‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 69 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De Psnflammaiion des artères , ou de Tartiriie^

et de ses suites.

§,1065. Après avoir traité de la coloration de la membranç interne des artères, qui simule un état inflammatoire dans ces vaisseaux, nous allons examiner leur inflammation réelle, qui se distingue de la simfde coloration par l'irrégularité de leur rougeur, rinjeciion pointUlée ou arborisée de Ifurs tu-

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4»qms 9 FJ^isntseinent de lemn fmréà^ kpréftnoê des caillots solides, des finisses mcmbnoies et du put dans leur tntériear, etc.

Si 1666. L'aiténte, Tagueineiitindi^iuée parAïuhiSs j>c Capfadoce ^, a été constatée par les recherches des kuodemes. P. Frank ^et après lui Spangetibeiig^ disent l'avoir rencontrée sur des individus morts dt fièvreinflammatoire. On cite Tobservatiqn d'on jeuns hoqnme , ^ujet à différentes maladies de poitrine et k des palpit8ti(Mis du cœur , dont le cadavre présenta Tartère aorte enflammée dans Tétendue de six pouces, fim* un ouvrier mort d'un uloèrf de Tavant-hras^ott trouva une inflammation aux troncs artériels et vei* neux. Bl Bouillaud a vu la surfiice interne de raorte rouge et upissée d'une pseodo-membrane des mieux caractériséeSi La même observation a été fiiite par PARKB4 : une pneumonie s'était propagée jusqu'à l'artère a0rte>, dont la membrane interne était d'un rouge foncé, et qui offrait un épanchement lym^phatique considérable dans sa cavité ; la matière épanchée était imie d'une manière intime à la mem- * brane interne du vaisseau » et une partie avait passé jusque dans l'artère sous-davière gauche, qu'elle obstruait presque entièrement. Hodgson ^ a égale-

1 Sous le nom de Trct^ttn eigrfgtn* Curât, aeut,^ 1. a, part. 7» p. 108. EdiU Boerk. Lagd. Bat., 1731. y

1 Epiât, àê «oi*. Aora* morh,^ 1. 1, {-. tiS*

3 Honiiy yirch, f, d, med. Erf,^ >^o4^ ^' 5^ ^. 269.

4 HoDGioH, Trftité des maladies des artères et des yeîoesi irad. par Brbsghet) t. 1, p. d.

5 JL» Ct^ p. 6:

ANATOMIE PATHOLOGIQUE SWÈCXAhE, $4'

ment olnervé cette teodeace <pi'ont les artères à r^iphlogose dans les cas d'inflanunations violentes des viscères de la poitrine. Ches un malade Taorte était d'une couleur écarlate foncée, et un peu au* dessus des yalvules semi- lunaires le tissu cellulaire qui lie les différentes tuniques de l'aorte, étaif uh» filtré par de la Ijmphe. Parmi des cas analogues qu'a rencontrés Portal^ laorte pectorale d'un jeune homme mort d'un exanthème aigu répercuté, était très-rouge, tuméfiée et moUe, particulièrement à sa membrane interne.

§• 1067. Une observation très-rare est celle d'une artérite congénitale sur un fœtus monstrueux ^. Cet enfimt , chez lequel la masse cérébrale était remplacée par un vaste sac membraneux, rempli de sérosité et eur lequel se ramifiaient les artères et les veines , avait la carotide primitive gauche altérée ; ses parois épaiseies 9, enflammées , rouges à leur sur&ce interne ; la cavité de cette artère était rétrécie par du sang eo»gttlé qui lui était fortement adhérent La carotide primitive droite partageait cette affection , quoique à un moindre degré.

§. 1 068. Ces exemples attestent la réalité de cette espèce d'inflammation des artères, qui a pour caractères anatomiques une coloration, une infiltra* tion , un épaississement de leurs parois , avec présence de lymphe coagulable dans leur intérieur» Ceux qui annonc^at l'existence du pus dans cea

1 Cours (Tanat. mià.) t. 3, p. 197.

a MiG&tL, Deuu^h. ArcKf. d, PhgrsioL^ B. 7, ffft» 9, S- 4>7<

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«atMeaux ou entre leurs tniiiqiies^ ne sonlpas moins eonstana.

On a TU sur une fismoie, morte à la suite* d'un avortement laborieux , les parois des. altères et de» veines spermatiques rouges, épaissies , et leur cavité reoaplie de pus. En examinant des. poumons de phthisicjues , j*ai rencontré de la matière purifome dans les artères qui rampaient autour d'une vomique. Ce fait, que feu M. le professeur Lauth con»tata.avec moi,, me surprit d'abord beaucoup, et je craignis de m'étre trompé, jusqu'à ce que j'easse connaissance des cas rapportés par Hdkter , qui avait aussi constaté la présence du pus dans les Yai$seaux pulmonaires voisins d'une vomique. U y a cette différence entre mes observations et celles du célèbre anatomiste anglais, qu'il a trouvé la madère purulente dans les veines, tandis que c'est dans les^ artères que je l'ai rencontrée. Cette matière peut aussi se trouver entre les tuniques dont ces vaisseaux se composent Ainsi M. Amdral ^ a vu la membrane interne de l'aorte soulevée par une demi-dousiine de petits abcès, remplis d'un pus semblable à celui du pblegmon ; fiât que j'ai aussi constaté sur une aorte anévrismatique. Quelques gouttes d'un fluide que, pour la couleur et la consistance, je pourrais comparer à une crème liquide , s'écoulaient des mcisions que je pratiquais à des espèces de petites poches à parois, lisses ; ces «mtoies poches , très-' multipliées, se faisaient remarquer, à la fiice interne

1 Oini^nc. médicale \ ;i.* édit., t. i y- p. Sy.

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de l'artère, soùs la forme de taches jatinâtres, couleur de paille, qui alternaient avec d'autres taches de cpuleiir rouge. Ces deraières résultaient de la tCQiique interne du vaisseau, épaissie et changée, pour ainsi dire , en lamea car^agineuses. Cependant les taches jaunâtres dont je parle, ne sont pas uniquement le résultat dès petits abcès ; elles peuvent dépendre dWe autre cause, conune je le dirai plus tard.

§. 1 069. On prévoit d'avance que les petits dépôts formés entre la tunique fibreuse et la tunique in* terne de Tartère, finissent par éroder cette dernière et par produire un ulcère. C'est précisément ce qui a été observé. M. Andral ' en a vu de très^nombreux dans l'intérieur de l'aorte; ils étaient arrondis, de la dimension d'une pièce de cinq sous et très-superfirciels. Les bords de quelques-uns étaient marqués par un cerolte rosé ou brunâtre; la tunique fibreuse en formait le fond. M. M ecrel^ a trouvé une artère aorte ulcérée , extrêmement inégale et déchirée. Les cavités formées par l'ulcération dans les parois du tube artériel , étaient remplies de pus blanc, et dans les intervalles qu'elles laissaient entre elles, on voyait des portions décollées de la timique interne qui flottaient librement dans le canal. Ces lambeaux et les parties.de la tunique interne qui adhéraient encore, étaient épaissis, tuberculeux; mais il n'y avait nuUe part ossification. En enlevant le pus, on laissait à nu-

1 Précis d^anatomie patholog.j t. a.

a Arcb. gén.j t. ai, p. 4^3.

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