‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 71 sur 88 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De répaississement des artères^ ou de Variério-

sclérose.^

§.1076. Cette maladie consiste dans une augmentation d épaisseur et de dureté des parois artérielles sans ossification. Cet épaississement est ordinairement très-considérable, au point que, si- les parois de Tartère ont. dans l'état naturel une demi-ligne d'épaisseur, dans cette maladie elles en acquièrent une d'ui^e ligne et demie et même de deux lignes. Kien pourtant ne lannonce à Textérieur. En exa* minant la surface interne de l'artère, on la trouve inégale , mamelonnée et parfaitement semblable à la surface externe de ces os frappés d'ostéosclérose, et dont il a été question plus haut (§. 674)- Le^

- 1 Nom compose ^artère et de vitMoùffi^t épaissùsemtnt avec iniuratipm.

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matoelons dont il s'agit sont séparés les ans des autres par une infinité de sillons qui n'affectent aucune direction régulière, et contribuent à rendre raboteuse la surface interne du tube artériel. Indépendanin^ent de cette disposition , l'artère offre encore un changement dans sa couleur ; elle est d un jaune paille y alternant avec le rouge brun.

§. 1076. L'artériosclérose ne se rencontre que ()pns les très-gros troncs , à la crosse de 1 aorte, à l'aorte pectorale et un peu à l'aorte ventrale. Je i^e l'ai jamais observée aux artères de la moitié supé^ rieure du corps; mais celles de la moitié inférieure t en m'offrant encore des irrégularijtés, les présentaient néanmoins sous une forme différente » savcnr sou» celle de replis transversaux , donnant à ces vaisseaux un aspect analogue à la surface interne d'un vagin dont les rugosités ne sont pas enéore effiicées. Au reste , .cette maladie n'est point circonscrite à une petite portion du tube artériel ; mais elle rè^e dans une grande étendue, par exemple dans toute la longueur «de l'artère aorte. Loin que ce vaisseau soit ré* tréci, il est au contraire di|até>de sorte que l'artériosclérose s'unit à l'artériectasie.

§^ 1077. Lorsqu'on dissèque avec attmtion l'artère malade, en procédant du dedans en dehors^ on trouve d'abord que la membrane interne a acquis une épaisseur considérable^ qui varie depuis un tiers de ligne jusqu'à trois quarts de ligne,, et qu'elle est d'une densité qu'on peut appeler coriace ou demicartilagineuse : c'est aussi cette membrane épaissie qui est de couleur de garance» Cependant ce n'est

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pas elle seule qui produit les mameloiis de la sur&ce interne de lartère : ceux-ci dépendept en outre, 1.^ de plaques jaunâtres, sèches, sans structure fibreuse, et paraissant être des fragmens de fausses membranes enchâssées entre la tunique interne et la tunique moyenne ; a.^ des portions de cetie tunique moyenne hypertrophiée , reconnaissables à leurs fibres circulaires, mais dont la couleur est devenue plus pâle^ 3.^ d'une matière jaunâtre, comparable à la purée de pois, interposée entre la tunique interne et la tunique moyenne , ou infiltrée entre les lames de cette dernière, dont la présence a déjà été reconnue par MorgaGni^ confirmée par Hodg« 60N', Charles Bell^ et par plusieurs autres, et qui a été désignée sous le nom A'athéromaieasé ou de tuberculeuse; 4-^ de squames osseuses, mais dont la présence n'est qu'une circonstance accessoire , puisque Tartériosclèrose peut exister sans ossification et réciproquement Je puis dire même n'avoir jamais trouvé dans les artères ossifiées l'aspect mamelonné qui caractérise leur épaississement ; d'où il suit qu'on ne peut considérer celuici comme le premier degré de l'ossification.

§. 1078. Ne découvrant dans la maladie que je viens de décrire aucune injection sanguine, ni aucune trace d'inflammation, je ne puis pas l'attribuer à un travail phlogistique, mais je la conâdère comme

1 Epist. anat, 37, art. aS.

a Maladies des artères et des veines \ p: 37.

3 Zergliêd. il, m^iuehi. Korp,} S, 177.

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le résultat d'une nutrition pervertie, conséquemment d'une plasticité morbide , produite par des causes que je ne puis déterminer. Je ne peux non plus signaler les accidens que cette altération doit occasioner, ni les signes auxquels on peut la reconnaître. Je l'ai une fois trouvée sur un individu grand, mai* gre et sec , tourmenté pendant plusieurs années de vertiges, annonçant une attaque d'apoplexie, dont il mourut effectivement Toute l'aorte était uniformément élargie , ses parois épaissies , et sa surface^ interne inégale , raboteuse et mamelonnée.

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