CHAPITRE IX
Des maladies des dents.
§. 806. Ces maladies reconnaissent diverses cauâes« Les unes dépendent de la constitution du sujet, de dispositions héréditaires, et surtout des fluxions catarrhales habituelles; d'autres tiennent à des ano» malies nerveuses, qui rendent souvent toutes* les dentÀ douloureuses, et sont dues pour la plupaft à des principes morbifiques fixés sur Tappareil- den* taire.
M. DuvAL divise les maladies des dents en trois classes, celles de leur tissu, celles de leurs- cqu-
d'une adion parlîcaiière exercée sur Forgane.deii' laîre; aussi le nom Sérasion, que les dentistes lui ont donné avant M. Dutai., ne lui convient nulle-^ ment. •
S. 809. La consomption de Vexirimiti de la racine des dénis y est cet état où cette partie de la dent s'use dans l'alvéole* Cette maladie est de deux espècesbr La pranière est caractérisée par de petites aspérités à l'extrémité de^ racines qui sont accompagnées d'une lég^ne déperdition de substance, et qui déterminent des douleurs très-vives, qui nécessitent Textraction de la dent La seconde offre une perte plus coosidéra- Ue. La partie altérée est quelquefois assez lisse : on remarque vers le centre un point noir, formé par le canal dentaire, ouvert à cet endroit La partie saine de la dent forme ordinairement autour de la partie affectée un léger boturelet, analogue aux bords cal^ leux d'un ulcère. Dans cette seconde espèce seule, Fextrémité de la dent baigne dans un liquide renfermé dans un kiste, fixé d'une part au bourrelet osseux dont il vient d'être parlé, et de l'autre au fond de l'alvéole. Le Idste suit ordinairement la dent dans son extraction ; sa sur&ce interne est aussi lisse que celle des membranes séreuses : le liquide contenu est tantôt épais et tantôt séreux ^ A la place d'un kiste j'ai une fois vu un petit corps rond et fongoïde atta* ehé à la racine d'une dent, et qui était en tout semblable à la substance du fongus médullaire parvenu^ à son second degré de développement
a DuYAi., Rec* périod.; t. 43 ^ p* aao.
ÀKATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCULE. a'jS
§. 810. V incrustation des dents par le tartre^ ou Vodontolithey résulte de Faccamulation dune matière déposée par la salive. On observe que le tartre com* mence par une légère couche limoneuse, qui, après s'être durcie, augmente par l'addition d'une secondé et d'une troisième. Cette matière adhère de plus en plus aux dents , et devient aussi dure que ces os eux-* mêmes. On voit souvent des personnes chez lesquelles le tartre est si abondant qu'il enveloppe toute une dent, ou même toutes les dents, et acquiert un vo-> lume beaucoup plus considérable que celui de la dent, que souvent il soulève et déplace de son al* véole. M. DuYAL ^ distingue deux sortes de tartre dentaire : Tun est d'un gris foncé ou même noirâtre^ dur et compacte, lisse à sa superficie, se brisant à peu près comme le verre , et se formant d'abord sur \m racine de la dent, pour s'étendre de là sur l'émail ^ l'autre, de couleur jaune, d'un tissu moins compacte, firiable , d'une surface moins lisse , se formant sur l'émail , près des gencives , pour s'étendre le plus souvent sur la couronne, mais s 'insinuant aussi sous les gencives.
Si la sécrétion de la matière du tartre a lieu ches tous les honunes, il en est chez qui elle est si abon-> dante que les dents s'en chargent avec une extrême ' facilité. On remarque assez ordinairement que les personnes qui ont les gencives pâles ou livides, molles, saignantes, dont la salive est abondante et i[isqueuse; que celles qui sont d'un tempérament.
\ BulL de la foc. dt méd.^ »^i5| n.® 7.