III
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des papilles plus ou moins proéminentes, tombant et se reproduisant avec la plus grande facilité.
Voici, du reste, Vanatomie pathologique de ces productions cornées : Quels que soient leur forme et leur tolume, elles présentent à leur base d'implantation une cavité remplie par une très grosse papille, qui est lorgaoe foi-mateur, la matrice de cette production. Cette grosse papille est le résultat de Tagglomération de papilles filiformes pressées les unes contre les autres. Chaque papille est Torgane formateur d'une production cornée filiforme, et de Tensemble de ces productions cornées filiformes résultent les productions cornées totales.
Ce mécanisme de la formation des productions coroées me parait parfaitement démontré par le fait suivant. Pendant que j'étais médecin du Bureau central des hôpitaux, une femme se présentai ma coosultation avec one aréole de végétations cornées autour du mamelon, l^ étuis cornés étaient bien distincts les uns des antres: ils étaient noirs et très durs, taillés à facettes, qui correspoo* daient les unes aux autres : ils avaient deux lignes de longueur, leur extrémité était comme tronquée. Ils adhéraient intimement à la peau, du corps de laquelle ils semblaient naître : les papilles cutanées étaient d'une sensibilité telle que la malade disait qu'elle se trouverait mal et qu'elle n>ourrait peut-être si on lui arrachait un de ces étuis cornés.
Dans les productions coi*nées ordinaires, les papilleStH lieu d'être isolées comme dans le cas précédent, sm( groupées de telle manière que leurs produits, quoiquedistiucts, restent agglutinés à la manière des poils dont l'agglntination constitue le sabot du cheval. Du reste, il m'a pars évident qtie le mécanisme de la formation de œs cornes accidentelles était identique avec celui de la formation des cornes , des dents, des poils et des ongles, et consistait dans une succession d'étuis emboîtés à la manière de^
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cornets d'oubliés ; de telle sorte que ce sont les cornets le plus récemment formés qui touchent et emboîtent ta papille, taudis que les cornets qui sont le plus anciennement formés occupent Textrémité libre de là corne.
Quatre productions cornées de^ plus remarquables sont fiaorées planche 5, XXIV* livraison. Deux de ces productions cornées, présentées à l'Académie de médecine par M. Lôzes, qui en avait Fait Textirpation sur un sujet de quarante*cinq ans, ont la forme d'une corne de bélier; lelles ont au moins cinq pouces de long sur un de diamètre à la base : l'une était située à la région postérieure de la jambe gauche ; l'autre h la région fessière droite an-dessous du grand trochanter.
Sur ces quatre productions cornées » on ne voit nullement les anneaux ou stries circulaires que présentent les cornes des animaux , mais bien des stries longitudinales parfaitement distinctes. Cette disposition striée longitudinale, de même (|ue l'absence de lignes circulaires, se voit parfaitement aussi dans les coupes que j'ai fait foire de ces quatre productions cornées. La partie centrale dé ces cornes est beaucoup moins dure que la couche superficielle : on y reconnaît çà et là quelques vides qui attestent qu'il y a eu dans la partie correspondante altération de sécrétion.
Une macération prolonée dans l'eau les ramollit et sépare les fibres ou faisceaux longitudinaux qui les cou stituent.
L'analyse de cette substance faite par M. Dublanc, pharmacien, établit une grande analogie entre elle et la substance que Fourcroy et Hatchet ont décrite sous le nom d'albumine oxygénée y laquelle, selon ces savants, forme la totalité de l'épiderme, des ongles, des écailles, des tuyaux de plumes, et des cornes de bœuf et de mouton qu^ils ont analysés.
Le cas représenté planche 6, VII' livraison (1], est, je crois, un des plus curieux qui existent dans la science. A la région dorsale de la main et de lavant-bras se voieot des écailles épidermiques et cornées extrêmement multipliées ; et de la face palmaire de la main naissent un graod nombre de produciions cornées volumineuses dont la longueur varie depuis un pouce jusqu'à huit , et qui tendent à se recourber à la manière d'une corne.
La surface de toutes ces végétations est mgueoseet fendillée comme Técorce d'un vieux chêne. On voit sur celte pièce, indépendamment des stries longitudinales, des stries annulaires ou circulaires, qui sont le vestige des stries circulaires des ongles de l'homme, des griffes et cornes des animaux.
Au reste, la consistance de ces productions éfûdermiques est de beaucoup inférieure à celle des cornes et des ongles. C'est un tissu corné impariait qui tient te milieu entre le tissu corné normal et les concrétions épidermiques qui résultent d'une sécrétion morbide.
Un des faits les plus importants relatifs aux productioDS cornées, c est que le tissu cutané qui les supporte peut dégénérer en cancer. C est ainsi que j ai enlevé sur iioe femme, en février 1817, une tumeur cancéreuse du volume d un œuf de ppule, située à la joue gauche; tumeur surmontée par une production cornée en forme dergot. Cette tumeur avait commencé par une petite excroissance cornée, analogue a plusieurs végétations de même nature que la malade portait i\ la joue droite. Cette exc^oissalK>^ arrachée plusieurs fois, s était plusieurs fois reproduite. La peau de la joue, qui lui servait de support, prit on grand développement et forma une tumeur qui ne tarda pas à acquérir le volume d'un œuf de poule.
(I) Geue pièce, qui faisait partie de la coilac;ioo île nectanl,aHr tlepos^e an mnare DapuyircQ par H Bérard aioë.
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L'examen anatomique de la tumeur emportée m'a montré qu'elle était constituée par du tissu squirrlieux « dont le sommet présentait le caractère encéphaioïde. La production cornée adhérait fort peu à la tumetir : elle n avait d^ailleurs que la couleur et la forme de la corne sans en présenter les caractères anatomi([ues : elle n'of« irait ni laines ni fibres longitudinales régulièrement et parallèlement disposées. Cette production cornée pouvait être considérée comme un intermédiaire entre le pus ou le mucus desséché et le tissu corné.
Si le cancer cutané a été , dans un certain nombre de cas, consécutif à la formation de productions cornées « il n^est i^as rare de voir la production cornée se produire sur un cancer naissant : c'est ce que j ai observé tout dernièrement chez un malade affecté de cancer cutané à la lèvre inférieure. Une corne en forme d'ergoi s'était développée sur la portion non ulcérée du cancer.
Des nuances insensibles conduisent du mucus ou du pus desséché ou solidifié dont se recouvre la peau dans certaines maladies aux productions cornées. On aurait pu considérer comme couvert de productions cornées un jeune enfant de dix à douze ans» que A.-G. Baudelocque me montra dans son service à Thôpital des Eufants, il y a déjà bien des années. Des concrétions stalactiibrmes de diverses dimensions s'élevaient de toute la surAice du corps : des myriades de poux étaient nichées dans les ci*evasses que présentaient ces produits solidifiées de sécrétion.
C'est dans la même catégorie, c'est4i-dire au mucus ou au pus desséché qu'il faut rapporter le fait d'excroissance cornée et d'ongle développé sur le gland , rapporté par Meckel (i). Sur un individu dont le prépuce cancéreux avait été extirpé, et dont quelques parti'es affectées du
(i) Jommmi campUment«irê ifft leiencffi mtéicmln, t. IV,
&S& ANATOMIB PATHQIiOGIQUB OAnÉRALB,
gland avaient été catftéridéeSy on vit s*élevçr de la cicatrice du gland un corps blanc, dur, insensible, qui, dansfespace de dix uaois, s'accrut en longueur et en largeur de manière à égaler presque le volume du gland, et qui e& même temps acquit la dureté dune substance coroée. . C'est sans doute à des faits semblables de mucus ou de pus épaissi qu ont fait allusion les auteurs qui ont prétendu qu'il n existait pas de véritables productions cornées, et que les observations publiées sur ce sujet devaient être rapportées à des ulcères cancéreux ou scrofuleux, couverts d'une matière purulente concrète.