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horizontale, que l'inipression du doigt n'y reste pas, et qu'elle ne fournit pas d'humeur abondante lorsqu'on y pratique des incisions. Lorsque la maladie a duré une ou deux semaines, on observe quelquefois qu'elle passe au membre sain, mais sans commencer par les parties génitales, sans occasioner de douleurs, et sans former une tumeur aussi dure. Elle attaque, au reste, indistinctement les femmes de tous les âges, de toutes les conditions, et queiU que soit l'attitude et la position dans lesquelles elles aient accouché; elle se manifeste dans toutes les saison^ de l'année, et n'attaque jamais le bras ni d'autres parties du corps. On ne voit pas noq plus qu'elle se termine jatnais par suppuration, ou qu'elle ait d'autres suites fâcheuses; elle laisse seulement une faiblesse dans les membres, qui dure quelques mois^ ainsi qu'un gonflement des jambes , qui reparait après la marche ou un autre exercice Ëitigant.
§. 601. Les observations que j'ai faites sur cette maladie s'accordent avec celles des auteurs. JTai vu, comme eux, qu'elle commence par la partie supérieure des membres , et qu'elle descend peu à peu vers le pied , ce qui est exactement l'inverse de l'infiltration ordinaire. J'ai observé que les parties génitale^ du coté affecté partageaient l'intumescence du membre malade; j'ai remarqué de plus, que souvent la maladie coïncidait avec une tumeur abdominale que l'on pouvait palper au travers des parois du basventre, et qui paraissait avoir son siège sur le c6té de la matrice et dans les ligamens larges de ce viscère. J'ai vu disparaître complètement ces deux ma-
anàtomie pathologique spÉaALE. 19
ladies 60U8 Tinflueiice d'un traitement approprié, et quelquefois sans aucun secours de la part de la médecine. Cependant j'ai observé aussi quelques cas malheureux , et, en examinant alors les par* des au moyen de la dissection, j'ai trouvé le tissu cellulaire rempli d'une sérosité tantôt lactescente et tantôt trouble et brunâtre. Je n'ai pas remarqué que les lames dont se composent les mailles du tissu cellulaire, fussent rouges et injectées; mais je suis porté à croire qu'elles l'étaient avant que le fluide ne fût sécrété. L'infiltration elle-^méme se bor« naît au tissu cellulaire sous-cutané, et ne pénétrait pas dans . celui qui est aurdessous du fascia laia. Je n'ai découvert ni obstruction des veines sanguines , ni sang caillé, ni inflammation aux parois des vaisseaux sanguins. Toutes les fois que le liquide était de couleur brun&tre , j'ai observé que la douleur et la chaleur étùent plus grandes , et les accidens en. général plus prononcés; que la fièvre surtout était plus forte, et qu'elle prenait un caractère nerveux. Cest ce que j'ai particulièrement vérifié dans le cas suivant
§. 602. Une fille de vingt-siept ans, enceinte pour la première fois, et afiectée depuis le commence*ment de sa grossesse d'une blennorrhée vénérienne, fut reçue à l'hôpital le 11 Février 181 5, trois se^ maines avant le terme de sa grossesse. Je profitai de ce temps pour traiter la leuicorrhée, en /aisani in*jeeter dans le vagin une légère solution de pierre à cautère. Neuf jours d'injection suffirent pour sup* primer l'écoulement : mais il se manifesta une Jièvre
catarrhale assez intense, qui fatigua beaucoup la ma-^ làde pendant trois jours consécutifs. Les premières douleurs se déclarèrent le 25 Février au matin, et l'après-midi cette femme mit au monde un enfant mort-né, et qui n'était. point parfaitement à terme. Le premier et le second jour des couches se passèrent sans accidens, le catarrhe s'était même singulièrement calmé ; mais dans la nuit du second au troisième jour, il y eut un accès de 'fièvre, accompagné de délire, que je pris pour une fièvre de lait plus intense qu'à l'ordinaire. Le lendemain, 28 Février, celte fièvre n'avait pas diminué, quoique le lait eût monté au sein. Le 1.^' Mars il s' établît une diarrhée qui , quoique favorable à l'évacuation du lait, me parut néanmoins devoir être modérée, à raison de la trop grande fréquence des selles. Cellesci diminuèrent, mais le ûième jour sur le soir la malade éprouVa des douleurs considérables dans la cuisse droite; elles furent encore plus intenses le jour suivant ( 2 Mars) , et le membre était en même temps affecté d'œdème, ainsi que la grande lèvre. du côté droit Cet œdème n'était pas tout'-à-fait semblabie aux infiltrations séreuses ordinaires, il ne donnait pas, comme ces dernières, au membre une sorte de transparence, mais plutôt une couleur de cire ; la partie était aussi plus chaude, et l'impression faite avec le doigt était douloureuse et ne produisait point de fossette à la peau. La fièvre, qui jusqu'alors avait été simple, prit le lendemain (5 Mars) un caractère grave; la tuméfaction et la douleur de la c]|pse étaient devenues plus considérables, mais
ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE. ^t
sans dépasser le genou qui , sans éire lui-même ex* trémement enflé, était néanmoins la partie qiii eau* sait à la malade les plus grandes souffrances* Cest ainsi que la maladie marcha jusqu'au 7 Mars , jour où une diarrhée vint se joindre aux autres symptômes. Dès-lors je perdis Fespoir de sauver la malade; la cuisse resta enflée, mais l'accouchée ne se plaigmt plus, elle était plongée dans un état de subdélire permanent La chute des forces vitales aUait toujours croissant; le g Mars la malade expira, mal-< gré l'emploi de tous les moyens que l'art conseille dans de semblables cas.
A la dissection du cadavre, feita trente-six heures après la mort, je trouvai dans le membre malade les mailles du tissu cellulaire sous-cutané gorgées d'une lymphe trouble, ayant une couleur jaune grisâtre, et une consistance un peu plus épaisse que celle de la sérosité dans les hydropisies ordinaires: les petites lames qui constituent les aréoles du tissu ceUu]aire,me paraissaient un peu moins transparentes qu'à l'ordinaire; la maladie ne pénétrait pas dans le tissu cellulaire intermusculaire: les muscles, quoique plus pâles que de coutume, n'offraient pourtant pas de changement dans leur texture ; il en était de même des vaisseaux et des nerfs; les veines n^étaient point bouchées par du sang polypeux. Les vaisseaux lymphatiques ne furent point examinés, mais les glandes qui leur appartiennent, n'offraient d'autre altération qu'un léger gonflement avec quelque ramolissement dans leur tissu , et qui me semblait dépendre d'une infiltration de lymphe dans ses interstices.
AU reste, le fluide infiltré dans le tissu cellulaire sous - cutané ne s'écoulait point en forme de ruis« seaut comme celui des leucophlegmaties, lorsqu'on pratique des incisions dans les ^rties malades ; j'en excepte néanmoins celui de là grande lèvrei Il n'elhalait pas non plus d'odeur infecte ou désa* gréable.
Je ne trouvai rien de particulier aux viscères si* tués dans les cavités splanchniques ; la matrice était presque entièrement revenue à son volume ordinaire. Le poumon seul paraissait malade; son tissu , plus mou , était plus facile à déchirer : on eût dit qu'il avait été macéré dans un fluide, dont au reste on ne rencontrait aucune trace.
§. 603. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la nature de la maladie qui nous occupe. âlberS la considère comme une affection du nerf crural, et JoERG.i comme une sciatique, d'où il leur est facile d'expliquer les douleurs que les femmes ressentent. Cependant la maladie ne suit pa6 la direction deâ nerfs; elle est d'ailleurs beaucoup trop kutnorale pour pouvoir être attribuée à une affection du systèine nerveux* Elle n'est pas non plus, comme le pense Davis ^ le résultat d'une phlébite , maladie dont les phénomènes et les désordres cadavériques diffèrent totalement de ceux de la phlegmasie blanche. Je ne puis y voir qu'une inflammation des lames du tissu cellulaire, qui Se termine par la sécrétion, d'une sérosité plus ou moins trouble. La douleur y -- — ^ — —■' ■ ■ '-- - '
1 Ùandh. dcr Krankh. der W^eiber.
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est fone, parce que rinnervatioii précède Tiiiflammation, qu'elle produit un mouvement d'expansion dans les parties (§• 178)9 et que ce mouvement est d'autant plus douloureux , qu'il se fiiit plus promptement Je pense qu'il s'opère dans cette maladie le même travail qui a lieu dans la péritonite puerpérale ; tout y est semblable , excepté le siège du mal ; et c'est ce même siège qui est causç que la phlegmasie n'est pas aussi dangereuse que dans la fièvre puerpérale. Je crois qu'on pourrait désigner cette maladie par le nom ^ hydrophlogose cellulaire des femmes en couehes.
§. 604 On rencontre quelquefois des infiltrations séreuses autour de certains foyers inflammatoires et purulens. Une sérosité citrine remplit noii-seule«> ment les petites cellules, mais elle pénètre aussi plus profondément dans les interstices de la partie malade, Cest encore un cas de phlogose du tissu cdUulaire.
§. 605. Je ne puis terminer cet article, sans faire mention d'un cas de phlegmasie blanche que M. le docteur Frigke ^ a observé sur un homme. La maladie commença, sans cause connue, par une dou* leur au dos de la main ; de là elle s'étendit à Thumérus ; elle augmenta peu à peu en devenant térébrante. Plus tard la partie se tuméfia, les doigts augmentèrent du double , et devinrent roides et immobiles : la peau ne changea point de couleur , mais
1 Annal, der chirurg. Ahtheil. des allgem. Krank^.nhauset in Hamhurg^ ister Bond. Hantburgy i8aS.
elle devint élastique , tendue et iohaude. Les progrès, de cette maladie étaient lents; et lorsqu'elle fut parvenue à son maximum* elle resta stationnaire pendant plusieurs semaines. Peu à peu la tumeur diminua et finit par disparaître tout-à-fkit ; mais le membre fut frappé d'une rigidiié qui ne cessa jamais complètement
ARTICLE SECOND
Épiphlogose du tissu cellulaire.
§. 606. Dans cette sorte d'inflammation, le tissu cellulaire est rouge, gonflé, un peu dur et rénitent au toucher, et pourtant plus Êicile à lacérer ; les vaisseaux qui s'y ramifient , sont plus visibles et plus injectés de sang; un liquide rougeâtre, gdatintforme et d'une consistance sirupeuse, remplit sesi aréoles. Ce liquide se condense peu à peu, se con*^ fond avec les lames celluleuses, ou du moins s'y attache tellement, qu'il est impossible de l'en séparer à l'aide de moyens mécaniques : il finit par faire masse avec le tissu cellulaire, et, en perdant au dé** din de l'inflammation sa couleur rosée, il prend celle qui est naturelle à ce tissu.
§. 607. La matière ainsi infiltrée et se solidifiant peu à peu, est réellement ui^e lymphe plastique , qui finit par être pénétrée de la vie , et par entrer en re- ^lation organique avec le tissu dans lequel elle est contenue, au moyen des vaisseaux sanguins nouveaux qui s'y développent.
C'est elle qui, exsudée par suite du travail inflammatoire, et déposée dans le tissu des viscères paren^
ANATOHIE PATHOtOGlQVE SPÉCIALE. 2$
diymateux , les durcit et en change la composition ; c'est elle qui forme la base des cicatrices dans le» plaies qui se réunissent par première intention ; c'est elle, enfin, qui remplace le pus, lorsqu'une plaie, après avoir suppuré, commence le travail de la cicatrisation : d'où il suit que la nature ramène l'hyperphlogose à l'épiphlogose , pour que la consô* lidation d'une plaie puisse s'opérer.
Une cicatrice n'est donc réellement autre chose qu'un tissu cellulaire nouvellement développé et organisé , et dont la formation a commencé par Tezsudation et le dépôt d'une lymphe plastique, semblable à celle que nous voyons tapisser les membranes séreuses, pour former ensuite de &usses membranes.
Dans tous ces cas l'épiphlogose a pris unefnarche phis ou moins chronique , si l'on excepte pourtant Tagglutination des lèvres d'une plaie par première intention; mais quelle que soit la rapidité avec laquelle la nature procède dans ce travail, le tissu cellulaire de nouvelle formation devient constamment dense, épais et compacte. Ce tissu ainsi changé, ayant même reçu des vaisseaux, continue à vivre, quoiqu'il ne soit pas doué au même degré que le tissu cellulaii^ primitif de la tonicité et de la contractilité. La sensibilité me parait également différente; quelquefob die est émoussée; d'autres fois elle est exaltée. Mais une propriété parait s'y être développée, celle de la turgescence vitale : c'est par elle que certaines cicatrices se gonflent et rougissent dans des circonstances données et par des causes particulières > par
exemple , dans les passions de l'ame : c'est par elle aussi que ces mêmes parties deviennent sensibles et douloureuses lors des variations de l'atmosphère. Ne jouissant pas d'une organisation aussi parfaite que les organes paturels, on conçoit qu'elles résistent moins aux impressions des agens externes; le changement qui s'opère alors en elles, le gonflement qu'elles éprouvent, se transmet à l'élément nerveux le plus voisin, et de là, sans doute, les douleurs que les personnes portant des cicatrices ressentent lors des changemens de temps.
ARTICLE TROISIÈME
Métaphlogose du tissu cellulaire.
§. 608. Cette espèce d'inflammation est caractérisée par la rougeur du tissu cellulaire, qui est bien plus forte que dans les espèces précédentes. En effet, les vaisseaux du tissu sont extrêmement gorgés, et le sang paraît même infiltré dans ses mailles et ses aréoles. Peu à peu la couleur rouge de la partie se change en couleur violette, et si à cette époque on la dissèque, on trouve le tissu cellulaire peu altéré dans sa texture, mais pénétré d'une grande quantité de sang noirâtre , séreux , et sans fétidité. On observe de plus, en se servant de verres grossissans, que les vaisseaux plus dilatés sont remplis de sang coagulé; ce qui prouve, suivant M. Gendrin*, auteur de cette observation, que la mortification est
1 Hist. anat. des inflammations j t. i.*'', §. 64>
le résultat d'une oblitération des vaisseaux, ainsi que de leur rupture. Le même anatomiste a constaté par des expériences sur des ckiens, que la partie prête à se gangrener n'est plus en état d'absorber les poi* sons > , mais que cette absorption est exlrémément active sur les limites de la gangrène.
§. 609. Lorsque la maladie augmente, les sucs, stagnant dans le tissu cellulaire , se corrompent , et ce tissu finit lui-même par être réduit en une pulpe grisâtre, molle et très-fétide. Elle a encore ceci de particulier, qu'elle n'offre pas autour d'elle les signes physiques d'une violente inflammation; mais que les parties dans lesquelles elle a fixé son siège, sont seulement entourées d'une infiltration de sang liquide ou plutôt d une sérosité rougeàtre, comme on l'observe assez souvent dans les inflammations du scro* tum , et comme on l'a remarqué au tissu cellulaire des fosses iliaques , et notamment de la fosse iliaque droite, dont la métaphlogose produit tantôt une sensible douleur , tantôt un gonflement diffus trèssensible à la pression ou des élancemens vers tous les points du bas-ventre; tantôt, enfin, une fonte putride, qui se communique à l'intestin cœcum. ^
Ainsi, la métaphlogose a une grande tendance à la gangrène , et lorsqu'elle a commencé dans le tissu cellulaire , elle envahit les autres tissus , tels que le
IMM*.
a HusAon et Dures, Mémoire sur quelques engorgemens inflammatoires qui se dé-veloppent dans la fosse iliaque droite. Répertoire général d^anatomie et de physiologie pathologique et de clinique chirurgicale^ t. 4i'p* ^35.
musculaire, et lés change en une masse friable et pulpeuse. Cette tendance dérive uniquement, à mon avis , de la diminutipn de la vie dans les solides et lès humeurs, et d'une dépravation que ces dernières éprouvent Voilà pourquoi on rencontre la métaphlogose particulièrement dans les cas de fièvre maligne; lorsque, par exemple, les vësicatoires deviennent gangreneux, ou que le décubitus produit une escarre gangreneuse sur le sacrum. Et ce qui prouve qu'il y a pour ce dernier cas une disposition particulière, c'est qu'on ne le rencontre pas dans certaines maladies chroniques^, quoique les malades soient assujettis à un décùbitus bien plus long que dans les fièvres aiguës.
Un autre exemple d'inflammation se terminant promptement par gangrène , nous est offert par cette maladie de la bouche qu'on observe surtout chez les enfans , que Van Swieten * a appelée cancer aquatique (^cancer aquaticus^j et que d'autres auteurs ^ désignent sous le nom de noma'y cheilocacCy ou de stomacace gangrœnosa. Cette maladie commence par une pustule rougeâtre et érysipélateuse, qui prend bientôt une couleur noire, envahit promptement les lèvres , la langue , les joues et même le nez, et les fait tomber en putréfaction complète, en même
1 Comment, in Boerh. aphor,; p. 433.
3 De MszAi j^ct, reg. soc. med. ffajh.i vol. a, pag. loa. — Lentin, Beitrage zur auszuiih. j4rzneiwiss,; isterBand, S. 3o8. — - SiEBERT, Hufeland^s.Journ. der prakt. Heilk.^ B. 33 , St, i», S, 3o8. ' — Kliatsch , Hufeland*s Journ., etc.; B.S6, St. i , S» loo. — A. L. RiGHTER, J90r W^asserhrebs der Kinder^ i8a8.»
AT^ATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE. 2g
temps qu'elle attaque les os et les frappe de nécrose. EllediSibredu charbon, en ce que ce dernier a essen-^ tiellement son siège dans le tissu adipeux ; mais elle a de grands rapports avec le scorbut. Or celui r ci, lorsqu'un acte inflammatoire s'y joint, nous pré* sente la véritable image de la métaphlogose , telle que je l'ai caractérisée plus haut , et qui certes n'a rien de commun avec les autres modes d'inflammation.
§. 610. La métaphlogose du tissu cellulaire n'est donc point précédée ni accompagnée de suppuration, bien qu'elle puisse s'unir à ce dernier travail, conue nous le verrons dans l'article suivant; mais elle a un mode de terminaison particulier qui manque aux autres espèces d'inflammation, c'est celui par délitescence. On sait qu'on appelle ainsi la disparition subite des symptômes inflammatoires, et notamment dans les inflammations érysipélateuses; disparition qui se fait quelquefois sans détriment pour le malade, mais le plus souvent à son grand désavantage.
§. 611. Il existe pourtant une métaphlogose qui ne se termine ni par délitescence, ni par gangrène, mais par une résolution lente et insensible; c'est celle, qui a lieu entre les feuillets des ligamens larges de la matrice, le long des muscles psoas et iliaque, et, en général, dans le tissu cellulaire circa- utérin des femmes en couches, et qui est connue sous le nom ^^engorgement laiteux dans le bassin. Cette maladie consiste dans une tumeur qui se forme, soit inunédiatement après l'accouchement, soit quinze
5o LIVRE li.
jours après, 9oit même beaucoup plus tard, et que Ton peut au moyen de l'exploration sentir dans la •région iliaque, ou au côté interne du muscle psoas. Quelquefois ces tumeurs , au lieu d'être fixes et in* hék*entes au même endroit, changent de place e( se portent d'une cavité iliaque à l'autre , en voyageant dans le tissu cellulaire qui attache le péri-* toine auTc parois du bassin.
ARTICLE QUATRIÈME
HyperpMogose du tissu cellulaire.
§. 612. Lorsque le tissu cellulaire est le siéfjd de lliyperphlogose, il est pénétré de sang; ses vaisseaux capillaires sont, comme dans lamétaphlogose, dans un plus haut degré de réplétion et d'engorgement^ mais avec cette différence que la tumeur qui en résulte est dure et rénitente, et que les propriétés vitales sont le plus exaltées possible. En effet, le malade éprouve une douleur plus ou moins aiguë, accompagnée d'élançemens ou d'un sentiment de pulsation, d'une chaleur intense et d'une fièvre plus ou moins prononcée. Cette sorte d'inflammation seule se termine par suppuration (nous en avons décrit le travail dans un autre endroit, §. 287, n.*'4)' Il ®*^ vraisemblable que, par une opération particulière de physiologie pathologique, le pus, tant qu'il est encore imparfait, est formé en partie dans les vaisseaux eux-mêmes, et en partie à la surface des feuillets membraneux qui constituent les cellules du tissu lamineuTt, et que, lorsque par un travail ultérieur
ANATOMIE PATHOLOGIQITE SPÉaALE. 5l
on tissu pyogémqfue proprement dit s'est organisé^ cdui-ci sécrète le pus à la manière des autres organes de sécrétion. Le tissu pyogénique, très-appa«- . rent dans les abcès, se présente sous forme d'une membrane fongueuse, vasculeuse, sensible, et ayant beaucoup d'analogie avec les membranes mu«queuses.
§. 613. Dans certains abcès, auxquels on a donné le nom de furoncles , on rencontre au milieu du siège purulent des concrétions particulières, floconneuses, blanchâtres, filantes, quelquefois tenaces, n'ayant aucune trace d'organisation , et qu'on a d^ signées sous le nom de bourbillons. De tout temps on les avait considérées comme une altération du tissu cellulaire, et on leur avait reconnu un caractère gangreneux. M. Gendrin ^ s'est le premier élevé contre cette opinion : suivant lui, ces flocons, qui ne ressemblent en rien au tissu cellulaire , et qui n'ont ni la couleur ni l'odeur des véritables escarres, sont plutôt le produit de Tinflammation , et de même nature que les dusses membranes. J'avoue que j'ai de la peine à me rendre à c^tte opinion. D'après ma manière de voir, les dusses membranes ne peuvent être que le résultat de 1 epiphlogose : or, celle-ci peut succéder à Thyperphlogose, mais non la précéder, ni se rencontrer avec elle; d'ailleurs ces bourbillons portent trop évidemment les caractères de la corruption; ils sont trop semblables à ces lambeaux de tissu cellulaire que la mortification dé-
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i Hist. anat. de» inflammationf , (om. i » (. 44*
52 UVR*E II.
t9che des parties saines, pour qu^on ne doive an moins les considérer comme l'effet d'une désorganisation. manifeste. Les phénomènes qu'on ob* serve dai^s Tanthrax ou le charbon , confirment cette opinion ; en effet , ces dernières inflammations ne sont que des furoncles plus volumineux et ayant un certain degré de maUgnité qui les &it tendre vers la gangrène. Suivant la théorie que jeu me. suis faite des divers modes d'inflammation, il y a dans les furoncles, Tanthrax, etc., une hyperr phlogose unie à une métaphlogose : c'est pour cela que ces tumeurs sont plus pénétrées de sang, que leur couleur est ^le d'un rouge livide ; et cette der-. nière circonstaiJJe explique elle - même sufiisam* ment la mortification, si l'on se rappelle qu'une des causes de la corruption gangreneuse réside dans une altération primitive du sang et des humeurs
§.614. Un second cas dans lequel il y a coexistence, de rhyperphlogose avec la métaphlogose , est celui de la maladie connue sôus le nom de pourriture d^hôpitaL. Il paraît, en effet, que le principe septique introduit dans la plaie y fait affluer une plus grande quantité de sang^ puisque, suivant Pouteàu ^ et M. Delpech ^ , la partie de la plaie la plus foncée en couleur touche immédiatement aux chairs, pourries, et qu'on rémarque une extrayasation san-
■■' ^' '' iiiii I . I I ,1 IIIIM
I GEiivres posthumes^ ton^. 3 , p. 341* /
a Mém. sur la complicat. des plaies et des ulcères, connue
sous le nom de pourriture d^hôpital. Ann. de médec. prat. de
Montpellieritom. 1.*^
ANATOMIE PÀtHOLOGIQVE SPéaALfi. SS
pnnt dans la masse pulpeuse, qui en impose pour les suites d'une hémorrha^e. Lorsque dans ces sortes de plaies un muscle a été blessé » on remarque qu'il se gonflé et se tuméfie tellement qu'il ressemble à «ne masse de sang caillé, et sans qu'il donne le moindre si^e de sensibilité ; si le muscle n'est point JUIessé, mais seulement enflammé, il prend une cou^ leur pâle et se gonfle extrêmement, comme s'il était iËstendu par un fluide * . Or, tous ces caractères appartiennent précisément à la métaphlogose.
§. 615. Cest particulièrement dans Thyperphlo* gose que la graisse dont le tissu cellulaire est chargé prouve quelque changement; elle se convertit en une bouillie rougeàtre, puis jaunâtre, et enûn moite et demi-liquide. A une période plus avancée de la maladie, elle se mêle au pus , avec lequel elle est en* traînée et confimdue ^. Dans les autres modes d'inflammation, la graisse ne subit aucune altération; on la voit à son état naturel dans les cas d'hydre* phlogose : les masses graisseuses interposées entre les sillons du tissu cellulaire rempli d'un fluide séropurifprme, conservent un air de fraîcheur remar* qu,a]>le Dans Tépiphlogpse, la graisse diminue, le tissu qui la renferme s'affaisse , surtout autour du siège de l'inflammation, et ce n'est que peu à peu qu'elle est rétablie dans les mailles d'où elle avait disparu;
1 H. Ho MX BLACiADDSty Beobuehiungen ièhtr den Hospitat^ Brandy a. d. £n^L ^ JUvOtvBtC&y If€UêMibiio$h./* d, CAinirf.; B» %f S, 373.
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