‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 64 sur 88 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des concrétions sanguines vulgairement appelées

polypes du cœur.

S* 105S. Il faut faire une distinction essentielle entre les concrétions sanguines que l'on trouve après la mort dans les cavités du cœur.

Les unes y sont plus ou moins libres, et pour, ainsi dire flottantes , incomplètement encroûtées d'une couche de fibrine ; elles montrent sous cette couche tantôt un sang caillé, noir, et tantôt une gélatinejaunâtre , renfermant des points rouges plus ou moins nombreux. Ces concrétions sont généralement conf^idérées comme formées après la mort.

1 RuDOLPHiy Eniozoor. êynopsis* DtfBRBUiLy Ëpliém. méd. «i« WoïKpeUitr; Novemb. iSa6.

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Les aatret, d'une connstanee ping krmt^ sont plus ou moins adhérentes aux parois dp cœur, fX notamment à odles des cavités droites de ce viscère. I31es pénètrent dans les interstices des coloima charnues, dont elles ne sauraient être retirées que par fragmens, et ces colonnes auxquelles elles sont adhérentes, sont notablement déprimées et aplams. La couleur de ces concrétions est jaunâtre ou légè* rement violette ; leur densité est égale à celle de la croûte inflammatoire ; aussi représentent-elle; de v»* ritables masses fibrineuses, mais qui renferment quelquefois de petits caillots de sapg ; d'autres fois de petits grumeaux ou même de simples tadies sanguines. Personne aujourd'hui ne doute que cette seconde espèce de concrétions ne ^e fasse pendant la vie et qu'elle n'occasionne des accidens graves. Cest la du moins le sentiment de Borsieri , de Chestouï > de KiNGLAKE, Thoiunn, Harles, Zadig, Main- COURT, WiGBHANii et Lasnnec; tardif que Coftvi- S4ivr, Teste et Burns, ne lui font pas jouer un rôle très-important. Cette dernière opinion est partagée par Kreysig, qui explique les symptômes attribués à ces concrétions, par l'état morbide de l'orgaoe même, auquel elles adhèrent. Voici, cependant une observation rapportée p^r CBE$T0N,qui prouve qu on ne porte pas impunément une semblable concréûoa dans les cavités du cceur.

§. 1054. Le sujet de cette .observation était ob homme de quarante ans , qui exerçait en même temps la chirurgie et la pharmacie ; il éprouva les symptômes suivans : i."" sentiment pénibk derrière le

ANATOMIE PATHOt06I4}UE SPÉCIALE» 53 1

•'stermnu pradant la marche ei le tHDUYeOieht ; ût* douleur fixe au mène endroit , aceani|)iigttée d'une •dyspnée oonaidérable , égalaneut occasionée par le moindre mouvement; 3.^ propagation de tette doU^ -leur vers le côté droit de la poitrine et du^ cou ; 4.'' bruit senti par le malade et comparable à celui (juc ferait un courant d'eau obligé de traverser uû pÀieage étroit; 5.'' pouls dur et contracté; 6.'' absente des battemena du cœur; 7."^ froid ei engourdiaaement des mains et des pieds, et ttdématie de ces derniers; 8.^ assujettissement à une position horizon* taie ; 9.^ cessation du bruit de la poitrine, après une compression exercée sur fartera carotide, mais augmentation de la douleur ^en proportion de cette compression; 10.^ diminution des forces du malade et en même temps du bruissement , mais augmentation de Tanxiété et de Toppreasion ; 1 li"" diminution progressive du pouls. I^ résuhat de TaUtopsie cadavérique fut : 1 .'^ léger épanchement de sérosité dans le péricarde; 3«° distension, amincissement avec tracesd'inflamtnation aux parois de l'oreillette droite ; S.'' parois du ventricule droit extrêmement minces et comme transparentes; 4*^ ces deux cavités remplies d'air ; 5.^ concrétion intimement adhérente à la partie supérieure du ventricule droit et à Ses colonnes charnues, dont' elle ne put être détachée qa'att moyen des ciseaux. Cette concrétion était d'Un jaune clair, et occupait les deux tiers du diamètre de la cavité; elle montait à quatre pouces dans la veine cave supérieure et descendait d'un pouce dans la veine cave inférieure ; une autre partie sinsinnait

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dans l'artère pahnonaire ; mais les rameanx qui s'en détachaient pour suivre les branches de ce vaisseau, étaient semblables aux concrétions formées . après la mort* ^ -

Thomas Trotter ^ rapporte l'histoire d'un jeune homme de quatorze ans, attaqué de maladieL bleue, «(dont le cadavre offrit : i*** un hydrothorax, du côté droit; a.^ ua hjdropéricarde; 3.^ une in)ection des artères coronaires du cœur; ^.^ la distension des deux. veines caves par éa sang; S.'' dans l'oreillette

•droite une concrétion , du volume d'un œuf de poule, de la consistance du ris de veau cuit, et Irenfermant deux ou trois petites cavités ; 6.^ deux petites hydatides, attachée» au ventricule droit, tQut près de l'orifice de l'artère pulmonaire.

§. 1055. Quant à lamanière dont ces concrétions se forment , elle dépend de la concrescibilité du SJMAg, bqueUe est, comme nou«^ l'avons indiqué ailleurs (§. 3o8, n.'' a), un effet de la force plastique.

-C^tte propriété toute vitale, qui, sans doute, est ea rapport avec l'énergie dont jouit le cœur luiniéme, produit probablement aussi l'adhérence aux cavités de ce viscère» Ce n'est donc pas par l'effet d'une inflammation que cette dernière a lieu, et les cpncrétions ne s'identifient pas avec les parois du cœur; d^ou il résume aussi que c'est abusivement que les anciens leur donnaient lè.ndm de polypes,

1 RicUAKD Blowv Chestoh, Lonê. jriedic, Journ. ^ 1785. S. ît»5.

9 Âfed^and chir. t$$ay^ Lond.» 1796, p.iaS,

ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCULK. SS^T

ks assimilant aux excroissances des 'membitmies muqueuses.

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