‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 103 sur 219 · B. — PARTIE SPONGIEUSE OU ERECTILE DE LA VERGE · texte numérisé non relu

B. — PARTIE SPONGIEUSE OU ERECTILE DE LA VERGE

La pai-tie spongieuse ou érectile de la verge se compose du corps cavemeus et du coj-ps spongieux de l'urètlirc. J'ai déjà étudié la portion spongieuse de l'urôthre, et, comme sa structure ne diffère pas de celle des corps caverneux, je m'occuperai seulement de ces derniers.

Des corps caverneux. — Vus sur une coupe horizontale portant sur le milieu de la verge [fig. 223), les corps caverneux représentent deux cylindres adossés l'un à l'autre, k la manière des deux canons d'un Tusll double. En arrière et en avant Us se terminent par des extrémités eDilées.

L'extrémité postérieure ou racine des corps caverneux est bifide ; chaque moitié s'attache solidement à la branche ischlo-pubienne correspondante, et se dirige obliquement en haut et en dedans, comme cette branche elle-même, pour s'unir h. l'autre au devant du pubis. C'est à l'angle d'union des deux racines des corps caverneux et sur leur face dorsale que s'attache le ligament suspenseur de la verge. A partir de ce point, les deux corps caverneux sont contigus et séparés l'un de l'autre par une clnisnn.

L'extrémité antérieure, moins eflllce que la précédente, se termine également . en pointe, sans que les doux corps caverneux cessent d'être contigus. Le cône qu'elle forme s'enfonce dans l'excavation du gland, et y adhère de la manière la plus intime.

En s'accolant l'un à l'autre, les deux cylindres qui forment les corps caverneux donnent naissance, en bas et en haut, à deux espaces de forme triangulaire qui sont remplis : le supérieur par la veine dorsale, les artères dorsales et les nerfs dorsaux de la verge ; l'inférieur par l'urèthre.

La charpente du corps caverneux consiste en une enveloppe fibreuse d'un blanc opaque, dont l'épaisseur mesure 2 millimètres environ, lorsque la verge est <i l'état de flaccidité. Elle est donc extrêmement résistante, et peut supporter, sans se déchirer, tout le poids du sujet. Cependant elle est susceptible de se rompre, surtout lorsque, la verge étant en érection, une forte pression tend à l'abaisser. Il résulte de cet accident que, dans l'érection, la verge reste coudée, comme formée de deux parties dirigées en sens différent, et qu'elle devient impi-opreau coït. Cette lésion est irréparable.

L'enveloppe libreuse est composée de fibres de tissu conjonctif et de fibres élastiques, aussi est-elle extensible et élastique, de façon à se prêter àl'ampliation des corps caverneux.

Une cloison située sur la ligne médiane, et étendue do la face supérieure à l'inférieure, divise le corps caverneux en deux moitiés latérales. La cloison est incomplète, et composée de faisceaux fibreux disposés parallèlement, comme sont les échelons d'une échelle, de telle sorte que les deux eûtes communiquent largement entre eux.

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De la face interne de l'enveloppe fibreuse des corps caverneux se détache une quantité innombrable de trabécules qui, entre-croisées dans tous les sens, circonscrivent des espaces aréolaires communiquant tous entre eux. Il en résulte la formation d'un tissu ressemblant à celui d'une éponge, d'où le nom de tissu spongieux. Les aréoles sont plus larges au centre de l'organe que vers sa circonférence. Les parois qui les constituent, c'est-à-dire la trame aréolaire, sont formées de fibres de tissu conjonctif, de fibres élastiques, et surtout de fibres musculaires lisses. La surface interne des aréoles est revêtue d'une couche épithéliale, de telle sorte que ces espaces représentent en réalité d'énormes capillaires dans lesquels vient se déverser le sang artériel.

Les artères qui se distribuent aux corps caverneux proviennent de deux sources : les dorsales de la verge et les caverneuses. Les premières n'envoient guère au tissu spongieux que des branches anastomotiques. Les artères caverneuses, au nombre de deux, une droite et une gauche, sont étendues à toute la longueur du corps caverneux, dont elles occupent le centre. Elles ne se divisent pas dichotomiquement. De leur circonférence se détachent, à angle droit, une multitude de petites branches qui vont s'ouvrir directement dans les aréoles du tissu spongieux, c'est-à-dire dans les capillaires.

La terminaison de ces artères est fort remarquable : chacune d'elles s'épanouit en un bouquet composé de 6 à 8 branches dont la direction est celle d'une hélice, et désignées pour ce motif par Millier sous le nom d'artères hélicines.

Les veines cavefmeusesy extrêmement nombreuses, prennent naissance à la périphérie de l'organe, contournent pour la plupart les parties latérales du corps caverneux, et viennent en définitive aboutir à la veine dorsale de la verge, qui occupe la gouttière supérieure des corps caverneux. Cette veine, remarquable en ce qu'elle est flanquée de deux artères, traverse le ligament suspensieur et va se jeter dans le plexus de Santorini.

Les nerfs des corps caverneux proviennent du plexus hypogastrique et des nerfs dorsaux de la verge, qui sont la terminaison des nerfs honteux internes. Ces derniers sont plus spécialement destinés à la muqueuse du gland.

La disposition des aréoles du tissu spongieux, celle des artères et des veines, sont destinées à produire l'érection, c'est-à-dire l'augmentation de volume et de résistance du pénis.

Ce phénomène a été expliqué de façons diverses. Disons d'abord qu'il est dû, manifestement, ainsi que de Graaf le fit remarquer le premier, à l'accumulation du sang dans les aréoles du tissu spongieux. Il existe un défaut d'équilibre entre l'arrivée et la sortie du sang, mais quel est l'obstacle qui s'oppose à la sortie du sang?

Pour M. Mercier, c'est la contraction musculaire exercée sur le plexus de Santorini; pour P. Bérard, c'était la contraction des fibres musculaires des trabécules fermant les origines des veines ; M. Rouget a admis ces deux mécanismes.

Nous avons déjà vu que M. Sappey attribue l'érection à la compression exercée sur les veines par l'enveloppe fibreuse du pénis. L'opinion de Kobelt se rapproche de cette dernière ; il fait jouer le rôle principal à la contraction des bulboet ischio-caverneux, qui non-seulement s'opposent au retour du sang veineux, mais encore le chassent d'arrière en avant.

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