‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 8 sur 38 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

CHEZ J.-B. BAILLIÉRE,

LIBRAIRE DE L'aGADÊAIIE NATIONALE DE MÉDECINE,

Rue de rÉculc-dc Médecine , 17.

A LoROMEs, CHEZ H. DAiLLIÈRE , 249., Regemt-Street.

A XADBIO, CUEZ Cli. BAILLT-BAILUERE , UBKAIRE.

s ANATOMIfi PATHOLOGIQUE.

Stérile , lorsqu elle s*exerce sur des régions qui n ofirent aucune induction pratique importante.

2** Connexions de Vanatomîe pathologique avec la physiologie. La physiologie s*appuie comme sur une triple base , i ^ sur Tobservaiion directe des phénomènes delà vie ; a^sur lanatomie humaine et comparée; 3*sur les vivisections. J ajoute 4* quelle ne doit pas moins s appuyer sur Tanatomie pathologique. Sans doute Tobservation directe des phénomènes de la vie, éclairée par la connaissance profonde de Torganisation de Thomme sain , nous découyi£ un bon nombre des lois qui régissent 1 économie v^arijte ; sans doute Tanatomie comparée, en étudiant lés mêmes organes dans les diverses espèces d'animaux , en nous permettant de suivre la dégradation, ou plutôt la simplification successive des organes et des fonctions depuis lanimal qui les possède à leur ^laximum jusqu'à celui qui les présente à leur minimum «|e développement; sans doute encore les expériences sur lés animaux vivants, en faisant naître mille conditions nouvelles, en suspendant, '^n modifiant à volonté Faction de certains organes , soulèvent bien un coin du voile; mais cest à Yanatomie paihàlogique ^ aidée de Cobservalion clinique , à nous révéler ces rapports mystérieux , qui lient entre elles nos diverses parties , à assigner le d^é d'importance de chacune d elles , à déterminer le degré d altération en deçà duquel elles peuvent encore remplir leurs fonctions , et au-delà duquel toute action cesse.

Qu*un organe important soit profondément et subitement affecté; aussitôt toute 1 économie s'ébranle, se bouleverse et semble régie par d'autres lois; des fonctions pathologiques succèdent aux fonctions physiologiques; des organes, qui auparavant ne donnaieut pour ainsi dire aucun signe de leur existence, développent tout à coup une vitalité prodi{peuse : mille relations nouvelles s'établissent, et les phénoméneâ sympathiques étouffent souvent les plié-

nomènes qui partent de Forgane malade. Cest au milieu de ce désordre apparent que le physiologiste doit chercher les lois de Tordre et de la vie ; C^est dans ce moment où la nature semble s oublier qu'il peut la prendre en quelque sorte sur le fait, lui arracher quelques uns de ses secrets, et jeter les fondements de la physiologie pathologique^ ouvrage qui manque encore à notre art, et qui promet les fruits les plus abondants à celui qui aura le courage et le talent de l'entreprendre. Haller ne peut assez recommander aux médecins de faire des ouvertures de cadavres pour découvrir l\isage^des organes les plus incompréhensibles de l'économie , et pour apprécier les rapports d^action qui existent entre eux. Tout Fart des expérimentateurs échoue devant les difficultés qu'ils rencontrent si souvent dans les mutilations auxquelles ils soumettent les animaux, tandis que les faits pathologiques sont des expériences toutes faites sorties des mains mêmes de la nature, qui confirment toutes les vérités conquises par l'expérimentation et battent en brèche toutes les erreurs.

Ainsi les exemples d'atrophie de la rate que Ton rencontre quelquefois réduite au volume d'un marron entouré d'une coque cartilagineuse, et cela sans trouble notable dans aucune fonction, ne sont-ils pas aussi démonstratifs que les expériences d'extirpation de la rate sur les animaux vivants, et n'établissent -ils pas d'une manière positive que la rate ne remplit dans l'économie que des fonctions secondaires ?

Ainsi , l'hémiplégie faciale du mouvement avec intégrité du sentiment, par suite de la carie du rocher, de la compression ou de la rupture du nerf facial dans son passage à travers le canal de Fallope , n'est-elle pas aussi probante et plus complètement encore que la même hémiplégie du mouvement produite expérimentalement par la section du même nerf à la sortie de ce canal.

Ainsi , l'hémiplégie du mouvement de la langue avec

intégrité du sentiment et avec atrophie, transformation graisseuse des muscles linguaux correspondants (i), par suite d'un kyste accphalocyste qui comprimait le nerf grand hypoglosse dans le trou condyiien postérieur, n estelle pas aussi démonstrative que la même hémiplégie par section du même nerf?

Ainsi, la faculté de coordonner les sons, le sens du langage , ne peut plus être placée exclusivement dans les lobes antérieurs du cerveau, depuis que, d'une part, des lésions traumatiques considérables des deux lobes antérieurs, d'une autre part, la compression considérable exercée sur ces deux lobes par une énorme tumeur développée dans la caviié crânienne , ont été observés sans trouble sensible de l'exercice de cette faculté; tandis que l'impossibilité de coordonner les sons , bien que la langue eût conservé toute sa myotilité , a été observée dans la lésion de parties autres que les lobes antérieurs du cerveau.

3<* Connexions de Vanaiomie pathologique avec la chirw*gie. — Le chirurgien ne saurait faire un pas sans être éclairé du flambeau de Vanatomie pathologique. Osera-t-il pratiquer la moindre opération , s'il ne connaît mathématiquement, pour ainsi dire, le siège de la lésion, sa nature, ses limites, les changements de formes , de rapports et de texture que cette lésion a déterminés dans les organes environnants, sa liaison avec telle ou telle affection interne, sa tendance à se reproduire dans quelques cas.

Si la chirurgie a fait des pas de géant, si elle a presque constamment échappé aux divers systèmes qui ont si souvent imprimé à la médecine une marche rétrograde, c'est parce que, l'anatomie pathologie] ue des maladies chirurgicales se faisant pour aiusi dire sur le vivant, la chirurgie s'est constamment appuyée sur l'anatomie patho-

(i) M. Hobert a présenté cette pièce \ la Société analomique. Dopuytren , dans le senrice duquel ce fait avait été recueilli, arait diaf^nostiqué one compreanon du oerf ^rand hypoglosse.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. il

logique comme sur une base inébranlable. Cela est si vrai que, dans la partie de son domaine dans laquelle Fanato* mie pathologique n'a pu être faite sur le vivant, lachi* nirgie partage l'incertitude de la médecine , et qu elle la partagera tout le temps que les questions d'anatomie pa* thologique relatives aux divers objets dont elle s occupe n auront pas été résolues.

N'est-ce pas parce qu ils ont approfondi Tanatomie pa« thologique des hernies , que Arnaud, Richter, Hesselbach, Scarpa , A. Gooper, Lawrence et Dupuytren ont fait faire à la chirurgie des hernies des progrès si remarquables? Qui a démontré à Scarpa la source de Thémorrhagie dans Topération de la hernie crurale de Tliomme? Qui a suggéré à Dupuytren Tidée de la section de Téperon pour la guéri» son des anus contre nature ? La discussion interminable qu*a provoquée dans le sein de FAcadémie royale de médecine la lecture d'une petite note sur les corps fibreux de la mamelle (i) n'a^t-elle pas mis au grand jour le vide de la science à cet égard , et démontré l'indispensable nécessité d'une bonne anatomie pathologique de la mamelle comme base de la thérapeutique des maladies de cet organe ?

4® Connexions de f anatomie pathologique avec la médecine interne, — I^a médecine proprement dite puise dans Tamtornie pathologique une grande partie de sa certitude.

Les maladies internes , en effet , ne se traduisent à nos sens que par des symptômes , lesquels , comme on Fa dit énergiquement , ne sont autre chose que l'exprèssion de la souflBnance des organes : mais telle est la loi dliarmonie ^ la loi d'unité qui préside à tous les phénomènes de la vie , et dans l'état de santé , et dans l'état de maladie , qu'un organe souffrant devient un centre , et comme un foyer duquel partent des irradiations qui vont frapper tous les systèmes d'organes; que chaque organe

(i) Vojei Bulletin de F Académie royale de médecine^ Paris, 1844? t. IX; p. 33o et mît.

lui répond à sa manière , suivant la prépondérance relative dont il jouit dans Téconomie , et ses rapports avec lorgane malade, de telle sorte que les organes sympathi* quement ou synergiquement affectés parlent souvent plus haut que le premier mobile de tous les désordres. Qui nous éclairera dans ce dédale si souvent inextricable? On ne saurait trop le répéter, la connaissance approfondie des causes des maladies , des symptômes par lesquels elles se manifestent au dehors, de leur marche, de leurs terminaisons, l'observation clinique, en un mot, toute seule, serait insuffisante pour arriver à tui diagnostic positif et à un traitement rationnel : Tctude des lésions que les maladies laissent après la mort doit lui être associée, subordonnée, si Ton veut, à beaucoup d*égards, mais marcher toujours avec elle, à moins qu'on ne veuille se retrancher dans un aveugle empirisme.

Lisez tous les auteurs depuis Hippocrate jusqu^à nos jours , rapprochez les histoires de maladies tracées par les meilleurs observateurs, soyez toifte la journée ou au lit des malades ou avec vos livres, vous aurez beau faire , votre esprit ne pourra sortir d'un vague inévitable; vos obser\*ation8 ne vous seront, pour ainsi dire, d aucune utilité pour votre pratique ultérieure, parce que vous n'aurez aucun point de ralliement, aucun moyen de lever vos doutes, de dissiper vos erreurs : votre longue expérience ne sera, le plus souvent, qu'une longue routine; vous aures vu beaucoup de malades et peu de maladies. Interrogez les cadavres ; un nouvel horizon s^ouvre devant vous : ces symptômes confus et presque inextricables viennent se classer dans un ordre lumineux; toute l'attention du praticien était concentrée sur ce sym* ptôme plus intense que le malade accusait sans cesse, et c'était cet autre symptôme relégué dans la classe des épiphénomènes , qui devait prendre la première place. On croyait le foie malade , c'était le poumon ; on accusait

une fièvre priinitive, c'était une phlegmasie latente; on traitait un asthme essentiel , c'était une maladie du cœur; on reconnaît sa méprise ; on apprend à douter ; les observations sont recueillies avec plus d'exactitude; on analyse 9 on creuse les symptômes; on détermine leur valeur respective ; et, si Ton ne parvient pas à éviter toute espèce d'erreur , ce n'est pas à l'anatomie pathologique qu'il fout s'en prendre, mais bien aux difficultés inhérentes au sujet et aux limites de l'esprit humain.

5" Connexions de l'anatomie pathologique avec la médecine légale, — La médecine légale est en grande partie fondée sur l'anatomie pathologique ; puisque dans un très grand nombre de cas elle a pour but de déterminer à quelle cause est due la mort des sujets soumis à notre examen. Les médecins légistes allemands ont même fait de l'anatomie p.uhologique, appliquée à la médecine légale, une espèce particulière d'anatoraic, qu'ils ont nommée Anatomie du barreau [Anatomia forensis),

6^ Connexions de l'anatomie pathologique avec la chimie, — La chimie organique, professée de nos jours avec tant de distinction , doit s'exercer non seulement sur les solides et sur les liquides dans l'état de santé, mais encore sur les solides et sur les liquides dans l'état de maladie (i); et, sous ce l'apport , elle a des connexions intimes avec l'anatomie |>atliologique, à laquelle elle est appelée à rendre d'importants services : les recherches si profondes de M. Dumas sur tous les points de la chimie végétale et animale, les résultats si intéressants auxquels sont parvenus MM. Andral et Gavarret, et après eux MM. Becquerel et Rodier, sur le sang dans l'état de maladie, nous font concevoir l'espérance que le moment n'est pas éloigné où l'analyse chimique pouria déterminer les caractères positifs des divers produits morbides de l'économie , à savoir du pus ,

(f) E. MiUon, Éléments de chimie organique, Paris, i845-i847, a ToL io-8.

i& ANATOMlB PATHOLOGIQUE.

du SUC cancéreux , de lu matière tuberculeuse , et par consëquent nous permettra de les retrouver paitout où ils auront été déposés, soit à Fétat de mélange, soit à l'état de combinaison. Tel est le but que se proposent MM. Becquerel et Uodier dans louvra^^e qu'ils préparent sur la Chimie pathologique.

% III. AppréciacioQ de TimporUDce de ranatomie pathologiqoe.

Les considérations qui précèdent sur les connexions intimes de l'anatomie pathologique avec les diverses branches des sciences médicales ne permettent pas de révoquer en doute l'importance de ranatomie pathologique , si bien nommée par les anciens anatomie pratique^ et sa tendance à imprimer à la médecine et à la chirurgie tout le degré de certitude dont elles sont susceptibles. Cependant, comme cette importance, exagérée peut-être par quelques uns, a été singulièrement restreinte et même méconnue par d'autres, à ce point qu'on n'a pas craint de du^e que l'anatomie pathologique avait fait rétrograder la science, j'ai cru devoir consacrer un article spécial à l'appréciation et à la délimitation de cette importance. On me permettra de rappeler ici quelques principes généraux nécessaires pour l'intelligence des objections les plus sérieuses qui ont été adressées àlanatomie pathologique.

Le corps de l'homme , comme celui de tous les êtres vivants, végétaux et animaux , présente à considérer des organes matériels et une force (i) distincte de la matière,

(i) Si Ton me demande ce que c'est que ceUe force physiologique bien distincte de l'âme rationnelle et du principe de l'instinct chez les animaux , je répondrai que je n'en sais rien; que je l'admets comme la canse inconnue d'un effet connu , comme raiaon des pbénomèoes qui ont lieu dans les corps origani^és , sans prétendre en donner aucune raison satis' faisante; que c'est elle qui, comme une sentinelle vigilante, pré^tide à l'exercice de toutes nos fonctions, entretient entre tous les organes ces liens mjitérieux qui les font tous concourir i une même fin , conccatre

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. i5

force vitale qui ne se voit pas , qui ne se touche pas ^ manifeste seulement par ses effets, qui lutte sans cesse contre les lois du règne inorganique , arrache à son empire pendant un temps limité une partie de la matière, s*époise, se répare, se concentre sur un point de l'économie,

tons tes moyeDS sur une partie menacée ou altérée dans son organisation , et développe les efforts souvent les plus salutaires , mats souvent aussi les plus nuisibles. Comment, sans une force unique, centrale , se rendre compte de ce concours admirable de l'organisme animal, de cette dépendance mutuelle, de cette unité d*action qui fait l'essence des eorps organisés ? Leibnitz a très bien défini un corps organisé , celui dênî toutes iti péirties ont entre elles une harmonie qui Us fait toutes €omeourirà une même fin ^ dans un ordre où elles ne paraissent agir que dépendamment Us unes des autres. Nos corps , dit Galien {De usupartium , Lib. IV , C« II ) , sont la forge de Vulcain , ou tous les instruments, péné* 1res d'une 'vertu divine, se meuvent d'eux-mêmes dans l'ordre eC avec le degré de force convenable à leur usage actuel. Una natura^ eonfluxio una , conspiratio una. ( Hipp.)

On ne doit nullement comparer la force vitale aux inconnues algébriques X, ^, s , parce que cette x inconnue nu commencement devient connue à la fin du problème , tandis que la force vitale n'est pas plus connue k la dernière qu'à la première page des livres de pbysiologie ; mais oo doit l'admettre comme les forces centripète, centrifuge, d'attraction , d'impulsion , etc. , qui ne donnent aucune idée des causes , et ne font qu'indiquer une cause quelconque et un rapport avec t effet produit» Tons nos efforts doivent donc tendre à déterminer les lois de la force vitale. Qu'il me soit permis de faire une comparaison que j'emprunte à GondilUc ( Traité des systèmes^ p. 176, an xii-iSo3 )•

«Je me suppose entièrement, étranger à la construction d'une montre; fen observe attentivement tous les phénomènes , et je dis : La possibilité du mouvement de l'aiguille d'une montre a sa raieon suffisante dans l'estence de l'ai^^ille ; mais , de ce que le mouvement est paisible , il nW pas actiitl; il faut donc qu'il y ait dans la montre une cause de son actualité. Or, celte raison, je l'appelle roue, balancier; je le demande; donné^je une idée des ressorts qui font mouvoir l'aiguille? Avec ces notions vagues pourrai-je devenir horloger »? Eh bien ! l'idée de la force vitale est aussi vague que celle de la roue et du balancier acquise de cette oDanièrei et c'est une erreur palpable que de prétendre expliipier les faits par cette force. Tous nos efforts doivent tendre, non point è pénétrer l'essence de Ja force vitale , mais à déterminer les lois qui la régissent dans ses manifestations.

se dissémine, s éteint enfin sous Tinfluence sans cesse agissante des corps extérieurs.

La force vitale (fu^cç, cvopf&9v, anima) j bien distincte de Tàme rationnelle {^x^ y mens)^ est un fait d'un autre ordre, mais tout aussi bieu démontré que l'existence matérielle des organes. La force vitale, c'est le fait le plus général de l'économie vivante ; c'est la vie , c'est la force de résistance; c'est Tharmonie, l'unité physiologique et patho* logique.

Eh bien , tes médecins se partagent entre deux doctrines opposées. Les uns accordent tout ou presque tout à la force vitale , et considèrent les organes comme un substratum presque indifférent : ce sont les médecins vitalistes purs. Les autres accordent tout ou presque tout à lorganisation, et rejettent la force vitale comme une abstraction, une hypothèse , un de ces mots scientifiques qui servent de voile à notre ignorance : ce sont les médecins organi^ cistes purs.

La vérité n'est ni dans l'une ni dans l'autre doctrine : elle u est point dans le vitalisme pur, qui rend compte d'un certain nombre de faits , mais pour lequel les faits d'ana^ tomic pathologique sont lettre close ; elle n'est pas non plus dans l'organicisme pur, qui rend également compte d'un certain nombre de phénomènes, mais pour lequel les faits du vitalisme sont aussi lettre close : elle est dans une sage combinaison des deux doctrines, dans VorganO'Viia'lisme^ qui étudie des organes vivants, actifs, irritables, réagissants, harmonisés, solidaires, concourant tous à une même fin; et si le mot organo-viialisme était adopté comme expression de doctrine , ce serait dans cette situation que je voudrais me placer.

Ainsi se concilierait, d'une part, le vitalisme, qui étudie les phénomènes d'ensemble , les phénomènes de réaction générale, la fièvre , les constitutions médicales, les causes épidémiquos et héréditaires, les diatlièses, la nature médi-

catrice, les phéuomènes critiques, et qui considère la maladie comme un acte de la vie, comme une série de fonctions coordonnées, comme le résultat d*efForts conser* valeurs qu'il faut diriger et souvent respecter, et les lésions d organes comme des efFets secondaires, éventuels, subordonnés; dune autre part Torganicisme , qui s'occupe par dessus toutes choses des organes matériels, des états lo». eaux, des phénomènes locaux, des points de départ, des causes matérielles , organiques , de toute la partie matérielle des maladies, si je puis* m exprimer ainsi; qui considère Fétat général, la fièvre , comme le résultat symptomatique d*un état local , de Fépine de Van-Helmont , qu'il iaut enlever activement si Ton veut dominer la maladie.

H est évident que les vitalistes purs et les organicistes exclusifs ne se placent pas sur le même terrain ; que les premiers se placent sur le terrain des maladies fébriles et les seconds sur le terrain des lésions locales, il y a donc , dans ces doctrines en apparence si opposées, plus de malentendu qu^on ne le croirait de prime abord. Or, pour établir le <:aractère particulier de ces deux graudes doctrines entre lesquelles se sont partagés les médecins de tous les siècles, et dans un but de conciliation si désirable pour la science, qu'il mesoitpermis d'entrer dans quelques détails.

Dans toutes les maladies avec réaction générale ou fièvre, il y a deux ordres de phénomènes, deux ordres de diagnostic , deux ordres d'indications , deux ordres de thérapeutique : i^ le diagnostic et la thérapeutique de Tétat local : c'est l'anatomie pathologi(]ue qui rétablit ; ao le diagnostic et la thérapeutique de l'état général : c'est l'observation clini(|ue, c^est l'étude des phénomènes morbides au point de vue du vitalisme qui en est la base. Or il est des maladies dans lesquelles l'état local et par conséquent son diagnostic et sa thérapeutique sont tout ou presque tout; exemple : les lésions organiques proprement dites. Il est d autres maladies dans lesquelles l'é^ I. 2

19 4?iiT0|US P4TH0IiÛQIQyS,

t«t général et par oonséqucint «oq diagQQftic et %a théni^ peuiique sont tout ou presque tout, et leUit loqul ^^t aoce«$oire; exemple : fièvres éruptive$ , ^èyres intermitt^mes» fièvres pemicieMses, etc.

Il y a méiDQ plus : je ne vgis aucun inconvénient ( j en finil même ici la proposition formelle) a appeler du nom générique de^vrei toutes le$ tp^lpdie^ loc9le« 9PCQiQp«* gnées de réaction fébrile : ain^i j'^ppellçi^eif volon^era Ji4vr^ érysipékteus^ Térysipèle qvec fièvre, jîehire ^cgrlatU ne^^^lfièpre niorbilieuie , fi^vrç wrialeyse^ la scarlatine, \9,

rougeole e^ la variole i et ril)u«tre Pinel a commis nq«

gmve errevr lorsqu'il e rayé ces maladies de la classe de^ pyrexies pour en faille tout simplement de^ pblegmasiea de la peauî car évidemn^ent 1 état de la peaUi bien quil ait donné son non) à la maladie , nest ici qu une chpse ^e- C9ndairei Bien plu^ % j appellerais volontiers yrévr^ pkw^ ^i^H^tfi^vr^ pneumçnt'iiue f fihr^ péritoniiique^ la pleurésie, la pneumonie, la péritonite accompagnées de fièvre, au même titre qu pn a désigné sous le nom à^Jièwe (raumu-tii/ne la fièvre qui accompagne les grandes plaies, le^ grandes opérations , de fièvre puerpérale la fièvre (|ui suit laccouchement, Je ne vois que de ravanta^;^ a cette nomenclature, plusieurs fois tentt'e, mais incomplètement appliquée î ce qui a peut*étre empêché qu elle n ait été généralement adoptée,

Il y a en effet une énorme différence entre une lésioii locale sans fièvre et la même lésion locale avec fièvre , eqtre un éry sipèle apyrétique et un érysipèle avec fièvre , entre la période fébrile de la pleurésie et de la pneumonie et la période apyrétique de ces maladies, toutes choses égales d ailleurs, quant à letat local. Tout le temps qu'existe la réaction fébrile, l'économie est sous Tinflueuçe d'une cause générale qui n a pas encore épuisé ^on actiy\w morbide ; la maladie locale peut marcher et 9 étendre ^oitdausTorgane primitivement affecté, soit dans d autres

êrgnen^ «leinple : pueumo^ie envabU^ante^ mais à peii|« la 6à¥rc ast-dle tombée que la maladie locale reste st^ tÎMiDaire et que la résolution commence* J'ai signalé aiU laars des pleurésies tl des pDeumç^pie^ qui présentaient, ptadant les huit jours qui ont suivi la cbute de la fièvre, le^ phénomènes IcKraux de la maladie au même degré que pendant la durée de la période lebrile.

il soit de là que» da9s toutes les maladies avec réaction ftkrile, aï ïom avait è opter entre le diagnostic de létat loeal et le diageostie de Tétat générai » entre la ^bérapeu** tique de Tétat local et la tbérapeulique de Tét^t générali ea devrait peuMtie» dans un graud nombre de cas, donner la préferenee au diagn^tic et à la thérapeutique de Téta^ général.

Lot» clone que Ton s'approcbe pour la première ficus d on malade affecié de fièvre > on a deu]^ ordres de déter* minatÎQiin à établir ; celle de l'état général et celle de l'état local. La détermination de 1 état général s'établit i"" par Tétat dtt système ganglionnaire viscéral» qui a pour centre dVxpraaeHHk le ootur et TestQinac ; 2"* par Tétat du système nerveux oéphab>-racbidien » <|ui a pour organes d'exprèssioa le syatèflae musculaire, la peau» les organes des sens et la cerveau lui-même » en tant qu organe de rinteHigtnees Or, la détermination de 1 état général une fois bien établie» je pourrais en inférer le diagnostic et le traite- «SM; mais os diagnostic et ce traitement doivent» pour tee amplets, recevoir pour aipsi dire leur sanction de Téuide epptefondie de Tétat local j et une fois letat local iim détermijaé» mgn diagnostic et mon traitement sont aesftî positifs que possible,, car ils se composent de la eombinaison et ds Va&sociation des résultats fournis par (étal kicaletdk ceux fournis par Tétat général.

Mais dans les cas où le diagnostic de Tétat local est impissîUe» aa moios dans letat actuel de la science, mit àenuee de la eireonscriprioa de la lésion » soit à cause

20 ATATOMIÉ PATHOLOGIQUE.

delà position profonde, inaccessible de lorgane, soit à cause de la période de la maladie ( car le mouvement fébrile précède ordinairement de vingt-quatre, quarantehuit heures et souvent de plusieurs jours Tapparition de la lésion locale) ; dans ces cas, dis-je, le traitement exclusivement fondé sur Tétat général n'en est pas moins établi sur des bases inébranlables. C'est ainsi qu'il m*arrive tous les jours de diagnostiquer, par l'état général, une pneumonie, une pleurésie, dites latentes, diagnostic que les symptômes locaux viennent confirmer soit immédiatement soit vingt-quatre heures plus tard.

D'après cela , on conçoit comment les grands observateurs de l'antiquité, ignorants des lésions locales autres que celles qui se manifestent par des symptômes locaux bien évidents, ont pu laisser sur la thérapeutique des maladies fébriles des données qui pourraient encore servir aujourd'hui de règle de conduite. On conçoit que , relativement à un certain nombre de maladies , les maladies éniptives, par exemple, les détracteurs de Tanatomie pathologique puissent soutenir, avec quelque apparence de vérité , que Tanatomie pathologique n a pas été utile à la sdence , qu'e'le tend à l'amoindrir , à la matérialiser , à la réduire aux proportions exiguës de letat local , à la déponiller de ces vues d'ensemble, de ces idées larges et générales des états morbides ou diathèses, des constitutions médicales, des causes ou des génies épidémiques planant pour ainsi dire sur toute une saison, sur une ou plusieurs années, imprimant à toutes les maladies un caractère particulier, homogène, quel que soit lorgane affecté ; qu enfin ils aient pu soutenir qu en subordonnant toute la thérapeutique à Tctat local, Tanatomie pathologique avait fait rétrograder la médecine pratique, au moins dans quelques unes de ses parties.

Voyrz, ajoutent-ils, les fièvres pernicieuses. Que nous importe qu à l'ouverture des individus morts à la suite de

œs Sèvres, ranatoraie pathologique nous révèle des traces d'inflammation très intense clans les poumons, Testomac, la rate, le cerveau ?en donnerons-nous moins le quinquina? Que nous importe qu'à la suite des maladies épidémique^ ou sporadiques dans lesquelles on a employé avec succès telle ou telle méthode de traitement, que nous importe que dans les cas malheureux on rencontre des traces non équi* Toques d'inflammation? Vous aurez beau nous montrer les poumons désorganisés par des phlegmasies intenses, nous n'en dirons pas moins, avecBaillou, (|u'il est dès pneumonies dans lesquelles les évacuations sanguines sont nuisibles. Nous verrons Sarcone sauver avec lopium, et Baglivi avec le camphre un très grand nombre de pneumo* niques; Joseph Frank ne perdre qu'un seul malade sur 84 affectés de pneumonies, tandis que presque tous les malades qui avaient été saignés succombèrent (i). Quel est le praticien moderne qui n*a vu un grand nombre de cas de pneumonies rebelles aux évacuations sanguines, même pratiquées dans le moment d'opportunité, et dans la mesure convenable, céder comme par enchantement au tartre stibié à haute dose ? Je pourrais citer encore à lappui de cette manière de voir ces péritonites puerpérales épidémiques que j'ai observées h la Maternité en i83o, t83i, i83a, tellement funestes, que, dans le but d'éclairer ladministration des hospices sur les dangers de Teûcorabrement dans cet hôpital , je crus devoir leur donner le nom de typhus puerpéral. Trouvant sur le cadavre des nombreuses victimes de cette maladie les traces de phl^roasies très intenses, attribuant les insuccès de mes prédécesseurs et les miens propres , et au défaut d'énergie, et au défaut d'opportunité dans l'emploi du

(1) On ponmit objecter qu'à Tépoque où vivaient ces graDcIs obienratnin, ift diasnosiir de la pleurésie et de la poeumonte était bien loin d'être aussi positif qu'il Test aujourd'hui, gWkce à la parcussion et h Ta osraltaiioi».

2i ANATOMlK PAtHOLOOiQVe,

traitement antiphlogiâtique , je soumis les malnde^ au traitement «dniiphlogistique te plus actif qu^ou puisse suivre ; tout allait à merveille pour les péritonites sur^ venues pendant le temps où ne régnait pas répidëmîe ; mais pendant Tépidémie , j'eus beau faire saigner lea malade^ immédiatement après la réaction qui suivait le frisson dinvasion , faire renouveler les saignées dti Six heures en six heures, et même quelquefois de trois heures en trois heures, la médication antiphlogistique semblait donner de nouvelles forces à la maladie* Un fait qui vient , d ailleurs , à Tappui de nette manière de voir , c'est que c'était [irécisément ofate les femmes épuisées par d'abondantes hémorrbagies , avant, pendant ou après Taccouchêment, que le typhua puerpéral sévissait avec le plus de violence: les malades étaient pour ainsi dire foudroyées , car elles ne pouvaient suffire à la réaction inflammatoire dont les premier» phénomènes épuisaient la vie. Ûnns les maladies qui tiennent à l'état d'intoxication du sang, vous soustrairita la presque totalité du sang qUe tous laisseriez subsister la cause de son infection.

D autres objections non moins sérieuses ont été adre»« sées à l'anatomie pathologique souS le rapport de la thérapeutique. Est-ce dans la contemplation des lésions ofgà*» niques que les fièvres pernirieuses-laissent après elles qti6 Torti a découvert le spécifique de ces fièvres? Est-ce en fouillant dans les cadavres des véroles qu on a découvert le spécifique de la maladie vénérienne? Est-^cedans Tétude des pustules de la variole que Jenner a puisé l'idée de \à vaccine? Les travaux immortels d'Hippocrate . Bâillon , Sydenham, Baglivi , Boërhaave, Stoll, ont ils été produits sous l'inspiration de l'anatomie pathologique?

D'autres objections portent sur la difficulté de FobservâttoR cadavérique. Il est plus aisé, disait Bordeu, de faire une opération sur le vivant que de porter un jugement so^

CONStDÉHÂTIONS GÉNÉRALES. It

lidé d'apiTS VinspéctioD d'un cadavk*e. Bordeu dottne en làérne temps le précepte et Texemplé en attribuant à une compression chimérique des viscëred sur le diaphragmé les taches, les ecchyttioses, la gangrène dans les intestinsi le diaphragme, leâ poumon^ et métne la peati , totis phétlO*mèues qu il observa sur le corps d'un dé ses malades.

Combien d altérations telkmeht légère^ qu'elles échap* pènt h Timperfection de nos 3ens et au déftiut d attention! combien qui ne sont que des effets^ déd complications^ des épiphénomènes ! La question dé sàVoif di leâ iltéftitifiilli que Ton observe sont ou ne sont pas le point de dépsirt dé tous les accidents , si elles ont débuté avec la maladie « ai elles ne sont pas un effet où vaétne un deâ derniers effets de la maladie, ai elles ne dont pad purement àocés* soires, est bien loin d*élré résolue dans un grand nombfé de cas.

Une des sources les plus communes d erféUI* èfl finft^ tomie pathologique, c'est le défaut d'appfééiatlôn MMéM de Tinflueucedes phéuotnènes physiques et éhitUiqneS SUT nos organes dans 1 agonie et après là tnoi't. Il n>St pas ITftrê de voir rapporter à un état morbide des altératiOUS puré^ ment cadavériques. Ces altérations sont physiques eu ehi^ miques. Le premier phénomène qui se présenté daus lé cadavre , c^est une altération chimique des liquidés et des solides. Ceux-ci , qui résistaient pendant la vie ft tôUté es-» pèce de combinaison autre que celle qui résulte des pft^ priétés vitales, se laissent pénétrer comme Un M^pS inéfté; ils s'imbibent à la manit*re d'un corps poreux. Les phénomènes de capillarité étudiés dans ces derniers temps sous Us noms d^exosmoseet d'endosmose (i) s'opèrent dans tôUté

(i) Jtf doM dire ici <|im j« n adoMift 4'<xo»niof« et li enilotmofc qtt« daas les tiisus non vivants comme r^pideime ou dans les titsiu prives <U U vi*w T*»l le «fwèilie de 1 «son^mie vivante serait ehaogé •> les liqnides avaient d*auireseeseedtf «irealtliofi ^ueleHrs vêia«e»iu et ei lef |»arois de ces vaisseaux et des divers canaux et réservoirs étaient comme

2& ANATOMIK PATHOLOGIQUE.

leur énergie sur les parois vasculaires (i*abordy puis sar les autres tissus (|ui se colorent comme par une espèce de teinture : de là ces lignes, ces réseaux bleuâtres, noirâtres, qui dessinent le trajet des vaisseaux. La bile transsude à travers la vésicule » et colore les intestins.

Aux phénomènes de capillarité s'ajoutent i<>les phéno* mènes physiques de la gravitation, les liquides se portant dans les lieux les plus déclives, et a^ les phénomènes chimiques de la putréfaction. Que n a-t-on pas dit sur les rougeurs cadavériques, sur le ramollissement des tissus, sur le développement des gaz dans Tcpaisseur de tous les organes , dans les veines et dans le cœur ( i } ?

Je crois n avoir dissimulé aucune objection, aucune difficulté. Or il me sera facile de prouver que toutes ces objections portent, non sur lanatomie pathologique ellemême, mais sur une mauvaise application des notions qu^elle fournit et presque toujours sur un empiétement de juridiction. Que si on ne lui demande que ce qu'elle peut nous donner, et surtout si on ne lui demande pas autre chose, elle communiquera sa certitude aux choses de la médecine , et lui assurera une fixité immuable de principes au milieu des opinions qui changent et des systèmes qui passent.

L'anatomie pathologique, science de Torganisation morbide, esta la connaissance des maladies, c'est-à-dire des fonctions morbides, ce quest lanatomie normale aux fonctions physiologiques.

Privée du secours de lanatomie morbide, la pathologie

des filtres ^ traven lesquels peuvent s'échapper les liquides qu Viles ren* ferment. Quoi qu'il en soil, l'on consultera avec intérêt les travaux de M. H. Dutrocliet , sur l'endosmose (MAnoirespùur tervir h thittoire ana» tomi^ue et phytiologifftu i/ri végétaux et des nnimniur, Paris, 1837, 1. 1, p. t ii 100).

(•) Voyei r.irtirle .AtrAionis rATHOLOGiQVB du Dictiotmmire de méde^ fine et de chirurgie prati«fue$ , t ff , p. 364 ^ suit.

CONSIDÉBATIONS GÉNÉRALES. 25

est dans le même état de denument que la physiologie étudiée à priori sans le secours de Tanatomie normale. Il suit de là que , tout le temps que laDatoraie pathologique n a pas été cultivée, la médecine a dû errer de système en système; qu esclave obligée, ne pouvant vivre de son propre fonds , elle a dû subir le joug de toutes les doctrines régnantes-, que cette servitude, que cette incertitude de principes ont dû descendre des hautes régions de la théorie dans des détails de la pratique, dont les vacillations déplorables, et cela sur les points dobservation les plus vulgaires , ont fourni des armes si puissantes aux détracteurs de cette belle et noble science et ouvert la porte i tontes les invasions de Terreur.

Que nous apprend lanatomie pathologique? Elle nous apprend le siège des maladies , leur nature organique , leurs causes organiques : elle éclaire le diagnostic, elle est le fondement de tout bon pronostic et de toute bonne thérapeutique.

1^ iSanaioniie pathologique nous apprend le siège des ma-ladies^ les lieux ajf/ictés^ pour me servir de l'expression de Galien, Y organe malade. Or la question de siège, de point de départ, que seule lanatomie pathologique a posée d'une manière positive, domine la pathologie (i) : c est la sol u* tion de cette question : Où est le mal? qui précède la solu* tîon de toutes les autres questions au lit du malade, qui est même, dans Tordre logique des idées, antérieure h cette antre question : Où est le remède ?

Où est le mal? Est-ce au cerveau , au poumon , à Tcstomac, au foie? Le malade est dans le délire : ce délire est-il sympathique, est-il idiopathique? Le malade est at-

(i) Birhat a dit: Qu'est-ce <iue la maladie dont on ignore le siège? Or, U qu^tdon de nége embrasse noo senlemeot celle de V organe affecté^ ■Mis encore celle du tissu affteté : ainsi, il ne auffitiMs de taYoir que reatomac ast roi^ane affecté dails la sastrice, il faut MToir 4|qe o'ett la ■Mmbraoe oraqneuse.

îè AWA1t)Mlft PAtHOLOGÎQUE.

teint de vôniissements : ces von^issements ftttestent-ils une lésion primitive de Festoinac, ou biett le principe de ce vôtnisseifient est-il dans les méningés? Cette fièvre con^ tinue, cette fièvre lente , quelle en est lA ëource? etc.

Si vous ne faites pas de la question de siégé Une qUéS'* tion fohdamentale en pathologie, vous seret obligé de vouft cifcoiiscrire dans la symptomatologie , et je Ae sais si led cinq ou six cents espèces du nosologiste Sauvages pdiif^ ront vous suffire pour classer tous les symptômes ou ïnâ« ûifestations extérieures des maladies et leurs innombrtibleé variétés Pour tous , lès phénomènes sympathiques fté Confondront avec les phénomènes idiopathiques ; les une et les autres auront une valeur propre, intrinsèque, et tMÛ pas une valeur de coordination , une valeur subordonnée ; il n'y aura pas de milieu entre une généralisation indéfinie et une particularisation également sans limites ! ou vôttS admettrez une cause générale , systématique, eifibrassàfit l'ensemble des phénomènes, unediathèse, unétatdyna* mique mal défini , ou bien , h la manière des nosographes, vous n'ireas pas au-delà des symptômes que Vous réuAifêt en groupes plus ou moins naturels fondés sur une coïncidence fortuite ou plus ou moins constante ; chaque groupé sera pouf vous une maladie, un état morbide auquel Vôilê donnerez un nom , et toute votre thérapeutique consister* à opposer à tel ou tel groupe de symptômes tel ou UA groupe de moyens soit rationnels, soit empiriques.

Voilà pourtant ce qu'on nous donne comme lé ché^ d'œuvre de l'analyse clinique; mais n^est-il pas évident que cette pathologie, que cette thér^^peutique purement symptomatiques appartiennent à l'enfance de la science, qu'elles correspondent à cette période des sciences physiques dans laquelle les phénomènes étaient décrits , mais non «ncore imerprélés, où chacun d mv recevait um întar* prétatiôn arbitraire, de la nature de celle qui renchit compte de l'ascension de l'eau dans les pompes pà^Thof-

CONSiDÉRÂftOftS GÉNÉftÂtEft. 27

reurdé là nâtttre pour le vidé judqu'à 32 piedé. N e^t-tl paÈ évidcot que led léèlons de fonctions n ëttint aut^e chose que réimpression de la souffrance des orgahes , le diagnostic qui & arrêté aux lésions de fonctions ne peut être considéré qaé comme uù diagnostic provisoire? La pathologie qui s'appuie uniquement sur la lésion des fonctions et woù fttif là lésion des organes, est une pathologie provisoire, descriptive, et bon une pathologie définitive, scientifiques, philosophique; car la philosophie, c*est la connaissance des rapports, des causes et des effets.

Nous dirons donc qu'à défaut de notions suffisante^ sur les lésions d'organes , les anciens avaient fait tout ce qu*il leur était possible de faire en s arrêtant aux lésions dés font!tious; que même de nos jours, pouf les maladies qui fie Sont pas encore bien connues quant h leur siège et quanta leur nature, une énumération bien faite des symptÂmesest le seul refuge de notre ignorance, mais que nos efforts doivent tendre sans cesse à rapporter les formes symptoujatiques des maladies & leur véritable origine, à rallier les symptômes autour des organes; et en ûe\a nous ne ferons d ailleurs qu'iniiter lès grande observateurs de Fantlquité, qui ont mis en relief les lésions d'organes toutes les fois que cela leur a été possible. Sauvages lui-même, dont le grand ouvrage de nosologie est en quelque sorte le nec plus ultra de la classification symptomatologique , sentait la nécessité d'un point d*appui plus résistant que les symptômes ; car il dit positivement qu'il ne donne la préfiSrence aux définitions des maladies basées sur les symptômes que parce que de son temps l'état morbide des organes profondément placés était couvert d'un voile ioupénétrable , tandis que les symptômes et leurs corrélations tombaient sous le» sens.

Facile en général à résoudre quant aux maladies chirurgicales, la question âe siège devient très épineuse pour un certain nombre de maladies internes. La iiluatioo pra*

28 ANATOMiE PATHOLOGIQUE.

fende et presque inaccessible de certains organes , Tabsence de phénomènes locaux bien évidents, la pluralité des organes dans la même région, la loi d'unité qui préside h tous les actes morbides , non moins qu*à tous les actes physiologiques, voilà les sources principales de la difficulté du diagnostic quant au siège des maladies.

Disons cependant que , grâce aux progrès de Tobserva* tion clinique et de Tanatomie pathologique, les problèmes relatifs aux questions de siège deviennent de plus en plus faciles à résoudre. Lanatomie pathologique peut reven* diquer à bon droit comme une de ses conquêtes les deux plus importants moyens dediagnostic qui aient été imaginés dans ces derniers temps, savoir : la percussion et Vauscultation; car jamais, sans Tanatoroie pathologique, on navrait eu ridée de ces deux moyens d'investigation , ou du moins jamais on ne l'aurait mise à exécution ; car il (allait, pour en retirer quelque fruit, comparer les modifications du son et de tous les phénomènes acoustiques observés au lit du malade aux lésions morbides observées dans les organes après la mort.

2* ïSanatomie pathologique nous fah connatlre la nature organique des maladies. Si , dans Fétude des maladies , la question de siège est la premiore (i), la question de nature est la seconde. A la question : Oit est le mal? succède dans Tordre logic|ue des idées cette autre question : Quelle est la nature du mal? dont la solution précède toujours et

(i) La qarmion de ii%^ dans les maladies l'emporte souTent sur la question de nature. Y a-t-il le moindre rapport entre le cancer de Testo* mac et le cancer du €*enreau quant h la symptomatoloçie 7 11 exista an contraire beaucoup de rapports sous ce point de vue entre le cancer de Te*tomac et Tinflammaiion chronique ilu mémf* orjçane. Dans le cas de cancer, les questions de nature sont relatives k l'incnrabilit^, ik la facilité de se reproduire ; les questions de ùt^e sont relatives i la symptomatologie, au trouble des foncions; que le pylore soit rétréri par un cancer ou par une cicatrice, suite d'ulcère chronique simple, les troubles fonc* tionnels «eront toujours les mêmes , cent d un obstacle an passa^ des matières alimentaires.

considéaations générales. 29

décide souvent celle qui est relative au choix du remède.

Or, par nature des maladies, j*entends ce qu'on doit entendre par ce mot dans les sciences physiques; non lessence d'une maladie , nous ne connaissons Tessence de rien, mais les rapports fondamentaux qui lient une maladie ou une lésion actuellement observée à des maladies ou lésions déjà connues. Ainsi la nature inflammatoire d une maladie nous est connue lorsque nous avons rattaché cette maladie à Tinflummation, sa nature syphilitique lorsque nous Tavons rattachée à la maladie vénérienne, sa nature cancéreuse quand nous Favons rattachée au cancer, etc.

Or lanatomie pathol' gique peut seule éclairer la nature organique des maladies : Totam morborum naturam ex-planai. (Morgagni.)

Bien que la solution de la question du siège d'une lésion nVmporte pas nécessairement la solution de la question de sa nature , cependant, comme chaque organe a en quelque sorte sa prédilection pour telle ou telle lésion, ses tendances, ses affinités morbides^ par cela seul que tel ou tel organe est malade, nous devons soupçonner 1 altération dominante de cet organe plus particulièrement que les autres. C'est dans ce sens que Bichat avait dit qu'il existait des lésions spéciales pour chaque tissu : ainsi le poumon a une affinité morbide pour les tubercules, le foie pour les kystes acéphalocystes , l'estomac pour la maladie cancéreuse, l'utérus pour les corps fibreux et le cancer, etc.

La nature organique de la maladie est tout pour le diagnostic et pour le traitement. Une tumeur à Taine existe : quel est le problème fondamental a résoudre? La nature organique de cette tumeur. Est-ce une hernie, est-ce un abcès par congestion , un ganglion lymphatique engorgé, une varice, un anévrisme, etc.? Pour les maladies de la mamelle, combien de fois un kyste n a-t-il pas été extirpe

9Q ANATOMIS PATBOUKilQUi;.

pçmr \ui çanoer ! combien plus souvent encore de pe^U corps sphérQidaux » d'une dureté piçrreusie, mobiles 4qus le doigt , parfaitement distincts de la glande mapimairf, cpi^nus dans le langage vulgairç sous lenon\ de yAm^ii et qui ne sont autre chose que des corps fibreux inoifensifs l

La natw^ or^niqut de la maladie l Veut<xn d'^u^^ çsemples de son importance? L^estomac ea( sujet i iw ulcère chronique simple qui se présente sous la mtef forme symptomatique que le cancer. Le vomissement noir^ si improprement nommé caractéristique,, existe ait mâiM degré dans lune et daus l'autre maladie- Les doulwrft épigastriques m'ont paru généralement plus aigifâs et plua persévérantes dans Tulcère simple que dans le cancer, Eh bien, je ci^pis avoir prouvé ailleurs (i) qu il nest pas im*^ possible d'établir le diagnostic différenùel de rulcère chronique simple et du cancer de l'estomac et de conduire à bonne fin des maladies qui avaient été considérée% comme incurables. J'ai vu plusieurs fois diagnostiquer e^ traiter comme cai^céreux des rectums chroniquement enflammés I çtQ.

C'est dans la détermination de la nature organique de^ maladies que lanatomie pathologique brille de tout son éclat î c'est elle qui nous a montré des lésions matérielles dans toutes ou presque toutes les fièvres dites primitives oy essentielles; oest à elle que nous devQXUS U connais-» sance de toutes les phlegmasies aiguës sui\s douleur et de> toutes les formes des phlegmasies chroniques ^ c'est fU« qui , en soumettant à une analyse rigoureuse les lésions si diverses confondues sous le nom vague de tumeM^ , d'obstruclion$^ de squirvhes^ d'engorj^menls 9 d'induraiioni^ de cancers , a établi les espèces anatomiques > séparé des cancers les indurations inflammatoires chroniques, décrit les tubercules» les kystes , les tumeurs fihretises, toutas

(1) Ammiomm pm9êkmiogûim0 tiu c«i>is Ahiimwi, ««m planclM», N»^ m vraUon, pUoches V, VI; 20* livraitoa « |iL V h VI,

les transformations dç tis^u^ e| prépçiré une èje tout§ nouvelle à la médecine et à 1^ chirurgie théoriques et pratiques,

3^ lÀanatomie pathologiaue nous fait connaître les causes de^ n\ql^dw ^ J)^. sç4^bus qt çqusis morborum (Morgagni). Nç pourraitTPB pas ajouter qu'elles nous font aussi con- Dflttrç les effets des oialadies, de effectibus morborum ?

Si lobservation cliiiique toute seule a pu, d après les documents r^ç^çilUa au lit de^ malades, arriver à la détenninatioQ dç la nature étiologique d*un certain nombre de ipaladies, et étfiblir, par exemple, leur nature gouttense, stri^meuse, rhumatismale ^ syphilitique, inflamniatQire, périodique, pernicieuse; si, par Tétude appfQfondie des causes physiques ^^ chimiques, physiologiqncs 9 spécifiques, elle a pu soulever le voile qui couvre lorigine et le développement d'un certain nombre de ipaladies, dans combien de cas n'a-t-elle pas senti Tina- Qité de toutes ses explications étiologiques , les maladies Içs p]u9 disparates reconnaissant souvent les mêmes causas tant occasionnelles qu éloignées^ de là les causes Qççi^Ues^ méiap/^siques i de là ce quelque chose de mystérieux, le To Ociov des Grecs; le quid divinum des Latins; de là çe9 causer générales épidémiques , planant sur toute une saison , sur plusieurs révolutions d années , que 3y4eph^m faîs^^i^ sortir des entrailles de la terre; de là Ce$ ému vagues, mal définis, ces prédispositions virtueUea qui n'attendent que loccasion pour se développer, ççs diaihises^ ep vertu desquelles dçs affections idfptiquç^ se prçdnisent successivement ou simultanément dans divers points de l'économie; de là, enfin , toutes h% hypothèse^ étiolpgic^ues ; car, il est vrai de dire, avec Laënnec, que c'est presque toujours sur l'étiologie qu'ont été ét9bli$ les systèmes en médecine depuis le chaud et le froid, le sec et rhumidc de Galien, le strictum et le liiyrtim de Thémison, jusqu'aux alcalis, aux acres des mé-

decins- chimistes, à la polycholie de Stoll , à la sthénie et à rastliénie de Brown, à Tirritation de Broussais.

Or, ranatomie pathologique est venue doter la pathologie d*une série de causes entièrement inconnues avant elle; des causes organiques dont la réunion constitue une branche importante de Tétiologie, savoir: Xétiologie orga^ nique y qui a déjà pris une si grande place dans la des* cription des maladies, et qui tend sans cesse à purger la science des causes systématiques de Fancienne médecine.

Ji y a cause organique lorsqu'une lésion organique ou matérielle est la cause d'une maladie ou d'une autre lésion organique. Ainsi, une hémorrhagie cérébrale est la cause organique de la maladie connue sous le nom iïapoplexie sanguine. On peut même dire qu'elle constitue la maladie tout entière : ainsi, une bride celluleuse, suiUï d'adhérence ancienne, un rétrécissement organique de Tintestin sont la cause organique d'un étranglement interne; ainsi, une maladie du cœur est la cause organique de la dyspnée, de l'anasarque; l'oblitération des artères par inflamma* tion ou par ossification est la cause organique de la gangrène dite spontanée ; le tubercule pulmonaire , la cause organique de la phthisie pulmonaire.

Quelquefois même c'est à travers une succession de deux , de trois causes organiques subordonnées qu'on arrive au premier mobile de tous les désordres. Ainsi, une péritonite aiguë reconnaît quelquefois pour cause une peiforation de la vésicule biliaire. Cette perforation de la vésicule reconnaît pour cause une inflammation de cette vésicule , laquelle peut avoir été déterminée ellemême par la présence de calculs biliaires?

Pour être exact, il faut diviser les causes organiques en deux catégories :

Dans une première catégorie des causes organiques, la lésion organique est bien évidemment le point de départ^ la cause formelle de la maladie, si bien qu'en sous-

COmiDÉRATIONd GÉNÉBALES. 33

trayant à temps cette cause on soustrairait la maladie tout entière.

Dans une deuxième catégorie de causes organiques , la lésion anatomique n a pas avec la maladie une relation de cause à efFet aussi incontestable <\ue dans le cas précédent ; en un mot , elle n est pas point de départ. Ainsi , il est évident que dans un grand nombre de maladies , dans la pneumonie » la pleurésie, Térysipèle, rentéritefbllicuieuse, etc., la lésion organique n'est pas cause de la maladie au même titre que Fépanchement sanguin cérébral dans Thémiplégie , la bride celluleuse dans le cas d'étranglement interne. Ainsi, dans la pneumonie avec fièvre, ce nest pas la pneumonie qui précèdela fièvre , mais la fièvre qui précède la pneumonie de vingt- quatre, quarante-buit heures, et quelquefois de plusieurs jours : de même, dans Térysipèle fébrile, ce nest pas, en général, Térysipèle qui précède la fièvre, c'est la fièvre qui précède Térysipèle. Je crois donc qu'il faut établir une distinction entre les lésions observées dans les maladies primitivement fébriles et les lésions observées dans les maladies primitivement non fébriles. Dans celles-ci, la lésion anatomique est le point de départ, et* régit, dès le premier instant^ la maladie tout entière ; dans celles-là, la lésion anatomique est consécutive à une fièvre d'incubation plus ou moins prolongée (i).

Oo peut même soutenir que, dans cette dernière catégorie, les lésions organiques ne sont que les effets d'une cause générale quia agi sur l'ensemble de l'économie pour se localiser ensuite; mais ces effets organiques une fois produits sont pour nous la cause la plus élevée à laquelle

(0 Cest «nrtoat dans rapprécûidon des faits d'anatomie pathologiqqe

^ n ftot bien se (»ard«r de conclure de la coexisteDce à la dérivation

tabordoooce. Pour que le raisonnement soit légitime, il faut avoir ezcla

prealtbleiDent soii la dérivation commune, soit une coïncidence ëventa^lk

decins- chimistes, à la polycboHe de Stoll, à la sthénie et à l'asthénie de Brown, à Tirritation de Broussais.

Or, Fanatoinie pathologique est venue doter la pathologie d'une série de causes entièrement inconnues avant elle; des causes organiques dont la réunion constitue une branche importante de Tétiologie, savoir: Vétiologie orgo'» nique , qui a déjà pris une si grande place dans la des* criptirni des maladies, et qui tend sans cesse à purger la science des causes systématiques de Fancienne médecine.

il y a cause organique lorsqu'une lésion organique ou matérielle est la cause d'une maladie ou d'une autre lésion organique. Ainsi, une hémorrhagie cérébrale est la cause organique de la maladie connue sous le nom (ïapoplexie sanguine. On peut même dire qu'elle constitue la maladie tout entière : ainsi, une bride celluleuse, suite d'adhérence ancienne, un rétrécissement organique de Tintestin sont la cause organique d'un étranglement interne; ainsi, une maladie du cœur est la cause organique de ladyspnéey de l'anasarque; l'oblitération des artères par inflammation ou par ossification est la cause organique de la gangrène dite spontanée; le tubercule pulmonaire, la cause organique de la phthisie pulmonaire.

Quelquefois même c'est à travers une succession de deux , de trois causes organiques subordonnées qu'on arrive au premier mobile de tous les désordres. Ainsi, une péritonite aiguë reconnaît quelquefois pour cause une peiforation de la vésicule biliaire. Cette perforation de la vésicule reconnaît pour cause une inflammation de cette vésicule , laquelle peut avoir été déterminée ellemême par la présence de calculs biliaires?

Pour être exact, il Êiut diviser les causes organiques en deux catégories :

Dans une première catégorie des causes organicpes, la lésion organique est bien évidemment le point de départ^ la cause formelle de la maladie, si bien qu'en sous*

CON81DÉRATIONS GÉNÉBALES. 33

trayant à temps cette cause on soustrairait la maladie tout entière.

Dans une deuxième catégorie de causes organiques , la lésion anatomique n a pas avec la maladie une relation de cause à effet aussi incontestable que dans le cas précédent ; en un mot , elle n*est pas point de départ. Ainsi y il est évident que dans un grand nombre de maladies, dans la pneumonie, la pleurésie, Térysipèle, Tentérite folliculeuse, etc., la lésion organique n'est pas cause de la maladie au même titre que Tépanchement sanguin cérébral dans Thémiptégie , la bride celluleuse dans le cas d'étranglement interne. Ainsi , dans la pneumonie avec fièvre, ce n'est pas la pneumonie qai précèdela fièvre , maisla fièvre qui précède la pneumonie de vingt- quatre, quarante-buit heures, et quelquefois de plusieurs jours : de même, dans Térysipèle fébrile, ce n*estpas,en général, Térysipèle qui précède la fièvre, c'est la fièvre qui précède Térysipèle. Je crois donc qu'il faut établir une distinction entre les lésions observées dans les maladies primitivement fébriles et les lésions observées dans les maladies primitivement non fébriles. Dans celles-ci, la lésion anatomique est le point de départ , et* régit, dès le premier instant, la maladie tout entière ; dans celles-là, la lésion anatomique est consécutive à une fièvre dmcubation plus ou moins prolongée (i).

On peut même soutenir que, dans cette dernière catégorie, les lésions organiques ne sont que les effets d'une cause générale qui a agi sur l'ensemble de l'économie pour se localiser ensuite ; mais ces effets organiques une fois produits sont pour nous la cause la plus élevée à laquelle

(i) Cett tortoot dans lappréciatioa des f«iu d'anatomie pathologiqqe ^*il faot bien se garder de conclare de la coexistence à la dérivation nioordonnce. Pour que le raisonnement soit légitime, il faut avoir ezcla préalablement soit la dérivation commune , soit une coïncidence éven- UiHle.

94 4M4T0im BATH0L0€4QUi(.

nous puiuîoM alteiodre i on peut mémo lui gooorder bi puissance d\ia point de départ, car ils régissent pour ainsi dir» la maladie toat wtiàre» ils en mesurant l'intensité; avao 1 état local augmentent ou diminuent les symptôm99 généraux. La fièvre d'incubation elle-même pQut lui è\n rapportée comme à sa source.

Gela est si vrai que, dans le langage universellemmt adopté, cest la lésion anatomique toute seule qui a servi à désigner la maladie » toutes les fois que cette lésion a été coanuet et qu on a considéré la fièvre comma symptomatique de cette lésion \ ainsi on a dit uae pneumouie et non une fièvre pneumonique» un érysipèie et non uno fièvre érysipéluteuse. C*eat au contraire 1 état général ou la fièvre qui a servi do base A la nomenclature, quand la lésion locale a été méconnue t ainsi le mot^w çéf4braU a longtemps été employé pour désigner une certaine formo de méningite. Je no doute pas que la dénouiinatiou de fièvre typhoïde ne soit bientôt généralement remplacée |Nir celle dentérite FoUiculeusei car rinflauimation de« follicules isolés et agminéa de Tintestin grêle me parait être dans les mêmes rapports avec la fièvre qui laccompagne que Vinflammation du tissu pulmonaire avec la fièvre de la pneumonie.

Une rentarque importante à faire pour lapprécialioii (les causes organiques des maladies, cest qu'il fout bien distinguer les lésions qu on rencontre constamment à la suite de telle ou telle maladie de celles qui ne se ren* contrent qu accidentellement : une connexion» une coexistence constante entre telle ou telle forme symptomatique de maladie et telle ou telle lésion dWgane établit que cette lésion orgauiquc fait essentiellement partie de la maladie, qu'elle constitue son caracièi^ m^ktomi^He^ et la question de causalité peut ensuite être posée et réeolue.

Vétiologfe onjanique s'applique encoreà la détermination des causes de la mort : causes de mort subite, causes de

COMIDÉEATIOIIS GtilâlâLBS. 16

mort dans les maladies aiguës, causes de. morl dans les maladies chroniques. Sôus ce point de vue» Tanatoinie palUo* logique a divisé les cas qui lui étaient soumis en deux caté» gories : tantôt la lésion matérielle lui a paru suffisante pour expliquer la mort, t«itôt elle lui a paru inêuffisanu : car, si dans on grand nombre de cas » et plus particulièrement dans les maladies chroniques , on trouve des lésions d or» ganes asses considérables pour empêcher le jeu des fotic» tions indispensables à la vie» si quelquefois même on a lien de s'étonner que la vie ait pu se concilier avec des désordres aussi prodigieux ; dans combien de cas , et cela surtout dans les maladies très aiguds, ne rencOBtr»tH>n pas des lésions si légères qu elles ne sauraient expliquer la mort? Quoi! vous croyez m avoir montré la cause de la mort, lorsque dans une rougeole, dans une searlattue ou dans une variole qui tue à la période d^invaston ou d'ëmption , vous m'avez montré une injeotion de telle ou telle partie de la muqueuse du canal alimentaire ou des voies aériennes? Croyee*v<His que les altérationa obser** vées dans Taffreuse épidémie de choléra dont nous avons été les témoins nous aient parfaitement rendu compte defintensité des accidents et de la rapidité de la mort? Dans rhydrophobie , dans le tétanos ^ on ne titmve rien ; Je n ai rien trouvé chea plusieurs épiieptiqnes morts peu* (tant un accès; je n ai rien trouvé dans un certain nombre de cas de mort subite. Il est positif cfue dans quelques aiaiadies terminées par la mort , on ne rencontre pas de Oiuses aoatomiques suffisantes pour expliquer cette tev ■linaison Funeste, et qu'on est obligé d'inv0({uer nne csose pbysicrfogique. Il est démontré par ces iaits que tins itération organiqtie suffisante, une fonction india^ pensable à la vie , Tinnervation , la drculation, a pu être troublée, suspendue au point d'intercepter hi vie; ainsi, dans lentérite fol liculeuse, la lésion or^oniqoe n'est pas UNijenrs en rapport avec rimensité des symptômes , ef ne

5^ ANATOMie PATHOLOGIQUE.

reod que difficilement compte de la mort, ce qui a feit dire avec vérité que dans l'entérite follicnieuse (fièvre typhoïde des modernes) la lésion matérielle n'était qu'une partie de la maladie.

Sous ce point de vue, je veux dire sous celui de Finsuffisance des lé-sious matérielles des organes pour rendre compte de la mort, lanatomie pathologique npus ramène inévitablement au vitalisme dont elle avait semblé d abord nous éloigner, et, je ne crains pas de le dire, elle réhabiliterait la doctrine vitaliste , si jamais cette doctrine était sérieusement compromise. Je bornerai aux considérations qui précèdent ce que je m'étais proposé de dire sur l'importance de lanatomie pathologique. Je me résume :

L'anatomie pathologique, science de l'organisation morbide , fiiit connaître toutes les lésions matérielles dont chacune des parties du corps humain est susceptible ; elle apprend le siège des lésions, leur nature organique, les causes, les effets organiques des maladies ; on lui doit la conquête de la percussion et de l'auscullation ; c'est elle qui a imprimé une direction nouvelle à lobservation , en rat* tachant tous les symptômes aux organes et en faisant sans cesse remonter des lésions de fonctions aux lésions d organes : par conséquent lanatomie pathologique est le fondement du diagnostic; car, une Fois qu'elle a établi une vérité, il faut, bon gré mal gré, que cette vérité pénètre dans la science, el que du diagnostic anatomique sur le cadavre on arrive au diagnostic anatomique sur le vivant, c'est-à-dire au diagnostic clinique; que du diagnostic de l'état local on s'élève au diagnostic de l'état général et que les symptômes soient classés dans l'ordre de leur hiérarchie. A l'anatomie pathologique est dû le diagnostic de l'état local, comme à l'observation clinique le diagnostic de l'état général.

El/e éclaire le pronostic ; car elle résout les questions

CONSIDÉRATIONS GÉNÉflALES. 57

de corabîlité et d mcurabilité ; elle nous apprend toutes les renninaisoDs possibles des maladies; elle nous fait connaître le mécanisme de la guérison des lésions morbides : car, s'il existe une anatomie pathologique qui nous apprend par quelles altérations diverses passent nos organes pour arriver à la désorganisation , il est une anatomie pathologique restauratrice qui nous apprend par quelles transformations successives les désordres sont réparés.

Elle éclaire la thérapeutique; car elle éclaire le diagnostic; car elle a doté la médecine pratique de Yétiologie organique: elle révèle à l'observateur toutes les erreurs de diagnostic, toutes les erreurs de traitement, lui fait connaître les causes de ses revers, pose de nouvelles indications et lui enseigne dans quelles voies il lui faudra marcher dans des cas analogues. Elle agrandit le domaine de la thérapeutique en mettant en lumière la puissance de la nature et de Tart réunis pour ramener à Tétat normal des organes profondément altérés dans leur organisation. Bien loin d'exclure , de déprécier l'observation clinique , elle Tépure , elle la dirige , la perfectionne , lui imprime un caractère de sévérité inconnu jusqu'à elle^ lui fournit des éléments nouveaux de diagnostic et de traitement, lui communique, lui infuse en quelque sorte sa certitude, et ne lui est peut-être jamais plus utile que lorsqu'elle ne découvre pas dans les lésions matérielles des causes suffisantes de mort.

L'anatomie pathologique , c'est la clinique des cas malheureux : elle signale tous les écueils , ceux qu'il eût été possible comme ceux qu'il n'était pas possible d'éviter. Mon, ce n'est point une science spéculative, une contemplation stérile et purement scientifique des innombrables voies qui conduisent à la mort; c'est une science pratique, une science d'application. J'ai la confiance ( si c'est une illusion, qu'on veuille bien me la pardonner) que sous

58 ANATOMIE PATHOLOGIQUK. *— CONSIDÉEàTlONS GÉNÉRALES.

son influence , par son heureuse association avec lobser* vation clinique , le moment viendra où la médecine arra« chera à la mort tous les malades qui n'ont pas un organe important à la vie pi*olbndément altéré dans son organîsation(i).

(i) • A €«• fUwi branchot de U médecine ( la patliologte et la tbëra* » peutique) ranatomie pathologique fournit une importante partie det

• matériaux positif» nécessaires puur établir leur fondation. Ces maté*

■ rianx peuvent être incomplets , et par cela même susceptibles de s*ae«

• crohre; vais 9 qaand ils reposant sur des observations justes , qnaod ils » M sont pas mé\4ê avec des bjpothèses prématurées ou Ineyactea , ils » portent le cachet de la certituile et conservent leur valeur dans tous

■ les temps; iU resteront debout dans l'avenir comme ils y sont demeurés » par le pasfë, au milieu des modifications incessantes que les théories » médicale! subissent dans leur ensemble 00 dans leurs détails* • (Vogol, Trmiié déuuUmmU pmtMogîqvê générale^ traduit de Fallemasd par A.-J.-L, Jonrdan, Paris , i^7f P* ^O

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