‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 66 sur 75 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Du décollement de la membrane interne des artères,

§. 1101. La matière en forme de purée qui se dépose entre les tuniques des artères, les squames osseuses qui s'y développent, le pus qui s'y amasse, les ulcères qui succèdent à ces petits abcès, décol-

1 Rev. méd. ; t. 16, p. 284.

2 Rapport sur les travaux exécutés à l'amphithéâtre d'aiia* tomie; p. 58.

lent et finissent par rompre la tunique interne , de telle sorte qu'en incisant un tube artériel ainsi altéré, on aperçoit à son intérieur un nombre plus ou moins grand de lambeaux, comme si cette tunique avait été rongée par les rats. Notre Muséum possède quelques pièces préparées , qui offrent cet aspect d'une manière très-prononcée. Ce qui a lieu de surprendre, c'est qu'il ne se soit formé ni dilatation ni infiltration sanguine dans toute la longueur de ces vaisseaux. Une seule fois dans un cas d'anévrisme à l'aorte abdominale, on a trouvé la tunique interne épaissie et séparée de la tunique fibreuse dans une étendue de dix lignes.

Une semblable altération ne saurait avoir lieu sans déterminer des symptômes fâcheux. Un mémoire, consigné dans les Transactions médico-chirurgicales d'Edimbourg1, et qui contient treize observations appartenant à des praticiens célèbres , tels que Thomson , Hodgson , Abergrombie , etc. , nous apprend que lorsque la maladie existe à l'artère principale d'une extrémité , on éprouve dans ce membre un sentiment de stupeur, une gène des mouvemens et une faiblesse comme dans une demi-paralysie, mais avec sensibilité exaltée ; en même temps le pouls cesse d'y battre. De là résultent des accidens fort graves, tels que la gangrène, la paralysie et même la mort subite. Quelquefois aussi on a observé de * la dyspnée et une douleur dans le trajet de l'artère.

i John WiliAm Tcrner, Trans. of the med. char, soc.of Edinb. instituted; 1821, n.° 8. Gœtting, gelehrt. Anzeig. ; 90- 11. 91. St.T Juni i83i.

§. 1102. Les ouvertures de cadavres, faites par ces mêmes praticiens, ont constaté les changemens d'organisation qui viennent d'être décrits. La tunique interne s'est trouvée rompue et décollée par lambeaux de la tunique moyenne. Le tissu artériel était le plus souvent ou friable ou ramolli. D'autres fois on s'est assuré qu'une inflammation déterminée par la rupture de la tunique interne, avait produit une lymphe plastique, qui, en se coagulant, était devenue un nouvel obstacle à la circulation du sang.

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