DIRECTION DE L'URÈTHRE
(lit qu'il en était distant d'environ 2 centimètres, distance un peu variable d'ailleurs suivant les sujets.
11 résulte de cette disposition que, si on relie le col de la vessie et l'angle pénien, c'est-à-dire les deux extrémités de la portion fixe de l'urèthre, par une ligne droite, l'arc sous -tendu par celte corde représente exactement la courbure que l'on doit donner aux sondes de trousse ordmaire.
La courbe décrite par l'urèthre peut sans doute être redressée ; cependant il ne faut pas oublier que le canal traverse au périnée une aponévrose résistante, lixée elle-même solidement aux branches iscliio-pubiennes (ligament de Garcas-
t'ig. 2ia. — Schéma destiné à montrer ta direction de l'urèthre et ses rapports arec la symphyse
putAenne.
sonne). On redresse un peu le canal en abiiissant la verge, mais il est impossible de le redresser complètement, h moins d'exercer des violences : aussi le cathétérismc rectiligne, jadis proposé par Amussat, quoique possible à la rigueur, n'est pas du tout en harmonie avec la forme du canal.
Suivant ce dernier «auteur, la portion fixe de l'urèthre, au lieu de décrire une r'ourbe'à concavité antérieure, serait oblique en bas et en am^rtf, lorsque le rectum est vide, de telle sorte qu'en ramenant la verge sur l'abdomen on obtient un canal absolument droit. Amussat s'était trompé. D'abord, le rectum n'a que peu d'influence sur la direction de l'urèthre ; ensuite, l'expérience démontre que, si l'on peut quelquefois introduire, bien que difficilement, un instrument droit dans la vessie, c'est à la condition d'abaisser fortement le pavillon enlre les jambes du malade, en mettant en jeu l'élasticité du ligament suspenseur de la verge.
764 ANATOMIE TOPOGRAPUIQUE.
Le canal de l'urèthre décrit donc une courbure ûxe autour de la symphyse pubienne, et l'une des principales difficultés du cathétérisme serait résolue, si Ton pouvait donner aux sondes une courbure exactement semblable à celle du canal. Malheureusement cela est impossible ; à cause des modifications individuelles, de celles surtout qu'apporte si fréquemment l'hypertrophie de la prostate. Il est donc indispensable d'avoir des sondes de courbure différente, mais c'est là un point de pratique delà plus haute importance, sur lequel je reviendrai en étudiant la portion prostatique.
Il est très-facile de franchir la portion mobile du canal, celle qui s'étend du méat à l'angle pénien ; il n'est pas nécessaire pour cela, ainsi qu'on le conseille généralement, de ramener la verge au parallélisme avec l'abdomen : on peut donner à la sonde, pour ce premier temps, la direction que l'on veut. La manière la plus simple consiste à présenter au canal la sonde tenue entre le pouce et l'index parallèlement au pli de l'aine droite, et à la pousser dans cette direction jusqu'à ce qu'elle soit arrivée au bord inférieur de la symphyse. On fait alors décrire à la sonde un quart de cercle environ, de façon qu'elle se trouve exactement sur la ligne médiane, et l'on abaisse ensuite le pavillon de la sonde entre les cuisses du malade. Dans ce mouvement, en môme temps que le pavillon s'abaisse, l'extrémité opposée ou bec de la sonde se relève, s'engage dans la portion fixe et la parcourt aisément, si les deux courbures se correspondent à peu près. Ce troisième temps de l'opération est difficile, si difficile qu'on ne saurait trop engager les jeunes gens à le répéter sur le cadavre. Il faut acquérir un tour de main que là pratique donne seule, et il est trop grave, dans l'espèce, de faire son apprentissage sur le vivant.
Indépendamment de la direction incurvée du canal, il est un certain nombre d'autres obstacles au cathétérisme, les uns physiologiques, les- autres pathologiques, qui seront signalés chemin faisant. La règle la plus générale que l'on doive formuler est celle-ci : imprimer à la sonde une direction telle qu'elle suive la courbure du canal en quelque sorte par son propre poids; diriger la sonde et ne jamais la pousser, A la moindre résistance, il faut s'arrêter, rétrograder et imprimer une direction différente à l'instrument, soit en relevant, soit en abaissant son pavillon.
Jarjavay a remarqué que l'urèthre présentait une légère inflexion latérale. Il serait oblique à gauche, à partir du col jusqu'au bulbe; oblique à droite, jusqu'à l'angle prépubien, et de nouveau oblique à gauche jusqu'à sa terminaison. Cette inclinaison toutefois n'est pas suffisante pour gêner la manœuvre du cathétérisme.