CHAPITRE XI
Des ossifications du pourtour des orifices auriculo* ventriculaires et des val%^ules du cœur.
§. 1039. Je réimb dans un même chapitre l'état cartilagineux, osseux ou osséo-pétreux des orifices auriculo -ventriculaires des valvules de ces mêmes orifices et des valvules sigmoïdes, parce que ces parties ont par leur texture fibreuse une gtande affinité avec le phosphate calcaire. Tantôt elles en sont pénétrées, tantôt simplement mcrustées comme
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par une sorle de criscailisatioii aniinale. Dans ce der^ nier cas ce sont des concrétions irrégulières , . qui paraissent se former assez promptement, sans passer par les phases de Tossificadon naturelle. Jamais elles ne sont couvertes par la membrane fine qui tapisse le cœur et les artères. Les ossifications proprement dites semblent au contraire se rapprocher, pour leur mode de formation, de l'ossification ordinaire. La matière osseuse se dépose en plaques ou en lames sous la tunique Interne de ces parties, devenues d'abord calleuses ou cartilagineuses.
§. 1040. L'orifice auriculo - ventriculaire gauche s'ossifie fréquemment Je l'ai vu réduit à une fente étroite , par laquelle on ne faisait passer qu'avec peine , le manche du scalpeL D'autres fois je l'ai vu hérissé de végétations osséo- pierreuses en forme de trèspetits choux'rfleurs ;d'autres fois, enfin , je lai trouvé conveiti en un anneau tendineux, qui n'admettait que très -difficilement l'extrémité du petit doigt, tandis que dans l'état naturel cet orifice a un diamètre de neuf lignes. On conçoit aisément que ce rétrécissement doit donner naissance à l'anévrisme de l'oreillette gauche, à une stase sanguine dans le tissu pulmonaire, et de proche en proche, à une dilatation des cavités droites du cœur.
§. 1041. Le plus souvent l'ossification de cet orifice se propage à la valvule mitrale. Tant qu'elle est locomplète, c'est-à-dire, tant qu'elle ne renferme que quelques points osseux, séparés les tins des autres par des espaces membraneux , la valvule conserve une certaine fleipbilité et peut continuer ses
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fdnctions. Il n'en est pas de même quand toute la valvule est changée en une pièce osseuse, et que lossification se propage aux filets tendineux et jusqu'aux colonnes charnues , comme on l'a vu queU quefois. Alors la fonction de cette partie est toutà-Ëiit anéantie. J'ai une fols trouvé les deux portions de la valvule mitralé attaquées d'ossification complète, tellement qu'il en résultait un entonnoir osseux, surmonté en outre de tubercules osséo-pierreux.
§. 1042. L'ossification des valvules semi-lunaires de Taorte commence ordinairement par les tubercules de MoRGAGNi, et s'étend peu à peu au reste des valvules. Lorsque celles-ci sont complètement ossifiées, elles sont ou appliquées contre les parois mêmes de l'artère, ce qui est rare, ou bien elles sont irrégulièrement abaissées ou en quelque sorte recoquiilées ; ce qui s'observe fréquemment Le principal effet de cet état pathologique est, en occasionant le rétrécissement de l'orifice aortique , de donner Ueu à un anévrisme du ventricule gauche, ou du moins à un dérangement plus ou moins notable dans l'état du pouls ou dans les phénomènes de la respration.
§. 1043. Les parties fibreuses du cœur droit sont également susceptibles de s'ossifier, mais beaucoup plus rarement. Bighat avait même cru que leur ossification he s'observait jamais. Cependant Morgagni a vu l'orifice auriculo-ventriculaire droit dans un état de demi -ossification, et Corvisart cite un exemple de pareille induration , qui avait décidé une dilatation anévrismatique du cœur et particulièrt^^
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ment de rorâllelte droite. Quant aax valvules semilunaires de Tarière pulmonaire » Morgagni les a trouvées' sur une fille de seize ans, malade depuis sa naissance, dans un tel état d'ossification, de gonflement et de réunion, que leurs lK>rds, agglutinés entre eux , laissaient à peine pour le passage du sang une ouverture de la largeur d'une li^itille.
L'exemple le plus remarquable d'ossification dans la partie droite du cœur, et qui s'étendait aussi à sa partie gauche , est celui qui est rapporté par Gruwel\ et dans lequel on avait trouvé les valvules tricuspides et mitrales cartilagineuses en plusieurs points , de petites concrétions osseuses dans les parois des veines caves , des lamelles osseuses s'étendant de la base de l'oreillette droite au-dessous | de la membrane interne du ventricule, dont quelques colonnes étaient ossifiées; des lames plus minces et plus étroites, osseuses ou cartilagineuses, pénétrant dans la substance musculeuse des deux ventricules ; • un petit corps globuleux , creux , percé de deux ouvertures à parois osséo-cartilagineuses, en*' davé entre les valvules semi - lunaires de l'artère pulmonaire et paraissant s'être détaché de la cloison des ventricules.
BuRPiS, Bertin etliAENNEG rapportent eucore des cas de l'état cartilagineux, osseux ou pétré delà valvule tricuspide et des sigmoïdes de l'artère pulmonaire.
§. 1044i Les signes qui indiquent le rétrécisse-
1 De cordit et vator. osteogenesi in (fuudragenario obseruaUf Moh, 1765. LAsavtc» /• c.,' p. 177..
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laeiit de Torifice auriculo-^ventriciilaire droit, des valvules triglochines et des valvules semi*lïiiiaires de Tartère pulmooaije , sont, suivant Corvisart, .très^difficîles à saisir', attendu qu'il fiiudrait pouvoir explorer dans cette circonstance la quantité et la qualité des battemens de cette artère, comme on le fait pour ceux de l'artère Mrte. Il faudrait, en un mot, pouvoir tàter le pouls aux artères du pou^ mon. Peut^-étre qu'une modification particulière de l'acte respiratoire pourrait, à dé&ut dû pouls^ four* nir les signes que l'on cherche. Une espèce d'irrégularité des mouvonens spontanés de la respiration, qui augmenterait au moindre mouvement, mèineà la moindre impression morale, dans un sujet qui d'ailleurs ne serait point essentiellement asthmati* que , ni d'une mobilité nerveuse excessive } cette irrégularité, jointe à un sentiment perpétuel d'op*> pression, ne pourrait-elle pas être regardée comme caractéristique de cette lésion des parties droites du cœur? La disposition du poumon qui reçoit naoins de sang, n'inflne*^elle pas aussi sur celle du systènïé aortique? Si en efiet moins de sang arrive des pou** mons au cœur gauche, et par conséquent ne stimule pas assez les cavités de ce côté, cette irritation insuffisante ne produira*t-eltepas des contractions Êdbles et lentes, et par suite la Êiiblésse et la mollesse du pouls? Mais tous ces signes qu'indique la physiologie sont rendus extrêmement obscurs par tant d'autres affections de la poitrine, qu'il est impossible, dans Tétat actuel de nos connaissances, de les présenter comme certains.