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MODIFICATIONS DANS LA RÉNOVATION CELLULAIRE

chiens, des lésions intestinales produites en quelques heures par Tinjection dans le sang des substances solubles du bacille de Lœffler, consistant dans une congestion intense avec élimination en bloc, non seulement des cellules de revêtement de la muqueuse, mais aussi des cellules contenues dans les glandes. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces faits qui démontrent Télimination permanente des cellules en voie de destruction avec augmentation ou perversion dans les cas pathologiques.

Les cavités séreuses présentent aussi d'une manière constante des déchets épithéliaux. Il en est de même des voies respiratoires, des voies urinaires, etc.

Pour les glandes, on sait que leur fonctionnement est intimement lié à la destruction des cellules dont la production est en rapport avec la quantité du liquide sécrété. Les phénomènes se présentent avec des variations très grandes à Tétat physiologique et à l'état pathologique, sans que, dans tous les cas, on trouve autre chose que des modifications plus ou moins faciles à apprécier dans les dispositions anatomiques auxquelles correspondent des troubles dans les sécrétions.

Cette démonstration, facilement obtenue pour certaines glandes placées superficiellement, indique que les mêmes phénomènes doivent se passer dans les glandes profondément situées, conformément à la loi d'usure et de destruction en rapport avec le fonctionnement des organes. Et comme cette loi est incontestable pour un grand nombre d'éléments, on peut en inférer qu'il en est de même pour tous, en tenant compte des particularités propres à chaque tissu.

Il a été démontré expérimentalement que le tissu osseux est insensiblement détruit et remplacé par des éléments nouveaux. Il en est vraisemblablement de même des tissus nerveux et musculaires, dont les substances nucléaires et protoplasmiques présentent des variations très grandes dans les états pathologiques, tout à fait analogues à celles que l'on peut observer sur les autres tissus.

Il est enfin à remarquer que les altérations constatées sur n'importe quel point de l'organisme, indépendamment de celles que l'on peut rencontrer dans le sang, ne se rapportent jamais à une seule catégorie d'éléments, comme le suppose la théorie cellulaire, et que les modifications pathologiques intéressent toujours toutes les parties constituantes d'un tissu au moins, et souvent de plusieurs tissus, d'un ou de plusieurs organes. C'est ainsi que ces modifica* tions sont plus au moins appréciables à la fois sur les éléments

spécialisés et les éléments conjonctifs, sur leur stroma, sur les liquides nutritifs, sur les vaisseaux sanguins et lymphatiques, en un mot sur tout ce qui contribue à constituer un iissu et jamais sur une partie de ces éléments à Texclusion des autres.

Conclusions relatlTes à la pathogénie des lésions.

Il résuite donc de la simple observation des faits : 1** que l'organisme est le siège d'une rénovation cellulaire continuelle en rapport avec les destructions cellulaires qui ont lieu à la surperficie des membranes de revêtement et dans la profondeur des organes ; 2<>que ces phénomènes intimement associés à ceux de la nutrition ont lieu suivant une évolution déterminée pour chaque tissu, pour chaque organe, et sont en rapport avec leurs fonctions normales; 3* que sous Tinlluence des causes nocives, les mêmes phénomènes persistent, mais plus ou moins modifiés, constituant ainsi les altérations pathologiques auxquelles correspondent les fonctions plus ou moins troublées ; 4* que Tétat pathologique peut différer de Fétat normal d'une manière à peine sensible, et à des degrés divers jusqu'au point où, au contraire, les troubles sont tellement prononcés, que leur origine serait méconnue, si Ton ne pouvait constater tous les états intermédiaires de transition, impliquant la certitude que l'organisme procède toujours de la même manière, en tendant au même but, quels que soient les obstacles qui se présentent ou les causes de perturbation; 5** qu'enfin l'oi^nisme tend au rétablissement normal après toute altération, précisément par le fait de la persistance immuable des productions de même nature qu'à l'état normal avec la même tendance évolutive.

C'est ainsi que, contrairement à l'opinion de Cl. Bernard, les lois morphologiques sont intimement liées aux phénomènes qui relèvent de l'activité physiologique des organes; car si l'on ne peut changer lès tendances naturelles à se développer et à évoluer qu'un organisme tient de ses ancêtres, leur persistance à l'état normal et dans toutes les modalités pathologiques qui n'en constituent qu'une déviation, sert précisément à la démonstration de l'origine de tous les états pathologiques et permet de se rendre compte de la nature des productions qu'on y rencontre.

On y trouve aussi l'explication de la tendance k la guérison Naturelle signalée dans tous les temps, comme le fait remarquer lui-même l'illustre physiologiste. « Les philosophes, médecins et ïiaturalistes, dit-il, ont été frappés vivement de cette tendance de

Tôtre organisé à se rétablir dans sa forme, à réparer ses mutilations, à cicatriser ses blessures, et à prouver ainsi son unité, son individualité morphologique. »

On arrive de la sorte à posséder une notion exacte sur la nature des phénomènes pathologiques, sans avoir recours à aucune théorie, et en se basant simplement sur l'observation de tout être vivant considéré dans la série animale et dans les végétaux, tour à tour à l'état normal et h Tétat pathologique, et plus particulier rement dans les transitions de Tun à Tautre état.

Le principe fondamental dans l'interprétation des états pathologiques que peut présenter un organisme vivant, consiste donc à avoir toujours en vue son développement, son évolution et l'accomplissement non moins immuable des phénomènes de nutrition et de rénovation cellulaire, afin d'expliquer par un trouble de ces actions biologiques liées à l'existence môme de l'organisme, et seulement par ce trouble, les aspects morbides sous lesquels il peut se présenter, ainsi que l'évolution des phénomènes anormaux, le retour à la santé ou la mort.

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