‹ Traité d'anatomie pathologique générale et spéciale (volume 2)Chapitre 57 sur 83 · ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES OS RACHITIQUES · texte numérisé non relu

ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES OS RACHITIQUES

Toutes les figures de celle planche, excepté la première, ont été faites d’après des préparations provenant du sujet dont les os sont représentés sur les onze premières figures de la planche précédente.

Les figures 1 et 2 sont destinées à montrer l’analogie des tissus chondroïde et spongoïde normaux et des tissus chondroïde et spongoïde rachitiques. Pour rendre cette analogie plus frappante, on a pris sur un sujet sain le point où ces tissus sont au maximum de développement, et sur le sujet rachitique un des points où ils sont le moins développés. On a employé des grossissements différents pour ramener les dessins à des dimensions à peu près égales et rendre la comparaison plus facile.

Fig. 1. Tranche verticale pratiquée sur l’extrémité inférieure du fémur d’un fœtus à terme, à l’union de la diaphyse et du cartilage épiphysaire (65 diamètres) : a, tissu cartilagineux de l’épipliyse : les corpuscules de cartilage sont dispersés dans la gangue ; b, c, d , couche chondroïde normale ayant en ce point du squelette, et à cette époque de la vie, un millimètre d’épaisseur, b, commencement de la couche chondroïde : les cellules de cartilage y sont groupées en îlots arrondis, séparée par les intervalles où la gan-

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gueest uniformément transparente. En se dirigeant vers la diaphyse, on voit les îlots s’accroître, surtout dans le sens longitudinal, et un peu plus loin, c, ils prennent la forme de longs boyaux pleins de cellules cartilagineuses, et séparés par des intervalles ' longitudinaux comparables à des rivières. En d, le tissu chondroïde s’incruste de sels calcaires, et passe à l’état de tissu spongciide; celui-ci forme une couche, d, e, épaisse d’environ 0mm,3, opaque et de consistance osseuse, mais offrant d’ailleurs la même . disposition que le tissu chondroïde, dont il ne diffère que par le dépôt de sels calcaires. Toutefois les boyaux y sont plus larges, les rivières plus étroites et les cellules plus grandes. Lorsqu’on ajoute à la préparation une goutte d’acide chlorhydrique, le tissu spongoïde devient presque entièrement semblable au tissu chondroïde. Au delà du point e, le tissu spongoïde, par une dernière transformation, passe à l état de tissu spongieux, et les éléments cartilagineux qui ont survécu jusque-là font place aux corpuscules osseux.

Fig. 2. Tranche pratiquée sur l’extrémité antérieure ou épiphysaire du troisième métatarsien d’un enfant rachitique âgé de trente mois (38 diamètres): a, cartilage de l’épiphyse; 6, commencement de la couche chondroïde, îlots; c, tissu chondroïde, proprement dit, boyaux et rivières; d, couche spongoïde, La couche chondroïde a lmm,5 d’épaisseur; la couche spongoïde, plus épaisse, n’est représentée qu’en partie sur la figure. Cette figure montre l’ensemble de la disposition des deux couches chondroïde et spongoïde rachitiques. La structure de ces couches et les modifications pathologiques que subissent les éléments ne peuvent être étudiées que sous des grossissements plus forts et sur les parties du squelette où les lésions sont plus avancées.

Fig. 3 à 8. Examen des différentes parties d’une tranche pratiquée sur l’extrémité inférieure du fémur du même enfant, à l’uniou de la diaphyse et de l’épiphyse (grossissement, 250 diamètres). Les couches chondroïde et spongoïde réunies atteignent en ce point une épaisseur moyenne de 22 millimètres. (Voy. pi. CLXVIII, fig. 1-2.)

Fig. 3. Le cartilage de l’épiphyse à un millimètre seulement du commencement de la couche chondroïde. Il est normal.

Fig. à. Examen de la préparation au commencement de la couche chondroïde : a, cartilage presque normal, présentant toutefois des cavités un peu élargies; b, b, petits îlots formés par la réunion de plusieurs corpuscules de cartilage dans la même cavité; c, grands îlots dont les dimensions s’accroissent à mesure qu’on pénètre plus avant dans la couche chondroïde : on n’aperçoit pas encore de paroi cellulaire autour des noyaux de cartilage; d, d, origine des boyaux qui résultent de l’allongementet quelquefois de la fusion des îlots précédents: les noyaux cartilagineux ne tardent pas à paraître entourés d’une paroi cellulaire épaisse et très réfringente; ces cellules sont plus ou moins ovalaires, et leur grand axe est perpendiculaire à l’axe des boyaux ; f, les rivières, constituées par la gangue ramollie du cartilage et comprises dans les intervalles des boyaux : la gangue est très finement grenue, et l’on y aperçoit des stries longitudinales qui lui donnent une apparence légèrement fibrillaire. A mesure qü’on pousse la pré paration et qu’on pénètre plus avant dans la couche chondroïde, les rivières vont en rétrécissant et prennent une apparence de plus en plus fibroïde.

Fig. 5. Examen d’une partie de la préparation au centre de la couche chondroïde. Les boyaux ont empiété sur les rivières, qui sont effacées par places ; les cellules du cartilage ont acquis beaucoup plus d’ampleur ; leurs noyaux, devenus très volumineux, ont pris des formes irrégulières et bizarres, qu’on étudiera mieux sous un plus fort grossissement (voyez fig. 9). En approchant de la partie de la préparation où commence le passage de l’état chondroïde à l’état spongoïde, les cellules deviennent plus petites, s’aplatissent, et s’empilent de plus en plus les unes sur les autres.

Fig. 6. Examen de la préparation à l’origine de la couche chondro-spongoïde : a, tissu chondroïde ; les cellules sont très aplaties et très allongées, leurs noyaux sont redevenus aussi petits et presque aussi réguliers que dans un cartilage sain; b, b, deux rivières très rétrécies, offrant une apparence fibreuse ; c, une rivière presque effacée ; d, une rivière transversale séparant la partie chondroïde de la partie spongoïde : cette disposition est exceptionnelle; le plus souvent les boyaux se continuent sans interruption ; e, e, première modification du tissu chondroïde. Des dépôts calcaires se sont effectués dans la gangue, dans les intervalles des boyaux. Ceux-ci ont exactement la même structure que dans le tissu chondroïde pur ; on y voit les mêmes cellules disposées de la même manière.

Fig. 7. Examen du tissu chondroïde dans l’épaisseur de la couche chondro-spongoïde; a, a, a, trois boyaux bien reconnaissables. Les cellules, de plus en plus pressées, paraissent assez fortement cimentées ensemble; les rivières sont presque effacées.

Fig. 8. Dernière modification du tissu chondroïde, passage à l’état spongoïde proprement dit : a, cellules du tissu chondroïde; b, b, traînées de substance minérale masquant en partie les cellules ; c, fusion des cellules cartilagineuses dont les parois se confondent avec la gangue; d, noyaux cartilagineux persistant seuls au milieu de la gangue, ou substance fondamentale du tissu spongoïde : cette gangue présente une apparence fibrillaire ; e, e, trous arrondis, creusés dans l’épaisseur de la substance fondamentale, et constituant les pores du tissu spongoïde

Fig. 9. Examen ’du tissu chondroïde sous un grossissement de 560 diamètres, dans la partie déjà représentée sur la figure 5: a, une rivière ;

b, b, cellules du cartilage, offrant des parois très épaisses et très réfringentes et ayant de 0”m,03 à 0mm,04. Leurs noyaux, très volumineux, c, c, sont extrêmement irréguliers, comme crispés à leur surface, et ont de 0,015 à 0,020 de diamètre. Au voisinage du tissu spongoïde, les noyaux du tissu chondroïde redeviennent réguliers et n’ont plus qu’euviron 0,006.

Fig. 10. Examen du tissu spongoïde le plus ancien, sous un grossissement de 560 diamètres. La gangue paraît renfermer du tissu fibreux ;

les noyaux ont environ 0,006, ils sont dispersés sans ordre; aucun d’eux n’est entouré de cellule, mais ils présentent tous les caractères des corpuscules de cartilage, et non des corpuscules osseux. Les dépôts calcaires sont beaucoup moins abondants ici qu’ils ne le sont dans les points où le tissu spongoïde naissant se continue avec le tissu chondroïde pur, comme sur la figure 6.

Fig. 11. Examen du faux tissu spongoïde sous-périostal qui s’est formé dans la concavité de la courbure du péroné (voy. pl. CLXVIII, fig. 5, a, a,). Ce faux tissu spongoïde est composé de lamelles entrecroisées comme celles du tissu spongieux normal ; seulement ces lamelles sont flexibles et ne renferment pas de sels calcaires. Leur structure est semblable à celle du tissu osseux, si ce n’est qu’eu quelques points, qui sont rares, on aperçoit: «, quelques traînées d’apparence fibroïde. Du reste, ce tissu, quoi-

EXPLICATION DES PLANCHES

que privé de sels calcaires, et ne donnant aucune effervescence avec les acides, renferme des corpuscules osseux parfaitement caractérisés, b, b. Il diffère donc entièrement du tissu spongoïde par sa structure aussi bien que par son origine. (Grossissement, 500 diamètres.)

Fig. 12. Elude particulière du tissu chondroïde qui se forme à Punion de la côte avec le cartilage costal, et qui constitue le chapelet rachitique (270 diamètres). Les couches rachitiques ont la même structure dans tous les os du squelette; celte 'structure se retrouve encore dans le chapelet rachitique. Toutefois le cartilage costal diffère à plusieurs égards du cartilage épiphysaire ordinaire, et c’est sans doute la cause des particularités qui s’observent dans le tissu chondroïde adjacent, a, a, deux rivières ; b, b, deux boyaux. Les cellules cartilagineuses sont vraiment colossales ; la cellule c n’a pas moins de 0mm,08, c’est le double du diamètre qu’atteignent les plus grandes cellules du tissu chondroïde dans les autres os. Les noyaux, qui sont aussi très volumineux, présentent les formes les plus singulières, d, d, d.

PLANCHE GLXX.

TUMEURS F IB HO -PL ASTIQUES ET CANCÉREUSES DES OS. Cette planche porte bien le n° CLXX. Elle a été décrite par erreur sous le n° CLXVIII, page 28.

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