‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 162 sur 219 · LOGE SUPÉRIEURE OU PROSTATIQUE · texte numérisé non relu

LOGE SUPÉRIEURE OU PROSTATIQUE

Les ligaments pubio-vésicaux sont fort résistants, mais ils ne forment pas un plan continu. Entre les faisceaux qtii les composent existent des espaces traversés par de grosses veines venant du pénis; l'urine peut également suivre celle voie, et l'inflllralion est alors d'autant plus facile qu'on avant des ligaments se trouve la couche ceitiileuse prévésicalc si lâche dont j'ai parlé page 738.

L'aponétYose proslalo-péritonêale (AP, fig, 23i, APP, fig. 233) est étendue du cul-de-sac du péritoine au bord postérieur du ligament de Carcassonne. Elle se continue en bas avec le feuillet supérieur de ce ligament, de même que l'aponévrose superficielle se continue avec le feuillet inférieur. C'est h son adhérence avec le péritoine que celte membrane doit de ne pas remonter dans la cavité pelvienne en môme temps que la vessie se distend, mais au contraire de former un cul-de-sac très-profond. Elle tapisse toute la face postérieure de la prostate, qu'elle sépare ainsi du rectum. Mais ce plan, presque cxcluslvemenl composé de fibres musculaires lisses, présente le plus souvent une faible résistance. Il se ' laisse assez facilement détruire et traverser par le pus, à la suite d'une prostalite suppurée, par exemple, et il en résulte une fistule uréthro-reclale qui occasionne une rectile fort douloureuse et dont la guérison présente les plus grandes difficultés.

Il est aisé de comprendre que, si la paroi postérieure de la loge prostatique cède avant qu'ail pu s'organiser une barrière qui s'oppose à l'infiltration, l'urine se répand aussilôl dans la porlion anale du périnée, envahit la fosse ischioreclale, décolle complètement le rectum et remonte plus ou moins haut dans la cavité pelvienne. La verge, le scrotum et la paroi abdominale sont absolument intacts. Cette variété d'infiltration est plus grave encore que celle qui se fail dans la loge inférieure ou pénienne ; elle est insidieuse et n'est ordinairement reconnue que lorsque les dégâts sont irrémédiables. Il est d'ailleurs bien difficile de la combattre même au début. Elle est heureusement rare et succède le pins souvent à de fausses routes faites dans la porlion prostatique sur les individus dont le lobe moyen très-développé s'oppose & l'entrée de la sonde dans la vessie.

L'aponévroK latérale complète la loge prostatique. C'est un plan fibreux à peu près quadrilatère, placé do champ de chaque côté de la prostate de façon à présenter une face interne et une externe, un bord supérieur et un inférieur. Elle s'étend d'av.int en arrière du pubis, où elle se continue avec les ligaments pubio-prostaliques et l'aponévrose moyenne, au rectum, sur les parois latérales duquel elle se fixe : d'où le nom de puliio-reciole qui lui a été donné. De haut en bas, elle occupe l'espace compris entre l'aponévrose périnéale supérieure el l'aponévrose proslato-périlonéale, sur lesquelles elle se fixe. Indépendamment de la prostate, la loge prostatique contient dans sou intérieur le muscle de Wilson et surtout un grand nombre de veines. Celles-ci forment trois plexus : l'un antérieur [fig. 235), placé immédiatement derrière le pubis, reçoit la veine dorsale de la verge : c'est le plexus de Santorini ; deux autres latéraux occupent les côtés de la prostate el sont composés de veines très-volumineuses chez les vieillards. Elles contiennent souvent des pblébolilbes.

11 est très- exceptionnel de voir les aponévroses latérales de la prostate se rompre à la suite des lésions organiques de l'urèthre ou d'un cathétérisme malheureux; mais elles sont facilement intéressées dans la taille par la lame

TiLuui. — Anal, topogrophxquf. *"

du lithotome, surtout dans la taille latéralisée, condition favorable à Tinfiltraiion d*urine qui se produit alors dans la portion anale du périnée ; le tissu cellulaire sous^péritonéal est également envahi.

Nous avons dit que le périnée se divisait en deux portions distinctes : Tune antérieure, génito-urinaire ; Tautre postérieure, recto-anale. Cette division se trouve justifiée par la marche des infiltrations d'urine. Sans vouloir faire jouer aux aponévroses du périnée dans la marche de ce grave accident un rôle plus important qu'il ne convient, il est incontestable que leur disposition permet d'établir deux grandes variétés d'infiltration : Tune a pour point de départ la portion d'urèthre comprise dans la loge périnéale inférieure ou pénienne ; Turine envahit alors la verge, le scrotum, et gagne la paroi abdominale, si on ne Tarrète pas à temps ; l'autre procède de la partie du canal renfermée dans la loge périnéale supérieure ou prostatique ; l'urine se répand dans la portion rectale du périnée, remplit la fosse ischio-rectale, gagne la cavité pelvienne et souvent la cavité abdominale. Je considère que là se borne l'infiuence des aponévroses do périnée sur la marche de l'infiltration d'urine, mais elle est manifeste et d'ailleurs facile à comprendre avec les notions d'anatomie qui précèdent.

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