C, — VEINES SPERMATIQUES
Les veines spermatiques ont été bien étudiées par mon collègue et ami Gh. Perler. Elles prennent naiss^ce dans le testicule et dans l'épididyme, et forment un plexus au niveau du corps d'Highmor. De ce plexus se détachent plusieurs troncs veineux qui montent verticalement en enlaçant l'artère spermatique. Elles se divisent d'ailleurs en deux groupes, par rapport au canal déférent : le plus volumineux est situé en avant et entoure l'artère spermatique ; un groupe plus petit, situé en arrière, est en rapport avec l'artère déférentielle.
Toutes ces veines pénètrent dans le canal inguinal, qu'elles traversent, et arrivent dans la cavité abdominale, où elles se comportent différemment.
Le groupe antérieur, qui est le plus important, forme un plexus appelé pkxus pampini forme. Les veines qui en partent se portent en haut, accompagnent l'artère spermatique, finissent par se condenser en un seul tronc, qui s'ouvre à droite dans la Veine cave inférieure, et à gauche dans la veine rénale. Si l'on considère que la veine spermatique gauche rencontre le courant veineux de la veine rénale sous un angle droit, tandis qu'à droite le courant se fait dans le même sens que celui de la veine cave inférieure, on comprendra pourquoi la dilatation variqueuse des veines spermatiques est beaucoup plus fréquente à gauche qu'à droite.
Le groupe postérieur se jette dans les veines épigastriques.
Les veines spermatiques ne présentent que des valvules fort incomplètes qui permettent aux injections de pénétrer des troncs vers les rameaux, surtout si l'on a soin de les pratiquer dans l'eau chaude.
Elles sont remarquables par leur nombre, leurs flexuosités et leur tendance à devenir variqueuses, surtout du côté gauche. Le varicocèle atteint parfois des proportions considérables; la peau est allongée, le testicule pendant et le plus souvent atrophié; les veines forment des saillies et des bosselures appréciables à l'œil ; le palper du cordon donne une sensation spéciale que Ton a comparée à celle d'un paquet de ficelle, ou mieux, d'un paquet d'intestins de poulet.
Doit-on opérer le varicocèle?
On a beaucoup discuté cette question ; l'opération a ses partisans, elle a eu
TISSU CELLULAIRE DU CORDON. lèOd
ses détracteurs. C'est qu'en effet on peut répondre par oui et par non. Les symptômes auxquels donne lieu le varicocèle sont loin d'être en rapport avec son volume. Un varicocèle énorme peut n'occasionner qu'une simple gêne qui disparaît môme avec un suspensoir ; d'autres fois, même sous un petit volume, il provoque des douleurs, des tiraillements dans les lombes, gêne la marche et le travail ; en un mot, on doit diviser le varicocèle en douloureux et non douloureux. On est autorisé à opérer le premier, il ne faut jamais toucher au second, car, bien que le plus souvent bénigne, l'opération du varicocèle peut entraîner la mort.
Ce n'est pas ici le lieu de discuter la valeur des nombreux procédés opératoires proposés contre le varicocèle. Je dirai seulement que le meilleur, à mon sens, celui dont j'ai maintes fois obtenu de bons résultats, consiste à passer au-dessous du paquet veineux, préalablement bien isolé, une forte aiguille, et î\ étreindre ensuite sur cette aiguille toutes les parties, y compris la peau, avec un fil métallique ou hien un fil ordinaire. Il est bon, pour être plus tîertain d'oblitérer les veines, de passer deux ou trois aiguilles aune certaine distance l'une de l'autre, à la partie inférieure, au milieu, et à la partie supérieure du cordon.