‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 129 sur 142 · DEVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU

(l'une thrombose qui peut s'étendre aux sinus de la dure-mère, accident dont j'ai signalé toute la gravité (p. 50;. La simple compression de la jugulaire, sans production de thrombose, paraîtrait môme, d'après certains faits signalés par M. Grenet, suffisante pour déterminer la production de concrétions sanguines dans les sinus longitudinal supérieur, latéral et occipital, uniquement par le ralentissement de la circulation.

Un détail de la plus haute importance, au point de vue opératoire, c'est que tous les ganglions lymphatiques du cou sont sous-aponévrotiques. Il ne faut donc jamais considérer comme insignifiante l'extirpation d'une tumeur ganglionnaire. Sans vouloir trancher ici la question discutée et discuUible de l'opportunité de ces extirpations, je dirai qu'il est des cas, à mon avis, où l'opération est indiquée, quand, par exemple, la tumeur est limitée et a résisté obstinément aux traitements ordinaires; mais le chirurgien doit savoir qu'il peut être entraîné, au cours de son opération, beaucoup plus loin qu'il ne le pensait; à un ganglion en succède un autre, et l'on arrive ainsi sur la gaîne vasculo-nerveuse du cou. Cela est encore bien plus vrai quand on opère pour une dégénérescence cancéreuse des ganglions, car ceux-ci forment une masse adhérente aux vaisseaux, et en particulier à la veine jugulaire interne, qui court grand risque d'être intéressée. Je pense qu'il vaut mieux alors s'abstenir d'opérer.

Les ganglions situés au-dessus du sternum sont bridés en avant par le feuillet moyen fortement tendu de l'aponévrose cervicale et peuvent, en s'hypertrophiant, comprimer la trachée, ce qu'on observe quelquefois dans l'adénite.

Les ganglions lymphatiques en général et ceux du cou en particulier sont susceptibles de s'hypertrophier tantôt isolément, tantôt en masse, et de subir un certain nombre de dégénérescences; ils constituent des lymphomes, lymphadénomes, lympho- sarcomes, lympho-carcinomes. Ces graves affections se rattachent à la pathologie générale du système lymphatique, dont tous les détails sont bien loin de nous être connus.

Développement de la face et du cou.

Dans les premières phases de la vie embryonnaire, les feuillets du blastoderme accolés affectent au-dessous du capuchon céphalique la forme de quatre lamelles latérales dont les extrémités convergent vers la ligne médiane. Ce sont les arcs branchiaux ou viscéraux, séparés par les fentes branchiales ou viscéraies. Nous avons déjà indiqué le mode de développement de l'appareil lacrymal (p. 232) et des lèvres (p. 297); il nous reste à dire que le premier arc viscéral forme le maxillaire inférieur, et que, par les bourgeons latéraux qu'il envoie à la rencontre du bourgeon frontal, ce premier arc peut être considéré comme produisant à lui seul toutes les parties de la face, la bouche, le nez, les mâchoires, le palais.

Nous avons \ii (p. 147) que l'oreille moyenne et l'oreille externe n'étaient qu'une transformation de la première fente branchiale ou pharyngienne. Audessous de cette fente se trouve le deuxième arc branchial, qui fournit l'étrier et son muscle et concourt à la formation du cou par le développement, à ses dépens, de l'apophyse styloïde, du ligament styloïdien et de la petite corne de l'os hyoide. Le troisième arc branchial forme le corps et les grandes cornes de

Tos hyoïde. Le quatrième donne naissance au larynx et à la plupart des parties molles du cou. C'est au point de convergence des deuxième et troisième arcs branchiaux que Ton voit apparaître la langue et Tépiglotte.

Mais, à un point de vue pratique, ce qu'il nous importe surtout de signaler, c'est Texistence des deux dernières fentes branchiales qui séparent les ares dont nous venons de parler, et qui dans les premières phases de la vie embryonnaire laissent communiquer l'entonnoir pharyngien avec l'extérieur.

Normalement, ces fentes s'oblitèrent de très-bonne heure et ne donnent naissance à aucun organe, mais l'oblitération peut être incomplète, d'où la possibilité de fistules congénitales du cou.

Les fistules congénitales du cou, dont l'histoire a été résumée par M. Sarrazin, puis par M. Duplay, sont pharyngiennes ou trachéales. Les premières peuvent être complètes, borgnes-externes ou borgnes internes. L'oriflce externe peut être situé latéralement, en un point quelconque entre l'articulation sterno-claviculaire et l'angle de la mâchoire.

L'orifice interne est toujours dans le pharynx. 11 est rare d'observer l'oblitération spontanée de ces fistules. Gomme leur traitement peut être dangereux, et que le plus souvent les inconvénients qu'elles occasionnent sont presque nuls, beaucoup de chirurgiens, dont je partage l'opinion, repoussent toute intervention.

Quant aux fistules dites trachéales, on en connaît quatre exemples : toutes les quatre étaient médianes et borgnes-externes; en réalité la nature en est inconnue.

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