DU GENOU
au fond de la plaie, et celle-ci ne se ferme pas : après un temps variable, six semaines, deux mois, une rondelle d'os se détache, et la guérison s'obtient ensuite rapidement. Cet accident peut se produire sans que le périoste ait été décollé du fémur; il reconnaît pour cause une ostéo-myélite de l'extrémité osseuse; la moelle se détache de Tos et la nécrose s'empare de toute la partie isolée.
La résistance du périoste du fémur a permis à M. Houlzé de l'Aulnoit de décoller circulairement cette membrane et d'en recouvrir la surface de section osseuse dans le but d'empôcher la cicatrice cutanée d'adhérer à l'os.
Le fémur est très-souvent atteint de fractures. Dans le chapitre précédent, j'a parlé des fractures du col ; celles du corps ont été divisées en fractures de la partie moyenne, fractures sous-trochantériennes et fractures sus-condyliennes. Le traitement de ces fractures présente en général les plus sérieuses difficultés : aussi que d'appareils n'ont-ils pas été inventés pour éviter le raccourcissement! Ce symptôme varie d'ailleurs singulièrement suivant les sujets : si la fracture est transversale, il est impossible à la rigueur de tenir les fragments au contact et de l'éviter: mais, si la fracture est oblique, comment empêcher l'action musculaire de faire chevaucher les fragments? Lorsque dans ces conditions la consolidation se fait en un temps normal, le raccourcissement est modéré, mais, qu'il survienne un relard de consolidation, le raccourcissement augmentera in« sensiblement d'une manière impitoyable.
Le déplacement angulaire, c'est-à-dire suivant la direction, est le plus fréquent à la cuisse ; les deux fragments font un angle saillant en dehors et il en résulte une déformation en forme de crosse. C'est aussi, suivant Malgaigne, le déplacement ordinaire dans les fractures sous-trochantériennes. On disait d'après Boyer, Blandin, que dans ce cas le muscle psoas attirait en avant et en dedans le fragment supérieur, mais ce n'était qu'une vue purement théorique; les os font une saillie anguleuse en dehors sans que ce déplacement se traduise à l'extérieur par une déformation appréciable.
On professait aussi, avant Malgaigne, que dans les fractures sus-condyliennes le fragment inférieur, attiré par les jumeaux, éprouvait un mouvement de bascule tel, que la surface fracturée regardait directement en arrière, mais les recherches de cet auteur, confirmées par celles de M. U. Trélat, ont démontré qu'il n'en était rien. Malgaigne serait disposé à croire que le renversement du fragment inférieur peut avoir lieu seulement dans les cas où son diamètre vertical ne l'emporte pas sur son diamètre antéro-postérieur, lorsqu'il n'y a qu'une sorte de disjonction épiphysairc.