- VAISSEAUX ET NERFS DE L^UTÉRUS
Les artères de l'utérus proviennent des artères utérines, branches de Thypogastrique, et de Tartère utéro-ovarienne, qui naît directement de l'aorte. L'artère utérine gagne les bords de Tutérus au niveau de son col et monte en suivant ce bord jusqu'à l'embouchure des trompes, où elle s'anastomose à plein canal avec l'artère utéro-ovarienne. Ces artères s'unissent entre elles d'un côté à l'autre et sont remarquables par les nombreuses flexuosités qu'elles décrivent.
Les veines utérines ou sinus utérins adhèrent intimement au tissu musculaire et prennent pendant la grossesse un énorme développement. En dehors de l'utérus, elles forment dans le ligament large un vaste plexus, plexus utéroovarien, qui donne naissance à plusieurs branches. Les unes accompagnent les artères utérines et se rendent dans la veine hypogastriquc ; les autres suivent le trajet de l'artère utéro-ovarienne et se comportent différemment à droite et à gauche : celles de gauche aboutissent h la veine rénale et celles de droite à la veine cave inférieure.
M. Richet a attribué à la rupture de ces veines devenues variqueuses la production de certaines hématocèles rétro-utérines, ce qui se comprend difficilement, si l'on songe que les veines sont comprises dans l'épaisseur du ligament large, tandis que le sang s'épanche dans la cavité péritonéale elle-même. J'indiquerai plus loin la véritable origine de cette curieuse affection.
Les vaisseaux lymphatiques naissent en très-grand nombre des parois de l'utérus. Arrivés dans l'épaisseur des ligaments larges, ils suivent deux grands courants : les uns accompagnent l'artère utérine et aboutissent aux ganglions pelviens latéraux ; les autres suivent le trajet de l'artère utéro-ovarienne et se jettent dans les ganglions lombaires.
Je rappellerai seulement en passant le rôle que les théories modernes font jouer à la phlébite et à la lymphangite utérines dans la production des accidents puerpéraux. MM. Siredey et Lucas-Championnière, en particulier, professent que les phlegmons du ligament large ne sont autre chose que des lymphangites et des adénites.
Nei'fs, — Les nerfs proviennent du plexus hypogastriquc et du plexus utéroovarien. Ils sont nombreux dans le corps. Bien qu'on ait pu suivre des filets jusque dans l'épaisseur du col, il y en a toutefois si peu que, dans l'immense majorité des cas, cette portion de la matrice est absolument privée de sensibilité : aussi peut-on diviser, cautériser au fer rouge le col utérin sans que les malades en aient conscience. 11 résulte encore de cette disposition unique dans l'économie que les femmes atteintes d'épilhélioma du col ne ressentent aucune douleur au début de l'affection et ne se plaignent que de pertes abondantes. Aussi, lorsqu'elles commencent à souffrir, peut-on en conclure que la lésion a franchi les limites du col et que le corps de l'organe est atteint, circonstance qui rend toute intervention active plutôt dangereuse qu'utile. La seule opération rationnelle, en effet, serait l'extirpation complète de l'utérus, tentée jadis par Récamier^ mais condamnée irrévocablement par la pratique.