DES ORTEILS
à celui que j*ai décrit en étudiant les doigts, et les têtes des cinq métatarsiens sont unies entre elles par une bandelette transversale, le ligament transverse,
Llnterligne articulaire mélatarso-phalangien décrit une courbe à convexité antérieure dont le sommet répond au deuxième orteil. Il est important de noter que la commissure des orteils est plus longue que celle des doigts; la membrane interdigitale embryonnaire a persisté dans une certaine étendue. La distance qui sépare la peau de la surface articulaire est d'environ deux centimètres. Cette disposition doit être mise à profit dans la désarticulation métatarso-phalangienne. La difficulté de cette opération consiste en effet à conserver des lambeaux suffisants pour recouvrir la tête des métatarsiens; on y arrive néanmoins, à la condition de déplisser en quelque sorte chaque orteil, afin de ne pas perdre la^plus petite quantité de peau ; je Tai pratiquée une fois pour un écrasement des orteils, avec un très-bon résultat.
On a rarement l'occasion d'amputer isolément un orteil, ces appendices étant bien moins souvent que les doigts le siège d'affections phlegmoneuses. On emploierait d'ailleurs la même méthode, c'est-à-dire l'amputation en raquette.
Pour le gros orteil, la difficulté consiste à recouvrir la tête du premier métatarsien ; de plus, il faut éviter que la cicatrice se trouve sur la face dorsale: aussi convient-il de commencer l'incision non pas directement sur la ligne médiane, mais dans la commissure qui sépare le premier du second orteil.
L'articulation du gros orteil présente trois os scsamoïdes qui peuvent gêner la marche du couteau lorsqu'on taille un lambeau plantaire. C'est à la présence des os sésamoïdes que la luxation du gros orteil (Malgaigne en a réuni 19 cas) doit de présenter les mômes difficultés de réduction que celle du pouce, ainsi que l'a fait remarquer Roser. On emploierait d'ailleurs le même mode de traitement.
On observe parfois chez les jeunes sujets sur le gros orteil une exostose sousunguéale qui soulève l'ongle et gêne la marche. L'abrasion en est facile à l'aide d'une pince incisive après avoir préalablement anesthésié la partie malade.
Le gros orteil est encore le siège fréquent et à peu près exclusif d'une affection singulière, spéciale aux adolescents et dont la pathogénie me parait fort difficile à établir, je veux parler de Vongle incarné. Si la lésion est peu prononcée, on en obtient la guérison en interposant chaque jour un brin de charpie entre le bord de l'ongle et le bourrelet cutané et en coupant convenablement l'ongle : mais si ce dernier est profondément enfoncé, s'il s'agit de sujets ayant besoin de travailler, le meilleur mode de traitement est l'opération. Voici le procédé que je conseille: une ligature fortement serrée étant appliquée à la racine de l'orteil, employer l'anesthésie locale avec l'éther. Introduisant une lame de forts ciseaux sous l'ongle, on le divise en deux moitiés ; la partie incarnée est ensuite saisie avec une bonne pince et arrachée à l'aide d'un mouvement de traction et de torsion. Mais il ne faut pas borner là l'opération, sous peine d'observer presque à coup sûr une récidive. On doit enlever ensuite avec le bistouri, et très-complètement, la matrice unguéale (voir fig, 180), c'est-à-dire le repli du derme dans lequel est logée la racine. A cette condition seule on obtient la guérison d'une manière définitive.
Développement du membre inférieur.
Les membres inférieurs ne diffèrent des supérieurs, au début, que par leur position et leur apparition un peu plus tardive. Ils naissent à la limite de Tabdomen et existent déjà sous forme de palettes au commencement de la quatrième semaine. On voit bientôt apparaître le bQurrelet digital qui se subdivisera pour former les orteils. Au début de la huitième semaine le genou devient distinct et la cuisse est représentée par un segment délimité. Mais ce n*est qu*au commencement du troisième mois que des différences caractéristiques s'observent entre les membres supérieurs et les inférieurs : on voit alors les premiers indices de la saillie du calcanéum et de la production de Tangle tibio -tarsien.
Une telle similitude dans le développement fait aisément concevoir qu'on observe aux membres abdominaux les mêmes anomalies qu'aux membres thoraciques : ectromélie, hnmimélie^ phocomélie, ectrodactylie^ syndactylie^ polydactyliCy mégalodactylie, brachydactylie^ pied bifurqué^ pied-bot. Je n'ai pas à revenir sur la définition déjà donnée de ces différents termes.