‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 77 sur 219 · B, — LONGUEUR DE L'URÈTHRE · texte numérisé non relu

B, — LONGUEUR DE L'URÈTHRE

Peu de sujets ont été autant discutés que la longueur de Curèthre^ surtout depuis Malgaigne, et il en est peu qui aient donné des résultats aussi discordants : c'est ainsi que pour Boyer la longueur de l'urèthre variait de 27 à 33 centimètres, tandis que pour d'autres auteurs elle oscille entre 12 et 16, plus de moitié de différence. Cela tient aux dispositions individuelles, mais surtout à la manière de mesurer. Il est bien certain que, si l'on procède à la mensuration du canal après l'avoir détaché complètement, on peut on augmenter considérablement la longueur en lui faisant subir des tractions.

LONGUEUR DE L'URÊTHRE.

La longueur de l'urÈthre varie beaucoup suivant les sujets ; c'est ainsi que M.Sappey, surcinquante-qualre mensurations, aoblenu comme limites extrêmes les chiflres de 14 à 2i cenlimèlres. 11 a conclu de ses recherches que la longueur moyenne de l'urÈthre est de 16 cent. Je ferai toutefois remarquer que l'établissement d'une moyenne est peu utile dans l'espèce, car nous ne mesurons avec autant de soin la longueur de l'urèthre que pour donner aux sondes une dimension convenable. Or, si nous prenons une sonde construite sur la moyenne, il est h peu près certain qu'elle sera ou trop longue ou trop courte. Si elle est trop rourte, elle ne pénétrera pas dans la vessie ; si elle est trop longue, on s'exposera à blesser les parois vésicales, surtout en la laissant à demeure. On ne peut donc pas sonder en se basant suruue moyenne, le calhélérisme étant une opération complètement individuelle ; et comme, en définitive, ce qu'il y a de plus désagréable, c'est de sonder avec une sonde trop courte, il faut construire les sondes en vue des urèthres les plus longs. Or, n'est-il pas remarquable que, malgré toutes les critiques souvent acerbes de Malgaigne sur la prétendue longueur de l'urèthre, la pratique n'ait pas modifié les sondes ni les bougies, qui continuent à présenter de 30 à 33 centimèlres de longueur? C'est que l'urèthre est en réalité plus long que ne l'ont écrit Malgaigne et après lui M. Hichet.

On observe des différences notables suivant qu'on mesure l'urèthre sur le cadavre et sur le vivant, et l'on a dit avec raison que le tissu spongieux s'affaisse sur le cadavre, tandis que sur le vivant, et surtout quand on introduit une sonde, il éprouve une sorte d'érétbtsme qui augmente la longueur du canal. C'est ce fait qu'invoque Malgaigne pour combattre les résultats contraires aux siens, et l'on a le droit de s'en étonner. N'est-ce donc pas pour l'urèthre du vivant que nous faisons nos recherches? Or, le meilleur moyen do connaître la longueur r^//e du canal sur le vivant n'csl-il pas de le mesurer pendant la vie? C'est ce qu'avait fait Civiale et ce que j'ai l'ait bien des fois moi-mCme.

Aussitôt que les yeux de la sonde ont franchi le col de la vessie, l'urine s'écoule au dehors, et il est alors facile, sans exercer aucune traction sur la verge, de mesurer la distance qui sépare le col du méat urinaire. Il existe des variétés très-nombreuses. En général, la longueur oscille entre 16 et 20 centimètres. Je n'ai trouvé qu'un seul urèthre de l-i centimètres, et tous les praticiens savent que chez beaucoup de vieillards atteints d'hypertrophie de la prostate il faut introduire des sondes qui mesurent de 30 à 33 centimètres presque jusqu'à leur extrémité, avant de pénétrer dans la vessie. Boyer avait donc raison. Qu'eût obtenu Malgaigne dans ces cas avec des sondes longues de 16 centimètres? Et remarquez que c'est surtout sur les sujets déjfi âgés et dont la prostate est développée que nous avons à pratiquer le plus souvent le cathétérisme.

Quelle conséquence à tirer de ce qui précède? C'est que, la longueur de l'urèthre variant dans des proportions considérables suivant les sujets, on ne peut, dans aucun cas, sebasersur une moyenne, et qu'en définitive cette question si discutée n'a qu'un intérêt pratique très-médiocre. Il existe deux points de repère qui permettent de toujours s'orienter dans le canal et de savoir exactement où se trouve le bec de la sonde : c'est le bord inférieur de la symphyse d'une part et le col de la vessie de l'autre. Les obstacles au cathétérisme siègent à peu près constamment à l'un ou & l'autre de ces points. Or, si la sonde n'a pas franchi la symphyse, si elle occupe la portion hhre de l'urèthre, on sent que son bec est libre; elle tourne dans les mains du chirurgien. Entre la .symphyse

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