‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 73 sur 219 · PROSTATE · texte numérisé non relu

PROSTATE

très de diamètre et au-dessus), et il convient alors de la fragmenter avant de Textraire. Dolbeau la fragmentait dans tous les cas, car il ne pratiquait aucune incision au col, se contentant de le dilater. L'incision du col de la vessie dans l'opération de la taille périnéale ne doit jamais dépasser les limites de la prostate.

Il ne faut pas exercer sur la pierre de trop fortes tractions ; on a maintes fois observé dans ces cas le décollement complet du col vésical. Cependant il arrive que les angles de la boutonnière prostatique se déchirent, la glande ne se distendant pas sur le vivant, ainsi que le pensait Deschamps, môme dans l'extraction d'un calcul de petit volume. Je considère toutefois cette déchirure comme moins grave que l'incision prolongée en dehors des limites de la prostate ; la pierre refoule les veines prostatiques sans les ouvrir, ce qui expose beaucoup moins que l'incision à l'hémorrhagie, à la phlébite et à l'infection purulente.

Une incision bilatérale de la prostate donne évidemment une largeur plus grande qu'une simple incision latérale, mais, du moment où la pierre est assez volumineuse pour dépasser les limites de la glande, il ne faudrait pas croire que la méthode bilatérale doive ôtre employée de préférence à la taille latéralisée dans le but d'obtenir une extraction plus facile, car c'est le contraire qui a lieu; la taille latéralisée permet d'extraire de plus gros calculs ; elle ouvre une plus large porte que la taille bilatérale. Cette proposition, qui paraît paradoxale, surprend de prime abord, et néanmoins elle est exacte. En effet, dans la taille latéralisée, l'incision étant parallèle à la branche ischio-pubienne, lapierre a, pour sortir, tout l'espace qui sépare l'arcade pubienne du coccyx : dans la taille bilatérale, au contraire, l'incision étant transversale et à peu près perpendiculaire aux branches ischio-pubiennes, la pierre ne peut sortir, si elle est plus large que l'arcade pubienne elle-même : elle arc-boute contre les bords osseux, qui offrent une résistance invincible. Mais un reproche sérieux applicable à la laille latéralisée, c'est qu'elle expose davantage à l'hémorrhagie par suite de la lésion de l'artère du bulbe. Je reviendrai d'ailleurs plus loin sur cet important sujet.

Le tissu qui forme la prostate est d'un gris blanchâtre et d'une consistance très-ferme. Il est composé en grande partie de libres musculaires lissés au milieu desquelles se rencontre une grande quantité de glandes en grappe ; ces glandes, disséminées tout autour de l'urèthre, s'ouvrent à la surface du canal et sont abondantes surtout sur les côtés du verumontanum. Elles sont remar- ({uables par la formation fréquente dans leur intérieur de concrétions calculeuses généralement petites, souvent saillantes à la surface de l'urèthre, et (ju'il n'est pas très rare de rencontrer avec la sonde chez les vieillards. C'est h l'existence de ces calculs que M. Sappey rattache l'hypertrophie de la prostate.

Les artères proviennent de l'hémorrhoïdalc moyenne et des vésicales.

Les veines se rendent dans les plexus situés en avant et sur les côtés delà prostate.

Les vaisseaux lymphatiques, extrêmement nombreux, aboutissent aux ganglions pelviens.

Les nerfs proviennent du plexus hypogastriqne.

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