extérieure a paru n'être que du sang desséché, et dont l'intérieure était un fragment d'os.
Ne peut-on pas admettre avec Laugier, que chez les personnes qui ont contracté dès l'enfance l'habitude de mâcher certaines substances végétales , la racine de réglisse, par exemple, un grand nombre de fibres entraînés avec la salive dans Testomac, et de là dans les intestins, y séjournent et se feutrent par le mouvement péristaltique de ces organes, comme il arrive à la paille dans les intestins des chevaux?
Du reste, presque toutes les concrétions intestinales observées chez l'homme n'étaient autre chose que des corps alimentaires ingérés qui avaient échappé à la digestion. Ainsi M. Brande et le docteur Henry ont cité chacun un exemple de masses considérables de magnésie agglutinée par du mucus, lesquelles ont été retrouvées dans les intestins de malades qui en avaient fait un grand usage. Plusieurs fois des malades m'ont montré des concrétions composées de matière grasse qu'ils avaient rendues par les selles : j'ai supposé que cette matière grasse avalée avait pu être solidifiée par quelque combinaison particulière. C'est probablement dans cette dernière catégorie que doivent être placés ces corps globuleux, un peu aplatis des deux côiés, rendus en grand nombre par une jeune fille phthisique, corps globuleux que M. Lassaigne a trouvés composés aux trois quarts de stéarine et d'élaïne, unis à un acide qu'il n'a pu en isoler, et d'un quart de fibrine.
J. Meckel , qui a réuni dans un mémoire tous les faits connus avant lui sur les concrétions intestinales chez l'homme, et qui en a tracé l'histoire générale, admet qu'il
existe de véritables calculs intestinaux, ordinairement, mais pas toujours pourvus de noyau. Ainsi, dans les faits de Monro, le noyau était constitué ici par un petit os, là par un calcul biliaire, ailleurs par un noyau de prune, de cerise. Quant à leur texture, les calculs intestinaux paraissent composés de Jîbres très déliées, intimement mêlées et comme feutrées , dont les intervalles sont remplis par une matière terreuse. On y remarque quelquefois plusieurs couches, et il est rare d'en trouver dont la substance soit homogène. Il résulte des analyses faites par Marcet, Robiijuet et Thomson, que ces calculs ne sont pas tous de la même nature, et que le phosphate de chaux est la seule substance qu'on y ait constamment rencontrée (1).
Des calculs.
Le caractère propre au calcul , c'est la cristallisation distincte ou confuse; le caractère propre à la concrétion , c'est X agglomération.
Le calcul est formé par la précipitation d'un, de deux ou de plusieurs des sels qui se trouvent normalement ou pathologiquement en dissolution dans un liquide sécrété ; la concrétion est formée par la condensation de tous ou de plusieurs des éléments solidifiables contenus dans les produits de sécrétion.
Les concrétions n'ont pas de noyau ; les calculs en sont presque toujours pourvus, et ce noyau, qui vient tantôt du dehors , tantôt du dedans , agit dans îa j)roduction des calculs à la manière d'un cristal qui, plongé dans une eaumère, attire à lui les molécules salines dissoutes, et devient le centre de leur réunion successive. Les i^ncrétions peuvent servir de noyau à un calcul, tandis que si l'on rencontre
(i) Remarques sur les concrétions qui se rencontrent dans le canal intestinal de l'homme. (^Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales, t. III, p. 125.)
parfois un calcul au milieu d'une concrétion, ce calcul n'est là que comme noyau , c'est-à-dire comme centre de cristallisation , mais à la manière d'un corps solide enveloppé co'nme par hasard dans un magma de parties solidifiées.
Quelques considérations générales, que j'emprunte à la chimie organique (1), me paraissent infiniment propres à e'clairer le sujet encore obscur de la pathogénie et des calculs proprement dits, et de tous les dépôts insolubles qui se produisent dans l'économie.
Les liquides qui séjournent ou qui circulent dans le corps, ceux qui baignent nos tissus et nos organes, peuvent être envisagés comme des dissolutions plus ou moins saturées des substances les pins variées dénature organique ou de nature minérale. Le plus souvent, ces matériaux, dissous, sont solubles dans l'eau : c'est ainsi que TalburaijQe, l'urée, le chlorure de sodium, le carbonate de soude, le phosphate de soude, se dissolvent avec la plus grande facilité , sans fintervention d'aucun autre agent. Il n'en est pas de même pour un grand nombre d'autres substances, naturellement insohibles ou peu solubles dans l'eau, lesquelles ne se dissolvent dans les liquides de l'économie qu'à la faveur de certains principes qui , en se combinant entre eux, modifient leur solubilité. Sous ce rapport, on est en droit de dire que beaucoup de liquides de l'économie constituent des dissolutions sursaturées de certains principes naturellement insolubles dans l'eau, et qui se déposent avec la plus grande facilité lorsque la constitution du liquide complexe qui les tenait en dissolution vient à éprouver la moindre altération. Un exemple fera comprendre ce que ces considérations générales peuvent présenter d'obscur. Ainsi , l'acide urique est à peu près insoluble
(i) Je dois ces considérations générales à i'oLligeance de M. Wuriz, agrégé de la Faculté, cljarfjé p.nr intérim du conrs de chimie organique.
Sr.PTii^ME Cr.ASSC. DF.S CORPS KTI: AXr.F.HS, 4 61
tlaiîs l'eau piiro; cependant Turine, parfaitement lira[)icle à l'état normal, contient en dissolution une quantité très appréciable, un millième environ, de cet acide. On admet que Tagent qui le tient en dissolution est le phosphate alcalin que l'urine renferme en quantité très variable. Supposons que la proportion de phosphate de soude vienne à se réduire considérablement dans l'urine , il est clair que l'aCJde urique que ce sel tenait en dissolution tendra à prendre la forme insoluble, c'est-à-dire, à se déposer; de même les phosphates insolubles sont tenus en dissolution dans l'urine par la petite quantité d'acide libre que ce liquide renferme à Fétat normal : si l'acidité de l'urine vient à diminuer ou à disparaître, il est clair que le phosphate de chaux devra se déposer en totalité ou en partie.
Ces exemples ne prouvent-ils pas suffisamment qu'une variation, même légère en apparence, dans la constitution d'un liquide de l'économie, par exemple de l'urine, pent donner lieu à la formation d'un dépôt de matière insoluble?
D'autres causes peuvent produire le même résultat. Il peut se faire que dans certaines conditions spéciales, par suite d'un trouble dans les phénomènes de la respiration et de la nutrition, telle matière insoluble se produise en plus grande quantité qu'à l'état normal, et qu'elle se dépose dans le sein même du liquide qui devrait la dissoudre. C'est ainsi que nous voyons souvent l'acide urique se former en excès dans l'économie, et produire la gravelle, ou même donner lieu à la formation d'un calcul urinaire.
Enfin nous voyons quelquefois, à la suite d'une altération toute particulière des fonctions de nutrition, se produire des matériaux spéciaux qui se déposent, s'ils sont insolubles ou peu solubles, dans les liquides de l'économie. C'est ainsi que l'acide oxalique , qui est étranger à l'organisme dans l'état normal, prend naissance dans certaines conditions pathologiques, probablement par suite del'oxy- II. 11
1G2 ANATO.MIE PATilOLOGlQUE GÉNÉRALE.
dation incoinpiète que suivissent pendant la i-espiration les matériaux devenus impropres à la vie. Les reins se cbargcnt alors d'éliminer cet acide oxalique, et comme il rencontre dans les urines des sels calcaires, il forme avec la chaux ces dépôts, souvent si volumineux, qui constituent les calculs muraux.
Nouspouvons résumer les considérations qui précèdent, en disant que la formation des dépôts de matériaux insolubles que Ton observe dans Téconomie se raitacbe, au point de vue chimique, à trois causes différentes : l^àune altéiation dans la constitution du liquide qui tenait ces matériaux insolubles en dissolution ; 2" à la production cVun excès de ces matériaux insolubles; 3" à la sécrétion anormale d'un corps insoluble qu'on ne rencontre pas habituellement dans l'économie.
Ces considérations s'appliquent non seulement aux calculs proprement dits, mais à toutesles concrétions calcaires (|ue l'on rencontre dans l'économie (1). Il ne doit être question ici que des calculs ou pierres formées aux dépens des produits de sécrétion.
L'histoire générale des calculs du corps humain se résume en grande partie en celle des calculs des voies biliaires et urinaires. Quant aux calculs des autres appareils de sécrétion, il sont assez rares. Plusieurs même ne me paraissent avoir été admis que par induction : tels sont les calculs pancréatiques et niammaires. Il n'en est pas de même des calculs salivaires dont il existe un assez grand
(j) Ce serait un étrari(^e abus de lanjj.Tge que de considérer comme des calculs les concrétions calcaires que l'on rencontre normalement dans la glande périnéaie et accidentellement dans un grand nombre de parties, dans les poumons, dans les ganglions broncliiqnes , mésente'riques et antres, dans le cerveau, dans le globe de l'oeil, dans l'épaisseur des muscles, dans l'épaisseur des parois arte'rielles, dans les cavités des veines et dans presque tous les organes. L'analyse chimique a d'ailleurs démontré que cis concrétions étaient formées par du phosphate de chaux et quelquefois par un peu de c;ni)onate.
?1:PT1KME CLASSE. DES CORPS ÉTRANGEHS. IGT,
nombre d'exemples : on clUi t'(];i]ement plusieurs cas de calc(ds lacrymaux , de calculs nasaux et même de calculs intestinaux. Je vais dire quelques mots de ces diverses espèces de calculs avant de m'occuper d'une manière plus particulière des calculs biliaires et urinaires.
Calculs salivaires. ïls occupent presque toujours le canal de Wardion, ou canal excréteur de la glande sousmaxillaire ; cependant il existe quelques exemples authentiques de calculs du canal de Sténon. Ainsi M. Bégin parle d'un corps étranger contenu dans ce dernier canal, dont le volume égalait celui d'une petite noix. J'ai présenté à une de mes leçons ti'ois calculs salivaires retirés du canal excréteur de la glande sous-maxillaire, qui m'avaient été remis par M. Jarjavay. Ces trois calculs provenaient d'un même individu ; l'un de ces calculs avait été extrait par M. Jarjavay au niveau de la glande sous-maxillaire. Cette extraction fut facile, car le calcul, engagé dans une perforation, put être saisi et relire avec les doigts. Les deux autres calculs lui avaient été rerais parle malade, qui s'en était débarrassé lui-même à deux époques différentes.
Voici l'analyse, par Bosson (1), d'un calcul salivaiie extrait du canal de Warthon, par le docteur Giard, chez une femme sexagénaire : il était du poids de 7 grammes 6 5 centigrammes, dur, ovoïde, rugueux à sa surface, blanc dans toute son épaisseur, formé de couches concentriques appliquées autour d'un très petit noyaUc II était constitué par du j)hosphate de chaux , du mucus et du carbonate calcaire (2).
Calculs lacrymaux.Wi\\Û\e\- a proposé de donner le nom de dacryolithes aux concrétions qui se précipitent des
(i) Chimie médicale, t. V, p. 91.
(2) Je n'ai pas connaissance de calculs salivaires formés autour d'un corps cti angcr venu du dehors. Il existe cependant plusieurs cas de corps étrangers qui se sont introduitsdans îe canal de Warilion. AinsiM. Robert a présenté à la Société anatomiquc une soie de sanglier qvi'il avait extraits de ce canal chez un cordonnier.
16/| ANATOMIE PATHOI.OGIQUF, GKNÉKALE.
larmes, et qui sont composées de phosphate de chaux avec une petite cpaantitéde carbonate de chaux. Ces concrétions ont été observées dans le sinusde la conjonctive, dans le sac lacrymal ou dans le canal nasal. M. le professeur Laugier a observé à Thôjjital Beaujon un petit point blanc comme de la craie obstruant un orifice de l'un des conduits excréteurs de la glande lacrymale.
Calculs nasaux. Les rhinolithes (Graefe) ont presque toujours pour noyau un corps étranger (1), à tel point que Brodie n'ayant pas trouvé de corps étranger dans un calcul nasal qu'il avait fait analyser par Prout, admit que ce corps étranger avait existé , mais qu'il avait été expulsé indépendamment de sa coque. Dans un cas observé par Blandin , le calcul , qui avait le volume d'un haricot à surface chagrinée, occupait le méat inférieur. Ce calcul scié présenta à son centre un noyau de cerise. Indépendamment du mucus et du phosphate de chaux et de magnésie , M. Bouchardat trouva du carbonate de chaux et de magnésie , du chlorure de sodium et des traces de carbonate de soude. Ne pourrait- on pas considérer comme appartenant aux voies lacrymales les calculs des fosses nasales ayant pour noyau un corps étranger; car le phosphate calcaire qui constitue les couches enveloppantes de ce corps ne peut provenir que du liquide des voies lacrymales et nullement du produit de sécrétion des fosses nasales elles-mêmes ; et cette manière de voir est d'autant plus probable, que les corps étrangers des fosses nasales sont presque toujours retenus sous le cornet inférieur , et par conséquent incessamment arrosés par le liquide lacrymal.
C'est gratuitement quon a admis desrhinohihes dans le
(i) J'ai déjà dit que c'était presque toujours un noyau de cerise qui servait de noyau aux calculs nasaux. Ruyscli ( lySS, Ohserv. anat,, Amsterdam, obs. 44) a vu un cas de calcul des fosses nasales ayant pour noyau une <i;raine de surcin^
Stl'TlI^MK CLASSli. DLS COlil'S ÉTKANGLIIS. Kjf)
siijus maxillaire et clans les sinus frontaux ; il ne laut p;is confontlreles rhinolithes avec des fragments nécrosés des os propres du nez.
Calculs inlestlnaux. Que penser des calculs intestinaux chez rhomme? Je ne connais de véritables calculs intestinaux chez l'homme que les calculs biliaii'es; car c'est bien abusivement qu'on a pris pour des calculs des fragments d'os ou autres corps étrangers venus du dehors , ingérés dans l'estomac. Tous les exemples authentiques de calculs un peu considérables , rendus par les selles ou trouvés dans les voies alimentaires, ne sont autre chose que des calculs biliaires qui ont pénétré directement de la vésicule du fiel dans le duodénum (1). Telle était l'origine de ce calcul intestinal, ayant le volume d'un gros ceuf de pigeon, qui avait déterminé, chez une femme de la Salpêtrière placée dans mon service , tous les accidents de l'étranglement interne auxquels elle succomba. Le calcul, qui avait déjà rencontré plusieurs obstacles, à chacun desquels il avait produit des accidents d'étjanglement plus ou moins considérables, fut définitivement anété à la fin de l'intestin grêle, d'où j'eus une certaine difficulté à le retirer, tant il était fortement fixé par le resserrement élastique de l'intestin distendu.
(r) Telle était sans doute aussi l'origine d'un calcul volumineux à ciiKj facettes que M, Hérard a présenté à la Socie'té aaatoinique, calcul qu'une malade de l'hôpital de la Charité avait rendu péniblement par les selles. Celte malade, qui est venue me consukir plusieurs fois depuis sa sortie de la Charité, m'a présenté plusieurs calculs pins petits, toujours à facettes, qu'elle a rendus sans effort. L'issue de ces calculs a été précédée d'ictère et de douleurs aiguës à la région de la vésicule biliaire. Les calculs biliaires analysés par Vauquelin et M. Thenard [Annales de cJiimie, t. IjXXXI) n'étaient autre chose que des calculs biliaires accidentellement descendus dans linlesiin. II est plus que probable que le fait de Portai appartient également à un calcul biliaire qui a passé directement de la vésicule dans l'estomac. Ce calcul, trouvé dans l'estomac d'un cadavre, avait le volume et la forme d'un œuf de pigeon. Il contenait au centre denx ou trois petites concrétions qui crépitaient sur le feu. Sa substance était jaune et amère , véritablement bilieuse {.hiat. méd.. t. V, p. 102},
166 ANATOMIE PATHOLOGiyUE GÉNÉRALE.
On a dit que les calculs biliaires pouvaient arriver petits dans le duodénum, tels que ceux qui traversent le canal cholédoque, et s'accroître dans l'intestin pai^ l'addition successive de couches qui seraient formées aux dépens de la bile en circulation dans le canal intestinal : je'ne saurais admettre cette manière de voir; car les calculs biliaires, une fois descendus dans l'intestin , ne se trouvent dans aucune des conditions qui favorisent la cristallisation, agités qu'ils sont incessamment par le mouvement péristaltique et antipéristaltique de l'intestin, et d'ailleurs en contact avec une bile qui n'est jamais libre, mais presque toujours chimiquement combinée avec les aliments.
Cependant, quelques faits sembleraient établir que les calculs biliaires peuvent servir de noyaux à des espèces àe bézoards intestinaux humains , dont les couches extérieures seraient formées par du phosphate calcaire.
Un mot sur les bézoards des animaux, et du cheval en particulier. Ces grosses pierres intestinales ovoïdes, dont le poids peut être de k, 5, 10, 20 livres, sont de véritables calculs et non des concrétions; elles sont le plus souvent pourvues d'un noyau qui peut être une pierre , un fragment de fer, de bois, un clou, un morceau de plomb, etc. Autour de ce noyau est disposée par couches concentriques la matière saline qui paraît n'être autre chose que du phosphate amraoniaco -magnésien. Ces bézoards sont la source de coliques intestinales dites calculeuses, de tous les accidents de l'étranglement interne, de rupture, de gangrène de l'intestin, auxquels leur poids si considérable ne doit pas être étranger. Leur disposition par couches concentriques, à la manière des calculs urinaires, et leur composition chimique, établissent que ces bézoards se produisent par un mécanisme analogue à celui des calculs urinaires, c'est-à-dire, par cristallisation,
Si;i>TlÈME CLASSK. DES COHPS ÉTllANOEKS. 167
Considérations générales sur les calculs biliaires et urinaires.
La production des calculs biliaires et urinaires est une des lésions les plus couuiîunes de l'espèce humaine ; ce cjui n'étonnera pas, si l'on considère cpie les liquides aux dépens desquels ils soiit formés sont certainement les produits de sécrétion les i)liis compliqués de l'économie. Sous le rapport de la iVéf|uence, je place eo première ligne les calculs biliaires. Les médecins qui ont conune moi praticjué la n^édecine pendant un grand noiiibre d'années dans les hôpitaux consacrés à la vieillesse, et surtout à la Salpêtrière, seront certainement de mon avis; que si cette proposition paraissait un peu hasardée , je prierais de remarquer qu'il est assez rare que la présence d'un calcul urinaire ne se révèle pas pendant la vie par quelque accident plus ou moins grave, tandis que dans l'immense majorité des cas, les calculs biliaires ne sont reconnus qu'à 1 ouverture du cadavre. L'anatomie ])athologique pouvait donc seule prononcer sur cette question (1).
Sous le rapport du siège, les calculs proprement dits peuvent occu])er tous les points de l'appareil excréteur des voies biliaires et urinaires. Ainsi j'ai trouvé plusieurs fois les canaux urinifères de la substance tubuleuse du rein distendus par du sable fin formé par l'acide urique. Ainsi, j'ai fait représenter, sous lenomde kystes biliaires [2), un foie qui présentait une multitude de très petits kystes contenant de très jjelites concrétions ou graviers biliaires, et dont le siège m'a paru être dans les radicules biliaires elles-mêmes.
(i) La production des calculs biliaires doit être favorisée par la disposition de la vésicule biliaire placée pour ainsi dire en deliors de la circulation babituclle de la biie, et dans laquelle, par conséquent , la bile peut longtemps séjourner sans être mêlée à la bile nouvellenienl sécrétée. — Voyez Fauconneau-Dufresne, De la bile et de ses maladies, dan Mémoires de V Académie de médecine^ Vans^ 1^471 t- XIII, p. igSetsuiv
(2) Anatomie pathologique, avec planches, Xll^livr., pi. 4»
168 ANATOi\JlE PATHOLUGiyUE GÉNÉIIALE.
Les calculs peuvent encore se rencontrer dans les canaux muqueiix naturels ou accidentels dans lesquels s'ouvrent les voies biliaires et urinaires. Ainsi, les calculs biliaires peuvent occuper Testomac, les intestins; rien de plus commun que de rencontrer de petits calculs biliaires dans l'appendice vermiculaire du cœcuni : j'ai trouvé une fois trois petits calculs biliaires dans une fistule à l'anus ; je fus obligé de les extraire avant de pratiquer l'opération; de même des calculs urinaires ont été quelquefois trouvés dans des fistules urinaires, dans la cavité du prépuce.
Mais les calculs se forment de préférence dans les cavités destinées à servir de réservoir à l'urine et à la bile; là ces liquides séjournent pendant quelque temps, et si l'on ne peut pas dire qu'ils soient en repos, au moins ils n'y sont jamais agités comme les liquides (|ui circulent dans les canaux appartenant aux mêmes appareils. Cet élat de repos exerce im grande influence, non pas précisément sur la séparation des matériaux insolubles que ces liquides tiennent en dissolution, mais sur la forme, le volume, la constitution physique qu'affectent ces dépôts. Tout le monde sait que l'agitation empêche une cristallisation régulière; les molécules , à mesure qu'elles se déposent, étant entraînées par le liquide , et par conséquent ne pouvant s'agglomérer. -
Les calculs se forment donc plus particulièrement dans la vésicule biliaire d'une part, dans la vessie urinaire, les calices et le bassinet d'autre part : là , plongés dans le milieu même qui renferme en dissolution les matériaux dont ils se composent, ces calculs peuvent s'accroître librement et uniformément , prendre un volume considérable, une forme souvent régulière, et acquérir une dureté quelquefois très remarquable,
Si l'on peut dire d'une manière générale que la formation des calculs a lieu en vertu d'une véritable cristalHsation des matériaux qui se séparent d'un liquide, il y a cependant
.SliPTIÈMK CLAS.SL;. des COIU'.S KTlSANGEnS. 169
des concliLioiis spéciales qui apportent cjuelques modifications au phénomène purement physique dont il s'agit. En {jéuéial, les matériaux insolubles se déposent sous forme pulvérulente on sous foi-rae de cristaux microscopiques. Comment se fait-il que cette poudre, ces cristaux s'agglomèrent avec tant de facilité, et donnent lieu quelquefois à des masses qui offrent une si grande résistance au choc des instruments destinés à les broyer? Il y a là une condition spéciale qui intervient dans les phénomènes de cet te cristallisalion lente, et qui produit précisément l'effet que nous cherchons à expliquer. Cette condition, la voici. Les liquides organiques ont, en général, une constitution fort complexe, et toutes les fois qu'un de leurs principes constituants se sépare, il est rare qu'il n'entrahie pas avec lui telle ou telle autre substance également contenue dans le liquide; en d'auti-es termes, les matériaux d'un calcul ne sont jamais des substances qui se sont séparées, à Fétat de pureté , des principes immédiats dégagés de tout mélange. On rencontie habituellement dans les calculs de petites quantités de snjjstance insoluble, dont la présence peut être considérée comme purement accidentelle, mais qui suffisent pour apporter des modifications aux propriétés du corps qui forme la masse du calcul. C'est ainsi, par exemple, que dans les calculs urinaires phosphatiques, le phosphate de chaux, qui constitue par lui-même une matière amorphe, peu cohérente, est mélangé d'une petite quantité de mucus qui s'est précipité avec lui, et qui soude entre elles les particules ténues du sel calcaire. C'est à la présence de ce mucus, de ce ciment organique en quelque sorte, qu'on peut attribuer la cohérence et la dureté de certains calculs.
Il est une dernière question que l'on peut se faire quand on considère d'une manière générale la constitution des calculs : des substances solubles dans l'eau peuvent-elles concourir à leur formation? Sans doute, si les humeurs de
réconoQiie étaient des dissolutions saturées de matières solubles, si elles contenaient à saturation des sels de soude, de potasse on bien de l'urée, de l'acide hippurique, etc., on verrait souvent ces substances se déposer sous forme ciistalline, en se mélangeant aux matériaux insolubles; mais il n'en est point ainsi. Les substances solubles que nous venons d'indiquer sont loin de saturer les liquides qui les tiennent en dissolution, et ce n'est que dans des cas très rares qu'on }»eut s'attendre à les voir figurer parmi les matériaux concrets qui se déposent dans Torganisrae. Parmi les sels solubles qu'on a signalées quelquefois dans certaines concrétions , nous citerons particulièrement le sel marin, qui existe en dissolution dans la plupart des liquides de l'économie.
Formes des calculs (1). Les calculs biliaires et urinaires se présentent sous deux formes bien distinctes : 1° sous la forme àe gravier ou gravelle; 2° sous celle àe pierres ou calculs proprement dits.
Des graviers ou de la .gravelle.
On dit qu'il y a gravelle , lorsque les calculs ont à peu près le volume du sable de livière , et par conséquent lorsque letir volume n'excède pas ou excède à peine le diamètre des canaux de l'appareil excréteur qu'ils sont destinés à traverser. A la graveile on peut rapporter les sables dont le volume n'excède pas celui du sable de sablier, et qui se présentent tantôt sous l'aspect de petits cristaux, tantôt sous celui de dépôts pulvérulents.
La forme de sable de sablier est exclusivement propre aux voies urinaires. La forme de graveile et de calculs est commune aux voies biliaires et aux voies urinaires.
[i) Nous avons vu que les concrétions prostatiques se présentaient toujours sons la forme de graveile; quelques faits me portent à croire que la prostate est sujette à une graveile calculeuse. Sous ce rapport, la prostate serait une glande à part qui n'est sujette qu'à la graveile et jamais aux calculs.
SEI'TIÈMK CLASSE. DES COlil'S ÉTli ANGEHS. 171
La gi'avolle hépatique peut, confine la gravelle nrinairej exister indépc^ndaninient des calculs : ainsi on rencontre assez souvent des vésicules biliaires pleines de graviers biliaires (et on en a pu compter jusqu'à deux raille et même davanta^'e), sans trouver dans les voies biliaires un seul calcul proprement dit. Combien d'individus affectés de yravelle urinaire pendant une jjonue partie de leur vie et qui n'ont jamais eu de calculs. Cependant l'indépendance de la gravelle et des calculs, qui est un fait bien acquis à la science, ne saurait être convertie en loi, car, par opposition, un bon non\bre de faits établissent l'affinité qui existe entre la gravelle et les calculs proprement dits ; un gravier biliaire ou urinaire retenu devenant constamment le noyau d'un calcul.
Les accidents causés par la gravelle, soit hépatique, soit rénale, tiennent presque toujours à la difficulté du passaf>e des .^raviers à travers leurs canaux excréteurs respectifs. Je me suis assuré plusieurs fois que les matières fécales des individus sujets aux coliques hépatiques contenaient un certain nombre de graviers, même en dehors de leurs crises (1). J'ai reconnu fju'il y avait deux espèces de gravelle hépatique : une gravelle en magma et une gravelle cristallisée. J'ai parlé de la première à l'article Concrétions.
Les graviers des voies urinaires présentent aussi deux formes : la forme en magma et la forme cristalline distincte ou confuse; mais tandis que la forme en magma de la gravelle biliaire est formée par la biieéj)aissie, la forme en
(i) Je m'en suis assuré plusieurs fois en faisant délayer dans l'eau et tamiser les matières fécales. Quelques erreurs peuvent être commises à cet égard, el il m'a été plusieurs lois présenté comme calculs des débris d'aliments rcfractaires à la digestion. Un malade me fut adressé avec une consultation et un corps dur qualifié de calcul biliaire. M. Braconnot, auquel le prétendu calcul fut soumi-; , trouva qu'il ii'ctail autre chose qu'un fragment d'os.
172 AiNAIOMili PATHOLOGIQUE GÉNÉKALE.
magma de lu gruvelle uiinaire est constituée par des sables calcaires a[]^lutinés à l'aide du mucus.
La gravelle hépati(|ue cristalline est toujours constituée par une seule substance : la cholestérine ; la gravelle urinaire peut être constituée par plusieurs substances, d'où les diverses colorations des graviers, qui sont rouges, gris, jaunes, noirs, blancs. L'acide urique, Furate d'ammoniaque, les phosphates calcaires isolés ou combinés diversement en sont la base. On a rencontré quelquefois des graviers d'oxalate de chaux. Prout a analysé deux graviers composés de carbonate de chaux mêlé à une très petite quantité de phosphate de chaux (1).
La forme de sables pulvérulenis est propre aux voies urinaires ; je ne l'ai jamais observée dans les voies biliaires. Les sables pulvérulents urinaires ne sont pas toujours formées d'acide urique ; quelquefois ils sont constitués par des sels calcaires, et, dans ce dernier cas, ils coïncident constamment avec une inflammation des voies urinaires. Ces sables sont quelquefois déposés en quantité énorme et rendus avec les urines, qui ressemblent à du mojtier. Quel- (juefois, dit Baillie (2), la vessie est entièrement remplie d'une substance qui ressemble à du mortier, et qu'on ne peut enlever[entièrement, parce qu'il en reste toujours une partie considérable qui adhère aux parois de l'organe (3).
(i) Qiianl à la gravelle ■pileuse, je ne sais si je dois lui rapporter le fait d'une dame russe des plus respectables dont les urines contenaient depuis plusieurs années une multitude de petits poils, dont les uns semblaient à des poils coupés court, dont les autres avaient l'aspect de cils ou de poils légèrement incurve's. Y avait-il monomanie?
(2) Anatomie patholofjicjue, p. 255.
(3) Cette adhérence des sels calcaires aux parois de la vessie est rendue d'une manière pittoresque par Drelincourt. " Du vrai tartre, dit-il, n'a » pas d'union jîIus intime avec les douves d'un vieux tonneau de \in, » que ces mucilages pétrifiés n'en avaient avec la vessie. Toute cette ves- » sic, ajoute-t-il, représentait une grotte ou plutôt une mine d'oxi se )) détachaient des pierres ou des minéraux, et véritablement c'eût été une » féconde minière <[ui n'eut cessé ni de produire de nouvelles pieires , ni n d'accroître celles qti'on venait de (ailler dans ce roc effroyable. »
SEPTlLMi: CÎ.ASSL:. DFS corps hTIÎ ANGERS. 1 7 o
r.ulie lail suivre cette remanjiie (riinc observation (les plus importantes, à savoir rpie cette sécrétion coïncide toujours avec une inflammation chronicpie de la vessie (1). C'est souvent après une opération de taille qu'a lieu cette énorme production de sable calcaire. On ne se lait pas une idée de la rapidité avec lacpielle se forment les sels calcaires dans une vessie enflammée, combien rapidement les sondes laissées à demeure dans une vessie catarrhale sont enduites de sels. Ledran, faisant des injections par la j)laie lésultant d'une opération de taille, disait qu'en introduisant la sonde pour pratiquer ces injections, il semblait qu'on passât dans un aqueduc de pierre de taille.
Une vérité fondamentale dans l'étude des calculs urinaires, c'est l'influence qu'exerce sur la production et la nature des calculs l'inflammation des voies urinaires. Ainsi dans un rein sain, dans une vessie saine, vous trouverez toujours descalcids d'acide urique, d'oxalate de chaux et quelquefois de cystine ; mais aussitôt qu'est survenue une phlegniasie des voies urinaires, à ces calculs se superposent des couches de phosphate de chaux et de phosphate ammoniac© magnésien. Je me rappellerai toujours un malade qui fut très heureusement délivré par la lithotiilie d'un calcul d'acide urique. Ce malade parut parfaitement guéri pendant trois mois. Mais un catarrhe vésical avait succédé à l'opération. Sa santé s'altère ; le cathétérisme découvre la présence d'un volumineux calcul. Je suis appelé en consultation, et j'avoue que je penchais pour l'abstention de toute opération. Cependant de nombreux fragments d'un calcul calcaire furent retirés par la lithotritie; mais le malade succomba avant que sa vessie fût complètement débarrassée.
(i) Voyez à ce sujet l'excellent Traité sur l'affection calculeuse, par M. Civiale, Paris, l838, p. 26 et suiv., où cette vérité' est mise dans tout son jour.
i7/t ANATOMii; PATFIOLOGIOUE GîÎNÉr.ALK.
Des calculs proprement tlits. — i" Caractères physiques.
Il n'y a entre ie calcul et le gravier (raiitre différence que celle qui résuite du volume, et encore sous ce rapport aucune limite rigoureuse ne saurait être établie. Ce qui est gravier pour un individu dont les conduits excréteurs sont larges et dilatés, sera calcul pour un autre individu dont les conduits excréteurs sont normalement ou accidentellement plus étroits.
Sous le rapport du volume , que de variétés depuis le calcul-gravier jusqu'à ces pierres énormes qui remplissent en les distendant les canaux ou réservoirs dans lesquels ils sont contenus. On a coutume de citer comme type de calcul biliaire volumineux le calcul remplissant la vésicule du foie très dilatée que Meckel a fait représenter dans les Mémoires de l'Académie de Berlin : il avait 5 pouces et demi de longueur et k pouces et demi de circonférence. Je rapprocherai de ce fait celui d'une pierre biliaire de la vésicule qui, ayant passé directement, h Faide d'une perforation de la vé.sicule, dans le duodénum, ne put franchir la dernière partie de l'intestin grêle, où elle détermina tous les symjUômes d'un étranglement mortel. Ce calcul, que j'ai déposé au muséum Dupuytren avec l'intestin dans lequel il était contenu, fermait si hermétiquement l'intestin, que j'eus beaucoup de peine à le faire avancer à l'aide d'une forte pression.
Comme type de calcul urinaire volumineux , je citerai le fait classique de Deschamps, relatif à un curé dans la vessie duquel on trouva une piene pesant 51 onces, qui avait 6 pouces 6 lignes de long sur 1 pied de circonférence, et le fait d'Earle qui possédait un calcul qui avait 16 pouces de circonférence.
C'est d'ailleurs dans les réservoirs biliaires et urinaires que les calculs accjuièrent le plus grand volume dont ils
SEPTIÈME CLASSE. DES COUPS ÉrUANGERS. 17 5
soient susceptibles. On conçoit que ce volume doive être beaucoup moins considérable dans les conduits excréteurs, bien que les calculs puissent s'accroître ou ac([uérir des dimensions considérables dans ces conduits.
Une remarque importante à f;tire au sujet du volume des calculs urinaires, c'est que ce volume est dans des raj)ports à peu près constants avec la composition cbimique. Ainsi un calcul formé d'acide urique, d'oxalate de Ciiaux, et en général les calculs formés d'une seule substance, acquièrent rarement un très grand volume. Les calculs les plus volumineux sont constitués par le phosphate calcaire seul , ou recouvrant des calculs d'acide urique ou d'oxalate de chaux.
he poids des calculs urinaires est extrêmement variable. Tandis que les plus petits pèsent à peine quelques centigrammes, les plus volumineux peuvent atteindre un poids de plusieurs centaines de grammes. Morand parle d'un calcul qui pesait 6 livres 3 onces. Lister en décrit un de 51 onces. Le calcul d'Earle, déjà mentionné, qui avait 16 pouces de circonférence, pesait hh onces.
Le poids des calculs urinaires, bien moins important que leur volume sous le point de vue pratique, n'est pas toujours en rapport direct avec ce volume, mais bien en raison composée du volume, de la composition chimique et de la compacité. Ainsi, d'une part, les calculs d'acide urique et d'oxalate de chaux sont plus pesants que les calculs de phosphate de chaux et amraoniaco-magnésiens d'un égal volume; d'une autre part, deux calculs d'acide urique ou d'oxalate de chaux égaux en volume, mais d'une compacité inégale, présentent une différence notable de poids.
Morgagni est le piemier qui ait fait remarquer l'influence de la dessiccation sur le poids des calculs urinaires, influence qui est en raison de leur porosité, et par consécjuent de l'humidité dont ils sont pénétrés.
17 6 A?'.'ATOMIK PATHOLOGiOUE OÉNÉRALE.
Le poids des calculs Jjiliaires présente bien moins de différences que le poids des calculs iirinaires, ce qui tient à l'uniformité de leur composition chimique.
Les calculs de cholestérine pure sont plus lourds que les calculs dans lesquels la cholestérine se trouve mêlée à la matière colorante de la bile. Mais la pesanteur spécifique des calculs biliaires est généralement moindre que celle des calculs urinaires; elle dépasse de bien peu celle de Teau.
Sous le rapport du nombre des calculs, il peut n'y avoir qu'un seul calcul dans les voies biliaires ou urinaires, il peut y en avoir plusieurs ; et, dans ce dernier cas , tantôt tous les calculs se trouvent réunis dans la même région de Fappareil excréteur, tantôt ils occupent plusieurs régions, ou même toute Fétendue de Tappareil.
La "vessie de Buffon contenait cinquante-neuf calculs. J'en ai trouvé une vingtaine dans une vessie à grandes cellules ; le plus grand nombre de ces calculs occupait les cellules.
J'ai aussi trouvé des calculs urinaires en grand nombre dans les reins, les uretères et la vessie du même individu. Mais la lithiase des voies urinaires , quelque considérable qu'elle soit, n'atteint jamais le degré de la lithiase des voies bihaires. Ainsi j'ai vu plusieurs cas dans lesquels toutes les divisions du conduit hépatique, le canal hépatique, le canal cystique, le canal cholédoque énormément dilatés, et la vésicule biliaire, étaient remplis de calculs biliaires. J'ai fait représenter un de ces cas (1).
Sous le rapport de leury/:rî7e ou de leur mobilité, les calculs urinaires présentent beaucoup de différences.
En général, libres dans les réservoirs, les calculs biliaires et urinaires sont maintenus dans un état de fixité plus ou moins grande dans les conduits excréteurs
(i) Analomic pathologique^ nver fig., livr. XH^ pi. 5.
SEPTIÈME CLASSE. DES P.np.PS K IT. AXOEr.'î. 177
OÙ ils ont été engaoés , pour peu (ju'iîs dépassent ua certain volume , le canul excréteur dilaté leur formant une espèce de kyste ouvert au-dessus et eu dessous du calcul. J'ai fait représenter (1) un uretère qui forme une espèce de chapelet (monilifoj-me) offrant des dilatations au niveau des calculs et des rétrécissements dans les points intermédiaires. L'urine filtrait entre les parois dilatées du canal et les corps étrangers. ,Tai vu la même disposition dans les canaux hépatique, cholédoque et cystique. Le type de cette espèce d'enkystement incomplet des calculs urinaires se trouve dans les cas de calculs rénaux qui remplissent en le distendant le bassinet, si bien que le rein, lui-même atrophié (2), concoiu't à la formation du kyste : il se trouve aussi dans les calculs engagés dans la portion de l'uretère qui tiaverse obliquement le bas-fond de la vessie. C'est à ces derniers calculs ainsi engagés que s'applique la dénomination de pierres enkystées de la vessie. Les calculs engagés dans le canal cysti(|ue peuvent s'entourer d'un kyste complet; c'est ce (]ui a lieu dans le cas assez fréquent d'oblitération complète de ce canal. Il m'est arrivé quelquefois de ne pouvoir reconnaître les vestiges de ce canal oblitéré qu'à l'aide des petits calculs biliaires disposés suivant la longueur de ce canal.
Les calculs peuvent être fixes même dans les réservoirs des produits de sécrétion. Tels sont les calculs dits enchatonnés de la vessie qui occupent les vessies dites à cellules : il est vrai que le plus souvent l'orifice de la cellule vésicale] permet au calcul de rentrer dans la vessie; mais comme les calculs continuent à croître dans leurs cellules respectives , il arrive un moment où ils restent incarcérés. Dans la vésicule biliaire , la fixité ou
(i) Anatomie patliolo/jique ^ avec planches, IV' livr, , pi. S, et XXVl» livr., pi. 4.
(2) Anatomie palJioiooifiuc'j avrr planelies , !XXXVF !i'vr., pi. 3.