‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 92 sur 219 · A, — CANAL DÉFÉRENT · texte numérisé non relu

A, — CANAL DÉFÉRENT

Le canal déférent commence au niveau de la queue de l'épididyme, dont il n'est que la continuation, et se termine à la base de la prostate, où il se réunit avec le sommet de la vésicule séminale, pour donner naissance au canal éjatmlateur. Il décrit donc un long trajet, et présente à considérer une portion scrotale, une portion inguinale et une portion abdominale.

Dans tout son parcours, le canal déférent est remarquable en ce qu'il présente un volume sensiblement égal, sauf vers sa partie terminale, où il est un peu plus gros et bosselé.

Il importe à un haut degré de reconnaître au toucher le canal déférent sur le vivant; on y arrive aisément à l'aide des caractères suivants : il est absolu-

ment cylindrique ; quel que soit le point où on le touche dans sa partie accessible, il présente une égale épaisseur ; il est lisse, très-dur, s'échappe brusquement des doigts, comme le ferait un noyau de fruit, et la sensation qu'il donne au toucher ressemble à celle que donnerait un fil de fouet.

A son origine, le canal déférent est accolé à la face interne du testicule ; il se dirige d'arrière en avant, parallèlement à l'épididyme, et présente en ce point de nombreuses sinuosités ; il se redresse ensuite, se porte directement en haut, puis son trajet est rectiligne dans toute la partie scrotale, jusqu'à l'orifice externe du canal inguinal. Il répond alors à la partie postérieure du cordon. Dans les cas d'inversion de l'épididyme, le canal déférent est, au contraire, situé en avant.

Il pénètre ensuite dans le canal inguinal qu'il parcourt dans toute sa longueur. Je rappelle que, dans la hernie inguinale externe, le canal déférent est situé au-dessous et en dedans du collet du sac, tandis que dans la hernie interne ou directe il est situé en dehors. Gomme le canal inguinal, il est oblique de bas en haut, de dedans en dehors et d'avant en arrière.

Arrivé au niveau de l'orifice supérieur du canal, il se coude brusquement, pour se porter en dedans et en bas. C'est à cette coudure qu'est dû le repli falciforme ou semi-lunaire du fascia iransversaiis, que j'ai signalé en étudiant le canal inguinal. A ce niveau, le canal déférent est reçu dans la courbure à concavité supérieure que lui présente l'artère épigastrique, en sorte que ces deux organes s'embrassent dans une anse réciproque.

De là il chemine au-dessous du péritoine, gagne les côtés de la vessie, la face postérieure de cet organe, à laquelle il esti mmédiatement accolé, se placeen dedans de la vésicule séminale correspondante, où il se renfie légèrement, et se termine en s'effilant à la base de la prostate. Vers leur terminaison, les deux canaux déférents de chaque côté interceptent un espace triangulaire sur lequel j*ai appelé suffisamment l'attention {fig. âââ).

Le canal déférent mesure, en général, de 2 à 3 millimètres de diamètre. Il est susceptible d'acquérir un volume beaucoup plus considérable à la suite de rinflammation. La déférentite s'observe assez souvent avec l'épididymite. Le canal peut présenter alors le volume d'une grosse plume d'oie.

Il est curieux de voir l'inflammation, qui se propage à l'épididyme en suivant nécessairement le canal déférent, laisser rarement des traces sur celui-ci. C'est d'ailleurs ce qui avait fait admettre, à tort, l'épididymite métastatique.

Il n'est pas rare de trouver le canal déférent envahi par des tubercules. Comme dans l'épididyme, ce produit s'y dépose sous forme de noyaux multiples et séparés les uns des autres par des parties saines. On a comparé la sensation que donne au toucher le canal déférent ainsi altéré à celle qu'offre un tuyau de pipe belge brisé en plusieurs fragments et senti à travers des linges.

La dureté toute particulière du canal déférent tient à sa structure. Son calibre est, en effet, bien loin d'être en rapport avec son volume ; la cavité dont il est creusé mesure environ un tiers de millimètre. Ses parois se composent d'une couche interne muqueuse, d'une couche externe celluleuse et d'une couche moyenne musculaire, qui est de beaucoup la plus épaisse.

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