‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 2 sur 176 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Lorsqu'ils ont reconnu Tinconsistance de Tune, cela a été pour retomber dans une autre qui valait moins parfois et reculait le moment où la science médicale ne sera basée que sur des fails positifs.

Assurément, on ne peut faire aucune recherche sans émettre des hypothèses. Tous les observateurs ont reconnu qu'elles sont nécessaires pour compléter Tinlerprétation de faits complexes et servir d'amorces à des recherches futures. Mais il faut les donner et les prendre pour ce qu'elles sont et ne pas les confondre avec ce qui peut-être considéré comme certain, tout en ne se départissant jamais du doute scientifique.

C'est en nous attachant avec ti^iacité à la constatation réelle de ce qu'il est possible d'observer sans parti pris, que nous avons été amené à rejeter la plupart des théories encore adoptées aujourd'hui et à chercher une interprétation des faits mieux en rapport avec ce qu'on peut constater. Ce n'est cependant qu'après bien des tentatives que nous sommes parvenu à pénétrer dans la voie si heureusement ouverte au siècle dernier par cette lumineuse vision de la médecine physiologique^ car il ne semble pas qu'on s'y soit jamais véritablement engagé pour expliquer toutes les altérations pathologiques.

Déjà Cl. Bernard a dû être frappé de la tendance de ses contemporains à s'éloigner de cette voie. « Il n'y aura jamais de science médicale, dit-il, tant que l'on séparera l'explication des phénomènes de la vie à l'élat pathologique, de Texplication des phénomènes de la vie à l'état normal. » IJien qu'on ait continué à admettre la subordination des actes pathologiques aux actes normaux, on n'a pas moins persisté à n'en pas tenir compte lorsqu'on a pris pour des connaissances positives de simples hypothèses et qu'on a supposé l'existence de phénomènes indépendants de Télat normal, toutes choses incompalibles avec le principe énoncé précédemment et dont on ne peut s'écarler sans tomber dans l'erreur.

C'est en partant de cette idée que nous avons cherché à trouver dans toutes les productions pathologiques de quelque nature qu'elles soient, une modification non théorique, mais effective, des productions normales. Nous croyons être arrivé à la solution du problème en considérant qu'il s'agit toujours de l'organisme modifié dans les actes qui lui sont propres, et, par conséquent,

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