‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 138 sur 219 · A. — LIGAMENTS LARGES · texte numérisé non relu

A. — LIGAMENTS LARGES

On désigne sous le nom de ligaments larges deux replis du péritoine qui, partant des bords de l'utérus, se portent sur les parois de Texcavation. Ces replis sont quadrilatères, verticalement dirigés, et forment une cloison qui sépare la cavité pelvienne de la femme en deux compartiments : Tun antérieur, l'autre postérieur [fig, 227) ; le premier destiné à la vessie, et le second au rectum. Ces compartiments ont une dimension sensiblement égale lorsque Tutérus présente sa direction normale, mais on conçoit que Tinclinaison de cet organe en avant ou en arrière altère considérablement ce rapport.

Le mode de formation des ligaments larges est facile à comprendre. Nous avons vu que les faces antérieure et postérieure de Tutérus sont recouvertes par le péritoine et que cette membrane adhère très-intimement au tissu utérin. Arrivé au niveau des bords latéraux, chacun des feuillets, au lieu de se réunir à l'autre pour entourer Torgane de toutes parts, continue à se diriger en dehors (voir lîg. 226) et se porte jusqu'aux parois du bassin, où il se continue avec le péritoine pariétal. Les ligaments larges représentent donc assez exactement deux ailes tendues en travers dans l'excavation du bassin et fixées chacune au bord latéral correspondant de l'utérus.

Les ligaments larges présentent à considérer deux faces et quatre bords. Les faces sont antérieure et postérieure. Lisses et unies, elles répondent : la première à la vessie, la seconde au rectum. De la face postérieure se détachent à angle droit deux replis falciformes, les ligaments utéro-sacrés ou de Douglas (US, fig. 227).

Les quatre bords sont supérieur, inférieur, interne et externe.

Le bord supérieur est remarquable en ce qu'il présente trois ailerons destinés à renfermer chacun un organe (voyez fig. 227) ; l'aileron antérieur contient le ligament rond ; l'aileron postérieur, le ligament de l'ovaire, et l'aileron moyen, la trompe de Fallope.

Le bord inférieur répond au tissu cellulaire sous-péritonéal du bassin et à l'aponévrose périnéale supérieure et tout à fait en dedans aux bords latéraux du vagin. C'est grâce à ce dernier rapport que le toucher vaginal permet de reconnaître les collections développées dans ce ligament.

Le bord interne est très-large [fig. 226), les deux feuillets étant écartés l'un de

AXATOMIE TOPOGnAPfilQUE.

l'autre pac l'épaisseur de l'iilérus. II est oa rapport avec l'artère ulf i-ine et les ple:ius utéro-ovariens.

Le bord externe répond aux parois de l'excavation ; il est Irts-mince, les deux reuillets du péritoine s'élant rapprochés l'un de l'autre. De l'épaisseur relative des deux bords interne et externe il résulte que, si l'on pratique une coupe horiEontale de l'utérus et des ligaments larges comme celle qui est représentée li-

gure 226, ces derniers ont la forme d'un triangle isocMc très-allongé dont la base répond aux bords latéraux de la matrice.

Les ligaments larges contiennent dans leur épaisseur une quantité considérable de tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs.

Et d'abord, rappelons que les deux feuillets du péritoine ne sont pas simples. M. Hougel a démontré qu'ils étaient doublés d'une couche musculaire so continuant avec la couche superlldellc des fibres utérines. Aussi ces ligaments présentent-ils une certaine tonicité qui maintient l'utérus ii sa place et l'empêche de se porter soit ù droite, .snit à gauche. Lorsque l'utérus se développe pendant la grossesse, il remplit l'espace compris entre les deux feuillets des ligaments larges, de telle sorte que Ceux-ci disparaissent. Us se reconstituent après

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