‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 114 sur 219 · A. — GRANDES LÈVRES · texte numérisé non relu

A. — GRANDES LÈVRES

Les grandes lèvres forment deux saillies allongées séparées de la cuisse par un angle profond, le pli génito-crural, et adossées l'une à l'autre par leur face interne, de façon à fermer complètement l'entrée du vagin.

Très- épaisses en avant, où elles s'écartent l'une de l'autre pour se continuer avec le mont de Vénus, elles s'amincissent par leur extrémité postérieure et s'unissent entre elles pour former la commissure postérieure de la vulve ou fourchette. Très-accusée chez les vierges, la fourchette est souvent déchirée chez les femmes qui ont eu des enfants. En avant d'elle se trouve une dépression appelée fosse naviculaire qui la sépare de l'orifice vaginal. C'est le plus ordinairement à la fourchette que l'on obser\e les chancres de la femme.

La face externe des grandes lèvres revêt complètement l'aspect du scrotum et est recouverte de poils. La face interne, lisse, rosée, prend l'apparence d'une muqueuse et est privée de poils. Le bord libre est convexe et velu ; les plaques muqueuses s'y développent de préférence.

Nous avons vu, en étudiant le développement des organes génitaux de l'homme, que les grandes lèvres étaientl'analogue du scrotum : elles représentent, en efi*et, cette dernière région avant la descente du testicule, et sont en conséquence constituées par les couches suivantes : la peau, une couche cellulo-graisseuse sous-cutanée ou fascia superficialis, et le dartos.

A. Peau, — La peau est remarquable par la quantité et le volume des glandes sébacées qu'on y obser\'e. En dehors et en avant, ces glandes s'ouvrent dans les follicules pileux, tandis que sur la face interne de la lèvre elles s'ouvrent directement sur la muqueuse. On y trouve également un grand nombre de glandes sudoripares volumineuses. L'appareil glandulaire si riche des grandes lèvres es4 susceptible de s'enflammer, de s'hypertrophier, et donne naissance à des furoncles, à des kystes sébacés qu'il faut se garder de rattacher à la syphilis. La peau est parfois envahie par des plaques diphthéritiques; chez les petites filles, elle peut être frappée d'une gangrène analogue au noma. De ces ulcérations peuvent

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