CHAPITRE IL De rinfiammaiion de la membrane spw^ùJê
§. 834. Cette inflammation présente tantôt les caractères de la pblogose , tantôt ceux de l'épiphlogose, ou même de Thyperphlogose, selon qu'il y a ou simplement accumulation de synovie avec injection de la capsule synoviale , ou épaississement de cette membrane et présence de flocons coa^ilés et de lymphe plastique dans Tintérieur de l'articuladon y ou suppuration et érosion de l'appareil synovial. Quelques exemples que je vais puiser dans un mémoire de Brodie ^ donneront |pe idée claire de cette maladie.
1.^ Un homme de moyen âge fut reçu à l'hôpital Saint-George pour un gonflement de l'articulation du genou, avec douleur, roideur et fluctuation. Ces symptômes cédèrent à l'emploi de linimens et de vésicatoires, sans disparaître entièrement Deux mois après son admission à l'hôpital, le malade succomba à une fièvre indépendante, a ce qu'il parait, de la maladie articulaire.
1 Pathologieal retêarekêê rêêp€cting the diseates of joints, éammuniisated to tA« medio^ - chirurgical êoeieiy of Lwtdon , jipril i3. 1823. MediQO^ehirurgical transactioiuf t, 4-
ÀNATOHIIE PATPOiOOI^UE SPÉCIALE. ^9^
- Bb disséquant le fcnou, on trouva la membrana synoviale très^îsiendue , au point qu'elle dépassait de {rfus d'un pouce et demi ses limites ordinaires au-dessous de la poulie cartilagineuse du fémur. Partout 9 excepté aux endroits ou elle tapissait les cartilages, elle était d'une couleur foncée par l'effet de rinflammation, et les vaisseaux étaient aussi nom-^ breux et aussi fortement injectés que ceux de la conjonctive dans rophtbaImie« A la partie supé« rieure et antérieure de l'articulation on remarqua une portion de lymphe coagulable de la largeur d'un petit éçu , qui tapissait la fkc0 interne du Uga* ment capsulaire. U n'y avait pas d'autres traces de maliKlie, si ce n'est qu^au bord de l'un des condyles du fémur le cartilage diartbrodial était moins nd^ bérent.à Vos qu'il ne lest ordinairement.
:?..^ Au printemps de l'an 1808, un jeune homme <^prQuva à l'un des genoux un gonflement doulou^ r^uif: I qu'il attribua à un froid humide auquel il s'était exposé. Pifférens remèdes furent employés à rhopital $aM)t-George. Une autre maladie 9 qu'il avait ùJU jambe, ayant nécessité l'amputation de la cuisse» on-.trouva k l'examen du genou les particularités suit vantes. Jjes os, les cartilages et lef» ligamens étaient dans leur état naturel ; la membrane synoviale était épaisse d'un huitième de pouce, et convertie en UQ tis^ comme cartilagineux ; elle était fortement unie au tissu cellulaire voisin et au &scia laui au moyen d'une lymphe coagulable qui avait été déposée sur sa surface externe.
ZJ" Une demoiselle de neuf ans fit une ebnte siir
la hanche : die en fut'svpea incommodée, qa'^e se promena le même jonr et qu'elle assista le soir à un hal; cependant elle y éprouva un firisson qui lobUgea de rentrer et de se coucher. Le lendemain elle se plaignit beaucoup de la hanche et du genou do même côté : il y eut de la fièvre, qui augmenta jusqu'au délire , et au bout de huit jours après l'accident la malade succomba. La nécropsie ayant été faite vingt «-quatre heures après la iftiôrt, on trouva les viscères des cavités splanchniques tout-à-6it sains; mais l'articulation coxo-fémorale^renfismiait environ une demi-once d'un pus foncé , et la membrane synoviale, à Tendroit où elle se réfléchissait sur le col du fémur, élait détruite par ulcération dans la largeur d'une ancienne pièce de vingt-quatre sous.
4.^ Un homme d^un âge mûr, ayant éprouvé une contusion à l'épaule, eut de suite cette partie tuméfiée et très- douloureuse. Mais une maladie bien grave, savoir une fièvre nerveuse, qu'il gagna bientôt après cet accident, l'emporta en peu de jours A l'autopsie cadavérique on trouva environ une demi-once d'un pus ténu dans l'articulation huméroscapulaire. la. membrane synoviale offrait des signes d'inflammation, et était érodée dans l'étendue dune pièce de douze sous , à l'endroit où eUe se réfléchissait sur le col de l'humérus.
§. 835. On voit que dans tous ces cas la membrane synoviale était seule affectée, présentant les divers degrés de l'inflammation que nous avons admis. Quelquefois aussi la maladie , s'étendant plus loin y envahit les autres tissus qui font partie de
ANATOMIE PATHOLOGlQtJE SPÉCIALE. ^397
f ârticulatioii , comme nous le verrons en parlant de
l'arthrocace.