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trouYe le péricarde plus ronge que dans la périoardite aignë, et épaitfi non- seulement dans la portion qui constitue la poche membraneuse, mais aussi dans le feuillet qui se réfléchit sur le cœur. Souvent il est parsemé de granulations miliaires» d'autres fois de petits tubercules du volume d'une lentille : ordinairement on n'y rencontre aucun liquide, s6it qu'il n'y en ait jamais eu d'épanché, soit qu'il ait été résorbé. Quelquefois entre les surfiices séreuses on trouve une fiiusse membrane plus ou moins épaisse, d'une texture vraiment coriace , et* qui, dans des circonstances très-rares, a un aspect véritablement charnu. Ainsi M. Aj^oràl^ en a rencontré une qui avait un pouce d'épaisseur, et qui enveloppait le cœur à l'instar d'une coque; elle avait la soUdité de la fibrine^ restée en dépôt depuis longtemps dans des sacs d'anévrisme; elle en avait aussi la couleui^pâJe et blanchâtre extérieurement, devenant rougeàtre près du cœur, et ressemblant alors à de la chair; le cœur était dans son état normal, ainsi que les vaisseaux qui en sortent M. Léo WoLFF ^ rapporte un £iit encore plus curieux ; c'est celui d'une membrane musculeuse découverte sur le cadavre d'une femme qui avait été traitée d'hydropéricarde, et qui offrait à sa face externe des. faisceaux de fibres dirigés dans des sens differens. Les uns suivaient la direction de Taxe du cœur-; d'autres
X Clin. méd. ; a.* édit. , t. i , p. ^o.
3 Tract, anat. path. sist. duas obseru. rariss» de format, fibr» muscuL in pericard. atquè in pleur, tobyfiar. Heidelb. et Lips,^ «8S2) in'l^.% cnm tab. iitkogr.
^se recourbaient en forme de tourbillon à la pointe de cet organe; dautres ^entrecroisaient comme des tresses de cheveux; d'autres enfin-se jetai^it à la manière d'un muscle sphincter autour de la veine cave inférieure. Ces &isceau^, considérés à la loupe, étaient composés de fibres ayant un arrangement fiÀeiiforme pareil k celui de filets qui composent les cordons nerveux , tandis que l'analyse chimique , &ite par AL le professeur Gmelin, à Heidelberg, en consutant la présence de la fibrine, démontrait la nature musculeuse de cette membrane. En considérant cdle-ci dans sa couche moyenne, les fibres étaient plus irré^ ^ulières, et suivaient une direction indétermUiable, pendant que la couche interne offrait une lymphe plastique et granuleuse, semblable aux oeu6 de poissons, et se confondant dans beaucoup d'endroits avec une pareille lyinphe qui couvrait le cœur et qui lui donnait l'apparence d'un cœur velu. Quant à la substance de cet organe, elle avait dégénéré en une masse graisseuse ; la couche la plus interne de ses cavités, ainsi que les colonnes charnues, avaient seules conservé leur état naturel ; mais elles étaient affectées de ramolHssement
Mous possédons une pièce tout*à-fait pareille a celle que je viens de décrire. Une membrane dense^ de deux lignes d'épaisseur, est interposée entre le cœur et le péricarde. La surface externe, qui pou-*vait être décollée avec plus ou moins de facilité de la surface interne du péricarde, offre à sa partie supérieure, correspondante à la base du cœur, un véritable aspect charnu, au point qu'on croit voir la
stibstance même du cœur, quoiqu'on n'y puisse dé« couvrir aucune structure fibreuse; cette structure ne devient apparente que vers le milieu et à la partie inférieure. Là on aperçoit à l'œil nu, et mieux encore à la loupe, des fibres bien distinctes, que je ne puis mieux comparer qu'à celles qu'on observe à l'extérieur d'une matrice pei^ de temps après Taccoucbement. L'assemblage de ces fibres forme une membrane charnue; mais au travers de laquelle on peut distinguer la substance jaune qui se trouve à la face interne de la fausse membrane , et qui n'est autre chose qu'une lymphe plastique du second degré d'organisation, c'est-à-dire ayant une configuration réticulaire irè^ agréable à voir.
Dans notre pièce le cœur est également couvert de cette lymphe, ce qui lui donne un aspect velouté : il est au reste petit , flasque et atrophié.
M. Léo Wolff est persuadé que la fausse membrane qu'il a découverte est réellement musculeuse, que pendant Tétat de vie elle se contractait à l'instar des autres muscles, et qu'elle suppléait à l'action très-affaiblie du cœur. J'avoue que je n'ose pas porter aussi loin mes conjectures. Quoique j'aie constaté l'existence de fibres dans la fausse membrane périckrdiaco-cardiaque, je ne puis les assimila qu'à celles qui appartiennent à lutérus, aux artères et à certains tissus accidentellement développés.
§. 9S8. Le diagnostic de l'épiphlogose est d'autant plus difficile à établir, qu'il ne peut pas toujours être éclairé par les ouvertures des cadavres, attendu qu'on ne succombe pas toujours à cette espèce de péricar-
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE. SSg
dite. Cependant si cette maladie avait déterminé le développement d'une Êiusse membrane dense et épaisse, ou si le péricarde était devenu granuleux ou tuberculeux, il est impossible que cet état n'influe pas sur la circulation et la respiration , et ne se manifeste par quelques désordres dans ces deux fonctions.
§. 9S9. H arrive quelquefois qu'une épiphlogose aiguë se greffe pour ainsi dire sur une épiphlogose chronique. Dans ce cas on a pour caractère anatomique l'épaississement, la densité et le changement de texture du péricard% joints à une lymphe coagulable récemment déposée dans cette cavité, et pour symptômes les terribles accès de la péricardite aigué lorsqu'ils surviennent à un individu sujet à la dyspnée, à des attaques d'asthme et à des mouvemens irréguliers du cœur. Ce fut là vraisemblablement la maladie de Mirabeau. Après avoir essuyé plusieurs fois de violentes attaques d'asthme, caractérisées par la gène de la respiration, le gonflement et la lividité de la &ce, l'intermittence du pouls et le froid des extrémités, Mirabeau éprouva un nouveau paroxysme, auquel il finit par succomber. On trouva à l'ouverture du corps le péricarde rempli d'une qtiantité considérable d'une matière épaissie et jaunâtre, tandis que des coagulations lymphatiques recouvraient toute la sur&cë extérieure du cœur, à l'exception de la pointe. ^
1 Càbâhis, Du degré de certitude de la médecine^ noa-v. édU.) Paris, iSçB, p. a3i.
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§. 940. n est quelques changem^s organiques qui 9 étant manifestement un produit de l'épiphlogose chronique, ne sauraient trouver une place plus naturelle qu'à la suite de ce mode d'inflammation; ce sont les taches blanches du cœur , les villosité» dont il est hérissé, et les adhérences entre lui et le péricarde.
§. 941. Les taches blanches varient depuis retendue d'une lentille jusqu'à celle d'une pièce de cinq francs et quelquefois de la paume de la main : elles sont blanches, de couleur de lait, et leur épaisseur est à peu près égale à celle 4e l'ongle. Appliquées à la sur&ce du feuillet du péricarde qui recouvre le JtasaT et les gros vaisseaux, elles y adhèrent si intimement qu'il est diflScile de s'assurer, à raison de la ténuité de cette membrane , si elles sont situées sur elle ou derrière elle. Cependant Laenneg' a réussi plusieurs fois à les enlever, en laissant intacte la membrane séreuse du péricarde , ce qui prouve qu'elles sont placées à sa sur&ce:
Sont-elles les traces d'une inflammation ? CoRVi* 8ART ne le pense pas , et il avoue que la cause prochaine de ce phénomène pathologique lui est absohiment inconpue. Cependant si l'analogie nous invit^ à les considérer comme le résultat d'une exsudation albumineuse, il est, d'après les observations judicieuses de Laenisec^ impossible de jm pas admeure une inflammation antérieure. Toutefois cette inflam*
1 Auftcvludoft médiate ^ 5.* édit., t. 3, p. 956.
2 lbid,f p. 357.
AMATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIAIJS. Spt
maiion circonscrite n'a pu être grave dans ses suites : l'épiphlpgose, lorsqu'elle se borne à un très-petit es^ pace , ne détermine aucun trouble dans l'économie. D'un autre côté , les taches blanches une fois formées, n'apportent aucune gène dans les fonctions du cœur : c'est un point sur lequel tous les anatomico-patho^ légistes s'accordent.
S- 942. U en est de même des viUosUés dont le eœur est parfois hérSssél et qui consistent dans une multitude de filamens ou de petits fra|(mens de mem« branes implantées dans la tunique externe du cœur, de couleur blanche, jaunâtre, de longueur variable t de densité différente^ mais le plus souvent de nature cdluleuse. Ce phénomène pathologique, que les an« ciens connaissaient, et qui leur &isait donner à <îes espèces de cœurs les noms de cœur velu ou pileux {corvillosum^ pHosuntj hirsuium)^ se trouvant quel^ quefois lié à l'inflammation de la substance même de cet organe , )e me réserve d'en parler plus au long à l'artide Cardiie.
S- 949. L'adhérence du péricarde au ccmr est totale ou partielle : elle se fait quelquefois par un tissu cellulaire très-court et dense, et d'autres fois par des filamens plus alongés. Quelquefois cette ad« bérence est si forte , qu'on ne peut séparer le péricarde du cœur que par une dissection attentive.
Divers auteurs avaient regardé cette disposition comme la cause de plusieurs accidens graves. Lan* cisi et ViEUSSENS pensaient qu'elle produisait constamment des palpitations; Meckel, qu'elle rendait le pouls habituellement petit; SénAC, qu'elle déter-^
minait de finéqoentes sjncopes; d'antres enfin, qu^Ue occasionait une gêne pennanente et un sentimoit d'angoisses qui plongeaient le malade dans la langueur et la mélancolie. Cortisart ^ prétend à son tour qu'elle est nécessairement accompagnée d'un dérangement dans les fonctions du cœur, tel <pie la mort en est la suile inévitable, plus.prompte ou plus tardive, suivant l'âge, le tempérament, la profession et les dispositions morales des individus : il en signale même un symptôme particulier, qui consiste dans un sentiment pénible de tiraillement dans la ré^on précordiale, et qui provient de ce que dans l'acte de la inespiration 1^ diaphragme entraine dans son abaissement le péricarde et le cœur qui lui est devenu adhérent, et s'oppose dans le temps de son action au mouvement particulier d'élévation propre du cœur lors de sa contraction. La respiration est en mtoie temps haute, fréquente, oppressée après les moindres mouvemens ; il survient des dé&illanees ; le pouls est plus ou moins irrégulier, surtout dans les mouvemens quelconques du corps. Si .dans quelques circonstances les malades ne souffrent en aucune manière de ces adhérences, si on les rencontre dans les ouvertures des cadavres sans que les individus ne se soient jamais plaints durant la vie, cela provient, d'après Corvisart, de ce que le cœur s'y habitue. Enfin, dans un cas rapporté par Jqhjhson^, un malade qui succomba à une épiphlogose chronique. qui
1 Essai sur les maladies du cœur; a.* édit., p. 33. a Transact. of the associât» apothie, and surg, apotk, ofEngL and Wahêz t» i . iSaS.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCULE. 3gS
avait déterminé une adhérence totale et intime da pe'ricarde au cœur, on remarqua comme symptômes une toux sans expectoration, de la fièvre, deJa mai* greur, des douleurs rhumatismales dans les mem* bres ; enfin une attaque d'apoplexie , qui. amena la mort au bout de huit jours. Les battemens du cœur étaient vifs; le pouls régulier, mais tendu; point de pulsaticm d^s Fépigastr^ ; épanchement sanguin dans un des ventricules latéraux du cerveau.
Si. par contre on consulte Laennec ^ , il assure qu'il a ouvert un grand nombre de sujets qui offraient ces adhérences ,. et qui ne s'étaient jamais plaints d'aucun trouble dans la respiration ou la circulation.
Mes observations particulières s'accordent avec celles de cet anatomiste. Toutes les fois que j'ai rencontré des adhér^ices du cœur, c'était dans des cas où les individus étaient morts de maladies étrangères au cosur. J'en excepte toutefois ceux où il existait en même temps anévrisme de toutes les cavités cardiaques; mais alprs ks symptômes de l'adhérence étaient vraisembkblen^ent compris dans ceux de cette dernière maladie, ou masqués par elle.
ARTICLE TROISIÈME
De rkyperphlogose du péricarde.
§. 944. Dans ce mode d'inflammation on trouve le péricarde considérablement distendu par de la matière puriforme. Le péricarde lui-même est épaissi
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et raréfié; le feuillet séreux tapissant le cqpur, égdemeot raréfié , est devenu semblable à une m^nbrane muqueuse. Le cœur est refoulé» comprimé, atrophié et ramolli.
Quant aux symptômes de la maladie > on peut si« gnaler une violente douleur de côté, une respiration très-pénible, un son mat obtenu par la percussion et le pouls extrêmement petit. Il j a une dyspnée ex* traordinaire, et le malade, qui éprouve de fréquentes horripilations , dont la face est pale et grippée , se tient constamment penché en avant pour Êtciliter tant soit peu la respiration.
Cette sorte de péricarditc , qui peut durer plus d'un mois, a été reconnue par plusieurs auteurs. Outre Laennec et Bertin, qui affirment avoir trouvé de$ collections puriformes dans h cavité du péricarde, DuNCAN jeune ^ en cite un nouvel exemple; c'est celui d'un jeune matelot de dix- sept ans, dont le péricarde renfermait une livre et six onces de pus louable. Les surfaces séreuses étaient tapissées d'une couche semblable à du lait coagulé; et la substance du cœur était pâle. Le malade avait éprouvé tous les symptômes de la pneumonie. v .
Considérations générales sur la péricardiie.
§. 945. La péricardite est une maladie assez fréquente, puisque sur douze cent soixante-trois cadavres , M. Louis ^ Fa trouvée cent six foî§. C'est de
1 Edinh. med. and surg. journ. 1816, Jan., p. 43-
a Mém. et recherch. anatomico-patholog. , etc. ParÎA, iftaS-
ANATOMIE PATHOLOGIQirE SPÉCIALE. S9?
dix-sepc à trente et de cinquante à soixante-dix ans qu'on la rencontre le pins souvent, quoiqu'il soit Trai de dire aussi que les adhérences du péricarde au cœur, considérées comme effet de la péricardite, aient été aperçues sur rdes enfiins de six ans et même de sept mois. On a aussi constaté qu'elle était beaucoup plus fréquente chez l'homme que chez la femme. ^
§. 946. Les causes déterminantes de la péricar* dite étaient, autant qu'on a pu le connaître, des coups sur la région précordiale , des voyages à cheval , de longs voyages a pied et de violens chagrins. D'après mes propres observations on peut y joindre les exanthèmes fébriles.
§. 947. En consultant les auteurs,. on trouve une certaine discordance relativement aux sympt^es de la maladie. Les uns, par exemple, citent la douleur comme [^énomène constant , tandis que d'autres, MoRGAGfif^r exemple, n'en font aucune mention. Bertin ne l'a observée que trois fois sur sept malades qu'il a traités. Les palpitations du cœur sont également considérées par certains médecins comme im signe palhognomonique, quoique MorgaGni les passe sous silence, et que Corvisart ne les ait constatées qu'une seule fois. Quant au pouls, on l'a trouvé irrégulier chez quelques sujets , tandis qu'il était ré-, gulier chez d'autres. On a observé des lipothymies dans quelques circonstances setuement : ainsi M, Louis remarque qu'elles ne sont mentionnées que deux fois sur trente-six cas qu'il a extraits des au-
1 Louis, /. <;.y p. 991 9 "^^3.
leurs. Dans une série d observations rapportées par M. Andral fils 1, on voit tantôt réunis tous Us sjmp^ iômts propres à la péricardite, tantôt absence de ces mêmes. sympiôntes^ à TexG^tion de la dyspnée, et quelquefois même absence de cette dernière; en sorte qu'il n'y avait réellement que des symptômes généraux qui annonçassent la maladie.
§. 948. Ne pourraitr-on pas attribuer cette grande divergence à ce que les, auteurs avaient négligé de spécifier le mode et le degré d'inflammation qu'ils avaient observés ? Et n^ serait-ce pas à ce défaut de précision qu'est due la confusion qui règne dans le diagnostic de cette maladie ? L'hydrophlogose suraiguë du péricarde ne doit-elle pas avoir d'autres symptômes que Pépiphlogose ? et les accidens de celle-ci, lorsqu'elle est à l'état aigu, ne doiventrils pas différer de ceux que son état chronique doit déterminer ? Le cœur ne sera-t-il pas diversement affecté, suivant que c'est une lymphe ou une matière purulente dans laquelle il baigne , ou. suivant que c'est une fausse membrane qui le tapisse ? Représente^vous les symptômes graves de la phlogose suraiguë du péricarde 9 rappelez-vous que la névrosthénie y est portée au plus haut degré, et dites s'il y a quelque parité entre les accidens de ce mode d'inflammation et ceux qui caractérisent le travail paisible qui préside à l'organisation de la lymphe plastique exsudée sur les surfaces séreuses?
§. 949. Il arrive parfois que la péricardite< aiguë
& Mém. de la soc. méd. d^émid* \ t. 9, p, 38o.
amàtomie pathologique spéciale. 597
est naàsquée par des symptômes dépendans de la lésion Jim autre viscère, par exemple de la gas^ trite. C'est ce que j'ai observé sur un tanneur de trente-six ans, qui entra à la clinique interne au mois dé Décembre i83i, au trente-cinquième jour d'une maladie que nous jugeâmes être une hydropisie du péricarde. Qientôt les signes diagnostiques , tels que î'orthopnée, les palpitations du cœur senties dans une assez grande étendue, les accès de suffocation, firent place à de très - fréquens vomissemens, à la diarrhée et à une douleur à l'épigastre, et qui au bout de douze jours conduisirent le malade à la mort L'ouverture du cadavre fit voir , indépendamàient d'uh hydrothorax sanguinolent du côté gauche de la poitrine, 1 ° une épiphlbgose aiguë du péricarde, avec des fausses membranes molles, et un peu de sérosité sanguinolente mêlée de bulles d'air; a.** un cœur hypertrophié pesant vingt onces; 3.° une phlogose de l'œsophage à Fendroit de son insertion à Testomac ; 4-^ 1^ membrane muqueuse de ce dernier raréfiée dans son tbsu , et présentant une couleur ardoisée dans toute son étendue.
Ce cas est pour moi une nouvelle preuve de ce que j'ai établi ailleurs (§§. 4^ ^^ 4^)9 ^^^ ^^ déplace-^ ment de la névrosthénie et son transport d'un organe sur un autre.
ORBRB SBCOIVD.
HALABIES nX LA SUBSTAHCE DU CCBUE*
§. 950. Si l'importance de l'intégrité du cœur avait besoin d'être prouvée , les maladies qui attaquent l'ensemble ou les diverses parties de cet
Sg8 LITRE II.
organe suffiraient pour l'établir. En effet, ces lésion» n'exercent pas une influence purement locale et bornée à la cavité thorachique ; elles retentissent au loin et troublent des fonctions qui ne paraissent pas en rapport direct avec celles du cœur.
En ne consultant que les ouvertures des cadavres, et en Êdsant abstraction des [Jiénomènes si graves qui se manifestaient dans l'état de vie, on trouve, outre la lésion organique du cœur et la diathèse séreuse qui en est la suite inévitable, tous les signes de la stase du sang dans les capillaires internes. Le foie, le poumon, les capillaires sous-séreux, sousmuqueux et sous-cutanés sont gorgés de sang ; les membranes muqueuses, et noounément cdles de l'estomac et des intestins, présentent une jteinte rouge ou violette; en sorte que si on voulait s'en rapporter à cette apparence seule, on croirait à une véritable inflammation, qui pourtant est loin d'exister. . §.' 951. Les causes très-variées des maladies organiques du cœur sont capables par elles-mtaies d'apporter un trouble dans l'exercice des fonctions avant que. ces maladies n'aient attônt leur entier développement Ainsi l'aberration dans l'acte nutritif * produit tantôt l'hypertrophie, tantôt l'atrophie , tantôt l'induration, le ramollissement et l'état graisseux'du dœur; tantôt des végétations dans quelquesunes de ses parties , et détermine des accidens formidables avant que des dilatations anévrismatiques ne se soient opérées. Ainsi toutes les affections de la poitrine qui entraînent une dyspnée halntuelle, amènent presque nécessairement l'anévrisme, à rai*
son des efforts auxquels le cœur est obligé pour fidre pénétrer le sang dans le poumon : d'où il suit que l'hydrothorax primitif, l'empyème, Fœdème et rhépatisation du poumon produisent (}es maladies du cœur. Par la même raison les ejiercices qui demandent des efforts pénibles et propres à gêner la respiration, sont une des causes éloignées les plus communes de ces maladies. Une disposition con^ génitale elle-même, consistant dans un défaut de proportion entre la capacâté des cavités du cœur et le diamètre des artères qui en naissait, est encore, suivant Goryisart , une des causes de la dilatation de cet organe.
§. 952. Étudions donc le$ maladies du cœur avec toute lattention qu'elles exigent ; établissons-en lès caractères anatomiques , but principal de nos re*cherches, sans négliger les détails relatifs à leur diagnostic et à leur éuologie.
^ Quant à Tordre que nous suivrons, nous consi* dererons d'abord les maladies qui peuvent affecter la totalité de l'organe , et ensuite celles qui n'attaquait que qudques-unes de ses parties. Dans la première catégorie nous rangeons l'hypertrophie, l'atrophie, l'anévrisme, l'induration, le ramollissement, l'état graisseux, ImUammation du cœur avec ses diverses terminaisons ; dans la seconde sont comprises la rupture, la dilatation partielle du cœur et les altérations de ses orifices auriculo-ventriculaires, de ses valvules, etc. Nous allons décrire successivement ces diverses maladies.
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