RÉGION ANTÉRIEUBE DU GENOU
La région antérieure du genou présente sur la ligne médiane une saillie arrondie formée par la rotule. De chaque côté de cet os existe une dépression qui disparaît lorsque l'articulation est remplie par du liquide. Au-dessus, on en •trouve une troisième un peu moins accusée que les précédentes, correspondant au cul-de-sac supérieur de la synoviale, et remplacée par une saillie dans les cas d'épanchement intra-articulaire. Au-dessous de la rotule se voit un large cordon aplati, saillant, surtout dans l'extension de la jambe, formé parle ligament rotulien, et plus bas, le relief de la tubérosité antérieure du tibia. Sur les côtés du ligament rotulien se voient, en haut, deux saillies produites par un bourrelet adipeux, et, au-dessous, deux dépressions profondes qui disparaissent dans les hydarthroses du genou, mais surtout lorsque l'articulation est remplie de fongosités.
Sur les côtés do la région se trouvent deux méplats correspondant aux faces latérales des condyles, et les interlignes articulaires, qui sont très-peu marqués. En dedans existe le tubercule du troisième adducteur, et en dehors la saillie formée par la tète du péroné. Un peu en avant de celte dernière est le tubercule du jambier antérieur.
Les saillies et les dépressions que nous venons de signaler se dessinent surtout dans l'extension de la jambe; elles diminuent dans la flexion et sont tout à fait masquées dans le cas d'épanchement intra-articulaire; le genou est alors uniformément arrondi.
Les couches dont se compose cette région présentent une extrême simplicité ; ce sont :
l°La peau;
2° Le fascia supcrficialis ;
3° Une aponévrose d'enveloppe;
4** Un second feuillet aponévrotique ou aileron de la rotule.
On pourrait à la rigueur comprendre dans cette région les insertions inférieures du triceps, mais l'étude de ce muscle me paraît se rattacher plus directement à celle de l'articulation.
1» Peau, — La peau qui recouvre le genou est épaisse en avant, plus mince sur les côtés. Elle acquiert une grande épaisseur, principalement chez les sujets qui se tiennent souvent à genoux. Elle est alors ridée, brunâtre; la couche épidermique est surtout très-hypertrophiée. La peau glisse facilement sur les plans sous-jacents ; c'est pourquoi, lorsqu'on enlève des corps étran-
gcfs ai-lii-ulaires par la inéLhode do Goyrand, d'Aix, c'est-à-dire en les délogeant d'abord de l'itrUciiliition pour les lixer sous ta peau, il est possible de détruire riicilcment le purallélisme entre la pUie cutanée et l'ouverture de la synoviale.
On ne trouve que peu ou pas de graisse dans le tissu cellulaire sons-colané {fig. 543) : aussi l'alliludo à genoux, longtemps prolongée, est-elle douloureuse. Il en résulte^galement que dans l'amputation circulaire du genou la manchette est toujours très-mince.
(I) L'irlÈre, Il veine et le nerf sont supeqiosoa lur la flgure 24! suivant una llgito Dbli(|ue
d'arrtèM en avant et de dcdnns en ilciiors, ce qui tient »am doute à la section du nurr scialiiiue
ililc otieriic. i|ui. Iarai|u'll ixitt pas iJiviHi>, .ittirs lëgi'rcincni en dalioj's le sciati<[Ui: popl)l6 in-
964 ANATOMIE TOPOGRAFIllQUE.
L'articulation du genou est donc mal protégée sous ce rapport, de sorte qu'un instrument enfoncé à une faible profondeur pénètre dans son intérieur : aussi, lorsqu'elle est distendue par du liquide, un coup de lancette suffit pour l'évacuer. Cette pratique avait été adoptée par Jarjavay pour les épanchements sanguins, mais je ne saurais la recommander.
On rencontre quelquefois sous la peau une bourse séreuse rudimentaire, la bourse séreuse pré- tiôiale, située au dévaûtdô^la tubérosité antérieure du tibia, et susceptible de s'enflammer.
2° Le fascia superficialts descend de la cuisse et entoure le genou. Lâche et lamelleux en avant, il permet les glissements de la peau; sur les côtés, il est plus adhérent, et ne permet au tégument que des mouvements limités.
3° Aponévrose. — L'^ponévroso du genou est la prolongation de celle de la cuisse. Elle enveloppe complètement la jointure, forme une gaine au tendon du muscle triceps et passe au devant de la rotule sans y adhérer. Plus bas, elle prend insertion sur les tubérosités interne et externe du tibia, sur la tête du péroné, et se continue ensuite avec l'aponévrose jambière.
Au devant de la rotule existe une bourse séreuse importante appelée bourse séreuse pré-rotulienne (BS, fig. 242).
Cette bourse n'est pas sous-cutanée, ainsi que le disent la plupart des auteurs : elle est située en arrière de l'aponévrose d'enveloppe du genou, et repose directement sur la rotule, recouverte elle-même de son périoste. Voici ce que donne la dissection d'une bourse pré-rotulienne bien développée. On trouve nne ca\ilé parfaitement ctose, le plus souvent uniloculaire et à parois très-distinctes, qui occupe les deux tiers inférieurs de la face antérieure de la rotule, n'atteint pas tout à fait le bord interne de cet os, et^épasse assez souvent un peu les limites de son bord externe. Son grand diansètre est en général vertical, quelquefois transversal. Sa cavité est habituellement traversée par une ou deux veinules qui se rendent aux veines sous-cutanées.
A l'état de développement incomplet, elle est composée de trois ou quatre grandes lacunes communiquant ou non entre elles, et embrassant par leur réunion la môme étendue que la bourse, lorsqu'elle est bien développée. Dans certains cas môme, on ne trouve pas de lacunes isolées, mais une simple couche de tissu cellulaire lâche.
A l'état de développement exagéré, ce que l'on constate chez les personnes qui reposent fréquemment sur les genoux, la bourse pré-rotulienne s'agranditen tous sens et déborde, surtout par en bas, la circonférence de la ]*otule, en même temps que ses parois, s'épaississent notablement. Dans certains cas rares, et sans qu'il soit possible d'en fournir la raison, elle s'incruste de matière calcaire et forme au devant du genou une plaque dure plus ou moins large. Il ne faut enlever cette concrétion que si les malades en sont gênés.
Elle peut renfermer des concrétions fibrineuses plus ou moins volumineuses, ou être distendue par du liquide, ce qui constitue Vhygroma du genou, L'hygroma est une tumeur indolente, rénitente, formant au devant de la rotule un relief nettement détaché, et que l'on traite, en général, par l'application successive de plusieurs vésicatoires volants. L'injection iodée réussit peu à cause de l'épaisseur des parois, et on doit se garder de faire une incision.
Lorsque les parois sont très-épaisses, on a pu songer aies énucléer au bistouri, mais c'est une opération qu'il ne faut, à mon avis, pratiquer qu'à la demande