‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 186 sur 219 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la Jainl»e.

La jambe, intermédiaire au genou et au cou-de-picd, commence en haut au niveau d'une ligne circulaire passant par la tubérosité antérieure du tibia et se termine à la base des malléoles interne et externe.

Sa forme est arrondie et représente un cône dont la base est en haut: d'où une certaine difficulté pour relever la manchette dans l'amputation de la jambe par la méthode circulaire et la nécessité de pratiquer parfois une incision verticale.

La jambe est recouverte par les couches superficielles, qui sont : la peau, la couche graisseuse sous-cutanée et l'aponévrose jambière.

La peau de la jambe est plus adhérente par sa face profonde que celle de la cuisse : aussi faut-il la disséquer et ne pas se contenter de la faire attirer en

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haut. Elle esl Irès-fréqucmmenl ntlelitk' de coiilusions ot île |)l<iiea. OeUes ijni siègent au devant de la crôte du tibia sont ]-emai-([nal)les en général par leur longue durée. Une cnntusion qui sur un autre point du corps no serait auivii! que d'accidents très-légers détermine souvent en ce point le sphacèle de la peau :

Flg. Î18. — Coup/- horiiontoh ilr In Jam'ie pratiquée au lisn <apM/'iir. —

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pu flgurte.

il en résulte une perte de substance dont la cicatrisation marche lentement, ! tout si les malades ne gardent pas un repos complet. A la contusion de la p< . se Joint fréquemment celle du périoste et de l'os.

TiLLiDi. — ArtQl, tupo^aphiquê. ^3

994 ANATOMIE TOPOGRAPIIIQUE.

La peau de la jambe est le siège exclusif des ulcères variqueux, qui occupent la moitié inférieure du membre. La cicatrice qui leur succède est brunâtre, très-mince, adhère souvent à Tos et se déchire de nouveau au moindre choc, si Ton n'a pas la précaution de toujours maintenir un appareil compressif : bande, bas lacé ou bas élastique. Les ulcères ne guérissent en général que dans la position horizontale, et il est remarquable de voir combien la cicatrisation marche souvent rapidement, à rencontre, par exemple, de celle d'une brûlure siégeant au môme point. Une seconde différence, c'est qu'un ulcère de la jambe, si étendue que soit la perte de substance de la peau, ne laisse jamais à sa suite les brides cicatricielles rétractiles si communes après les brûlures. Les ulcères sont peu sensibles, à moins qu'il ne se trouve un filet nerveux à découvert dans la plaie. Ils s'accompagnent rarement d'angioleucites et d'adénites, môme chez les hommes qui ne se pansent que très-imparfaitement et se tiennent toute la journée debout, mais ils déterminent à la longue des périostoses et des hyperostoses de voisinage. Le système pileux est lui-môme plus développé.

La couche sous-cutanée est an général peu chargée de graisse, surtout en avant : aussi, dans l'amputation circulaire, la manchette est^Ue très mince, ce qui porte un certain nombre de chirurgiens à préférer l'amputation à lambeaux comprenant une partie de la couche musculaire. Mais cela n*a pas d'importance au point de vue de la protection ultérieure du moignon ; les muscles en effet se rétractent et finalement la peau seule recouvre les os comme à la suite de l'amputation circulaire ; de plus, quel que soit le procédé opératoire mis en usage, le malade ne peut jamais, dans la marche, prendre un point d'appui direct sur le moignon.

La couche sous-cutanée renferme les veines saphènes interne et externe (SI et SE, fig. 248) et quelques filets nerveux de peu d'importance.

L'aponévrose jambière est très-résistante. Elle se fixe en haut à la tubérosité antérieure du tibia, à la tôte du péroné, ainsi qu'aux bords antérieur et interne du tibia. Si nous la considérons sur une coupe pratiquée au tiers supérieur de la jambe [fig, 248), nous voyons que, parlie du bord antérieur ou crête du tibia, elle contourne la jambe et vient se fixer au bord interne de l'os. La face interne du tibia en est donc dépourvue, de telle sorte que l'aponévrose ne forme pas autour du membre un manchon complet.

Entre le bord interne du tibia et le bord antérieur du péroné est étendue une cloison fibreuse dite ligament interosseux (AI, fig. 248). D'autre part, de la face profonde de l'aponévrose se détache une cloison intermusculaire qui se fixe au bord postérieur du péroné. La jambe se trouve ainsi nettement divisée en deux grandes loges, l'une antérieure, l'autre postérieure. Ges loges sont ellesmêmes subdivisées, ainsi que nous le verrons ultérieurement.

J'étudierai dans deux paragraphes distincts la loge antérieure et la loge postérieure; un troisième sera consacré au squelette de la jambe.

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