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$. S17. Une fenune de trente-un ans, edceÎDte pmir la sîxiraie Ibis, fîit attaquée, an septième mois de sa grossesse, d'une liémorrlia^ utériee, qui dura donie jours, et au bout desquels die accoudia de jumeaux, qui moururent le second jour de leur naissance L'accouchée eut de la fièvre le lendemaîit de scm accoudbem^t, die se plaignit de douleurs dans la région iliaque, de mal de tète, de chaleur et de soie Son pouls était fréquent; son bras ^uche était affecté d'un oedème avec chaleur, particulière^ nient an-dctfous de l'articulation du coude : il lui
ANàTOMIE PAXROLOGIQfJE SPÉCIALE. K
itet imposiiUe d'exécuter avec ce membre le moindre moiurement; elle prétendait qu'il s'était enflé dao^ If iran^port de son domicile à rhôl>ital, et par refibrt qu'dUe s'ét^t donné en voulant s'aider de ce membre. L'élève interne qui reçut cette maladie, ayaat remarqué la tumé&ction et la douleur du bras, y appliqua m sangsues, qui ne produisirent qu'un £dble soulagemoit La nudade était affectée, en outre, de 4constipation et de rétention d'urine; edle qu'on retirait de la vessie au niojen de la sonde, était trouble et en petite quantité; les lochies manquaient, #t les seins étaient flasques.
Le huitième jour de ses couches, la malade ne eessait de se plaindre et de gémir; son pouls était fiéquait et un peu élevé : la liberté du ventre avait été rétablie au moyen d'un lavement. L'urine retirée de la vessie était très- foncée; une légère toux vint se îotndre à ces symptômes : la soif était grande. Le jour suivant , il y eut une diarrhée : la malade se plaignit beaucoup de douleurs dans les extrémités • inférieures, qu'on trouvait enflées, et qui étaient si sensibles qu'on ne pouvait ni les toucher, ni les re* muer le moins du monde. La région sacrée était également tuméfiée et douloureuse, mai^ sans;changement de couleur à la peau. Par le .toucher , on troaya l'intérieur du vagin chaud, et le col de la matrice douloureux. «L'urine était toujours trèa* foncée,. le pouls fréquent, le mal de tète assez violent; la lang^e molle, humide et nonchargée. L'inF» filtration des extrémités augmenta .visiblement les jours suivansy avec chaleur, tension et extrême aen*
sibilité. U était impossible de remuer la malade sans lui occasioner d'insupportables soufirances. Le seizième jour de la maladie un délire nocturne se joignit aux autres symptômes, et le di^-septième elle eut dans la nuit deux accès de frisson; ses membres étaient toujours si sensibles qu'elle était obligée de rester tout-à-fiât immobile dans son lit, et sans qu'il f%t possible d'imprimer à son corps le moindre mouvement; le plus léger attouchement des bras ou des jambes lui était également insupportable, quoique la peau de ces parties ne présentât aucune rougeur; Le dix-huitième, il y eut des sueurs extrêmement copieuses, mais qui ne produisirent aucua soulagement; la sensibilité des membres devint au contraire si exquise qu'ils ne pouvaient plus endurer le poids de la couverture la plus légère. Il était fiicîle de prévoir qu'un décubitus aussi prolongé occasionnerait une excoriation gangreneuse à la région du sacrum : c'est ce qui arriva en effet Le vingtième, la malade se plaint pour la première fois de coliques et de douleurs dans le petit bassin; le vingt- deuxième , l'immobilité et les douleurs des membres étaient parvenues à un tel point, que la pronation et la supi-
' nation de la main devinrent impossibles. Le pouls était fréquent et élevé, et la langue un peu sèche à
« sa pointe. On pratiqua une copieuse saignée au bras, mais qui ne produisit qu'un amendement momentané. La tête se prit davantage, il se déclara en même, temps une oppression de poitrine , avec une douleur pleurétique au côté gauche du thorax: cette oppression augmmta les jours suivans , et le pouls baissa
sensiblement. Quatre jours avant la mort, il se manifesta* tout à coup une tumeur grosse comme un œuf de poule, indolente et fluctuante, à l'avant-brat droit, à l'endroit qui correspond à Tattache commune du long supinateur et des deux radiaux ex* ternes. Enfin , la diarrhée, qui s'était déclarée au commencement de la maladie, reparut; les forces vitales commencèrent à s'éteindre , et avec elles les douleurs et la tuméËiction des membres, au point que la ma* lade put s'en servir de nouveau; mais l'oppression de poitrine devint de plus en plus violente, et la mort survint le vingt - neuvième jour de la maladie.
A l'ouverture du cadavre, je trouvai, en disséquant le bras droit, un grand abcès plein d'un pus louable entre la peau et l'aponévrose. Un second abcès, encore plus grand, était ^tué à la partie supérieure et antérieure de la jambe droite, et avait décollé dans une assez grande étendue la peau de l'aponévrose crurale. Le bras gauche et la jambe du même côté, qui étaient plus enflés que les mêmes membres du côté droit, n'offraient aucun changement : leur tùmé&ction avait disparu avant la mort
§. 618* Maintenant, je le demande, cette grande douleur et cette intumescence des membres, qui n'avaient leur siège ni dans la peau, ni dans les muscles ,^ ni dans les aponévroses; qui occupaient ces mêmes membres dans toute leur longueur, depuis l'épaule jusqu'à la main , depuis l'aine jusqu'à la plante des pieds; qui se communiquaient aux parois de l'abdomen; qui diminuaient avec le déclin des forces vi-
taies, et qui se terminaient par des abcès dans le tisso cellulaire sous-cutané, qu'annonçaient- elles, sinon une inflammation de ce même tissu ? Je conçois très -bien que les propriétés vitales de ce dernier soient exaltées par un travail phlogistique, et que ce travail s'accomplisse uniquement dans ce même tissu, sans participation aucune des parties voisines. Je conçois encore que ce système cellulaire, afiecté dans une grande étendue, détermine des symptômes graves et occasionne une fièvre très-intense. Toutefois je ne crois pas que la femme qui (ait le sujet de cette observation ,. ait succombé à Finflammation du tissu cellulaire , ni à la suppuration qui en a été la suite; je l'aurais pensé, si je n'eusse trouvé les ovaires convertis en* deux abcès assez volumineux. Quant à la matrice, elle n'offrait aucun changement appréciable; il en était de même des viscères de la poitrine, dont j'avais soupçonné l'altération, d'après les symptômes très-violens d'oppression qui avaient immédiatement précédé la mort.
§. 619. Le second exemple que je puis citer d'une inflammation du tissu cellulaire, est la maladie d'une demoiselle de vingt-quatre ans , d'une faible constitution et d'une habitude cachectique, laquelle avait déterminé un avortement, au quatrième mois de grossesse , par des vomitifs violens : immédiatement après elle fat prise d'une fièvre continue, accouipagnée de gonflement et de douleurs dans les membres, qui se terminèrent au bout de huit jours par l'apparition de plusieurs abcès sur différentes parties du corps. Il s'en manifesta d'abord un de la grosseur
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE^ ig
d'an œuf de poule au-dessus du condyle interne de l'humérus droit ; un second sur le milieu du bras gaïuche , correspondant au muscle biceps ; un troisième à l'aine droite; un quatrième, extrêmement considérable , à la partie externe de la cuisse gauche sous le fascia lala; et un cinquième enfin, très* vaste, à la région droite et inférieure du thorax. Ayant présumé que la malade était atteinte de syphilis, on lui avait administré le mercure tant à l'intérieur qu'en frictions. Cette méthode n'ayant eu aucun résultat, et la malade commençant à être attaquée de la poitrine, on la mit à l'usage du lichen dlsbnde et en se contentant de faire sur ces dépôts des embrocations d'huile camphrée. Cest ainsi qu'on conduisit la maladie pendant six semaines. Appelé auprès d'elle à cette époque, je la trouvai avec les cinq abcès que je viens de décrire; mais elle avait en outre une fièvre lente, la diarrhée et une toux fort intense. Après avoir combattu ces derniers accidens et avoir fortifié un peu la malade , j'ouvris successivement deux des abcès, mais l'abondante suppuration qui s'établit, hâta la chute des forces, sa toux revint plus forte que jamais, là fièvre s'alluma avec plus d'inten^té, la diariiiée re- ' parut et la malade moctrut après trois mois de souffiiances. Dans les trois derniers jours de sa vie ^ la cuisse gauche , dont j'avais ouvert l'abcès , fut couverte subitement d'une quantité innombrable de pétéchies ; et le jour même de sa mort , l'autre cuisse s'infiltra dans toute sa longueur. ,
L'examen anatomique des abcès ouverts et de
ML lH::jicxs à k cfinqse de lufinwne vonle dfeKfldhouig^, nos UNS ees cas il ne s'teh point finniédedépàuisclés, lus leskoMsdn dssaodl^ lanre s^élaâat clnrg^ de b sémdfm da pas; cette naticrr sî'cisBt infiltrée dan» nne grande étendue de ce nsiu, et sor qndqpics snjels b gmgrène qm était fonrenoe, arait déterminé Icnr mort. On pouvait
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eonslater, par ronvertore des corps, que rinQammadon avait résidé essenii^emeilit dans le tissa cel* lulaire ^ et qu'elle avait épargné lés autres parties*. Qudques-nns des malades s'étaient inoculé une matière morjbifique en se Uessant les doigts lors de la dissection d'un cadavre putréfié.
§. 621. Tous ces faits concourent , ce me semble, à prouver toute l'importance du tissu cellulaire. Déjà nous savons, par des expériences physiologiques, que ce n'est jamais impunément qu'on applique sur lui certsônes substances; et que leur impression fâcheuse est transmise aux centres de la vie plus jNTomptement que s'ils eussent été appliqués aux organes les plus nobles et les plus essentids de l'économie animale. Tels sont, par exemple : te muriate d'ammoniaque > , le sublimé corrosif ^, le sulfure de mercure ^, l'arsenic 4, le sulfate de fer, qui est un poison pour les diiens ^, l'extrait d'élatérium ^, lé narcisse des prés 7, l'extrait de gratiole^, l'extrait de renoncule 9 , l'acétate de morphine ^^, l'eau de lauriers-cerise ^S l'extrait de la morelle >', le woo-
1 Okfiia, Traité des poifons. 3.* éditîoB \ t, i.", p. aSi. a Ibid.y p. a $7 et 287.
3 Ibid.y p. 33o.
3 Ibid.y p. 33o.
4 Ibid.^ p. 399, 404.
5 Ibid.f p. 611.
6 Jbid., p. 683.
7 Ibid.f p. 746.
8 Ibid., p. 748.
9 Ibid., p. 755.
10 Ibid.f t. a» p. 64 et 65.
11 Ibid,, p. 169.
12 Ibid,, p. 190.
4a LITRE II.
i^ra 1, etc. Tek sont encore le gàz acide hydrosulfuiique^, le sang, la Inleet le cerveau putréfiés^, ainsi qu'nne foule d'autres agens.
Les moyens de transmisnon de toutes ces substances me paraissent être les vaisseaux sanguins et lymphatiques , ainsi que les nerfs. Les premiers absorbent tout ce qui se présente à leurs orifices , témoins la matière purulente rencontrée dans leur intérieur par MM. Soemmering, DupurnusN, Cru- TEiLRiER, RiB£S,y£LPEAU et Gendrin, ainsi que les eiq)ériences de MM. Magendie^ Duhàs et Pré- TOST. Quant aux nerfs, leur irritation est prouvée par les spasmes et accidens nerveux qu'ont constamment produits MM. Brodie et Orfilà , par leurs expériences toxicologiques sur le tissu cellulaire.
§. 622. Lors dona que ce tissu est enflammé dans une certaine étendue, il doit en résulter sur le systèatne général une impression d'autant plus forte et d'autant plus durable, que les filets nerveux de la partie enflammée sont plus nombreux et plus longtemps irrités par l'acte de l'inflammation. Il doit en être de même lorsque celle-ci est remplacée par la suppuration ; alors le pus et la sérosité puriforme » surtout celle qui, infiltrée dans les mailles du tissu cellulaire, touche à nu les filets nerveux, ou se présente aux orifices béans et absorbans, continuent
1 Orfilà, t. 3 , p. SSg.
a Ntsten, Rec. de pbys. et de chir. path., p. iaO| ia5 et 176. — OuFiLÀ, t. a, p. 493' 3 Okfila, t. a, p. 493 et 493.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉaALE. ifi
Tmipressum nuisible sur le systime nervoso-^inguiit que rinflammation avait commencée, et entretien* nent tous les acâdens qui caractérisent de ce système, tds que la fièvre lente, Vi des organes intérieurs , etc. Voilà pourquoi il se manifeste des symptômes si fâcheux dans ces cas dHn* filtrations subites du tissu cellulaire, surtout lorsque la matière infiltrée a un caractère puriforme, comme cela a lieu chez les accouchées ; voilà pourquoi aussi les suppurations difluse» ont donné la mort dans les cas rapportés par M. DimcAN. Il n'en est pas de mtme des abcès ; ici le pus est en qudque sorte isolé et bien moins jen rapport avec les filets nerveux et les vaisseaux, une membrane de nouvelle formation étant venue s'interposer entre ces parties. H arrive ici ce qui a lieu pour certaines substances vénéneuses, qui sont moins délétères quand elles sont renfermées dans des cavités à surfiices muqueuses , que lorsqu'elles sont introduites dans le tissu cellulaire sous-cutané.
S- 628« Les inflammations de ce tissu ne sont donc point exemptes de danger, puisqu'elles peuvent aller jusqi/à donner la mort; ce sont particulièrement la métaphlogose et l'hyperphlogose qui sont dangereuses; la première, parce qu'elle a uoe grande tendance à la gangrène; et la seconde, parce qu'étant * caractérisée par une sécrétion nouvelle , accompagnée d'une fièvre lente, elle occasionne une grande déperdition d'humeurs. Dans l'un et l'autre mode d'inflammation , la mort a lieu par syncope et à la suite d'un grand épuisement : peut-être aussi des ma-
lières gangreneuses, mêlées par absorption an sang, înflaent-elles sur le corar , et exercent-eUes sur lui une aédon sédative et délétère. La pblogose n'entndne des effets funestes qu'autant qu'elle détermine dans les mailles du tissu cellulaire une sécrétion, sôit punforme, soit d'une matière trouble et fétide, comme il arrive q[nelquefois dans la pblegmasie blanche des fennnes en couches.
De toutes les inflammations la moins à craindre est l'épiphlogose, parce q[u'étant chargée de la sécrétion d'une lymphe plastique, elle ne produit dans le tissu cellulaire que des altérations orgsmiques, qui influent peu sur les systèmes généraux, et qui ne déterminent en eux aucun désordre. Cette exception en Êiveur d'un certainmode d'inflammation dmiontre de nouveau combien il est nébessaire d'introduire une distinction essentielle dans l'inflammation proprement dite. En n'en admettant qu'une seule espèce, on est à chaque instant forcé de £dre des exceptions aux principes qu'on a établis, de modifier les règles qu'on a posées. Cest ainsi, par exemple, que M. Gendrin, en parlant de l'inflammation chronique, dit : qu'elle ne donne jamais naissance à du pus véritable. La raison en est simple, c'est parce qu'en vertu de sa nature ce mode d'inflammation n'est jamais dans le cas d'en produire.
§. 624. En résumé, je retrouvé dans l'étude de l'inflammation du tissu cellulaire en particulier la distinction générale que j'ai établie des quatre modes dont est susceptible cet état morbide. Eji effet, nous venons àfi voir que ces quatre modes diffèrent
▲NATOmB PATHOLOGIQVB 8PÉGIÀL& ^S
toiakment eu égard k leur aspect, à leur manière d'être, à leur nature , à leur duiger et à leur terminaison : le premier se termine toujours par une in^ filtration de sérosité puiiforme ; le second , par ki sécrétion d'une lymphe organisable; le troisième^ par la délitescence ou la gangrène; le quatrième f enfin , par la suppuration çt les ulcères. Je soupçonne aussi qu'à chacun de ces modes correspondent des causes particulières et peut-être spécifiques; Cest ainsi que celles qui produisent Tépiphlogose sont constamment exemptes de malignité, tandis qu'il n'en est pas de même des trois autres»