SURFACE INTÉRIEURE DE L'UTÉRUS
<lilaté la portion cervicale. Malgré cela, je persiste à croire que toutes les mani- I)ulations intra-utérines doivent être faites avec la plus grande résen^e.
Nous avons vu plus haut quelles étaient les dimensions en hauteur et en largeur de la cavité utérine.
La membrane muqueuse qui tapisse la cavité utérine présente une disposition unique dans l'économie et d'une haute importance : elle se continue directement avec le péritoine au niveau du pavillon de la trompe de Fallope, de telle sorte que ces deux cavités communiquent entre elles. On conçoit ainsi que le liquide contenu ou injecté dans l'utérus puisse refluer par les trompes dans la cavité péritonéale et détenniner une péritonite mortelle. Il en existe dans la science un certain nombre de cas, et le regretté professeur Lorain a publié dans ces dernières années un cas de mort survenu à la suite d'une injection vaginale chez une jeune fille atteinte de vaginite. J'ai ditplus haut, à propos de l'imperforation de l'hymen accompagnée de rétention du sang menstruel et de distension de l'utérus, qu'il ne fallait pas faire de lavage immédiat, afin d'éviter le contact de l'air ; de plus, l'embouchure des trompes étant probablement distendue, cette précaution a encore pour but d'éviter la pénétration du liquide dans le péritoine.
Je rappelle que l'injection utérine est susceptible de produire par elle-même une colique utérine d'une intensité extrême accompagnée de coUapsus profond , sans que pour cela le liquide ait pénétré dans le péritoine.
A. Cavité du corps, — Aplatie d'avant en arrière, la cavité du corps deTutérus affecte la forme d'un triangle équilatéral. Des trois bords, l'un, supérieur, correspond au fond de l'utérus, les deux autres sont latéraux. Les bords du triangle sont convexes du côté de la cavité chez la nullipare ; ils sont rectilignes chez la femme qui a eu des enfants. A chaque angle existe un orifice : les deux orifices supérieurs sont l'embouchure des trompes de Fallope; en bas se trouve l'orifice de communication de la cavité du corps avec celle du col. La cavité du corps est en général agrandie chez les femmes atteintes de métrite; il en est de même des orifices du col.
B. Cavité du col. — La cavité du col présente une forme toute différente de celle du corps ; elle en rappelle d'ailleurs la configuration extérieure ; dilatée à sa partie moyenne, rétrécie à ses deux extrémités, elle est fusiforme : aussi distingue-t-on au col un orifice externe ou inférieur qui n'est autre que l'orifice du museau de tanche déjà décrit, un orifice supérieur ou interne et une partie intermédiaire.
Sur les parois antérieure et postérieure de la cavité du col existe une crête médiane; des crêtes secondaires en partent comme les branches d'un arbre naissent d'une tige commune : d'où le nom d'arhre de vie qui lui a été donné. M. Guyon a fait justement remarquer que les deux arbres de vie n'occupaient pas la ligne médiane, de façon à être superposés, mais qu'ils se portaient latéralement de façon à être juxtaposés. L'antérieur se dévie à droite et le postérieur à gauche. Il en est de même des crêtes secondaires, qui s'entre-croisent.
L'orifice interne du col est très-étroit. Comme l'orifice externe, il peut être tellement rétréci qu'il cause des douleurs violentes au moment des règles et s'oppose à la fécondation. On emploiera les mêmes moyens de dilatation avec l'éponge préparée, la laminaire, les bougies en gomme de plus en plus volumineuses, etc . , ou bien on l'incisera. Dans le cathétérisme utérin, la sonde rencontre souvent de la difficulté à franchir cet orifice. M. Guyon a de nouveau appelé Tatten-
St2 ANATOMIE TOPOGRAPUIOUE.
tion sur une modification singulière que l'&ge amène dans l'oriBce interne du col : il éprouve un resserrement graduel et peut même finir par s'oblitérer complètement. M. Guyon l'a trouvé oblitéré 13 fois sur 20 femmes Igées de 55 à 73 ans.