‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 163 sur 219 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Périnée de la fennne.

Le périnée de la femme présente les mômes couches que celui de l'homme, modifiées seulement par la présence de la vulve et du vagin.

La portion anale se compose de l'anus et des deux sphincters externe et interne. J'ai dit plus haut en quoi l'anus de la femme diffère de celui de l'homme. Sur les côtés existe le creux ischio-rectal, qui ne difl'ère pas dans les deux sexes.

La portion antérieure ou génito-urinaire du périnée est profondément modifiée par suite de l'interposition de la vulve et du vagin. Voici comment j'ai l'habitude de faire la démonstration de cette région dans mon cours, afin de montrer l'analogie que présente le périnée dans les deux sexes et aussi comme moyen mnémotechnique. Je représente au tableau le bulbe de l'urèthre, le triangle ischiobulbaire, l'aponévrose moyenne, comme ils se présentent chez Thomme, etc. Séparant alors le bulbe en deux moitiés latérales, on obtient le dessin du périnée de la femme : la fente médiane figure la vulve ; chaque moitié du bulbe de l'urèthre devient le bulbe du vagin ; les glandes de Méry se changent en glandes vulvo-vaginales ; le bulbo-caverneux se transforme en constricteur du vagin. Le triangle ischio-bulbaire présente la môme délimitation, seulement il est beaucoup plus petit chez la femme et refoulé sur les côtés. Dans ce triangle on rencontre les mômes vaisseaux et nerfs que chez l'homme.

Les aponévroses superficielle et moyenne se trouvent amoindries, divisées sur la ligne médiane et déjetées sur le côté. Du reste, autant le périnée de l'homme est important surtout pour comprendre les infiltrations d'urine et l'opération

PÉRINÉE DE LA FEMME. 9il>

de la taille, autant celui de la femme mérite peu d'intérêt, car il ne donne lieu à aucune considération pratique, si ce n'est en ce qui concerne la périnéorraphie.

Les procédés imaginés en vue de cette opération sont nombreux, preuve qu'ils échouent souvent. A quel moment convient-il de tenter la restauration du périnée ? C'est, à mon avis, tout de suite après Taccouchement, ou beaucoup plus tard. Après la délivrance, s'il y a déchirure, on réunira les lèvres de la plaie à l'aide de serres-fines. Mais, si la réunion ne s'effectue pas, il convient d'attendre plusieurs mois jusqu'à ce que la femme soit complètement rétablie : car nonseulement il ne faut pas opérer pendant la période puerpérale, mais il convient encore d'attendre que tout travail de restauration naturelle soit achevé. Souvent une opération qu'on avait jugée indispensable au début deviendra inutile après plusieurs mois d'expectation ; le périnée ne se reconstitue pas sans doute, mais la cloison recto-vaginale se répare et établit une séparation suffisante entre les deux cavités. L'opération d'ailleurs ne remédie pas à celui des accidents qui gêne le plus les femmes, l'incontinence des matières liquides et surtout des gaz. J'ajoute que la périnéorraphic donne souvent un succès partiel : les parties superficielles se réunissent et non les parties profondes, de telle sorte qu'on obtient pour résultai la création d'une fistule recto-vaginale dont la guérison présente d'extrêmes difficultés. Ma conclusion est qu'il faut attendre six mois au moins après l'accouchement et n'opérer que s'il existe un véritable cloaque par suite de l'absence d'une partie de la cloison.

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