‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 115 sur 219 · GRANDES LÈVRES · texte numérisé non relu

GRANDES LÈVRES

résulter plus tard une adhérence des deux grandes lèvres et une atrésie vulvaire qui nécessitent une opération.

De môme que celle du scrotum, la peau des grandes lèvres peut être afTeclée d'éléphantiasïs et prendre un développement énorme. 11 faut en pratiquer l'excision avant que la tumeur ait atteint un volume très-considérable.

C'est principalement sur la peau des grandes lèvres que Ton obsen^e les végétations vénériennes qui prennent parfois chez les femmes enceintes un développement si luxuriant. Faut-il les enlever dans ces conditions ? Non, si elles ne gônenl pas trop la malade, car pendant le cours de la grossesse il ne faut pratiquer que les opérations urgentes. Mais il est des femmes ij'en ai opéré deux) que ces végétations font tellement souffrir qu'elles ne pourraient évidemment mener à terme leur grossesse. Il faut intervenir dans ce cas, puisque l'opération est en définitive moins grave que l'affection elle-même, et c'est à mon avis la règle qui doit guider le chirurgien quand il s'agit d'une femme enceinte. Les végétations de la face interne peuvent être enlevées par le grattage avec une spatule, comme on enlève les écailles d'un poisson, et il s'écoule beaucoup moins de sang, mais celles de la face externe sont si adhérentes à la peau, qu'il faut se servir des ciseaux.

B. La couche cellulo -graisse use sous-cutanée est assez lâche et plus épaisse vers la partie supérieure. Elle s'infiltre souvent dans les cas de furoncles, de plaques muqueuses, etc.

G. Dnrtos. — Les deux couches précédentes sont doublées par une enveloppe qui est l'analogue du dartos de l'homme. Cette enveloppe, d'après les recherches de M. Broca, a la forme d'une poche dont l'orifice beaucoup plus étroit que le fond répond à l'anneau inguinal inférieur. En avant le dartos est libre d'adhérence avec la face profonde de la peau, mais en dedans et en arrière il adhère intimement à la muqueuse et à l'aponévrose périnéale superficielle.

La cavité du sac dartoïque contient : une boule graisseuse constante, la terminaison du ligament rond de l'utérus, et quelquefois un prolongement péritonéal, le canal de Nuck, Il est probable que les thrombus, souvent considérables, que l'on observe dans cette région, sont dus à l'épanchement du sang dans le sac dartoïque. La boule graisseuse peut être le point de départ de lipomes.

Le canal de Nuck est un prolongement du péritoine qui accompagne le ligament rond, analogue au canal péritonéo-vaginal qui résulte de la descente du testicule dans le scrotum. Il est plus souvent oblitéré, mais il peut persister des débris susceptibles de se distendre, de se remplir de liquide, d'où la formation d'un kyste qui constitue Vhydrocele de la femme; c'est du moins l'hypothèse la plus vraisemblable. On lui opposera le même traitement qu'à l'hydrocèle, c'està-dire la ponction et l'injection iodée.

En résumé, en procédant d'avant en arrière, la grande lèvre est composée des couches suivantes : !• la peau ; 2** la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée ou fascia superficialis ; 3^ la paroi antérieure du sac dartoïque ; 4° dans le sac dartoïque on trouve : une boule graisseuse, le ligament rond, quelquefois le canal de Nuck ; 5** la paroi postérieure du sac dartoïque ; 6<* l'aponévrose périnéale superficielle. La hernie inguinale delà femme, après avoir franchi l'anneau, descend dans la grande lèvre; le sac herniaire se trouve recouvert par les trois premières couches, plus le fascia transversalis, qui a été refoulé en même temps que le péritoine.

Les vaisseaux des grandes lèvres, surtout les veines, sont très-nombreux: aussi observe-t-on parfois des hémorrhagies abondantes dans cette région. Les artères proviennent des honteuses externes, delà périnéaleinférieureet del'épigastrique. La plupart des veines suivent le trajet des artères ; un certain nombre vont se continuer avec celles du bulbe. Les vaisseaux lymphatiques, très-nombreux, se rendent tous aux ganglions de Taine.

Les nerfs proviennent de la branche génito-cfurale du plexus lombaire et de la branche périnéale du nerf honteux interne.

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