CHAPITRE !Y
De la coloration dif la membrane interne des
artères.
S* 10€1. Celte ccJoration, qm appartient aux ar-» tères comme aux veines, est tantôt (Pun rouge écarkle , tantôt Sxm rouge violet , tantôt d'un rouge brun et tantôt d'un javae safran. Ces diverses oonlenrs ont ceci de commun, qu'ioUcs teignent la membrane in-' terne des vaisseaux sangmns d'une manière égale et uniforme, et qu'elles ne passent prâit'aux autres tu-» niques dont ces vaisseaux se composent L'absence complètB de toute aiutre iliéraitton dbns cette même membrane a frit penser que sa coloraticm n'était point le résultat d'une inflammation, mais bieo d'une imbibàtion, qui a lieu après la mort; et méiné pendam la ne des individus. Ainsi Laen if kg dit ex-^ pressément que, ni la coideur écarlat^, ni la couleur violette de la membrane interne des^ altères, ne sont des signes posilife de l'inflamniatioD; mais qu'elle! pairaîssent proehntés par le sang. Cette couleur; a}Oiue*t»-il, est phis ptomwcée chea les sujets qijd tait snocombé à des fièvite adynaÉnques, à un* etiH pkysème du pounaott et à des makadîes du ceeuri Suivam M/GendmMS la membrane interne des ar^ tères, quelque nooge qu'elle soit, n'est point en-^ flammée^ st eHe n'est pas en même temps tuméfiée ou altérée <f une manière quelconque dans son tissu;.
§. 1062. 'Cette opinion est confirmée par les ob» . ^ — ^ ■ ■■■ — i ■ ' ■
1 Hitt. aaa^* dè^ iuflammalioni^ $• ^9(>
54o ^ LITRE' Il ' '
servations de MM. Rigot et Troosseait, faites sur les cadavres des cheyaux S et dont voici le précis : Plus il s'est écoulé de temps entre la mort et Texamen des parties, et plus la putréfaction est avancée, plus aussi la couleur rouge est vive. L'intérieur des vaisseaux se colore toutes les fois que le sang est dans de certaines conditions, c'est-à-Are qu'il est noir, dissous et peu riche en sérum. Ce sang ainsi constitué j colore en rouge l'artère d'un animal qu'on met en contact avec lui La coloration de la men^ brane interne peut même se fidre pendant l'état de vie, p^T exemple dans les fièvres typhoïdes, dans lesquelles le sang, évidemment *altéré, rou^C d'autant plus les vaisseaux qu'il est [dus dissous. Cet effet dépand aussi de la position donnée au cadavre; ainsi les vaisseaux qui se distribuent dans les mentk>res des chevaux ne sont point rou^s tant que ces animaux sont placés sur le dos.
Ces observations ne me paraissent point infirmées par celles faites par MM. Di7PU y y Girard , fils , Bo v* hEY et Andral^, qui attribuent à un état inflamitfa* toire la vive rougeur troufvée immédialement apoès la mort sur des cJsevaux à l'intérieur du coeur et de* artères. Car pourquoi cette coloration ne provieitdi^ait-elle pM du sang altéré daùs^ l'^izoôtie à. laquelle ces animaux avaient succmabé ?
§. 1063. J'ai nombre de fois râicontré la coIoiqh tion en rouge brun de la membrane interne des arr
1 Arch. gén.^ 1. 13, p. 169, '333^ t. i3, p. 4^1 ; t. i4f p- 3ai. 9 PHcis d^anatomie pathologl^'e j t. l y p. 33i.' '
ANÀTOUIE FJOHOiJOmqjJE SPÉCIALE. 54 i
l^es, mais sans auoun autre changement dans la tez«tiire de ces Taîsseaux, et il m'a paru qu'elle étaiten raison directe du retard que je mettais à l'examiner. Avais-je, par exemple, à disséquer le& nerfs ganglionairesdu bas-yentre,-ce qui demandait plusieurs jours de travail, l'intérieur, des artères était plus coloré le second jour que le premier; le troisième plus que le second , et ainsi de suite. Cette couleur ne passait point aux autres membranes, mai^ tranchait parfaitement sur elles. Tai trouvé aussi que dans ces cas la tunique interne était plus Êicile à séparer de la. tunique moyenne, probablement par l'effet d'une décomposition commençante»
S- 1064. J'ai déjà dit plus haut (§. 695, p. 9. de ce volume) que j*ai trouvé la membrane interne de i'artère pulmonaire et de l'aorte d'une belle couleur jaune safran sur un enfant mort d'endurcissement du tissu cellulaire. Ce phénomène était vraisemblablement dû à une imbibition du sang, qui, dans cette maladie, est riche en matière colorante jaime.