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CHAPITRE PREMIER

De la pneumatose du péricarde, ou du pneumopéricarde.

§. 919. Cette maladie résulte de la présence de l'air dans la cavité du péricarde. Tantôt cet air existe seul, tantôt il s'y joint un épanchement de sérosité.

ajSatomie pathologique spéciale. 071

Ce dernier cas est le plus fréquent. Il n'est pas question ici des gaz qui distendent le péricarde des cadavres dont on a retardé l'ouverture, puisqu'ils sont manifestement le produit de la décomposition putride.

Les exemples que j'ai observés le plus souvent sont ceux où les gaz étaient mêlés à la sérosité épanchée dans le péricarde , soit sous la forme dune multitude de petites bulles, soit sous celle d'une bulle très -grosse, qui avait fortement distendu et desséché la partie supérieure de cette membrane. Dans tous ces cas le liquide épanche était limpide et n'offrait pas le moindre signe de corruption.

Lorsque le péricarde est tout simplement distendu par de l'air, et que la pneumatose est pour ainsi dire primitive et essentielle, on observe, suivant Laennec1, pendant la vie une résonnance plus claire au bas du. sternum, et on entend même à une certaine distance les battemens du cœur, tandis qu'à l'ouverture du cadavre la fibre musculaire du cœur offre une grande mollesse. Cette dernière circonstance a été constatée par le docteur Johnson 2 dans le cas suivant.

Un homme de quarante-sept ans , maladif depuis trois à quatre ans, se plaignit d'un défaut d'appétit, d'une diminution de ses forces, d'un sentiment de bouillonnement , de palpitations et d'angoisses dans la région précordiale, d'insomnies et de songes ef« frayans. Son habitude externe était celle d'un indi-

1 Auscultation médiate 5 3.e édit. ? t. 3, p. 27^ 1 Med. chir. Review ; Avril 1825. Hqrn's Areh. f, d. med, Erfahr.j Mai, Juni i8a5, S. 627.

vidu attaqué d'anémie ; la peau avait une couleur chlorotique et un commencement d'oedème; la poitrine donnait par la percussion un son clair; les battemens du cœur étaient faibles et ne correspondaient point avec le pouls. Le malade mourut subitement.

On trouva à l'ouverture du cadavre le corps amaigri, les muscles minces et d'un rouge vif, le poumon et les viscères du bas-ventre sains , mais le péricarde transparent et énormément distendu par de l'air ; le cœur petit et ne remplissant pas même la moitié de la cavité du péricarde; une grande partie de sa subs-tance était convertie en une sorte de graisse; l'autre, très-friable, se laissait déchirer avec une extrême facilité, en la maniant avec les doigts; les parois du ventricule gauche de trois lignes d'épaisseur; sa surface interne^ pâle , et les gros vaisseaux sortant du cœur sans une goutte de sang.

§. 920. Je pense que le pneumo- péricarde ne résulte ni de la putréfaction, ni d'une décomposition d'un liquide séreux, sanguinolent ou purulent renfermé dans le péricarde, mais d'une gazéification vitale, à la suite d'une innervation exaltée ou pervertie (§. 188). Lorsque la collection gazeuse existe avec un épanchement séreux ou autre, je conjecture que les vaisseaux exhalans du feuillet séreux sont montés sur des tons différens et que les uns ne laissent échapper qu'un gaz, tandis que les autres permettent la sortie d'un liquide plus dense et plus consistant (§. 190).

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