MOUVEMENTS DU BASSIN
flexion, Tadduction et la rotation en dedans. Ainsi donc, dans le cours de la coxalgie, le bassin subit un mouvement de rotation sur son axe vertical, tel que Tune des épines iliaques est fortement portée en avant de Tautre. Au début de Taflection, la cuisse malade étant dans Tabduction et la cuisse saine dans Tadduction, c'est Tépine du côté sain qui est portée en avant. Plus tard, à Tabduction du membre malade succèdent Tadduction et la rotation en dedans : c'est
alors répine du côté malade qui devient plus proéminente.
La substitution de Tadduction du membre malade à Tabduction produit un autre résultat facile à prévoir: le membre paraissait plus long et étaitplus court à la mensuration au début de la maladie, alors qu'il était dans l'abduction ; par la même raison, à la fin de la maladie, le membre malade étant dans l'adduction paraît notablement plus court que l'autre, alors qu'il est plus long à la mensuration.
En résumé, au début de la coxalgie, le membre malade paraît allongé ; à la dernière période, il paraît raccourci, sans qu'il y ait de différence réelle dans la longueur relative des deux côtés. Sans doute il peut survenir des déplacements, des caries qui produisent un raccourcissement réel, mais je ne m'occupe ici que des modiûcations apportées dans la conformation du bassin et delà hanche par les diverses attitudes vicieuses.
Les déviations du bassin dans la coxalgie correspondent donc en définitive aux divers mouvements physiologiques. Le bassin est fléchi sur la cuisse (c'est la cuisse qui est fléchie sur le bassin, mais le résultat est identique au point de vue de la déformation), il éprouve un mouvement d'inclinaison latérale et un mouvement de rotation ou de torsion. Ces divers mouvements ne peuvent se produire dans le bassin sans qu'il en survienne, en sens inverse, dans la colonne vertébrale, afin de rétablir le centre de gravité ; à la flexion du bassin correspond l'extension des vertèbres lombaires (cambrure lombaire); à son inclinaison latérale répond une inclinaison latérale, en sens inverse de la colonne vertébrale tout entière (courbure de compensation, scoliose lombaire) ; à la torsion du bassin, de droite à gauche, je suppose, correspond une torsion de gauche à droite des vertèbres lombaires.
Audébutde la coxalgie, ces déformations ne sont que temporaires, et disparaissent complètement à l'aide d'un traitement convenable : mais, si Ton songe que cette affection est spéciale à l'enfance et à la jeunesse, époque auxquelles les os sont en voie de formation, on conçoit que les déviations se produisent rapidement et deviennent bientôt définitives. Des trois grandes déviations du bassin, la flexion est celle qui se corrige le mieux, même à une époque lointaine, parce que l'on agit avec un long bras de levier sur la tête du fémur, et qu'en réalité c'est le fémur qui est fléchi et non pas le bassin. En détruisant des adhérences fibreuses, en rompant au besoin Tankylose, en brisant même le col duféiïiur, on peut réussir à ramener le membre malade au parallélisme avec l'autre. Quant à l'inclinaison latérale, et surtout à la rotation du bassin, la chirurgie devient rapidement impuissante à les faire disparaître.