‹ Traité d'anatomie pathologique générale et spéciale (volume 3)Chapitre 3 sur 94 · PSEUDO-MEMBRANES. — ÉLÉMENTS FIBRO-PLASTIQUES INFLAMMATOIRES · texte numérisé non relu

PSEUDO-MEMBRANES. — ÉLÉMENTS FIBRO-PLASTIQUES INFLAMMATOIRES

Fig. 1. Fausse membrane du croup laryngo-bronchique rejetée pendant la trachéotomie.

Fig. 2. Structure fibrino-purulente de cette membrane. A, sa substance à l’état naturel ; B, la même, traitée par l’acide acétique, montrant les noyaux des cellules purulentes.

Cette membrane provient d’un enfant âgé de cinq ans, atteint de croup depuis quinze jours. Des accidents graves de suffocation imminenle nécessitent lq trachéotomie, qui est pratiquée par M. Chassaignac. Un accès de toux fait sortir par l’incision la fausse membrane cylindrique et ramifiée. L’enfant respire alors assez librement, sa figure perd la teinte bleuâtre et reprend une coloration normale. Mais dans ia journée les accidents se reproduisent, et l’enfant meurt le lendemain à neuf heures du malin. A J’autopsie, on trouve les cordes vocales tapissées, et les ventricules du larynx remplis par des concrétions pseudo-membraneuses. L’ouverture et la cavité du larynx se trouvent obstruées. La trachée et la bronche gauche sont dégagées complètement. Dans la bronche droite, on voit encore des fausses membranes sous l’aspect de plaques disséminées.

Fig. 3. Structure de deux autres fausses membranes. A, la première provient de la plèvre : aa, substance fibroïde; b b, cellules du pus;

cc, leurs noyaux. B, flocon pseudo-membraneux des petites bronches : aa, cellules du pus; bb, substance fibroïde granuleuse.

Fig. h et 5. Fausses membranes artificiellement injectées par M. Ch. Robin.

Fig. 4. Veines et artères injectées dans une pseudo-membrane qui s’étend de l’épiploon cancéreux à la surface du côlon transverse (les artères sont injectées en rouge, les veines en bleu).

Cette fausse membrane provient de la surface d’un énorme cancer de l’épiploon ; elle s’étendait de celui-ci à la surface du côlon transversc. On y voit distinctement des artères et des veines d’un certain volume, qui se suivent dans un long trajet, se ramifient dans tous les sens, fournissent des artères de plus en plus petites, et se terminent, en une multitude d’endroits, en fort beaux réseaux capillaires. Au total, les veines prédominent, et, par places, leur trajet est beaucoup plus tortueux que celui des artères.

Fig. 5. Fausse membrane s’étendant de la surface d’une énorme tumeur de l’ovaire à celle de l’intestin grêle. Les vaisseaux sanguins sont injectés comme dans fig. b ; les vaisseaux lymphatiques, très nombreux, le sont en blanc.

Cette fausse membrane s’étend de la surface d’une tumeur énorme de l’ovaire vers celle de l’intestin grêle; elle constitue un lien intime entre les deux organes. Nous reviendrons ailleurs sur cette pièce. Nous dirons seulement ici que les artères et les veines ont été d’abord injectées en rouge et en bleu : les premières existent en petit nombre, les secondes en proportion beaucoup plus considérable. En outre, ayant découvert à la loupe, dans cette fausse membrane, des vaisseaux lymphatiques reconnaissables à leur calibre inégal, à leur aspect noueux, et à leur mode particulier de se distribuer en capillaires, nous les avons également injectés, et il est impossible de voir des réseaux plus abondants et mieux caractérisés de vaisseaux lymphatiques que ceux qui se trouvent tout le long dans celte fausse membrane, entre la tumeur ovarique et l’intestin.

Fig. 6-8. Abcès enkysté du cerveau, devant donner une image des membranes pyogéniques délimitantes.

Fig. 6. Cet abcès dans son aspect à l’œil nu. A, pus verdâtre de son intérieur ; B, membrane pyogénique qui l’entoure ; C, substance cérébrale ramollie tout autour de l’abcès.

Fig. 7. Éléments microscopiques du pus de cet abcès.

Fig. 8. A et B, fibres cérébrales brisées, de largeur différente, provenant de la substance ramollie ambiante.

Fig. 9. Cellules et noyaux fibro-plastiques. A, cellules complètes : aa, parois cellulaires; bb, noyaux; cc, nucléoles. B, noyaux fibroplastiques libres, entourés de granules: b b, noyaux; cc, nucléoles; dd, granules.

Fig. 10. Éléments fibro-plastiques fusiformes. A, formes intermédiaires entre les cellules, les corps fusiformes et les fibres: aa, cellules rondes ou ovoïdes ; bb, cellules allongées, pointues aux deux bouts ; c c, corps fusiformes à noyaux ; d d, corps fusiformes allongés, sans noyaux. B, tissu fusiforme fibro-plastique: aa, corps fusiformes sans noyaux; bb, corps fusiformes avec des noyaux; cc, granules moléculaires.

Fig. 11. Aspect de l’ensemble des éléments fibro-plastiques. A, éléments isolés : aa, cellules de forme diverse; bb, noyaux ; cc, nucléoles. B, tissu fusiforme montrant encore un certain nombre de noyaux et parsemé de granules moléculaires.

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