‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 15 sur 176 · ROLE DES ORGANES LTHPHOIDES · texte numérisé non relu

ROLE DES ORGANES LTHPHOIDES

L'abondance des organes lymphoïdes principalement en rapport avec l'appareil digestif et l'abouchement des voies lymphatiques dans l'appareil circulatoire où les leucocytes sont incessamment déversés, constituent un argument qui semble décisif, en faveur de la formation des globules blancs au sein de ces organes.

On peut remarquer aussi dans tous les cas où il y a de la leucocytose, que les organes lymphoïdes sont augmentés de volume. Les ganglions sont plus ou moins tuméfiés et parfois même très volumineux. Les points lymphatiques du tube digestif sont manifestement plus accusés, et parfois leurs cellules sont assez abondantes pour s'étendre de l'un à l'autre point voisin par une traînée de cellules identiques à celles qui constituent ces amas, comme on le constate dans les cas de lymphadénie et même avec les lésions inflammatoires de divers organes, surtout d'origine tuberculeuse, où déjà à l'œil nu on trouve manifestement de la psorentérie.

Dans les mêmes cas, l'examen des principaux organes permet d'y constater aussi des amas de petites cellules rondes dont le noyau est bien coloré par le carmin avec peu ou pas de protoplasma appréciable ressemblant tout à fait à des points lymphatiques de volume variable, de forme ordinairement arrondie, mais à limites irrégulières, alors que ces organes ne sont pas considérés conime pourvus à l'état normal de points lymphatiques.

C'est dans le foie que ces productions se rencontrent le plu^

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souvent d'une manière évidente. C'est du reste sur cet organe que nos examens ont porté le plus fréquemment, comme ceux des auteurs qui ont vu ces productions en les interprétant différemment suivant les circonstances où elles s'étaient produites. C'est ainsi que dans les cas de leucocythémie et de lymphadénie, ils attribuent les amas de cellules rondes trouvées surtout dans les espaces portes, à une hyperplasie conjonctive ou à une néoproduction de tissu adénoïde ou encore à une diapédèse de globules blancs pouvant donner lieu à l'une ou à l'autre de ces productions, tandis que dans la plupart des maladies infectieuses, ces amas de cellules, plus petits, sont considérés comme de simples productions inflammatoires.

Nous appelons l'attention d'abord sur la constance de ces productions cellulaires au plus haut degré dans les cas de leucocythémie et de lymphadénie, puis dans tous les cas de leucocytose tant soit peu prononcée, principalement avec la tuberculose et la plupart des maladies infectieuses, toujours à un degré plus marqué chez les enfants; en faisant remarquer l'analogie de ces productions dans tous les cas, avec celles où elles sont portées à leur maximum lorsqu'il existe de l'hyperplasie cellulaire au niveau des ganglions et des points lymphatiques connus.

11 en ressort cette conclusion qu'il y a un rapport manifeste entre les productions lymphoïdes et inflammatoires. Mais on doit se demander s'il s'agit dans tous les cas et sur tous les points de productions lymphoïdes ou s'il existe seulement des productions inflammatoires à la fois sur les points où se trouvent des tissus lymphoïdes et sur les organes qui n'en possèdent pas, avec une analogie dans toutes ces productions par suite d'une pathogénie h déterminer.

D'après l'observation générale concernant les néoproductions, les tumeurs seules (et ici seulement les lymphosarcomes), peuvent, en se généralisant, conserver sur tous les points les caractères essentiels de la néoformation primitive, même sur ceux où le tissu lymphoïde n'existe pas à l'état normal, comme dans lé foie pris précédemment pour exemple. S'il était démontré que les petits amas cellulaires contemporains des hyperplasies lymphoïdes rencontrés dans tous les cas précédemment indiqués, sont constitués par un véritable tissu lymphoïde, il faudrait admettre que ce tissU existe aussi sur les mêmes points à l'état normal, mais en si petite quantité qu'il a passé jusqu'ici inaperçu, comme cela pourrait être s'il ne s'agissait que de quelques cellules isolées ou disséminées^

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Or, comme cette démonstration n'a pas été faite en dehors des cas de lymphosarcomes, et que, à Tétat normal, on ne constate pas le moindre point lymphoïde manifeste dans cet organe, on est bien contraint de considérer ces productions comme étant d'origine inflammatoire. Il est à remarquer cependant que les noyaux de ces cellules paraissent placés dans un réticulum, surtout lorsque la préparation est ancienne. Mais il est probable qu'il s'agit du contour des cellules en contact les unes avec les autres.

Du reste, dans ces cas, on trouve non seulement ces petits amas cellulaires ordinairement sur un point des espaces portes, mais aussi des productions cellulaires plus ou moins abondantes, irrégulièrement disséminées, plutôt le long des vaisseaux et entre les canalicules hépatiques. Ce sont même ces lésions qui sont habituellement constatées, les petits amas cellulaires étant souvent peu accusés. Mais une observation attentive permet de se rendre compte des rapports qui existent entre ces diverses productions. A un léger degré, on ne voit que des cellules disséminées principalement autour des canaux biliaires; à un degré plus accusé ks cellules sont répandues en plus grand nombre le long de ces canaux et des vaisseaux, mais en somme sur la plus grande partie ou la totalité des espaces portes, et, en même temps, on trouve alors çà et là les petits amas cellulaires, en rapport avec ime plus grande intensité du processus ; ce qui permet de considérer toutes ces productions comme étant d'origine inflammatoire.

Cette conclusion nous parait encore justifiée par les observations que nous avons faites au niveau des productions inflamr matoires localisées sur les divers organes.

En efl'et, lorsqu'on examine des lésions de ce genre au niveau du foie, du rein, des poumons, des organes génitaux, de la peau, des muqueuses, dans les parois vasculaires, dans les os, etc., en un mot dans tous les tissus enflammés, on rencontre çà et là (ainsi que nous le verrons en traitant de l'inflammation) de petits ama3 de cellules rondes, analogues à ceux qui ont été précédemment considérés dans le foie, mais avec prédominance dans la leucocythémie, la lymphadénie et les infections générales.

Si l'inflammation est localisée sur une région où se trouve du tissu lymphoïde, les productions de ce dernier sont. considérablement exagérées, se confondant insensiblement avec les productions difi'uses de la région, comme on peut le voir sur les figures se rapportant aux inflammations de la muqueuse intestinale, par exemple.

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- C'est ainsi que, dans ce cas, les productions lymphoïdes pourront -être tellement abondantes que toutes les productions cellulaires sembleront provenir de leur hyperplasie débordante. Cependant cette hypothèse ne saurait être admise, parce que Ton voit aussi rhyperplasie lymphœde à une certaine distance du foyer inflammatoire et que Ton considère même les productions lymphoïdes plutôt comme secondaires ; ce qui est le cas habituel des lésions ganglionnaires. En réalité dans les lésions inflammatoires, les hyperproductions cellulaires portent sur toutes les parties constituantes de la région atteinte, comme nous le démontrerons plus loin, et toujours avec plus ou moins d'intensité sur le tissu lymphoïde, lorsqu'il s'en trouve au niveau de la lésion sans qu'on puisse manifestement établir Tordre dans lequel les divers éïé-^ ments sont atteints. Mais, ce qu'il y a de certain, c'est que les ganglions voisins et à plus forte raison éloignés, ne sont affectés que secondairement, comme tous les auteurs Font observé.

Du moment où Ton trouve des amas de petites cellules rondes au sein des foyers inflammatoires des divers organes qui ne possèdent pas de tissu lymphoïdé, il n'y a pas de raison pour les considérer comme des hyperplasies de ce tissu, ni comme des néoformations qu'on n'observe qu'avec lés tumeurs.

Il s'agit bien évidemment d'une production intensive de jeunes cellules réunies en amas qui, le plu^ souvent, se continuent en prolongements difi'us au sein du tissu. Toutes ces production^ paraissent bien de même nature, sauf que les petites cellules réunies en amas semblent plus jeunes, plus nouvellement produites au sein des partie:^ enflammées.

• Si l'on veut bien remarquer que ces amas cellulaires se rencontrent surtout au voisinage de vaisseaux dilatés ou de nouvelle formation, on peut en déduire qu'il y a beaucoup de probabilités pour que ces cellules proviennent récemment des vaisseaux, comme toutes les cellules, mais' seulement qu'elles ont été diapédésées en grande quantité sur des points plus ou moins localisés.

Cette hypothèse nous paraît corroborée par ce qu'on observé aussi sur les tumeurs. Celles-ci présentent également en plus oit moins grand nombre de petits amas cellulaires, tout à fait analogues à ceux des productions inflammatoires, et ils doivent vraisemblablement y jouer le même rôle.

Il est vrai que les auteurs désignent ordinairement les jeunes eellules réunies en amas ou disséminées dans les tissus, sous le nom de « cellules" embryonnaires » ; mais, comme nous le démon-

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trerons bieûtôt, il ne saurait être question dans Toi^anisme entièrement constitué de cellules de Tembryon, ni même de cellules embryonnaires de Tadulte.

Nous aurons à revenir sur tous ces points à propos des lésions InQammatoires et néoplasiques ; et si nous avons empiété sur ces sujets à propos de Forigine des éléments cellulaires de nouvelle formation, c'est afin d'appeler immédiatement l'attention sur les arguments qu'on peut faire valoir pour soutenir qu'elle réside dans les éléments du sang, en montrant en même temps les rapports qui les relient avec les organes lymphoïdes.

Cependant, nous sommes forcé de convenir que, pas plus dans ces organes que dans l'appareil circulatoire ou dans l'intimité des tissus, il n'est possible, avec nos moyens actuels d'investigation, de surprendre le mode de formation de ces éléments cellulaires. C'est en vain que pour contrôler l'opinion des auteurs qui soutiennent leur hyperproduction par la division des cellules sur ces divers points, nous avons examiné (en nous plaçant dans les meilleures conditions possibles) les ganglions et la moelle osseuse, pris sur l'animal vivant ; nous n'avons pu constater la moindre trace de division directe ou indirecte des cellules. On n'y trouve pas même des figures de pseudo-karyokînèse rencontrées dans les cas pathologiques ; parce que, dans ces derniers, il s'agit d'altérations cellulaires qui n'existent pas sur des organes normaux. C'est même un argument de plus en faveur de l'opinion que nous soutenons au sujet de la non existence de la karyokinèse sur les parties définitivement constituées, et soumises seulement à la rénovation des éléments cellulaires.

Mais de ce que l'on ne connaît pas l'origine des éléments du sang d'une manière positive, il ne s'en suit pas qu'on doive négliger tout ce qui a trait à leur utilisation pour la nutrition et la rénovation des éléments cellulaires des tissus dont on peut se rendre compte dans une certaine mesure. En effet, sans avoir également des notions complètes à ce sujet, on en possède cependant quelques-unes d'assez probantes, que nous avons cherché à mettre en relief, et d'où il résulte qu'il y a toutes probabilités pour que le liquide sanguin fournisse à la fois les matériaux de nutrition des divers éléments constituants des tissus et les cellules nécessaires au remplacement de celles qui disparaissent, dans les états pathologiques comme h l'état normal.

La plupart des auteurs admettent bien que les globules blancs du sang diapédésés peuvent devenir des cellules conjonctives ou

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