ENVELOPPES DE LA VERGE
racine du gland, on attire celle-ci en môme temps que la muqueuse, jusqu'à ce qu'elle dépasse l'extrémité de l'organe ; puis on applique à ce niveau la pince à phimosis, en la plaçant un peu obliquement, de façon à enlever un peu plus de la face dorsale que de la face inférieure du prépuce. Après s'être bien assuré que le gland n'est pas compris entre les mors de la pince (1), on retranche la portion excédante d'un coup de bistouri. La peau se rétracte jusqu'à la racine du gland, et toujours cet organe reste découvert par une portion de la muqueuse. On divise ensuite celle-ci sur le milieu de la face dorsale, et l'on rabat les deux lambeaux, que l'on suture à la peau avec des serres-fines.
Ce procédé est d'une grande simplicité ; il a de plus l'avantage de ne jamais diviser l'artère du frein, qui donne parfois lieu à des hémorrhagies sérieuses. S'il restait sur le gland une trop grande quantité de muqueuse, rien n'empêcherait d'en exciser une portion.
Lorsque le prépuce est induré, épaissi, et qu'il est impossible de se rendre compte de la situation précise du gland, il convient d'introduire préalablement une sonde cannelée dans la gouttière préputiale jusqu'à la couronne, et de faire d'abord une incision verticale sur la face dorsale. Dans un second temps, on excisera avec des ciseaux les portions excédantes.
Grâce à la couche celluleuso qui sépare la peau de la muqueuse, le prépuce s'infiltre et s'œdématic avec la plus grande facilité. On observe cet accident surtout sur les sujets affectés de chancres mous; la peau ne peut plus glisser en arrière, et il en résuMQ un phimosis accidentel, Fautril pratiquer la circoncision dans ces conditions? Cette manière de faire présente l'inconvénient suivant : la surface de section tout entière devient souvent chancreuse, bien qu'on prenne la précaution de la cautériser au moment de l'opération, et même lorsque, avec le prépuce, on a enlevé le chancre, et que toute contamination directe est dès lors impossible. Il .est vraisemblable que, dans ce dernier cas, l'ulcération résulte de ce que les lymphatiques étaient remplis de virus qu'ils ont ensuite versé à la surface de la plaie.
La circoncision n'est donc pas de règle dans le phimosis accidentel : il faut commencer par faire des lavages très-fréquents entre le prépuce et le gland, de façon à empêcher le contact et le séjour prolongés du pus. Si, malgré cela, l'écoulement est très -abondant, si l'on redoute l'existence de ces larges et profondes ulcérations qui finissent par ronger le gland, je suis d'avis d'enlever le prépuce, afin de voir ce qui se passe et de panser directement les plaies.
La peau de la verge est rarement affectée de chancres, et, lorsqu'il en existe, ils sont le plus souvent infectants, bien qu'on n'y observe pas cette large base indurée qui a servi à caractériser le chancre huntérien. Ils sont secs et présentent sur toute leur surface une induration superficielle d'une perception délicate, heureusement désignée par M. Ricord sous le nom do parcheminée,
La plupart des chancres, qu'ils soient mous ou indurés, occupent la couronne du gland ou la surface de cet organe.
On rencontre sur le prépuce ou sur le gland une troisième variété d'ulcération, V herpès preputialis. Cette éruption peut survenir au prépuce sans cause
(1) J*ai vu dernièrement, avec M. le D' Blanchard, un homme chez lequel rextrémité du gland fut maladroitement retranchée en môme temps que le prépuce. 11 on est résulté une déformation curieuse : la peau du prépuce et la muqueuse de Turèthre se sont soudées ensemble, de telle sorte que la verge se termine par un petit cône au centre duquel est l'orifice très-rétréci du canal.
TiLLiux. — Ami/, topographique. 52
M» ANATOHIE TOPOGHAPHIQUE.
appréciable, comme elle se présente sur d'autres parties du corps, à la commissure des lèvres, par cxeuipic, mais elle est souvent d'origine vénérienne. Tel sujet est resté une partie de sa vie indemne d'berpès preputiulis, puis l'afTection se développe à la suite d'un contact avec une femme qui en était atteinte. A partir de ce moment, et c'est l'un des caractères de cet herpès, les ulcérations se reproduisent de temps en temps, sans cause connue, et toujours sur le même terrain, pour durer de huit à quinze jours.
L'herpès prcputialis diffère essentiellement du chancre mou, plus encore du chancre induré, par de nombreux caractères que je n'ai pas à rappeler ici, mais il constitue certainement une troisième espèce d'ulcère vénérien des organes génitaux.
S" Couche musculaire. — Au-dessous de la peau de la verge existe une couche musculaire analogue au darlos avec lequel elle se continue, désignée par M. Sappey sous le nom de muscle péri-pénien. Les libres musculaires adhèrent h la face profonde de la peau, et entrent par conséquent dans la composition du prépuce, à l'extrémité duquel elles forment comme une sorte de sphincter.
3" Couche celluleuse. — La couche musculaire est séparée de la couche sousjacente par une lame celluleuse dépounuc de graisse, destinée & faciliter les glissements de la peau sur les corps caverneux. C'est au sein de cette couche que se font les infiltrations de sang ou d'urine que l'un observe si fréquemment dans cette région.
La couche celluleuse .«e prolonge dans l'épaisseur du prépuce, de telle sorte que cet organe se trouve en réalité composé de quatre couches : la peau, la couche musculaire, la couche celluleuse et la muqueuse.
\° Couche fibreuse. — La verge est enveloppée par une couche Itbreusc aponévrotique appelée encore fascia pénis, qui se continue en arrière avec le ligament
idcur naturelle;
suspenseur et l'aponévrose superlicielte du périnée et se lixe en avant au pourtour de la couronne du gland. KIte ne prend donc point part à la constitution du prépure. Le fas'ia pcnis adhère intimemenl à l'enveloppe propre des corps caverneux et du corps spongieux de l'urèihre. Aussi est-ce à sa surface que glissent les couches précédentes. Au-dessous do lui siègent la veine dorsale et les artères dorsales de la rergc.