‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 148 sur 219 · DIRECTION DU RECTUM · texte numérisé non relu

DIRECTION DU RECTUM

4lc curvwn que lui donnait Lisfranc. Il présente en effet plusieurs courbures, les unes latérales, les autres antéro-postérieures .

Courbures latérales. — De la symphyse sacro-iliaque gauche le rectum se porte (l'abord un peu à droite et dépasse la ligne médiane ; il revient à gauche, puis sur la ligne médiane, où il se termine (voyez la fig. 230). Affectant dans ce trajet la forme d'une 5 itîilique allongée, le rectum décrit deux courbures latérales très-légères. Tune supérieure, dont la concavité regarde à gauche, Tautre inférieure, dont la concavité est dirigée à droite. Ces courbures ne présentent <iu'un intérêt médiocre et ne fournissent aucune considération spéciale au point de vue pratique. Elles se redressent aisément et ne s'opposent pas à Tintroducîtion des sondes droites. On ne les voit bien d'ailleurs que sur un intestin vide, revenu sur lui-môme, comme le représente la figure 230.

Courbures antéro-postérieures, — Les courbures antéro-postérieures du rectum •sont beaucoup plus prononcées que les courbures latérales et aussi plus importantes (voyez nos diverses coupes antéro-postérieures du bassin chez l'homme et •chez la femme). A partir de son origine, le rectum gagne la courbure du sacrum, «'y adapte et la suit jusqu'au sommet du coccyx, c'est-à-dire qu'il se porte d'abord en arrière, puis en avant, de façon à décrire comme la paroi postérieure -du bassin elle-même une vaste courbe dont la concavité regarde directement en avant. Le rectum embrasse ainsi chez l'homme par sa face antérieure concave la face postérieure convexe de la vessie ; l'extrémité inférieure de la courbe répond au sommet ou bec de la prostate. A partir de ce point il se porte brusquejncnt en arrière et, après un trajet d'environ 3 centimètres, se termine à l'anus. Le rectum décrit donc dans le plan antéro-postérieur deux courbures de dimension très-inégale, la première supérieure, dont la concavité regarde en avant, est aussi longue que le sacrum et le coccyx ; la deuxième, inférieure, vdont la concavité regarde en arrière, est très-courte.

Cette double courbure est fort importante à connaître pour la pratique. Lorsqu'on introduit un corps étranger dans le rectum, une canule, une sonde, un spéculum, l'instrument doit suivre d'abord l'axe de la courbure inférieure ou petite courbure. Or, cet axe se dirige de bas en haut et d'avant en arrière, et aboutit à la prostate chez l'homme et à la cloison recto-vaginale chez la femme. Si l'on continue donc à pousser l'instrument dans ce sens, on rencontre de la résistance, et, s'il s'agit, par exemple, d'administrer un lavement, le liquide ne pénètre pas dans le rectum, ce qui s'observe assez fréquemment.

C'est à cette disposition qu'étaient le plus souvent dus les accidents mentionnés dans tous les anciens auteurs, alors qu'on se servait, au lieu des irrigaicurs, de seringues dont le bout était pointu : un infirmier J)rutal, rencontrant un obstacle, pénétrait à travers la paroi rectale et injectait le liquide en dehors de la cavité. 11 convient donc, pour introduire un spéculum, de lui donner d'abord une direction telle que, prolongée, l'instrument aboutirait à l'ombilic ; de relever ensuite le manche vers le pubis et de pousser l'extrémité vers la concavité dusa- <:rum. S'il est nécessaire de porter l'instrument très-haut, il peut encore buter contre les nombreux plis que présente la surface interne du rectum ; on doit le retirer un peu , en changer la direction et pousser de nouveau doucement. La présence de ces plis pourrait faire croire àl'existence d'un obstacle qui n'existe pas.

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