‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 3 sur 75 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Endurcissement du tissu cellulaire,

§. 591. Cette maladie, qui a aussi été désignée sous les noms à'œdématie concrète , de sclérème (Chaussier) , de squirrhosarque, a été observée pour la première fois par les médecins français,

Bordeu, Andry1, Auvity2, Souville3, Naudeau et Doublet 4 qui lavait étudiée à l'hôpital de Vaugirard, recueillirent et publièrent les premières observations relatives à cette affection. Plus tard Moscati5 écrivit un mémoire sur le même sujet. En Angleterre, Underwood6, Denman et Hulme7; en Allemagne Stûtz8, Lodemanr 9, Carus 10, Hasper n9

i Hist. de la Soc. roy. de médecine, t. 7, p. 207.

2 lbid. , t. 9, p. 328.

3 Journ. de méd., de chir. et de pharm. $ Octobre 1788.

4 Réflexions sur les différentes affections des nouveau nés. Journal de médecine 5 Avril 1785, p. 4/7-

5 KuhVs und Weigel's Ital. mediz. chir. Biblioth. $ B. 2 ? Sui, S. 85.

6 Treatise on the diseases of child. Lond. , i 784 5 p° 77-

7 Hist. de la Soc. roy. de médecine, t. 9.

8 Hïïfeland's Journ. der prakt. Heilk.} B. i4? St. 4? S. 3a.

9 lbid. , B. 3 1 , St. 1 o , S. 5 7.

10 lbid., B. 42, St. 2, S. 110.

11 Ibid^B, 56, St. \,$. 60.

Horn * , Reddelien 2 , s'en sont occupés. Dans ces derniers temps elle a été examinée par MM. Billard3, Breschet4 et Théodore Léger5. Ce dernier a publié une thèse inaugurale renfermant le résultat de deux cents histoires de cette maladie et de plus de cent quatre-vingts ouvertures cadavériques.

Cette altération organique du tissu cellulaire est propre aux enfans nouveau nés: elle se montre principalement aux extrémités supérieures et inférieures, aux joues, au pubis , à la vulve chez les petites filles , et au scrotum chez les petits garçons6. On avait même prétendu qu'elle ne pouvait se rencontrer qu'aux endroits que je viens d'indiquer; mais j'ai constaté sa présence au cuir chevelu des enfans nouveau nés.

Lorsque l'extrémité inférieure en est le siège, on observe toujours une convexité à la plante des pieds.

Lia peau ne retient pas l'impression du doigt, et elle a une couleur de cire. Toutes les parties affectées sont froides et difficiles à réchauffer.

Lorsque la maladie n'est point congénitale, elle commence souvent immédiatement après la naissance, et dure environ sept jours; cependant Doublet Ta vue arriver au treizième jour, et se prolonger jusqu'au quarantième.

i ^ircliiv. fur rtied. Eifahr., i8io* B. 2 , S. 109. «

2 Samml. klein. Abhandl. uber die Rose und die Verhârt. des ZeLlgew. Lùbec.k und Leipzig, 1802.

3 Archiv. gén. de médecine; t. i3, p. 204.

4 Revue médicale, t. 9, p. 307.

5 Consid. sur l'endurciss. du tissu cell. Paris, i8a3.

6 Léger, 1. c. ; observ. 3.

L'endurcissement du tissu cellulaire n'est pas accompagné de fièvre ; cette maladie règne le plus fréquemment dans les saisons froides et humides du mois d'Octobre au mois d'Avril. Il est rare qu'on la rencontre dans la pratique civile, mais elle est assez fréquente dans les hôpitaux. Elle est quelquefois compliquée de l'érysipèle, mais plus souvent de l'ictère des nouveau nés.

Les enfans malades n'ont aucune vivacité; ils ne crient pas, mais poussent des gémissemens sourds et plaintifs. Souvent ils sont plongés dans un assoupissement continuel. Suivant Andry, plusieurs sont sujets à des contractions spasmodiques des muscles des extrémités et de la mâchoire inférieure, ce qui les empêche de se nourrir; aussi dépérissent -ils promptement, et meurent-ils dès les premiers jours.

Cette maladie est en effet très- meurtrière; ordinairement les enfans s'éteignent sans éprouver de douleurs , ni symptômes d'une affection aiguë. Leur respiration devient lente et difficile, quelquefois aussi ils sont attaqués du trismus ou même du tétanos. De quinze malades que j'ai observés dans un espace de dix ans, je n'en ai vu réchapper que quatre. En 1809 on n'en put sauver, à la Charité à Berlin , que deux sur vingt-sept K Dans l'hospice d'allaitement et des enfans trouvés de Paris, la mortalité était dans ces dernières années d'un sur trois.

§. 592. Lorsqu'on examine anatomiquement les parties malades, on voit que la graisse est endur-

i Hufeland's Joum. der prakt. Heilk.^ B. 3o, St. 3, £. 12,

cie, grenue, jaunâtre, et semblable à celle des codions ladres; qu'elle a la consistance des grains glanduleux des glandes conglomérées : on trouve entre ces grains de la sérosité d'un jaune foncé, albumineuse, concrescible à l'eau bouillante; mais elle est peu abondante, ne coule point lorsqu'on incise les parties. Je conviens qu'il est des cas d'induration des extrémités tant supérieures qu'inférieures , où l'incision de la peau et du tissu cellulaire fournit une quantité plus abondante de sérosité; mais alors la maladie n'est pas, comme le pense M. Billard1, l'induration proprement dite du tissu cellulaire ; c'est un oedème ou simple, ou compliqué de cette induration. Je n'ai pu vérifier les observations d'AuviTY et d'UiNDERWooD, confirmées par M. Breschet; observations dans lesquelles ces auteurs ont vu l'endurcissement du tissu cellulaire pénétrer dans les interstices des muscles. Underwood l'a même vu parvenir jusqu'à l'os , et dans un cas jusque dans le tissu cellulaire qui entoure l'œsophage. Je n'ai pas non plus rencontré d'induration dans les glandes lymphatiques, ni de stase sanguine dans les vaisseaux du cerveau et des poumons. M. Breschet a trouvé les veines du canal rachidien remplies d'un sang noir et fluide, ou à demi coagulé, mais qui ne présentait jamais de caillots consistans et fibrineux. Les poumons, et surtout celui du côté droit, lui paraissaient constamment durs, et d'une teinte brunâtre et violette : il s'empresse d'ajouter que cette hépatisation n'est nul-

lement l'effet d'une phlegmasie, mais seulement le résultat d'une stase de sang; ce que confirme d'ailleurs l'observation de M. Léger, qui a toujours trouvé engorgé le poumon du côté sur lequel on avait couché l'enfant. Le même anatomiste a remarqué les particularités suivantes : Le cœur constamment plus volumineux que dans l'état naturel ; ses parois souvent épaissies et fermes , et ses cavités distendues de sang. Le canal alimentaire n'offre que des altérations insignifiantes dans sa coloration; mais on a observé que ce canal a moins de longueur que dans l'état normal. J'ignore si cette disposition, qui n'a point, que je sache, été confirmée, est liée à la maladie qui nous occupe. Le foie, plus volumineux que de coutume, est gorgé d'un sang noirâtre; la vésicule du fiel est remplie d'une bile brune très-foncée.

§.593. Dans l'impossibilité de rapporter ici tous les faits qui se sont présentés à mon observation, je me bornerai à citer le suivant, qui est en même temps le plus récent.

Une femme de vingt-cinq ans, forte et sanguine* parvenue au huitième mois de sa première grossesse, accoucha naturellement et avec facilité à l'hospice de maternité de l'hôpital civil, le 6 Août 182g, d'un enfant du sexe féminin, lequel pesait trois livres et demie, et était long de seize pouces et demi. Cet enfant fut affecté , dans la nuit du second au troisième jour, d'un endurcissement presque général du tissu cellulaire. Le huitième, au matin, on trouva toute la peau d'une dureté remarquable, au point qu'on pouvait à peine la déprimer avec 4e doigt ;

tout le corps était d'une couleur rosée, excepté la paume des mains et la plante des pieds, qui avaient une couleur violette; les extrémités, surtout les inférieures, étaient froides. Les paupières étaient d'un bleu foncé, la conjonctive d'un rouge intense; les lèvres bleues ; le reste de la face rouge. L'enfant se plaignait peu; il jetait par intervalles des cris plaintifs et faibles. La respiration ne paraissait point gênée; il refusa le sein, et rejeta une cuillerée de lait qu'on essaya de lui faire avaler. Il n'eut pas de selles spontanées , mais à l'aide d'un lavement il rendit une grande quantité de méconium.

L'enfant mourut trente heures après l'invasion de la maladie. L'examen du cadavre fut fait vingt-neuf heures après la mort: la peau était d'une teinte uniforme, légèrement jaunâtre; les paupières et les lèvres bleues; les conjonctives rouges et boursouflées, et les extrémités d'une roideur remarquable. Le tissu cellulaire de ces parties était durci et semblable, par sa consistance , aux granulations d'une glande conglomérée. Les muscles étaient pâles 7 durs et d'un aspect lardacé; le grand pectoral surtout offrait une densité remarquable, Le tissu "cellulaire intersticiel des muscles ne présentait pas d'altération. Les vaisseaux des membres étaient exsangues ; les cordons nerveux dans l'état ordinaire; les glandes axillaires rouges, de la nuance du termes minéral. Le tissu adipeux du tronc était dans l'état naturel; enfin, celui des extrémités supérieures, outre l'induration 5 était infiltré d'une sérosité jaunâtre.

Le canal alimentaire du pharynx à l'anus mesu-

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rait sept pieds et demi, c'est-à-dire un peu plus de cinq fois la longueur du corps. A l'extérieur l'estomac et l'intestin grêle ne présentaient rien d'anormal, le gros intestin était jaune et contracté. La membrane muqueuse gastrique était assez molle, et se détachait facilement des autres membranes : l'estomac, le duodénum et le jéjunum étaient remplis d'une substance grisâtre, ressemblant à du chyme. Le reste des intestins grêles contenait des matières fécales , d'abord jaunes , puis verdâtres. Le gros intestin était rempli d'un mucus grisâtre. Les viscères ne présentaient aucune trace d'inflammation. Le foie et la rate étaient dans l'état naturel , néanmoins un peu plus foncés en couleur. La vésicule du fiel contenait un mucus jaune assez épais. Le diaphragme était d'une densité remarquable, comme si ses fibres, pâles et jaunâtres, s'étaient trouvées dans un état de contraction prononcée. Les poumons, parfaitement sains, n'offraient que cette infiltration sanguine de leur partie postérieure, phénomène purement cadavérique; le cœur renfermait, dans sa cavité, des caillots de sang noir. La valvule du trou de Botal était extrêmement fine et ouverte à sa partie supérieure; la membrane qui tapisse les cavités cardiaques avait sa couleur naturelle, mais à l'origine des gros vaisseaux elle prenait subitement une couleur très-vive de jaune safran; tout le trajet de l'artère pulmonaire, l'aorte et ses principales divisions, offraient cette même coloration, qu'on ne retrouvait plus dans les artères des membres : cette couleur jaune disparut peu à peu

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par l'immersion des parties dans l'eau fraîche; au bout de quarante-huit heures elle n'était plus que d'un jaune paille. La membrane interne des veines avait sa couleur naturelle.

Le cerveau et la moelle épinière étaient aussi dans l'état normal. La dure -mère de la moelle de l'épine était tapissée d'un tissu cellulaire jaune et muqueux. Les ramifications des artères spinales étaient très-bien injectées.

§. 594. La chimie a essayé de jeter quelque jour sur l'induration du tissu cellulaire chez les nouveau nés. M. Ghevreul l a trouvé que le liquide infiltré dans le tissu cellulaire était très-coagulable par la chaleur, qu'il renfermait une matière colorante jaune; qu'il avait la singulière propriété de se convertir, au bout d'un certain temps, en une masse gélatineuse, qui se moulait sur le vase dans lequel elle était reçue. Le même chimiste dit s'être assuré, en outre, que le sérum retiré du sang des cadavres de ces enfans se comportait absolument comme le liquide infiltré dans le tissu cellulaire.

§. 595. On ne sait rien de positif sur la nature et le mode de formation de cette maladie. Andry, Auvity et Souville l'attribuent à l'impression du froid, auquel sont exposés les petits enfans, et qui, selon eux , ferait figer la graisse. Underwood invoque un spasme des premières voies, qui, en se réfléchissant sur la peau, y produit une contraction tonique, et par suite l'endurcissement du tissu cellu-

i Dissertation citée de M. Léser.

laire. Hulme pense que la maladie est liée avec une inflammation du poumon, dont l'existence est loin d'être démontrée. Doublet soupçonnait qu'elle est due au virus syphilitique, ce dont je n'ai pu m' assurer par ma propre expérience. Stùtz voit sa cause prochaine dans un spasme tonique de la peau, lequel produit un ralentissement et une stase des humeurs. Lodemann trouve de l'analogie entre cette affection et la phlegmasie blanche des femmes en couche (phlegrnasia alba dolensX M. Breschet, ayant trouvé le trou de Botal plus ou moins ouvert y est disposé à attribuer à cette disposition une certaine influence dans la production de la maladie, M. Léger admet un trouble dans la respiration, par suite duquel le sang éprouve une altération telle que le sérum devient non-seulement plus coagulable, ainsi qu'il a été dit, mais se sépare aussi avec plus de facilité du cruor , de la même manière que dans l'anasarque. M. Broussais l , confondant l'endurcissement du tissu cellulaire avec l'érysipèle des nouveau nés, erreur déjà commise par Bénédick 2 et Horn^, range la première de ces maladies dans la classe des phlegmasies; il ajoute pourtant qu'elle ne peut offrir qu'un faible degré d'intensité, vu le peu d'activité du système sanguin dans un âge aussi tendre; tandis qu'il est généralement connu que cette activité est bien plus énergique à cette époque de la vie que

i Examen des doctrines, médicales 5 t. 2, p. 627.

2 Dissert, inaug. med. de tel. cell. indurat. in neonatis obs, Vindob. , 1807.

3 Arch. f. medl Erfahr. , 181c, B. 2, S. 109.

chez les adultes. Une autre erreur, dans laquelle tombe le même auteur, se trouve dans le passage suivant , §. 188 : « Quand le tissp cellulaire , dit-il , « s'engorge lentement de lymphe ou de graisse, en « se durcissant sans offrir les phénomènes de l'in- « flammation, ou après que l'inflammation s'est fc éteinte en eux, ils doivent toujours cet état à ce l'exaltation de leur irritabilité et de leur con- « tractilité, et jamais à un état contraire; c'est une « espèce de sub - inflammation. M Comment est -il possible de trouver dans un état de stase et d'engorgement, tel que celui qu'on remarque dans l'endurcissement du tissu cellulaire, l'indice d'une irritabilité et d'une contractilité exaltées? Tout démontre, au contraire, que ces propriétés sont en défaut. Ne résulte-t-il pas, en effet, de tous les faits recueillis , que cette maladie d'enfans est accompagnée dune langueur des forces vitales ? L'organe qui en est le siège, n'est -il pas celui de tous dont la vitalité est la plus obscure? La circonstance que cette maladie frappe préférablement les enfans nés dans les hospices de maternité, et ceux qui sont faibles et chétifs, et nés avant terme, ne dépose-telle pas également en faveur de cette opinion ? Qu'importe que, suivant Palleta1, le cœur, le poumon et les gros vaisseaux, les sinus de la dure-mère, et en général tout le svstèmç veineux soit gorgé de sang. Ces faits, au lieu de prouver un état inflammatoire, comme le pense cet auteur, n'indiquent-ils

1 Annali universali di medicina. Oct., J\ot\ 18 23,. p. 5.

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pas au contraire une circulation languissante? Enfin, la méthode curative de cette maladie ne consiste-telle pas dans l'emploi des excitans internes et externes ?

§. 596. L'endurcissement du tissu cellulaire n'est peut-être qu'une anomalie de la plasticité dans le tissu adipeux, liée à quelque altération dans la crase des humeurs , comme l'indiquent les expériences de M. Chevreul et la présence de cette matière colorante jaune qui teint l'intérieur des artères, ainsi que je l'ai constaté, et comme l'avait déjà vu M. Léger \ Le travail nutritif, au lieu d'être énergique et rapide, s'accomplit incomplètement et avec inertie; l'absorption est en défaut, les humeurs stagnent, et tous ces phénomènes tiennent en dernier ressort à l'innervation diminuée ou inégalement répartie. En effet, l'innervation peut être enrayée, affaiblie, altérée dans les fonctions nutritives et assimilatrices, et exaltée dans d'autres systèmes. C'est ce qui a lieu lorsque les enfans affectés d'induration du tissu cellulaire sont en même temps attaqués de spasmes tétaniques dans les muscles des membres, dans ceux de la mâchoire inférieure, et, si mes sens ne me trompent, dans le diaphragme lui-même : du moins la dureté et la rénitence de tous ces muscles, sans surcroit de masse et sans augmentation de volume, me forcent d'admettre, dans ces cas, une contraction tétanique pure, et dont les traces ne s'effacent pas même après la mort ; d'un autre côté , l'état

i Dissert, cit., p. 20.

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fluxionnaire ou inflammatoire est si peu marqué dans ces parties, qu'au lieu d'être rouges, je les ai au contraire trouvées pâles , comme si elles avaient été lavées.

Au reste, quoique l'endurcissement du tissu cellulaire se termine le plus souvent par la mort, je ne pense pas qu'il exerce directement une influence si funeste sur l'économie animale, mais qu'il dépend lui-même d'un état morbide antérieur. Ce n'est donc pas l'affection locale qu'il faut avoir ici en vue, le tissu cellulaire pourrait être encore plus dense, sans qu'il en résultât aucun accident fâcheux : ce n'est pas lui qui retentit sur les organes avec lesquels la vie est unie d'une manière intime ; c'est la maladie générale qui produit l'affection locale, et celle-ci ne constitue qu'un phénomène consécutif.

La cause prochaine de la maladie, quelle qu'elle soit, ne me paraît pas agir d'une manière irritante. Jamais je n'ai remarqué de fièvre sur les enfans que j'ai traités, à moins qu'il n'y eût complication d'érysipèle; jamais je ne les ai vus s'agiter; jamais je n'ai vu arriver de convulsions cloniques; toujours, au contraire, j'ai vu la mort arriver lentement et doucement : il semble qu'ils meurent par l'extinction graduelle des forces du cœur.

§. 597. Il existe une autre sorte d'endurcissement du tissu cellulaire, et qui reconnaît probablement la même cause; c'est celui qui a lieu autour de certains organes attaqués d'induration ou de squii rhe. C'est ainsi qu'on voit lépiploon constamment endurci dans le voisinage du squirrhe du pylore, et

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que la graisse est toujours plus dense autour d'une matrice squirrheuse. Plusieurs fois j'ai trouvé autour des reins affectés d'induration de même nature, nonseulement la membrane adipeuse également squirrheuse, mais même les uretères entourés d'une sorte de gaine formée par de la graisse durcie.

Si les organes attaqués de squirrhe sont, relativement à leur énergie vitale, dans un état de sommeil apparent, il n'est pas étonnant que cet état se réfléchisse sur les tissus qui les environnent, et qu'il les y fasse participer plus ou moins. Le tissu cellulaire adipeux qui les entoure, doit donc être affecté d'une torpeur qui favorise beaucoup la sécrétion de la graisse et la stagnation de cette humeur dans les vésicules qui la renferment.

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