II
5l4 LITRE II,
§. 1M5. U y a vm peu moins d^ofaseurite dans les onladiescltt cœur gaodie. Le rétrécîsBeiiieiitpar induration cardlagineiue ou gsielise de l'orifice au^ ncnlo-ventriciilâire gauche, <e recomuh, «iWant CoRyiSART» à un bnnaaement particulier, difficile i décrire, sensible à la main, appliquée sur la région précordiale; brmssement qui , décrit par LiEKNBC eoua le nom àtt frémissement cataire^ provient sans douta de lacBfficulté qu'éprouve le sang à ps$erpar «n orifice qui n'est plus proportionné à k quantité de fluide qui doit le travener.
A ce signe ae joint le bruit de soufflet (exactement aemUable à celui que produit cet instrument pour animer le feu), et qui est inhérent à la contraction de ToreiUette gauche, lorsque la valvule imtrale est affectée, et à celle du ventricule gauche, quand ce sont les valvules semi- lunaires aortiques. Remarions cependant qu'il £iut que ce signe soit pe^ manent, qu'on l'observe toujours au même endroit et qu'il s'associe à d'antres circonstances, telles qu'on ftémissement cataire, pour qu'il soit de qaelqne valeur.
Bn outre, il fiiut encore tenir compte des sjmp i&mea généraux, qui, d'après M. Bouillaud S con« nstent dans la toux, le sentiment de constriction dans le milieu de la poitrine, les palpitations, \^^* ihopnée , limminenoe de la suffooatîon , la Uviditi de ta face, le gonflement des lèvres, le battemefii des veines jugulaires, isochrone à celui des artèreâ
1 Ajcb. gën. de méd.) t. 3, ann. iSad, p. 99.
carotîdef, le pouls irrégujier, ÎBégat, iniernHttmt» fréquent ^ petit, l>iea qu€ le$ hàil^siww du 6DIIII* soient très-forts. Cette intermittence , qui at U^tt itosM dajus 1^ contractions du ventricule lui-m^e, se rsconpisât par l'auscultation médiate ou immédiate » ' et çst cbnque fois précédée de deun çputraçtioiis vives, qui se succédait coup sur coup.
S 1046, Lorsque le rétr^ciss^ooewt ^ lien k Vori^ fice aortique pai* l'état cartilagineux^ ou oh^u% d^ ses valvules « le bruit de soufflet et le frérnîfwapept cataire se font entendre de m^e. Le cqnir^ se reo^ pliss9nt avec facilité, mais se vidant iivec pisim^ se livre à des palpitations fortes et fréqu^te). Le pouU conserve un certain degré de dureté et de roideur»
mais jamais beaucoup de plémtude m de /égiilnr^ rite.
§. 1047. C'est au resus k ïi^m&dêb^n é» perÛM fibreuses et tendineuses du cmur qu'a» Attribue les fàch^x Mcidens de k maladie imp^rop.FefMUt lap^ pelée imgine de poitrine i décrite par 13xBms>W^
et J|7]UK«, et qui n'est qu'une affecMfOa sp#^iiKMlîi|iie détermiuiée parie principe i^utteux {mtkma spm^ iicoHNrihriUfium incon$Ums\ Ou avait v<^iulu çoii«î-> dérer les o8sî£caticms des artères cowpaîi^ du pemr comme la cause procluwe de la ma)adk>> CepeQdanê ces ossifications sont rares , d'sqprès ks te^rpbts de BJUACKAtiiS qui a* au contraire t rwcputré iriquem-'
1 ^bsetv, on the nature and cure of dropêis » etc. ; Loftd. ,
Îi6 î-rvRE n.
Bient celles de Faone ou des valvules semi-hmaires, puisque sur yingt observations cdles-ci n'ont mani|ué que trois fois.
• Quelque commune an reste que soit la comcidence dés ossifications à la base du cœur avec fangine de poitrine , il ne s'ensuit pas qu'elles soient entre elles dans un rapport de causalité. Cest le propre du principe goutteux , comme nous FavôDS d'ailleurs fait remarquer à l'occasion des anévrismes du coeur, de se porter sur les viscères de la poitrine , et , par des attaques répétées , ^de déterminer un mouvement fluxionnaire. Or, c'est ce dernier qui j amène le phosphate calcaire dont le sang des arthritiques est surchargé : de là ces végétations osseuses ^ osséo-pétreuses des parties fibreuses du cœur, qui ne sont nullement TefTet d'une cardite dDronique S mais uniquement celui d'un acte nutritif anormal. Ce qui prouvé au surplus que Fângine dé poitri^/caractérisée par une gène extraordinaire deitîère le sternum, un sentiment d'angoisse et de eonstrietion, un arrêt momentané de la respiration et même du pouls , une douleur de poitrine trèsvive, ^'étendant* et se terminât t dans lès bras, que cette maladie j dis -je, a une. connexion • manifeste avec la gontte, c'est qu'elle n'attaque que les hom- Aies qui eÀ ont déjà éprouvé des accès.
Ainsi, en définitive, le principe arthritique, véritable Prothée, fixé par ime funeste prédilection sur les organes thoraciques, excite le spasme du coeur
.11 *• m II ■ *M !■■' i ■■ Il —
I BaoutfSAl* , Exâliitfn des dooiriniet tnéâie. } t..'i , pfop. îi?^'
ANATOWK PATHOtOÛIQYJE BVÈCULE. StJ
et du poumoiif. Celte akératien , purement d jna-( miqae , détermine «ismte le rélrécissenent die$ on* fiées du. ceeur» et ^celûi-<:i les dilatadoos de ses eaTités. Telle est la sUocessioa de ces troia. états mon- . l»des. On les retrouve dans le tdileau de la maladie
suÎTaiite » que je crois devoir exposer damé tous ses détailsu
S» 104ft. SC'H....» ga^a, à Tà^e 4ê six. anS) la fièvre scarlatine. Cette maladie fut suivie de spasmes, qui durèrent deux ans, et qui étaient de la nature de fxton qui caractérisent la danse de S. Gui»
Après quelques ' années de. santé, quiiconipFenneut-celleii qui précédèrent et suivirent Vépoque dé la puberté , une . uouveUe maladie vint- assaillir, le
jeune H :. ce fut le rhualaiisme goutteux. H en
essuya dîfférenl^.fl^Uaques, dont quelques-uues.se
.ponèrent sur ia pqkrine , et motivèrent plusie^^s .£Qis.rapp]icaiion de véàicatoires.
A Vâgede <]Ux*hi|it ans, Al<H.«^w/^. se trouvant par&itraient guéri, fut obligé d'embrasser le métier des armes, et fît la goerns pendant d^ux'ans; il.n'é*
, prouva, k l'armée .anou^ ressentiment de sa maladie arttuitiqife. Une gale qu'il contracta fitt traitée par
. le» remèdes appropriés à celle affection, '«( guérie
fsans. laisser après elle aucune suite.
En i8o3 un^ npfivella attaque d'arthritis se déclara; p^le-ei dura quatre mois. A peine rétabli, le naalade contracta mariagei N'étant encore que- con- ^escent, il éprouva subitement à. la promenade un accès d'oppression de poitrine et des palpitations
< de.cceur, quialarmèreiu «on épouse et ses amis.
5iB LivftË th
Â(>rèft on intèiTâUe de neuf ans, M. H..<. . eut, eft 1811, une attaque de goutte, pour laqueOe je (ub, pour la première fois , appelé à lui donner des soitii. Cet àoete était peut-être un des plusfbits que )^eu«ê jàttiaiA observés dans ma pratique. La mïdadie ê^èm priûdpalement portée sur les articulations desniembres thoraciques. La fièvre était forte et vii^ente*; le pouls |dein et vigoureat ; Toppresnon de poitrine des pltts abrmantes. Une éruption miliaire cristalline eottvrit presque tout le corps du malade, qnl" nondaient de copieuses sueurs. Llrritabiltté du sys^ fèmi nerveux était tellement etaltée, que la moitidre impression, soit ][^ysiqne, soie morale, augmettiait les douleurs, Tessoufllement, lés paljHtatioM dû cceûr, et portait tous les symptômes à fin haut d^ gré d'exaspération. Après sept semaines, M. H..... fin en état d'aller aux eaut 2 . celles de la Hoube et dfe Baden firent un effet met^etUeux et faàtèrent'sa ce<^ valescence. U ne hii resta de cette violente lAaladie qu'une' oppression habituelle , qu'augmentâietit l'exercice ou les afl^tidns morales.
£n Décembre 1817 il y Mit une nouvelle attaque de goutté. La maladie, fixée d^bord sur là portion lombaire de la colonne vertébrale, se transporta ^ur les organes de la poitriM. LV)ppression était s^orS si ibfrtJt, que lé malade ne pouvait plus garder la position horizontale , mai^ SuAi obligé de passer les neits dans un fiMiewiil, et quelquefois même de se teeir ^urbé, la poitrine appuyée contre le dos d'âne chaise.
Cet eut durs tiiois- semaines; maislaconvale^elitie
ANATOHIE PATHOtOOIÇuVE SPÉCIALE. SlÇ
M ftit pas parfiite, ei depuis celle époque les inier- Yalks d'une aiu<)ue à Tauire lureoi coBstanptmtnt marqués par une suiie d'incommocfiiéa , principale*, ment par une lasâiude dans les cuisses , un seniunent de douleur obiuse, comme si ces membres eussent, élé rompus; un essoufflement au moindre meuve*, ment du corps ou à la moindre affection morale; une susoepûbilité extraordinaire ; un amaigrissement considécable; une dureté et une singulière irr^;uk«ritë du pouls.
Cest ainsi que le malade Irsdna son existence, à travers plusieurs attaques de goutte et d'oppression* de poitrine, jusqu'au ag du mois de Mars de l'année iS20f où, à la suite d'un petit effort, il éprouva» une douleur dans les reins , plus violeniç qu'à l'or*din^ire. Cette douleur aliandonna bientôt cette place pour se porter dans les cuisses et de là sur la poitâne. Le malade ne pouvait plus se tenir droitsans éprouver une oppression extrême; aussi était*il obligé de se tèmr courbé et de fléchir sa tète sur la poitrine dans quelque position qu'il se trouvât. En même temps des palpitations plus fortes , donnant à la main ap^diquée sur la poitrine un coup sec, firent craindre l'existence d'un anévrisme actif du oœur^ et annoncèrent conséquemment un danger immi^^
L'hiver de i8ao à 1811 se passa très-^péniblement et danaun état de souffrance continuel Cet état n'était eependant pas toujours de la même nature. Dans le principe, les palpitations du cœur étaient très- sensibles } eUes se manijEtsiaient dansune certaine étendue
So0 Lirms II.
de b poiiriae, d se koenikn le pooky nak iTi tenwttmfr cum wsiwie de plaHcan cmp pmî- |Mtésu La moindve afcctkiM Morih icadâicapil- MtBODS plus imigpilièics cacora, d diUiMieiii a ooiffe mie dyspnée eonâdcnUe; ceHe-ctneinlfis d'abord pemi inf ii : die éoitaiàBe pioipe BoHe, lonqœ le malade se tcoak tnaqniUe dsBS sm fintenil; mais die se «cproduisatt aiWHtof ^11 fiîsàt qadques pas dans sa diapibre, ooipiil mmnakoa desoeodatt Fescalier ; elle se révcillak ansâ dès qnil voulait se redresser oa lever la lêle utt pcn iontCé qoll y a de particulier, c est qœ ce n étaiem point les momremcos du pomnon qui dérîdaimt oetie djqmée,et que le malade pouvait causer une demihenre arec vivacité et sans imernoptîcm» sam eut essoufflé. I>es forces musculaires, surtout cdles des bras, éuicnt encore en bon étaL L'appétit, la dig^ tion et lesamres fonctions natuidles n'avaient point éprouvé de fones atteintes. Le sommeil était assex boa
Peu à peu ces symptômes prirem plus d'intennté. Ce ne furent pas précisément les palpitations qui augmemânent, mais l'i^yprcssîon. La cause h plus insignifiante était capable de la produire, par exemple, l'action de lever le bras , de porter là main sur la tète, de mâcher et d'avaler lesalimena. Jusque vers le mifieu deThiver, M. H.«... avait encore assez bien supporté la position hoHzontale; mais alors Forthopuée devint de plus ai pins intense. Son sdm*
InATOMIE PATHOLO61Q0E SPÉaALE. Ssi'
nieil était lourd, el^ers les quatre heures du oiatiii, il loi preoaitdes aocèsdeMiffooatiQii,' qui FoUigeaiene à sortir préeîpîtainmeiit de son lit et à passer le reste de la matinée dans son firateuil. Pour surci'oit de DBux, il survint, outre une toux d'irritation, extra-< ordinairement fatigante, particulièrement le soir, une grande irritafailîié nenrense, qui se manifesta par une fornle de symptômes. C'est ainsi que roUr Terture d'une porte suffisait pour produire une attaque d'asChme , que la seule direction de la pensée sur un ' objet quelconque occasionait une oppres* sîon de poitrine. Le centre ëpigastrique surtout était d'ulie sensibilité exquise. Le simple attouchement de cette partie avec le doigt pouvait détei** miner des «ivies de vomir. L'émbsion de Turine ne se faisait presque jamais' sans être précédée de spasmes et d'attaques de sufiocation : c'était uue dès circonstances qui troublaieht le plus son sommeil; car, comme depuis quelque temps il urinait copieusement (la digitale pourprée, qui le soulageait beau*^ coi^ , provoquait cette excrétion ) , il était, souvent réveillé par l'^prvie d'uriner , et des nuiu si agitées n'étaient nuUeinent pk'oprea à restaurer ses foroes abattues.
Quelque .fôobeux que fut l'état que je viens de décrire , il ne pouvait qu'empirer ; et c'est ce qui arriva aussi dans la deniièrè partie de . l'hiver et au eomnteneement du printemps. Les forces dimi* nuèrént àe jour en jour; l'appétit se perdit entièi^s* ment; lé x:orps maigrit à vue d'œil; la respiration déviût-de pliili en phis péniUe; ké jafnbes commètl-
cèrem à s'infiltrer , «i acquîrem , dut fcÊfêcê Aê trois semsiBes, un trè»*gras Tcdome. Bîcm6i Vc^ dème monta jusqu'à ia poitrine. On mnurqnait k cette époque que les paliMUtionè do cœur n'étaient plus sennbles, et que le pouls même avait perdu sa grande irrégularité ; mais cette amélioration ap* parente ne pouvait être d'aucune valeur au mifieu de tant de sympt6mes abrmans. Enfin, dans lei ùk derniers jours de sa vie, il survint unidère des plus prononcés. L'oppresâon de poitrine, unie à defiiquentes syncopes , augmenta de plus en plut. Le malade lutta ptuôeurs fois avec les horreurs ée la suffo* cation ; le pouls atteignit le dernier degré de faiblesse et de fréquence , et une rêvasserie permanente, produite en grande partie par de fortes doses d'opium, déroba au malade le sentiment de sa fin prochaine, qui arriva lé 1 1 Avril 18^11 : le malade était Agé de quarante-huit ans. /
Le cadavre fut ouvert quarante-huit heures après la mort Je trouvai les poumons sains, non adhérens à la plèvre; pas une goutte de sérosité entre euK et cette membrane. Le péricarde était acttiérent au coeur dans toute son étendue : celui^ était plus volumineux que dans l'état naturel ; il avait six pouces et demi de la base à la pointe ; cinq pouces neuf lignes dans sa plus grande largeur. Le diamètre longitudinal du ventricule gauche était de quatre pouces neuf lignes. L'épaisseur des parois de ce^entn<?ule vers sa base était de quatorae lignes ; cdle de ces parois vers la pointe , de neuf lignes | les parois du ventricule droit n'avaient que ^ois figues d^épais^
ANATOnS PATBOLOGigim SPÉCIALE. 5a5
iettr ; U y atail done manifestciiMit anèf risme an ▼entrîdile gauche
A ]a fae# externe de la hase du vencricole droit, tt dans le siUon qui sépare ce ventricide d'avec Foreillette, je renoomnâ une pîèee osseuse, de forme irrégulièlre^ayantun diamètretrausversal d'un pouce, et munie de pointes longues et assez acérées, dirigées en dedans vers la cloison des yentficules. Cette pdr^ licMii d'os , <jui uie parut d'un tissu dur et presque éhumé, était placée dans le tissu cellulaire résultant de le dégenéresoenoe du péricarde et de la m^nbrane externe du cœur ; mais ses pointes étaient fixées dans la couche k plus superficielle de la substance musculaire du ventricule, et à trois lignes de ^tance du commencement de Tarière pulmonaire.
Les Valvules mitrales me pfésentèrem une ossifia cation extrêmement forte depuis leurs bases jusqu'^à leurs pointes. Chacune renfermait une plaque os^ seuse de quatre lignes et demie d'épaisseur» L'orifice auriculo-n^èntriculaire était inégal et raboteux par Teifet d'une incrustation osséo-pierreusede six lignes et demie d^épaisseur. Cet orifice n'avait que six lignes de diamètre.
Itts deux valvules semi-lunaires de l'artère aoite, qui sont Surmontées de Tbrifice des artères corollaires, étaient complètement ossifiées depuis leurs bords fibres jusqu'à leurs bases ; dles i^nfermaiend ^es plaques ossensesen 46rme de petits champignons , d'une tetture dure, sèche el pien^use^ et qui, ^ Finsuir ék toutes les incrustations irrégultères , n'étaient point recotivertes de la membrane ime qm
5^4 liTTRE tt
tapitte-îméitearenieiit lé ooMir et les mMeàiix*l« troisième valvule n^était ossifiée qœ sur ses ^itk
L'artère aorte offrait çà et là quelques points (f ossifications , aotammentautour des orifices des|;rosM liranches qui sortent de la convexité de la crosse
Les artères coronaires du coeur n'étwmt point os* sifiées. Le bas-ventre ne renfermait que tràs-psu à% sérosité. Le péritoine n'éiah p<mit enflammé; les intestins" étaient plus distendus et plus rou§^ qu'à l'ordinaire
Le fi>ie était plus volumineux que de cputums, et livide à sa surfiice inférieure ^
Je conviens que je ne fis pas beaucoup dé rechei» dbes sur l'état des viscères du bas-ventre t attendu que la putréfaction s'était dé)à tellement emparée d'eux, qu*il était impossible de s'y livrer avec succès. Toutefois, j'ai pu constater la maladie or^tnique principale; je la trouvai telle que je l'avûs soupçonnée. Je m'étais seulement trompé sur r^pancbe^ ment de sérosité que je croyais rencontrer dans tout^es les cavités séreuses.
§. 1 049. Livrons- nous . maintenant k quelquies considérations de physiologie pathologique. Il est sans doute aisé d'expliquer la dilatation des cavités du eceur, quand on connaît l'obstacle lyiéoalùqiie qui , en rétrécissant les orifices de ces cavités , s^'oppose à la hbre sortie du fluide qui les part|ourt.
Mais comment le phosphate calcaire s|est<^il. déposé sur les parties qu'il a envahies ? • Iiçs a.-t'il occupées successivemept » ou toutes eniimblp > ^ pour ainsi dire^ d'un: seul coup?
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE. S^lS
H esl reconnu en anatomie padiologîque que les ossifications qui se font par squames ou plaques enchâssées entre deux tuniques, se forment ordinairement avec lenteur, qu'elles suivent les phases «de f ossification naturelle ; tandis que les pélrificationa irrégutières et stalactiformes peuvent être produites presque subitanent Ceci posé, il est de fait que chez notre malade les ossifications se sont opérées à des« époques différentes, et que les lames osseuses se sont formées lentement et probablement avant les incrustations; et ce qui prouve ce dernier point, c'est qu'une |^que os^use (dsms une des valvules mitrales ) s'est trouvée surmontée d une végétation osséo-pierreuse : il a bien fidlu en effet que la première existât pour^que la seconde se grefiât sur die.
Mais les plaques osseuses elles-mêmes me semblent s'être formées à diverses époques : celle qui a vrai-* semblablement exigé le plus de temps pour sa formation , était placée à l'extérieur du ventricule droit. Il a fidlu qu'elle se développât dans un tissu, avec lequel le phosphate calcaire n'a qu'une affinité éloignée; savoir : dans le tissu cdlulaire, qui n'en est pas, comme le fibreux et le cartilagineux , la ^a- ' trice naturelle (si j'ose m'exprimer ainsi). Je suis porté à croire que dans l'attaque de goutte de 1^11 il y a eu un carditis , parce qu'alors les mouvemens du cœur étaient plus tumultueux et étaient accompagnés de douleurs; que c'est dans la convalescence que la tunique externe du <;eeur s'est désorgamséei que s'est fidte l'adhérepce-de eet^^or-
$26 LIYEB II.
gftne au péricarde, et que la ualure a travaille k la formaiion de la plaque osseuse fixée à Textérieur du ventricule droit; ceUe-ci une fois formée, U était im* possible qu'il n'y eût pas des oppressions de poitrine et des essoufflemens à la moindre occasion et par la moindre cause, soit physique, soU momle^ ce eorps étranger piquant les fibres musculaires da ventricule droit, voisines de Torigpne de l'art^ pulmonaire. Le plexus coronaire lui-même a dû eue tiraillé par cette pièce osseuse lors des violens mouvemens du coeur, attendu qu'elle se trouvait placée en partie sur lui et en partie cotre ses filets.
Je ne sais si je m'abuse, en fixant la formatioa des plaques osseuses dans, l'épaisseur des valvules «itrales, et particuUèrânent les ossifications des valvules semi-lunaires , à l'époque de la forte attaque de goutte de idi 7. Cest à cette époque qu'o9 a i*^ marqué que le pcMils était très-dur et repoussait le doigt qui l'explocaiL Je m'imagine qu'alors il s'est opéré un épaîssissement dans les parpis du ventri* cule gauche, une hypertrophie de cette partie du cceur, et qu'il s'y est dévdoppé une contractilité exakée. Cette force étant donnée, et le rétrécisseilient de l'orifice aorticpie par TossifieatÎML dc^ valvules établi) il a fallu que le ventricule gauche se âlatàt, c'estrà-dire, qu'il se format un aniévrisme actif de cette cavité dans l'intervalle de la seconde à la troisième attaque. Dans celle-ci, qui eut lieu au mSis de Mars i8ao, l'anévrisme me parait avoir acquis son complément, et. les végétations stalacti'fbimes s'être greffées sur l'orifice auricul0<-ventci^
AMATOWE PAtHOLOGIQUE SPÉCIALE. 5^7
t^lilaire et Tavoir considérablement rén*éci. Dès-lors, le ventricule gauche, ne recevant qu'une moindre ^piantké de sang et avec une impulsion moins forte, ne réagissait plus lui-même d'une manière aussi énergique sur le sang qu'il avait reçu, ne palpitait plus aussi violemment sous la main appliquée sur la poi^ trine.,^ n'imprimait plus au pouls la même dureté, et.c'est ce. qu'on remarqua effectivement après la troisième et dernière forte attaque qu'essuya notre malade ; mais en même temps la respiration devint de plus en plus courte et pénible, par la difficulté que le sai^ des veînes pulmonaires éprouvait à pé* xiétrer dans le ventricule gauche.
§. 1050* JTai vou}u numtrer dans ce cas <ie pa» thologjie quelles altérations le principe goutteux est ca|>able de produire sur le principal organe de la circulation : ce qui confirme la théorie que |# me suis fitite de cette maladie, ce sont les expériences chimiques auxquelles mon honorable collègue, Al le professeur Masuyer, â aoumis une partie dee concrétions osséo*pierreuses rencontrées à ce cceur^ Il a trouvé qu'elle était un mélange de phosphate et d'urate de chaux et de soude ^. Elle avait, par con» aéqnent, la plus grande analog^ avec le tuf arthrir tique des articulations.
1 Jonrnftl de U Société dtt tcieiiccs, agricuhiire tt «tts dit dtf|»ftrl«ment du Bai-RliiQ} U i, p. 35i.