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CHAPITRE PREMIER

De la dilatation des veines^ de leur état variqueux ou de la phlébectasie^ et de leur rupture.

§. 1125. La phlébectasie ^ peut affecter toute une portion du système veineux, par exemple toutes les veines d'une extrémité inférieure , celles de la région précordiale, la veine poi*te abdominale : la dilatation s'étend alors uniformément du tronc dans les rameaux ; d autres fois les vônes , dilatées seulement dans certains points , forment soit des nçdosités » soit des saillies arrondies, soit des tumeurs isolées et circonscrites , qui reçoivent le nom de varices ou de tumeurs variqueuses, de renfiement variqueux.

§. 1126. Les exemples qui constatent les dilatations de la première espèce sont très-nombreux. On a vu la partie thorachique de la veine cave inférieure tellement dilatée, qu'elle avait entièrement déplacé le cœur 3. Le cadavre d'un phthisique offrait une dilatation considérable de la veine azygos , dont le diamètre égalait celui de la veine cave ^. Portal a trouvé chez un hypoeondriaque mort d'une fièvre lente après la suppression d'un flux hémorrhoïdaly la veine porte si distendue, qu'elle avait la capacité d'un intestin. Chez une femme attaquée d'induration des ovaires et de carcinome de la vessie, M. Pcchelt a rencontré la veine cave inférieure tellement dila-

i Composé de ^Af*^, veine, et dUKTtiWtÇy dilatation. a MisceU, nat. curios.^ t. 5, déc. i, Tol. 4<>> 3 MoRGAGifiy epist. anat, a6y n." ag.

ANATOMIC PAtHOtOGlQCE SPÉCIALE. 6oS

iée entre le cœur et les veines iliaques, qu'on pouvait commodément y introduire les trois doigts de la main^ Dans des cas de cette espèce Albertihi^ s remarqué comme symptômes un pouls large et in«* termittent, et BuaNs^, dans une dilatation de la veine cave inférieure, une pulsation ondulatoire de l'épi*gastre. Dans un autre cas, où les deux veines caves étaient dilatées, il y avait des attaques répétées de dyspnée, avec cyanose de la face et des mains, et œdème des pieds. 4

§•1127. Une pareille dilatation peut amener une rupture de ces vaisseaux. Sur un individu qui dans les derniers temps de sa vie rendait plusieurs livre» de sang par le haut et par le bas, Brassavola a trouvé la veine splénique énormément dilatée, et Festomac, ainsi que les intestins, remplis de sang^. M. Larrey^, de Toulouse, a ouvert le cadavre d'une femme dont la cavité péritonéale était remplie d'une grande quantité de sang noîr et fluide à la suite d'une rupture de la veine cave. La mort avait été précédée de douleurs abdominales excessives, d'anxiétés, de sueurs froides et visqueuses , de syncope, d'intumescence du ventre , de vomissemeQg. Des attaques de nerfs h la suite d'affections morales avaient déterminé cette maladie. Outre ces exemples de rupture de la veine ■ ■■■■II. II. ■ ■ I ■ I I lÉ II I .111 i.^—^»»^»

1 Dos P^enensjrstem ; S, iS'j»

9 Opuêo, ex edit. Rombbkg. Beroi,, iSaS, p. 18.

3 yon den Hertkrankh,; Uehers.j S. 3o5.

4 HuPBLÂSD^f Journ, der prakt, uirzneyk.^ B» Sf S^ 899.

5 R0R8IBR1, Inêtitut. med.} i, 4» P* 29**

6 BuU. des sdcnc. mëd. ; t. 10, p. 6S.

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cave^ une foule d'auteurs ^ ont constaté celle dêi Teines pulmonaires, des veines du coeur, des jugulaires, des sinus cérébraux, de Tazygos, des veines^ du bras, de la veine porte, des iliaques primitive» diez les femmes grosses, des veines du plexus spermatique interne , enfin des veines des extrémités in-' fisrieures.

§. i 128. Il est vrai que la cause de la rupture n'est pas toujours due à la dilatation seule , mais à la friabilité ou au ramollissement des parois veineuses. Cette phlébomalacie ^ observée par M. ândRàl^ tant sur la membrane moyenne que sur la membrane interne^ et avec diverses nuances de coloration, rend le vais-< seau si facile à déchirer, qu'il se rompt par la trac-^ tion la plus légère.

. §. 1129. Les tumeurs variqueuses attaquent préferablement les veines des extrémités inférieures: elles consistent dans une augmentation de vohune et de dureté de ces vaisseaux, qui décrivent alor» des sinuosités nombreuses et de brges plexus. Quelquefois les vances arrivent à un volume tel, qu'elles? finissent par s'ouvrir et par donner lieu à des Jiém(M*rfaagies fort redoutables. D'autres fois la peau qui les recouvre s'amincit, s'enflamme et contracte avec le vaisseau des adhérences intimes.

§. 1130. M. Briquet 3, qui a fait de l'état variqueux des veines une étude particulière, admet,

1 Cités dans TouTrage de M* Otto, ttanâb. d, piuhol, AntiH^i S. 353 u. 3S4.

9 Précis d^anat. pathol.; t. a, p. 9^ et 3 96. 3 ArchÎT. gén.j t. 7» p. mo.

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1,° une simple dilatatioji, dans laquelle ces Tais^. «^ux soDt plus amples que dans l'état normal , sans qu'on remarque aucun changement de tissu dans leurs parois ni perte de contractilité pendant la vie; x^ une dilatation uniforme , avec épaississeraent , dans lequel la veine dilatée prend la texture de» artères , et offre un orifice béant lorsqu'elle esl coupée en travers : elle présente à sa sur&ce interne des rides longitudinales régulières, formées par la tonique interne, tandis que la tunique moyenne eat.véritaUement hypertrophiée, et formée, conune dans les artères, de fibres transversales épaisses, qu'on peut détacher par fibrilles; 3.^ une dilatation inégale, avec épàississement ou amincissement. Dans cette dilata? tion les veines sont peu sinueuses; elles sont fosiformes , se renflent et se rétrécissait insensiblement Les pUs de la membrane interne ne sont plus régulièrement longitudinaux , mais plus ou moins oUiques ; cette membrane est amincie, et presque nulle dans certains points ; dans d'autres les fibres sont ramassées par paquets. On a aussi remarqué que dans ces cas le vaisseau veineux s'aplatit et repré* sente un ruban aminci et comme festonné sur ses côtés , qui offrent une suite de petits enfoncemensj, marqués par des lignes rentrantes, comme dans le^ gros intestins.. A mesure que l'altération augmente, ces lignes rentrantes font décrire des courbes .à la veine , et la cavité est alternativement renflée et ré^ trécie, garnie de loges latérales assez semblables aux vésicules spennatiques. A ce degré de la maladie les parois se. désorganisent, les .fibres de la membrana

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mojenne n'exisient plus dans beaucoup cPeddroiu, la membrane interae est épaissie et les valvules en partie détruites; la tunique externe est également épaissie, et le tissu cellulaire, denae et blanc, qui l'unit aux parties voisines, maintient la courbure de la veine.

§. 1131. Tomes les veines sont susceptibles de dilatation morbide, mais particulièrement les veines fious^utanées de l'extrémité inférieure. Après elles viennent, dans l'ordre de leur fréquence, les veines du bassin , telles que les hémorrfaoïdales , les utérines , les vaginales , les vésicales , les spermatiques ; puis les veines superficielles du cou, et enfin les veines du cuir chevelu et des lèvres.

§.1132. La phlébectasie partielle s'observe rarement avant l'âge de trente ans : elle est plus firéquente chez l'homme que chez la femme ; elle attaque facilement les individus qui se livrent à des travaux pénibles, et chez lesquels la position verticale est l'attitude la plus ordinaire. Quant à la cause efficiente, M. Briqult, en rejetant les causes mécaniques qu'on avait assignées à la maladie, admet un afflux d'humeurs , par lequel les parois de la veine se ramolHssent d'abord, puis augmentent d'épaisseur, et enfin deviennent le siège de l'hypertrophie.

•§. 1133. Quant à l'état du sang daus les varices^ on le trouve tantôt fluide et s'écoulant en totalité après l'incision du vaisseau, tantôt plus ou moins coagulé et de couleur rutilante. Les veines internes, surtout celles qui se ramifient dans le bassin, renferment de petites masses polypeuses, contenant sou*

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Tént un noyau dense et fibnneux susceptible de se changer en concrétion dure et calcaire. Les varices des veines hémorrhoïdales , ou les boutons hémorrhoïdaux proprement dits , rentrent dans la même catégorie. Leur examen anatomique m'a appris, 1.^ qu'exactemem placés l'un à côté de l'autre au pourtour de l'anua, ils formel par leur arrangement une bande circulaire de plusieurs lignes de largeur; a!* que , situés »itre la membrane musculaire et la membrane muqueuse de l'intestin rectum , ils sont intimetnaat adhérens à la première ; 3.^ que cette membrane s'identifie avec les parois de la veiné, qu'elle s'use peu à peu , et qu'elle finit par se rom« pre. J'ai reconnu de plus que ces boutons, en inter^ oeptant la circulation du sang, font à l'égard du vaisseau l'office d'une ligature, et qui en entraîne peu à peu l'oblitération totale (§. 53i).

§. 1134. Une dernière cause de dilatation des veines , est l'irruption du sang s^ériel à la fiiveur d'une communication établie entre une artère et une veine, le plus ordinairement après une saignée du bras, dans laqudle l'instrument, après avoir percé de part en part la veine, a blessé aussi l'artère brachiale. Lorsque ces plaies , fiâtes dans les deux vaisseaux, conservent leur parallélisme, il se fi>rme une adhérence entre elles, et le passage reste constamment ouvert au sang de lartère dans la veine. liOrsque, au contraire, ce parallélisme manque, on a vu s'établir entre la veine et l'artère une poche ou xxa anévrisme fiiux circonscrit, qui servait d'intermédiaire entre ces vaisseaux. Ces cas, connus sous

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le nom &anévrismê variqueux ou de Viorice anêi>ris^ male^ et dont h ppemière description est dne à W; HuNTSR 1, ont été tant de fois observés et décrits dans les ouvrages de chirurgie, que je m'abstiens d'y insister plus long-temps. Je me bornerai à dire que ce n'est pas seulement à la suite de blessures que se forme cette maladie , elle peut aussi résulter de la rupture d'un sac anévrismal dans une veine avec laquelle il avait contracté des adhérences. Je trouve dans un ouvrage récent un exemple extrêmement remarquable^ d*un anévrisme total' de la crosse de l'aorte, qui s'est ouvert dans la veine cave supérieure. La cloison qui séparait les deux vûsseaux avait une épaisseur de deux lignes, une dureté presque cartilagineuse ; elle était percée d'un trou triangulaire ,- dont la base avait sept lignes et la hauteur trois lignes et demie.

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