MODIFICATIONS DANS LES PHÉNOMÈNES DE RÉNOVATION CELLULAIRE
Parmi les phénomènes normaux modifiés dans les états pathologiques, ceux de rénovation cellulaire ne nous paraissent pas avoir attiré suffisamment l'attention. Si les auteurs sont unanimes pour admettre l'influence des causes nocives sur les cellules,
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soit directement, soit par le fait de Tadultération du liquide nutritif, et pour constater les effets nuisibles qui peuvent en résulter immédiatement ou par suite des troubles de nutrition, ils ne se préoccupent pas en général des modifications qui se produiront nécessairement, cependant, dans les phénomènes de rénovation cellulaire. C'est que, sans contester la production de ces phénomènes, on ne leur attribue qu un rôle secondaire. Or, si Ton examine ce qui se passe dans l'organisme à Tétat physiologique, on peut voir qu'ils jouent, au contraire, un rôle capital. Il en est naturellement de même à Tétat pathologique.
Toutes les cellules de l'organisme sont, en effet, soumises à une incessante rénovation au fur et à mesure de leur destruction qui s'effectue d'une manière à peu près insensible à l'état normal, mais qui peut prendre des proportions plus ou moins grandes à l'état pathologique, jusqu'au point de constituer à peu près à elles seules les diverses manifestations anormales.
Si Ton prend pour exemple le tégument cutané, on peut constater qu'il ne s'agit pas, en effet, de la desquamation accidentelle de quelques cellules, mais qu'on est en présence d'un phénomène constant, portant sur la surface entière du corps où les cellules épidermiques kératinisées sont incessamment desquamées d'une manière à peu près insensible, mais parfois d'une façon très apparente, au moins sur quelques points, sous la forme de lambeaux épidermiques qui se détachent ou sont facilement enlevés. Il en résulte journellement une perte considérable de cellules qui peut être encore accrue d'une manière étonnante dans les états pathologiques qui seront bientôt étudiés et où l'on observe toutes les transitions de l'état normal à Tétat pathologique.
Il en est certainement de même des cellules de revêtement du tube digestif. La salive renferme constamment des débris épithéliaux provenant des parois buccales. Lorsque des vomissements se produisent ou lorsqu'on lave l'estomac, on trouve toujours dés productions épithéliales dans le liquide rejeté. Les déjections renferment des débris épithéliaux que les lavements mettent bien en évidence. Il y a donc aussi à la surface du tractus intestinal une élimination constante de cellules en voie de destruction qui peut augmenter considérablement sous l'influence de certains agents, par exemple des purgatifs, ainsi que par le fait d'un grand nombre de maladies et notamment de celles qui présentent des localisations plus ou moins accentuées sur le tube digestif. MM. Courmont, Doyon et Paviot ont montré sur des