E. — MEMBRANE HYMEN
L'hymen est un repli de la muqueuse vulvaire qui ferme plus ou moins complètement l'entrée du vagin. 11 a le plus souvent la forme d'un croissant à con- <îavité dirigée en haut, de façon à obturer la partie inférieure de la vulve. Lors- -qu'il a été déchiré, les lambeaux se rétractent et constituent les caroncules myr- 4ifot^nies.
Cette membrane présente une résistance très-variable : elle peut se laisser déprimer sans se rompre ; il peut être nécessaire d'en faire l'incision.
Ce qu'il importe surtout de savoir, c'est que l'hymen peut être imperforé. H résulte quelquefois des accidents très-graves de celte disposition. Le sang des règles s'accumule dans le vagin, dans la cavité utérine, qui se distendent peu à peu, et à la fin surviennent de violentes douleurs qui engagent les parents à demander un examen. Dans un cas de ce genre, un confrère appelé trouva une iillc de 18 ans en proie à des coliques intenses survenues brusquement : le ventre avait le volume de celui d'une femme enceinte de cinq à six mois, et à la vulve se présentait une tumeur violacée du volume d'une orange, faisant saillie entre les grandes lèvres. La malade ne pouvait uriner et éprouvait de très-grandes diffl- <5ultés à aller à la selle. Notre confrère pensa déprime abord à un accouchement prématuré et le déclara, ce qui ne surprit pas médiocrement la patiente. Mais l'erreur ne fut pas de longue durée. La malade me fut envoyée de suite à Lari-
boisière. Une incision cruciale de Thymcn donna issue à 1 litre et demi de sang noirâtre, liquide comme le sang des hématocèles. La membrane était fort épaisse, comme charnue. Je suis d*avis de ne faire aucun lavage dans les premiers jours, de façon à éviter le contact de Tair avec cette vaste cavité, contact qui n'a peutêtre pas été étranger à la mort survenue dans des cas analogues. Il est possible que le sang, distendant les trompes à la longue, tombe dans la cavité abdominale et produise une péritonite suraiguô.
La muqueuse de la vulve jouit d'une vive sensibilité; elle est parfois le siège d'une hyperesthésie telle que le plus léger contact occasionne d'atroces douleurs, ce qui rend le coït impossible.
L'hyperesthésie est le plus souvent liée à une contraction spasmodique et involontaire du muscle constricteur du vagin : d'où le nom de vagini'sme donné à cet état.
La guérison du vaginisme présente une difficulté désespérante. J'ai vu complètement échouer l'incision de l'hymen et la dilatation forcée sous le chloroforme (1). M. Sims conseille l'opération suivante: la malade étant endormie, il commence par exciser complètement l'hymen, puis il introduit dans le vagin l'index et le médius de la main gauche et les écarte le plus possible l'un de l'autre de façon à distendre la fourchette ; il pratique ensuite de chaque côté de la ligne médiane une incision profonde qui comprend le sphincter vaginal et la dirige vers le raphé périnèal. Ces deux incisions réunies donnent à la plaie la forme d'un V. Il fait ensuite porter dans le vagin, plusieurs heures par jour, un dilatateur jusqu'à guérison.
L'auteur dit avoir opéré 30 malades atteintes de vaginisme, et toujours avec un succès complet.
M. Simpson a conseillé dans les cas de vaginisme la section des nerfs honteux internes.