LIGAMENT ROND
raccouchemenl, mais ils sont relâchés et s'opposent alors faiblement aux déviations utérines et aux abaissements de Tutérus. G*est pour ce motif que les femmes qui se lèvent trop tôt après leurs couches, comme on l'observe surtout dans les campagnes, sont atteintes fréquemment de chutes de Tutérus.
Entre les deux feuillets du ligament large existe une couche lâche et abondante de tissu conjonctif, surtout en bas. Elle se continue avec le tissu souspéritonéal qui recouvre Taponévrose périnéale supérieure, avec celui qui tapisse les faces latérales de la vessie, avec le tissu sous-péritonéal de la paroi abdominale et de la fosse iliaque interne. Il en résulte qu'une inflammation des ligaments larges peut se propager à ces diverses régions. Un abcès du ligament large peut donc s'ouvrir spontanément dans le vagin, dans la vessie ou le rectum. Il peut traverser Taponévrose périnéale supérieure, le releveurde Tanus, et apparaître dans la fosse ischio-rectale ; le pus peut suivre les cordons du plexus sacré, sortir du bassin par la grande échancrure sciatique et faire saillie à la fesse. Plus souvent l'inflammation se propage à la paroi abdominale et à la fosse iliaque et se comporte ainsi que je l'ai dit en étudiant ces deux régions.
L'inflammation peut rester limitée aux ligaments larges, passer à l'état chronique et former ces tumeurs dures rappelant la consistance du tissu fibreux et qui disparaissent si lentement. L'utérus se trouve alors immobilisé, la vessie ei le rectum sont refoulés, comprimés.
Quant à la part respective que prennent à la production du phlegmon du ligament large le péritoine et le tissu conjonctif compris dans son dédoublement, cela me paraît fort difficile à établir, d'autant plus que les deux éléments y participent. Il ne me semble pas d'ailleurs que la solution de cette question mérite tout le bruit qui s'est fait autour d'elle. La pelvipéritonite peut être prédominante dans un cas, l'inflammation du tissu cellulaire dans l'autre, mais il est difficile, sinon impossible, qu'elles soient tout à fait indépendantes, et le diagnostic n*en saurait être établi.
J'ai déjà signalé, à propos de la structure de l'utérus, l'existence dans le bord interne du ligament large des artères utérine et utéro-ovarienne, du plexus veineux utéro-ovarien, des vaisseaux lymphatiques et du plexus nerveux.
Le phlegmon du ligament large a-t-il son point de départ primitif dans une angioleucite? ne serait-ce môme qu'une angioleucite, ainsi que certains auteurs le pensent aujourd'hui? Cela est possible, mais ne me paraît pas suffisamment démontré. Toutefois l'opinion de Dolbeau sur la pathogénie des inflammations de la main et des doigts donne à cette manière de voir un sérieux appui.